Voici l'article paru dans la revue Éléments sur mon livre édite aux éditions la Mouette de Minerve : le Process
Voici l'article paru dans la revue Éléments sur mon livre édite aux éditions la Mouette de Minerve : le Process
Voici l'article paru dans la revue Éléments sur mon livre édite aux éditions la Mouette de Minerve : le Process
Au fond de nous mêmes, nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. C' est ainsi, nous voulons croire à l amour et le trouver tout en sachant que ça finit toujours mal, une histoire d'amour…en général. Dès l'enfance, nous avons été biberonné à la recherche du bonheur amoureux et nous nous rég...
« Au fond de nous-mêmes, nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. » Voilà c'est fait, il l'a dit ! Verre de rosé d'une main, cigarette de l'autre. Pas de suspension, une coupure nette, sans appel…. Regard rapide, satisfait sur les autres convives plus préoccupés à faire circuler les pots ...
Au fond de nous-mêmes Nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame Nous désirons tous que demain soit la veille d'un nouveau jour Que demain voit la fin de cette nuit noire Que vienne le jour d'après Nous voulons tous connaître ce qui doit arriver Depuis quand avons-nous commencé à attendre ? ...
1 À la gare, les choses lui semblèrent soudainement précipitées. Le cours des événements s'était-il accéléré par une raison juste ou s'était-il seulement laissé emporter par le fantasme d'une fuite ?L'idée serait dès à présent de s'offrir une anti-biographie. Se perdre le plus possible, s'offri...
Elle s'éloigne. Dans sa tête courent des images, pas à la vitesse de celles qui s'encadrent par les vitres du train, s'étirent et s'effacent aussi vite qu'elle sont apparues… Les siennes persistent, s'empilent, obstacles à l'oubli. Il fait atrocement chaud dans ce TGV, les contrôleurs s'activent dev...
Tu voulais me parler ? Oui,(Ça y est, c'est le moment. Ne pas reculer) J'ai quelque chose à te dire, je veux te parler d'une décision importante que j'ai prise. C'est pas facile, ça ne va pas te plaire sans doute, mais j'y pense depuis longtemps, j'y ai beaucoup réfléchi. C'est quoi ce mystère ? Qu'...
Au fond de nous même, nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. Car sans vouloir nous l'avouer nous l'appréhendons.. Depuis le début de leur relation, ce thème était objet de discorde. Mais ils se sentaient si bien ensemble ! Un peu lâchement, ils avaient donc évité le sujet : « l'école »,...
« Au fond de nous-mêmes nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame » Elle parcourt l'amphi du regard. Elle poursuit. Nous pourrions ainsi nous référer à Sartre qui affirme que « L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'a...
Au fond de nous-mêmes nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. J'ai compris que j'allais l'épouser le jour où j'ai rencontré sa mère. Une femme veuve discrète et introvertie. Une première observation qui me laissait entrevoir ce que sa fille pourrait devenir. Elle m'a serré la main trop l...
La musique « ça s'écoute fort » voilà il l'a dit !Par réflexe, je lui masse la nuque lorsqu'il prononce ces mots secs, je tente de ramollir le cuir de sa peau puis j'ajuste mes lunettes en les descendant de mes cheveux à mon nez.Derrière mes verres teintés, je fonds dans le siège.Dans le rétrov...
6 heures à la pendule de la cuisine. Il boit son café en regardant par la fenêtre. Il pose son bol sur l'évier, met ses bottes, attrape un panier dans l'entrée et sort. Dehors, le chien l'attend, frétille, saute avec des petits jappements et le devance pendant qu'il traverse la cour. Il pousse...
Version JE Je n'ai pas fermé l'œil, il est 3h12 du matin.Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner à mes oreilles. Je suis enfoncé dans mon fauteuil de cuir usé, la seule source de lumière étant l'éclat bleuté de la liseuse posée sur mes genoux. Mes doigts, un peu raidis par le fr...
JE Je pensais échapper au sort funeste d'être méprisée de tous. La nature avait fait de moi une jolie femme et je n'avais pas à m'en plaindre. J'aimais le regard que le roi posait sur moi, il me faisait exister et je connaissais la joie pour la première fois. Comme tout le monde finalement, j'interr...
Lucette met sa veste grise, ses bottes de caoutchouc et sort au jardin. Elle se baisse devant chaque plant de pommes de terre, chaque poireau, chaque céleri. Elle arrache des herbes, met un coup de bêche, se relève et fait de même jusqu'au bout de la rangée. Elle lève la tête et son regard fait des ...
Je suis née dans le bleu.Le bleu des yeux, le bleu de l'encre sur les doigts, le bleu de l'uniformeIl me pourchasse, je m'enfuisJe le trahisMais sans cesse je reste debout devant la merJe regarde le bleuEt j'y vois le ciel en miroirLe bleu n'a pas besoin de motsC'est une couleur qui ne s'explique pa...
DRIIING ! DRIIING ! L'énorme écran-mur dans la cuisine-salon de Madame Fraise illumine rouge-vert-bleu, et une voix douce mécanique annonce « Appel de la Californie…accepter ou refuser ? » Sa fille la petite Framboise, rouge-rose-intense, saute de son pouf poire jaune, et appuie sur le gros bouton é...
Dans le tableau Orange and red on red du peintre américain Mark Rothko, le rouge-orangé me touche au plus profond, me saisit, m'aspire, m'emporte. La rencontre est organique, sensuelle, comme un appel. L'alliance avec le jaune donne sa profondeur au rouge Qui devient couleur de la transgression, l'a...
Il lève la tête, jette un oeil par l'aveuglement de la fenêtre et se repent aussitôt : le vert du jardin l'appelle ! Pour tailler, arracher, faner, émonder, ramasser, éclaircir, composter, alors rouge d'ampoules et de jurons, mal à la main, le carpien, s'apitoyer sur soi, foutu jardin. Pourtant le v...
Le gris établit un nouvel ordre ouaté du monde. Paul Claudel. Le gris avance d'un pas hésitant, il trébuche le gris.Il progresse pourtant en gonflant les nuages, il s'étire en caressant le monde, creuse une surface, deviens vallon ou combe, estompe une arête sur l'horizon. Tu es lisière, le gris. Tu...
Passant devant la vitrine du grand magasin, l'homme aperçut son reflet. Il m'arrêta, se contempla et rajusta le nœud de sa lavallière. Avant toute chose, il convient de porter un costume chic et distingué. L'œil est le premier juge. On ne saurait paraitre courtois et urbain dans un tissu grossier et...
16 h ! C'est l'heure ! Vite ! J'accroche un nœud en tulle blanc sur la portière de ma voiture, et un autre sur l'essuie-glace, je les serre solidement pour le voyage jusqu'au parc Jouvet. Je règle mes pédales et mon rétroviseur pour les ajuster à la hauteur de mes jambes sur talons. Je porte la peti...
Elle a grimpé par l'échelle de meunier. Le grenier est petit et mansardé, pèle mêle sont entassés une grosse malle en bois, une commode à tiroirs et plusieurs vieilles chaises. Un cadre est accroché sur le mur le plus haut avec un dessin en noir et blanc. C'est la malle qui attire Augustine en premi...
Elle se souvient. Petite, du rituel de la toilette, au lavabo, un gant pour le haut, un gant pour le bas. Pas de douche, pas de serviette éponge XXL, pas de gel douche, pas même des cotons tiges pour les oreilles. Une savonnette, du coton entourant elle ne sait plus quoi pour curer la cire des pavil...
Nous avons bien reçu votre manuscrit et nous vous remercions de l'avoir adressé aux éditions du Vent. Malgré des qualités indéniables, nous n'avons pas été suffisamment convaincus par votre texte pour vous en proposer une publication. Bla, bla, bla…bla…bla…bla… Nous vous prions de croire, Monsieur, ...
Je me souviens de ce moment suspendu. De la porte béante, ouverte sur l'infini. Une vue vertigineuse. Une beauté presque irréelle. Et les battements de mon cœur. Si forts. Battements d'excitation ? Ou peur ancestrale ? Je savais pourquoi j'étais là et fais face à l'inconnu. Pourtant, tout m'échappe....
Elle a traversé tout Paris en apnée, sourde au charivari turbulant environnant. Trottinant à la cadence enlevée d'un air entêtant qui trottait dans sa tête, clic clac, clic clac, ses petites bottines ont butiné le macadam des enivrantes notes qui caracolaient, fleurissaient, fanfaronnaient sourdemen...
Maintenant que c'était fini, il était revenu. A peine arrivé sur le chemin forestier, il découvrit avec effarement un autre monde.L'impression était saisissante : devant lui, à perte de vue, un cimetière se dressait vers le ciel. Des squelettes d'arbres gisaient au sol. Pas un chant, pas un appel, u...
Ils crient. Ils boivent. Ils gesticulent. Que des hommes. Que des soldats. Ils se sentent forts. Forts d'être des hommes. Forts d'être nombreux. Forts d'être encore vivants. Un moment de trêve. Un moment où il est possible d'oublier la souffrance. La peur. L'horreur. Ils sont à l'abri de la guerre. ...
Le soir tombait. Les rues du camp étaient désertes. Encore tremblant de la colère qu'il n'avait pu contenir devant le cynisme de Boulard, le colonel Dax éprouvait le besoin de se retrouver seul.Alors qu'il allait ouvrir la porte de son appartement, un vacarme de sifflements, de cris, d'interpellatio...
Clameurs goguenardes, moqueuses, hargneuses. Messieurs ! ça siffle, ça gueule bouche béante, ça gouaille, ça remue. Usée, râpée, à bout, ivre peut être. Une troupe. Des hommes, unis dans un même corps, qui se sont battus pour défendre, défendre quoi ? Surgis du néant de la bestialité, ils gueulent, ...
Je me souviens de Mario, le locataire de mes parents. De nature immuablement heureuse, il comblait de vie le fond de notre cour. Il était de ces hommes rudes aux traits gravés par les intempéries et aux mains rabotées par le mortier. Chaque maison, chaque construction avait imprimé sa marque dans l'...
Ma fille n'est jamais revenue en Europe.À l'hôtel ils me disent : on se souvient vaguement d'elle, mais bon, pour nous, sans vous vexer, un blanc ressemble à un blanc. Je leur montre une photo. Oui, vaguement. Rien de plus. Pourtant, elle a du chien, ma fille. Elle ne peut laisser indifférent ! Où f...
Couloir gris de la fac. Elle se tient contre le mur et dans ses doigts crispés, son téléphone. Autour d'elle, des élèves se pressent. Elle s applique à composer une nouvelle fois le numéro de l'hôpital Henri Mondor avec une répétition de même chiffre 0 800 08 11 11. Son visage est pâle, sa mâchoire ...
Cet après-midi là, elle était confortablement installée dans son canapé. La semaine avait été épuisante. Elle s'octroyait quelques instants de repos, un peu coupable toutefois d'abandonner un moment la tâche qui l'attendait, quand une pie vint se poser sur la terrasse, si près de la fenêtre qu'elle ...
Salut ! A demain…Ici…Bien sûr. Bien entendu demain au « CHU »….Comme chaque jour et si souvent les nuits me murmure mon cerveau fatigué. C.H.U ! Je m'éloigne des bâtiments austères, les trois lettres filent devant mes yeux. Sur le porche d'entrée, trois lettres, immenses, qui me poursuivent ! F...
Six heures vingt-cinq minutes, Martine Ducobar ouvre un œil. Six heures trente très précises, elle tombe du lit, s'échoue sur le parquet. Ce n'est pas la peur d'arriver en retard au travail qui la fait déguerpir du lit. Elle est retraitée. Martine Ducobar se lève à six heures et demie. Dans un ...
L'écrivain est monté dans l'autocar. Il indiqua sa destination au chauffeur et lui régla les trois francs cinquante du voyage. Les sièges étaient éparsement occupés, il s'installa dans une des premières places. Le chauffeur lui avait dit qu'il lui indiquerait l'arrêt de sa destination. Il ne la conn...
Le curaillon, graisseux comme un lardon de foire, suintant de bondieuserie, mitraillait l'auditoire avec alacrité, en dégoulinant imperturbablement une homélie en cascade, ses petits jambons de bras s'ébrouaient dans l'air comme les pattes d'un poulet qu'on est en train de plumer. Son monologue infi...
Il marche dans la nuit. Il fait sombre et les quelques lampadaires ne suffisent pas à dégager les immeubles de leur pénombre. Il se faufile dans l'allée. Son ombre se découpe par intermittence sur les barres de béton, elle court sur les halls d'entrée délavés. Ce jeu de lumières ne permet pas de l'a...
Sa déambulation baroque, colosse barbu porté par son caddy, animait tout le quartier. Je craignais son apparition, démarche incertaine, marin bousculé par une mer houleuse. Il fendait sans un regard le flot des voitures, capitaine au long cours à la recherche d'un port d'attache, insensible aux clam...
Dong ! Dong ! Dong ! Le glas de son chagrin. Madeleine Savière enterre aujourd'hui le compagnon de toute une existence, celui des heures claires, celui des heures plus sombres. Devant la glace biseautée de l'armoire de leur chambre, elle finit de se préparer. Elle pose son sèche-cheveux, s'applique ...
Un petit chapeau aux couleurs fanées sur la tête, ce matin-là, comme chaque matin, tenant à la main son cabas duquel dépassaient poireaux, fanes de carottes et plumes de volaille fermière - c'était jour de marché - Albertine Parut poussa de toutes ses forces la lourde porte de l'église, franchit le ...
L'imbécile, l'idiote, j'avais dit, 25 ans maximum, c'est précis, c'est net, et déjà comme ça, d'habitude, on se retrouve avec toutes celles qui ont moins de 25 ans, toutes celles qui pensent faire moins de 25 ans, celles qui croient qu'on pense qu'elles font de moins de 25 ans, celles qui aimeraient...
Elle est là discrète, recueillie. Le toit rouge brique de la maison d'en face se découpe sur le fond gris du ciel.Un gris épais presque noir. Elle ne voit que la maison aux volets vert amande. Aux volets clos. La façade blanche est recouverte de glycine. La glycine est fanée. Derrière la fenêtre de ...
La lumière emplit soudainement la pièce et la porte en verre opaque projette un halo jaune vers l'extérieur. D'un bond, Milo se plaque contre le mur. Il attend, immobile, le cœur haletant, les doigts serrés sur son couteau. Revêtu de noir et encagoulé, il est presque invisible, mais à quelques secon...
Et dire que pendant neuf mois Sophie les avait fantasmés, marchant hallucinée dans sa chambre, vénérant les yeux fermés ces petits anges, ses futurs dieux, papouillant son bedon bien rond avec une vanité de reine et des chatteries infinies. Cinq mois plus tard, elle aurait ...
Cilia est de retour à Venise. Elle savait qu'elle reviendrait. "Revoir Venise et mourir"... Un pressentiment ? ...La gondole ralentit, toute noire. Son fer de proue doré, dressé à l'avant. Des sièges de velours rouge attendent le touriste. Simon lui avait pris la main. Elle était montée. Heur...
Elle est là, sortant des toilettes où elle s'est changée ; vêtue d'un short moulant et d'un haut de bikini succinct, elle fait tournoyer au-dessus de sa tête son tee-shirt qui lui donnait à priori trop chaud. Elle s'égosille, « allez, allez, allez, levez les mains en l'air ». Les yeux brûlants, les ...
Le bureau de l'éditeur était meublé avec simplicité. Un pupitre portait mon manuscrit qu'il était en train d'étudier, un crayon de papier posé sur le rebord. A côté, un ordinateur portable était ouvert sur un bureau droit, sans tiroir. Une bibliothèque, appuyée contre le mur face au bureau, contenai...
Jean-Emmanuel et Marie-Hélène À eux deux déjà : ils sont 4, cherchez l'erreur ! Des saintes, des saints, pas d'esprit… C'est peut être ça l'erreur, une maldonne dès le baptême ! D'abord la Grande Sainte bien nitouche ! Il faut la voir avancer, le dimanche, dans la nef de l'église avec sa bouche endu...
C'est le bruit des portes qui rompt le silence. La voix des ouvreuses, lointaine, comme une mélodie qu'on fredonne sans y penser. C'est le sol qui grince, quand les fauteuils soufflent. C'est un bruissement de chuchotements, faible d'abord, il grossit, lentement devient un brouhaha. On devine dans c...
Ils étaient deux, toujours ensemble, aussi unis que dissemblables ; voici leurs portraits et leurs caractères extraordinaires… Elle, Colomba, veuve PRUNELLI, tenait une gargote dans les environs de Bastia. Une Gitane maïs au coin du bec, avachie au bout du comptoir comme un crocodile faussement asso...
« Gabriel, c'est une rock star », aime à dire Charles-Henri. Mais non, il ne peut pas le dire : l'expression n'existe pas encore. En revanche, il dit souvent : « Nous sommes dans le spectacle depuis quatre générations ! Le métier, on le connaît » Oui, Charles-Henri connait son métier. Il les maîtris...
Elles se sont échappées une nouvelle fois. L'oreiller trempe ses joues de son humidité triste et elle s'essuie machinalement les yeux. Elle leur avait pourtant interdit de recommencer, de la tourmenter. Mais elle sont là, tapies. Elles reprennent. Ses épaules tressautent. C'est comme une pluie sur s...
Dans la queue une femme s'énerve ; elle manque d'éborgner ses voisins en ouvrant son parapluie. Menton frémissant, bouche amère, paupière coléreuse, elle grince entre ses incisives jaunies : 'pas la peine d'avoir réservé l'entrée en ligne pour attendre sous la pluie !' Derrière elle, conciliant, un ...
Le canon Un matin d'été. Une grande avenue, silencieuse. Quelques rares passants. Peu de voitures. Un dimanche peut-être ? Le soleil filtre à travers les ruelles. Une femme marche dans la ville dans un calme qui l'étonne et la réjouit. Loin derrière elle, quelques notes d'une mélodie familière, une ...
Texte d'origine : « La douleur qui précède la chute. Les fantômes qui dansent devant les yeux. Autour, tout est anéanti. C'est vide, déserté. L'image sans le son. On regarde autour de soi. Les formes, les objets, les gens qui habituellement font sens, sont vidés de leur substance. Comme lo...
Qu'est-ce qui précède l'idée? La sensation, les images mentales, les mots? Ou est-ce de l'idée que découlent le flux du texte en s'appuyant sur le ressenti, les sens, les associations… Vraisemblablement tantôt l'un, tantôt l'autre et les deux à la fois. Explorons donc. Une boule d'Anduze, senteur mi...
C'est une femme représentée à demi nue. Son torse, lacéré verticalement sur toute sa hauteur, émerge d'un drap blanc rosé. Il est enlacé de lanières blanches, qui à la fois l'emprisonnent et l'empêchent de se fendre en deux. Ces multiples ceintures s'efforcent de retenir les deux parties ensembles, ...
La vielle dame s'est installée près de la fenêtre. Le rituel est immuable. Fauteuil, couverture, napperon, tasse, soucoupe, madeleine. La rue est calme, un peu laiteuse. Les étals du marché ont été démontés, les trottoirs laqués d'eau. Le ballet de patois élastiques, d'invectives recuites, de plaisa...
Texte d'origine "Lorsqu'il voulut ouvrir le portillon, il dût le pousser de toutes ses forces, tellement l'herbe avait envahi le jardin. Depuis combien de temps n'était-il pas venu ? Tout avait l'air abandonné. Les massifs autrefois si beaux, débordant de fleurs soigneusement choisies selon le...
1.Les larmes coulent sur son corps douloureux. Sa colonne de pierre est cassée à de multiples endroits. Le haut de son corps est maintenu par des lanières en cuir blanc. Un drap blanc couvre le bas, du sang est visible. De multiples clous de différentes tailles sont dispersés sur l'ensemble de son c...
Au détour du chemin, je sens mon cœur gronder, mon souffle se raccourcit et mon rythme cardiaque s'accélère. Je m'essouffle et manquant d'air et d'oxygène, je suis en train de me colorer en violet ou en pourpre, je ne sais exactement. Ce qui est sûr, c'est que mon cœur résonne voire il cogne da...
J'ai toujours été attirée par les déserts, désert blanc d'Egypte, sable rouge du Wadi Rum, sable blond et roches ciselées de l'Adrar… cette impression chaque fois d'être avalée par le paysage, de ressentir le silence comme une caresse, entendre le vent chanter sur le sable, et voir au sole...
« Le visage est une évidence qui témoigne d'autre chose, il excède sa forme, (…) le visage est une énigme mais pas un secret. » Emmanuel Lévinas Le glacier rue Saint Louis en l'ile fait toujours fureur. Je remonte la queue en me disant qu'ils vont se régaler, les visages pétillants anticipent déjà l...
L'intérieur est bourgeois. On voit des cadres et même une assiette en porcelaine accrochés au mur. Il n'y a que les bourgeois pour accrocher des assiettes au mur. Un chandelier doré est posé sur une commode, couleur merisier. Une femme est installée derrière une porte intérieure vitrée, bordée d'une...
Fini la chanson des fléaux et les animaux qui « chauchent » les gerbes sous le soleil de juillet, les hommes aux visages craquelés, couleur de terre, ont déposé leurs outils. Un suaire de sueur les recouvre, mais pour l'heure les yeux s'allument, les regards s'ébrouent et de ces silhouettes de ruine...
Nous voilà à Disney. C'est magique les enfants sont beaux. Le ciel est bleu nous sommes jeunes, la vie devant nous, mais il ne me regarde pas. C'est moi qui regarde et qui vois dans son cœur « Il est occupé par une autre, ou par le prochain livre à publier. Je ne sais pas à vrai dire ». Mincir, fair...
Au tableau, la craie s'applique au tracé des courbes du E en majuscule déliée :Elle est en Espagne, danseuse de FlamencoBras arrondis, sculptés, combattifsMains suspendues dans les airs, mouvantes, fluides, charmeuses, exécutent de parfaites arabesquesLe corps avance souple et solide défie le monde ...
Passant devant la vitrine du grand magasin, l'homme aperçut son reflet. Il s'arrêta, se contempla et rajusta le nœud de sa lavallière. Avant toute chose, il convient de porter un costume chic et distingué. L'œil est le premier juge. On ne saurait paraitre courtois et urbain dans un tissu grossier et...
Partie 1 : Description de l'autoportrait de James Ensor En 1899, James Ensor peint « Autoportrait aux masques », une peinture dans laquelle il s'érige au milieu d'une foule de faces masqués. Son visage, le seul qui est à découvert, son regard pénétrant, tourné vers le spectateur, attire toute l'atte...
Réflection with two children est un tableau peint par l'artiste en 1965, un de ses nombreux-autoportraits, auto-représentation qu'il désigne aussi par les termes de reflet ou réflexion. Il semble que le peintre ait disposé un miroir au sol et qu'il peint ce qu'il y voit, son reflet, un homme mûr au ...
Et il y a la portière de la coccinelle ; rouge, lustrée, tel un rubis dans une vitrine de bijoutier. Elle est là, son orfèvrerie : quand le vrombissement du moteur s'arrête, la ventilation s'enlise dans le sommeil, elle sort de sa voiture. Elle sourit. Ses poumons dilatés par un air de campagn...
« Le plus petit courant d'air est parfois d'une terrible amertume. » Jean Carrière. L'épervier de Maheux. Il est tôt mais la poussière a déjà nimbé la vallée, écran mouvant et capricieux que rien ne semble dissiper. Au gré de ses errances, elle ménage ses effets, opacité transparente ou déchir...
Les armées cotonneuses en uniforme blanc et gris s'avancent lentement, si lentement, vers des combats d'orages possibles. Elles naviguent en voiles mouvantes, silhouettes rondes aux arrière-garde effilées. Elles surplombent, hautaines, les combats au sol, là où d'autres frémissent, tremblent en feui...
La Vierge Marie Dans une chapelle au fond d'une forêt Une sculpture de bois sans âge Elle n'est pas debout Elle n'ouvre pas les bras en un geste d'accueil universel Elle ne porte ni sa tiare de reine, ni son manteau de ciel Elle ne sourit pas Elle est assise Un homme étendu en travers des genoux Ell...
Dans le hall, pour une énième fois, c'est encore mon corps qui se souvient d'abord. Il se souvient et la migraine arrive. Il se souvient et l'angoisse me vrille le bide. Le goût de métal dans la bouche. L'odeur du cancer, âcre, tenace, qui me file encore la gerbe. Je me souviens. Je me souvien...
Les badinages insouciants du début du voyage avaient laissé place à un mutisme médusé. Nous reprîmes conscience au bout d'un temps, j'ignore s'il fut long ou fugace. Les impros d'un pianiste emplissaient l'habitacle, s'étendaient bien au-delà, jusqu'aux plus noires profondeurs de ce paysage ...
21h30. Ressentir un vide immense. Chercher le moyen de le combler. Vite. Se précipiter dans la cuisine. Croiser son reflet dans la fenêtre. S'arrêter. Faire face. Pincer du bout des doigts la peau des joues. Tirer dessus dans un bruit de succion. Se trouver un air de grosse vache. Envisager une seco...
La baignoire se réjouit chaque soir de ma compagnie. La nuit ferme doucement les paupières du jour, pour une mort à mi-temps. Voici venue l'heure où l'humain lui accorde son existence. Ses compagnons du jour, les donateurs de beauté, se prélassent sur les bords. Ils seront le miel du corps alan...
Il était assis dans un large fauteuil de cuir, du vrai cuir. Il avait posé les bras le long des accoudoirs, s'était assis bien au fond du siège, le dos calé sur le dossier à peine incliné. Il se sentait heureusement pas à sa place, une douce escroquerie, l'enfant dans le magasin de jouet désert. Il ...
La Célestina au rictus parcheminé lui souffle quelque chose à l'oreille. La main cachant ses lèvres, la jouvencelle étouffe un rire coquin. Constanza, dans la prime fraîcheur d'une salade au jardin, le cil qui volète, le menton enfantin, le front insolant si lisse, la chevelure luisante comme châtai...
Elle était immonde, grosse loche, limace visqueuse géante, elle profusait, s'étalait, se répandait tel un mammifère marin, occupait la place avec une jouissance dénaturée. Une débauche de chair qu'un amas de coussins aux couleurs incertaines ne parvenait pas à circonscrire. C'était une créature venu...
"Que serais-je sans toi, qui vins à ma rencontre... Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas. Moi, je t'offrirais…" Moi, je t'ai tout donné ! Mes amis, mes photos, mes échanges secrets, mes rendez-vous... Que vont-ils devenir ? Comment te remplacer ? Tu es ma musique, mon Opéra, mon ciné...
Passage, Elle crie, crabe démembré, dans un bouillon de poussière safranée. La carapace en merisier craque sous la semelle opiniâtre d'un pied besogneux, mécanique ; croquer la rebelle. La table a la dent dure pour l'ouvrier. Le compte à rebours décline des notes acres, des dissonances qui se choque...
C'est une journée ensoleillée qui répand sa lumière sur le sol de la pièce. Est-ce l'hiver ou bien l'été ? Il observe en premier lieu une femme assise, de dos, dans le coin gauche du renfoncement d'un bow-window. Comme il ne voit pas son visage, il ne lui donne pas d'âge et ignore son histoire. Aux ...
Ils étaient posés tous les deux sur la plage, face à la mer, elle et lui.Elle, faisait dans la superposition de couches adipeuses, le bourrelet surnuméraire, ballotant, flageolant, grasseyant, drapeaux de chair flottant au moindre bruissement ambulatoire. Ses rondeurs débordantes se balançaient quan...
La coulée délicieuse d'un poison défendu avait ouvert les vannes de son imagination, qui courait sur des horizons qui se dédoublaient, bleu sur ocre, bruit sur ombre. Elle avait rangé précautionneusement sa logorrhée dans un tiroir de son inconscient, du fond duquel une lumière verte venait perforer...
D'une plage transparente Quartz enfiévré, coupant nos pieds, criant Ma bouche, elle, ne crie pas Elle embrasse l'horizon Avant l'horizon, L'océan à contre-couleur L'océan est à moi, j'y suis, JE Liquide, liquide peut-être Sel, écume, Algues à mes chevilles comme des bras M'étreignent jusqu'au bleu s...
J'avais récupéré les clés, chez le notaire, l'après-midi même. La maison est à vous, voilà ce qu'il m'avait dit. J'avais roulé, alors, sans m'arrêter, presque sans respirer et j'étais arrivée, la nuit à peine tombée. La lumière des phares avait éclairé furtivement la façade, si familière et si loint...
Place indifférente, sièges râpés Une jeune femme grande avec des écouteurs bien concentrée, une grosse valise sur ses genoux Qu'a - t elle bien pu mettre dedans, elle est jeune, des tonnes de vêtements et de make up ? Le bruit de la porte du train Enfin partie vers la maison L'endroit où je me sens ...
Il y eut un reniflement. Les hommes sursautèrent. Le reniflement avait été soudain, plein. Était- ce à cause de la poussière ou à cause des larmes. Ils attendaient. Lequel d'entre eux avait reniflé ? Le silence qui suivit était sombre. Un homme se racla la gorge. Il força un peu pour bien ...
Le père Cutador était une vulgaire et poissarde copie d'un matador, un putassier de Blaireau à deux balles, conquistador hébété des comptoirs de PMU. Son physique taurin avec un blair présomptueux sous un front bas, fuyant, avare de lumière où le regard était si opaque à un trait d'esprit lumineux, ...
Il l'a trouvée, la maison aux volets rouges où habite Laura. Ce n'était pas très difficile. Elle lui avait décrit la place de l'église et les volets, les seuls rouges de la ville. Il s'est assis dans le café, juste en face dans un coin, un peu à l'écart. La fenêtre, qu'il regarde depuis une heure ma...
Il faisait beau et je n'avais définitivement pas envie de m'extraire du transat. Dorer au soleil était l'objectif de la journée même si par instant la piqure aigue d'un moustique venait déranger le plaisir d'être allongée, à ne rien faire. La sonnerie du télé...
Mollement, elle déplace son corps parfait, ses interminables jambes rehaussées d'un cul à damner tous les saints, se saisit du porte manteau et récupère sa chasuble bleu marine, qu'elle endosse, et, qui soudainement, lui donne cet air de béatitude vertueuse; elle noue ses longs cheveux bruns, puis l...
Assise sur mon rocher, j'épie l'île plantée au large de notre côte sauvage. Aucune embarcation ne s'aventure près de ce lieu ombrageux martyrisé par la mer, qui poignarde avec violence l'à-pic de ses falaises. Dans le miroir des vagues qui font rougir ses bleus, l'île danse. S'admire. Grimac...
Les draps froissés de mon immobilité grise ne chantent plus. Pourtant, ils ont eu leurs heures rouges, les heures arc-en-ciel, les caresses embaumées et les sueurs cotonneuses. Ils ont claqué en bouquet fleuri dans la fraîcheur matinale des lessives campagnardes. Mes draps se sont tendus sur de...
Chez Basic Fit, plus personne ne se douche. Les mecs y poussent plus de fonte que les aciéries du Nord en ont produit au siècle dernier ; ils y suent davantage que la Mer-de-Glace sous le soleil estival, mais aucun ne passe sous l'eau pour se laver avant de quitter la salle de gym. Au mieux, ils se ...
Elle était là. Le perfide petit arôme de bonbon acidulé. Dissimulé, caché sous les effluves ordinaires et ennuyants de l'appartement. Tapi dans les plis et replis du voile odorant des parfums de rien qui faisaient le quotidien de Ichiro. Elle était là. Derrière la senteur moite qui émanait de la cui...
Son refuge tape et grince à un rythme régulier. Le réveil a été brutal, un choc, une vibration qu'elle ressent jusque dans son ventre. Le long glissement de l'eau sur la coque est immédiatement suivi de la grande claque de l'étrave qui retombe dans un grésillement de braises mouillées. Son corps et ...
Sa haute silhouette exhale un parfum de certitude. Fragrance lumineuse de la flèche aspirant les pèlerins confiants, sûrs de bientôt la respirer. En eux, une onde de sueur et d'espérance. La voilà qui s'approche du Christ en mandorle et l'effleure là-haut sur le portail, vague d'amour caressant les ...
Métro parisien, Le quai fourmille d'une horde laborieuse, sacs sur le dos, sacoches au bout du bras, sacs à main sur l'épaule, guindée dans d'incolores uniformes. Agglomérés en rangs serrés sur la première ligne, ces vaillants soldats de la semaine de quatre jours piétinent le sol de leurs hau...
Extrait de l'enregistrement n°27-12, entretien réalisé par le Professeur LEARY : Julia, sujet féminin, douze heures après l'absorption de 150 microgrammes de LSD. (Laboratoire de Harvard, 12 mai 1962) « Au début, je sens comme une explosion de couleurs, orange chaud qui traverse la pièce en me laiss...
Vers 17 heures, Nénette et Lamour sortaient leurs chaises, se posaient sur le trottoir et attendaient la sortie des écoles et des usines. Côte à côte, Nénette et Lamour, rides contre rides, chaussons confort aux pieds, regardaient passer les enfants avec leurs cartables et les ouvriers en bleu...
Félicitations à Stéphanie qui participe à l'atelier de Nîmes du mardi soir ! Elle a remporté le troisième prix du concours d'écriture organisé par la librairie parisienne Livressence avec un texte qu'elle avait écrit ici en atelier suite à une proposition sur l'épi...
Une fin de soirée. Un homme et une femme se préparent à regarder un film à la télévision. Les pieds posés sur la table basse, une tasse de café à la main, l'homme attend que le film commence ; elle, lunettes sur le nez, dispose un plaid sur ses jambes, puis se renfonce dans le canapé avec un sourire...
Il est dix heures, je pousse la porte. Son grincement fouille mes nerfs comme une lame de couteau, l'augure d'une lutte future résonne à mes oreilles. Un rayon de lumière tranche l'espace en deux, impose une géométrie implacable à ce lieu de douceur. C'est une ligne de plus ajoutée à ma douleur, dep...
Il y a la musique d'All You Need is Love, reprise en chœur par les copains et les cousins, quand Louise, au bras de son jeune mari, sort de la petite chapelle tournée vers la mer. Elle a voulu se marier sur l'ile grecque où elle a passé presque tous ses étés d'enfant et d'adolescente. Une robe coule...
Et il y a cette femme. Elle est là, face à la mer. Sans quitter des yeux l'étendue souveraine, implacable, elle se défait de ses vêtements, entre dans l'eau, avance jusqu'à la taille. Elle est nue. L'eau l'enveloppe, la porte, l'emporte. L'océan entre en elle, son corps accueille l'eau dans ses moin...
Il y a toutes tes hésitations, les « j'y vais, j'y vais pas », de l'aplomb, aux vacillations et ces chutes inévitables. Dans mes yeux, je joue la réplique « ouiii », « allez », « ohhh !! » jusqu'à ce jour où d'un coup d'un seul tu enchaînes quatre semblant de 1ers pas ! Ensemble on exulte! Il y a te...
Et il y a la meute des enfants. Poussière, éclats de rire, ceux du soleil qui mordent sa peau. Chaleur cuisante, ombres tranchantes, sourire aux lèvres, elle descend le sentier, son bidon sur la tête, la main sur le bidon, le poids de l'eau oscille doucement. Elle rayonne, le corps luisant, dressée ...
Londres. 9 H du matin. Au dernier étage d'un bâtiment de briques marron de Cleveland Street, la fenêtre du toit en pente, baignée de soleil, renvoie une lumière blanche aveuglante. Sous le toit, dans une chambre minuscule, un jeune homme est assis à son bureau. Il allume son ordinateur et hume le pa...
Nikita ouvrit les yeux et vit les corps serrés sur les banquettes. Il y avait des enfants endormis, la tête basculée sur les épaules de leur mère, des femmes, beaucoup de femmes de tous âges, qui regardaient le mur d'en face d'un regard vide. Une dame aux cheveux grisonnants tenait un chien sur ses ...
Assise sur une natte devant la case qui m'a été attribuée, j'accueille l'univers végétal dans lequel se fondent les sociétés que je suis venue rencontrer. Imagine ! Les habitations en bois, fibres et lianes, les « nambas qui portent haut le pénis des hommes, les jupes d'herbes qui tourbillon...
Adeline sortit le jeu de cartes de son sac à mains. - Bon, les filles, assez bavardé, on a refait le monde, maintenant, place au jeu. Noémie s'installa de l'autre côté de la table ronde, pour faire front, un face à face qui aurait pu virer au duel si lily elle-même n'était venue compléter...
La mélodie fait irruption dans son monde intérieur. Une valse de Satie, douce et mélancolique à en mourir. L'une des musiques préférée de Louis. Elle résonne en elle, lui tourne la tête, fait trembler ses mains. Mais le vieux vinyle du voisin doit être rayé. Trois fois déjà que la musique craque, ri...
Posée, là, dans le relax bleu azur, comme une chose cassée, attendant d'être réparée, elle pose la main sur son bras droit, vers le haut, là où ça fait mal. Lentement, elle masse. Sous la pression, le lait couleur d'opaline entre doucement dans sa peau. Le muscle, tendu comme un arc, se dé...
Pour le premier soir Armelle, arrivée la première, a prévu un poulet. Elle le fait très souvent, et dit à chaque fois : « Je n'avais pas d'idée, alors j'ai acheté un poulet ». Ils l'ont mangé dans le jardin, près des hortensias le long du mur sud. Quand Léna a posé le plat sur la table ils ont crié ...
Il aurait voulu dormir le plus tard possible, ne pas avoir à attendre. Se réveiller : c'est fini. À trois rues de là, le clocher de l'église Saint-Sulpice (église fin XIXème, sans style particulier) sonne toutes les heures, les demi-heures aussi.Il s'est réveillé à quatre heures. Il reste ...
Les fleurs de la clématite s'ouvrent au jour qui vient. Dehors le champ immaculé se déploie en grand continent blanc. Un mouvement pâle, subtil. Au plus profond d'elle-même. Presque rien, juste un tressaillement. Un voile transparent soulevé par la bise, un flocon de neige en apesanteur. Frisson inc...
Je la vis arriver de très loin. Le gris acier et arrogant d'un instrument singulier se dandinait au-dessus de sa tête. Elle m'expliqua plus tard qu'il servait à ventiler son cerveau affaibli par des années de réflexion. Le blanc comateux de son chemisier, tourmenté par deux boules de ferraille vigou...
Sur la ligne des monts Dans un ciel en fusion Les Vermillons, les Orangés, Impudents, fougueux, Livrent bataille Contre les Céruléens Inflexibles et téméraires. L'Outremer de nuit Eteint l'incendie puis se couche Sur l'ho...
Quand je me suis réveillée ce matin là, deux cochons grognaient au loin et les fleurs sauvages près de l'étable semblaient revigorées. Il avait plu toute la nuit.Flottait dans l'air une odeur particulière. Ce n'était pas celle des feuilles d'arthagus écrasées par l'eau heure après heure. Ce n'était ...
Il était une fois les lunettes de ma voisine par la fenêtre éclairée je voyais qu'elle me regardait. Elle me regardait. Est-ce qu'elle m'observait ? C'était stressant par la fenêtre de ma voisine les lunettes obsédantes les lunettes indiscrètes les lunettes qui scrutent. Toutes ces lunettes et ces p...
La fenêtre est entr'ouverte, il fait doux, c'est encore une belle journée. La voix cristalline de Sabine Devieilhe vous porte, vous enchante. Un rayon de soleil se pose délicatement sur la tranche juteuse qui glisse sous vos doigts. L'assiette est déjà presque terminée, les rondelles de tomates bien...
Pas un geste, ni même une expression, rien, pourtant une lumière t'enveloppe, tu as le visage d'un enfant, la pureté d'un enfant. Je surprends cette lumière qui dépose sur tes rides des fils d'or et sur ton corps suspendu dans une immobilité qui fige l'instant. Ni torpeur, ni sommeil, sérénité. Le s...
J'étais encore très jeune quand je l'ai rencontrée pour la première fois. Grande et élancée, ses cheveux longs lui tombant dans les yeux, courbée, elle ramassait des petits cailloux blancs sur le bord de la route. Elle ne m'a pas remarquée ou bien elle a fait comme si, absorbée dans sa quête futile....
Avec la certitude qu'il me fallait fuir la ville de P…, trop vaste, trop bruyante, où les règles de l'existence ne semblaient reposer que sur une indifférence généralisée, j'avais choisi, un peu par hasard de m'établir dans ce petit village où je menais une vie paisible quoique monotone. Au hasard d...
Gare de départ ça y est j'y suis enfin pas faute d'avoir couru j'en peux plus je suis trempée Mes cheveux Tout ce monde Où ils vont tous pas question de manquer le train S'il vous plait Madame… Ce monde pas possible dans tous les sens ça crie ça mange mon sac insupportable Partir Voie 1 évidemment t...
Réveil. Déjà l'odeur du café. Il se lève. Envie de pisser. Dans le miroir, le regard trop lourd. Quelques nouvelles rides fines. Cheveux en bataille. Eau froide sur le visage. Eau chaude pour plaquer les épis de cheveux. Direction cuisine. À la radio, infos du matin. Bruits du monde. La porte...
Je ne peux vraiment pas faire de toi mon amie. Non ! Comment être amie avec une femme sur qui je ne peux pas compter, qui m'accorde ou me refuse son aide de façon imprévisible ? Faire de toi une amie, alors que tu disparais pendant de longues semaines à tel point que je me mets à douter de ce que tu...
Circulez, y'a rien à voir. Les paysages ne s'arrêtent pas ici, ils ont mieux à faire ailleurs, dans les montagnes, sur les plages ou les cartes postales. Ici, c'est du gris au-dessus et du noir en dessous. Rien de plus. Rien que de pluie. Les voyageurs ne viennent pas jusqu'ici, ou alors ce sont des...
Elle pose nue, de dos, immortalisée à travers les yeux de son amant. Devant sa photographie, mise en lumière de façon magistrale, le spectateur ne voit d'abord qu'un violoncelle aux courbes gracieuses, la blancheur uniforme de l'instrument qui se détache sur le fond totalement sombre de l'arrière- p...
Depuis combien de temps est-il là, immobile, à contempler la mer ? Debout sur une butte, le dos tourné à son île, l'enfant regarde au loin. Derrière lui, l'ancien volcan semble endormi sous l'épaisse forêt tropicale, camaïeu de verts et de brumes vagabondes, de végétation et d'humid...
C'est un endroit du monde entre mer et campagne. Une ossature de granit qui défie l'océan. Derrière la chaîne de roches qui ceinture et découpe le littoral, une plaine côtière colorée par la saison printanière. Un camaïeu de vert, du plus tendre au plus brun. Quelques fleurs sauvages y son...
Quand nous étions enfants, son jeu préféré était de s'approcher de moi à pas de loup alors que j'étais absorbée dans ma lecture, elle poussait un cri strident qui me saisissait, me déchirait les tympans et me laissait hagarde, pantelante, me demandant ce qui venait de m'arriver, un trou au milieu du...
Il est seul. C'est l'heure de la récréation. La cour s'égaie de mille voix, de jeux, de courses, de confidences. Lui se tient seul sous le préau. Adossé aux casiers scolaires métalliques, sa finesse d'échassier le distingue de tous les autres. Il n'entend pas crier « 1, 2, 3 soleil ». Pourtant, son ...
Après le petit-déjeuner, Lola trotta vers la salle-de-bains en chantonnant. Elle retira son pull, le laissa tomber au sol et glissa la pointe, puis le talon de ses pieds nus dans les plis de maille orange. Une chaleur douce enveloppait son corps. Le soleil était entré tout entier dans la pièce, tran...
C'est une île. Une île qu'on remarque en cela qu'elle n'a rien de remarquable. Pas de maisons de pêcheurs aux toits de chaume, pas de falaises de marbre. Ni trésors cachés, ni Roinson Crusoé. Juste une île. Ou plutôt un rocher de granit à peine plus grand qu'une table de monastère. Couleur rouille C...
Quand je l'ai vue la première fois, c'était au parc barbieux, un jour d automne, ce temps où tout fout le camp, où les feuilles et les idées s envolent, où la pluie inonde les chemins et nous réveille les larmes, nous rappelle nos chagrins et nos morts.Je promenais mon chien emmitouflée dans m...
Sans longue vue, la baie est invisible, l'œil acéré d'un marin peut voir la danse de l'eau, ou parfois un tourbillon au milieu des vagues. Franchir la passe demande une habileté ou cette virtuosité du marin qui fait corps délicatement avec l'onde fougueuse, indocile, indompté de cet océan. Baisser l...
A l'abri de la courbe profonde du golfe, à ce point de la côte où les terres s'ouvrent pour laisser le fleuve entrer dans la mer, là où les eaux se mêlent, seules quelques façades ensablées, vestiges d'anciennes villégiatures, résistent encore face à l'océan. C'est en tournant le dos à l'océan, en a...
La première fois où elle le vit elle ne remarqua ni son élégant costume bleu marine, ni le foulard de soie dans le col de sa chemise blanche, ni même son parfum dont pourtant il s'apergeait avec générosité avant chaque sortie en société. Non, ce qu'elle remarqua ce sont ses poignets. Plus exactement...
Elle est sanguine dans sa robe de mort. Presque nue contre les gifles du vent. Au sommet du monde, sur cette montagne qui n'a ni lieu ni nom, elle s'offre toute entière à la Communauté. Elle est divine à aspirer la foule comme un rail d'adrénaline. Elle traverse la horde de fidèles béats. Son a...
A travers les persiennes, filtre la lueur du jour. Il est encore tôt mais elle se lève. Elle a toujours été matinale et, même en ce jour, elle ne veut pas se mettre en retard. Un rayon de soleil réveille le miroir de sa chambre. Confident de ses humeurs, elle n'a pas de secrets pour lui. En ce matin...
Au-delà des lointaines rives verdoyantes et des marécages se trouvait posé sur un ilot rocheux, au milieu de la mer grise, le petit duché de Canterburry. Il était juché là, dominant l'immensité de la mer, coupé du monde et de ses tentations. On ne pouvait y accéder qu'une fois par jour à marée...
Il se regarde écouter, avec moi chaque matin, le chuintement de l'eau, couler de son froid et léger sifflement au sommet de sa sourde chaleur. Elle mue, de sa cristalline originelle lumière vers la blancheur de son opacité. Les sens en éveil, avant même de la toucher, il sait que son idéal est attei...
Janvier, curieux prénom d'autant qu'il est né en Septembre. Mais cela lui donne une touche anachronique et romanesque. Janvier est marcheur sur corde. Non pas funambule qui lui utilise des balanciers mais vrai marcheur sur corde, sans rappel ni balancier. Ainsi il a fait les canyons du Colorado...
Une tâche jaune, jaune moutarde, tout au fond du couloir bondé, elle s'approche, une doudoune qui avance, vite, très vite, qui double, bouscule presque ceux qui sont devant elle. C'est un jeune homme, plutôt grand, sac au dos à l'épaule, il s'immobilise dans le hall, tourne la tête à droite, à...
Je l'ai vu, j'aurais pu, j'aurais dû, je n'ai pas su. Je le croisais à la fac. Je n'avais pas la faculté d'aborder les inconnus, tout juste les connus. J'étais d'une timidité maladive. Petite, j'avais été soignée pour bien des maux enfantins, la rougeole, la varicelle, la rubéole, et même la coquelu...
Elles se bousculent, piétinent, certaines essaient de passer devant, moulinent des bras, glissent leurs mains entre les épaules de celles de devant, elles se mettent de profil et se faufilent,rentrent le ventre, rentrent la poitrine, certaines disent pardon, d'autres ne disent rien, elles poussent u...
Ses petits pieds tendus sur leur pointe, le ventre appuyé contre le lavabo, elle regarde son reflet, surprise, pose sa main à plat sur le miroir comme pour le toucher, puis déforme son visage, écarquille les yeux, gonfle les joues, tord sa bouche dans tous les sens, tire la langue pour toucher son n...
Avant de la connaître je l'imaginais dorée, comme parsemée d'une fine poussière d'or. Sans doute en réminiscence de tous les textes sacrés qui l'ont louée et de tous les psaumes qui l'ont chantée ? Plus que d'autres dans le monde le nom de cette ville imprime les mémoires et habite la conscience col...
Au milieu de la foule, il s'assoit, plie la jambe droite et pose son pied sur l'autre cuisse, sa main guide le pied pour l'accrocher à sa hanche et se fige. Lentement la jambe gauche se replie derrière lui, son corps se penche dans le déséquilibre du mouvement puis se redresse. Il donne un élan au b...
Dans une cuisine à l'heure du repas, un vieil homme est assis seul au bout d'une longue table. Il vient de terminer son repas et repousse son assiette. Lentement de sa main déformée, il rassemble les petites croutes éparses sur la table. Sa main aux doigts repliés balaie la nappe d'un geste len...
A Toulon, la chanteuse Rosine Ferrébeuf a blessé d'une balle à la nuque son amant, le chef d'orchestre Cunq. Samedi 9 novembre 1912, à Toulon, aux alentours de 17h, Monsieur Guinde, le directeur du théâtre de la Ville, a retrouvé dans la fosse d'orchestre, gisant dans une mare de sang, le célè...
« Aux marches du palais… » cette chanson lui trottait dans la tête. Mais où diable se trouvait ce palais ? « Y a une tant belle fille lonlère… » Cet air de naguère dans un pays de carton-pâte, papier mâché avec des déités en barbe à papa et bras à gogo, chromos multicolores, poudres fluorescentes ro...
Le soleil s'éveille doucement, les premiers rayons sont déjà brûlants, la journée sera caniculaire. Après plusieurs heures de piste, nous voilà enfin arrivés à l'entrée du canyon, dans lequel elle se niche : APSARA, la cité de sable pétrifié. Une foule de véhicules patientent en file indie...
Je t'ai quittée autrefois, ou est-ce Toi, qui m'a décidée à t'abandonner ? L'eau, le fleuve et tes pluies quasi éternelles ont eu raison de moi. Le surnom de « pot de chambre de la Normandie » te va si bien ! J'ai largué les amarres un jour gris de pluie comme tant d'autres. Tu as traversé les siècl...
C'était au printemps dernier. J'avais enfin réussi à accomplir une partie de mon rêve : je m'étais installée depuis quelques mois dans un hameau perdu, situé sur l'un de ces plateaux mythiques où le temps semble s'être arrêté depuis des siècles. Le vert émeraude des pousses déjà bien ...
Sous la pergola, une femme robe rouge mi mollet, les deux pieds parallèles, bien alignés derrière une ligne imaginaire. Le droit se soulève, la pointe vers le ciel, talon en bas. Le corps chancelle, le côté en appui titube et une ondulation dans le corps va chercher l'équilibre. Puis rotation de la ...
Expirer longuement, se laisser glisser, sombrer. Au rythme d'un souffle lent, nous cheminons, les yeux en éveil. Tout voir. Alors un autochtone nous regarde, s'agite. Puis deux, trois, dix, tous différents. La lumière s'égaie sur les corps en mouvement des habitants de ce lieu où le bleu assume...
Je surplombe le vallon, bercé par la lente danse, de sa végétation. Pas un bruit, pas d'apparente présence. Pourtant, tout semble bien là, réuni. Cristal, serait aujourd'hui, son seul, et unique possible nom. Perdus dans le vert intense de cette luxuriance, j'aperçois au loin, ça et là, de furtifs p...
Un rayon de lumière blafard sourd par les rideaux entrebâillés, les corps se découpent assez nettement dans la pénombre. On devine Luc, recroquevillé, tassé sur lui-même comme s'il cherchait à disparaître dans le recoin où il s'est réfugié. La tête sur ses genoux repliés, ses bras, comme un étau, en...
On lui disait souvent qu'il avait de belles mains, des mains de pianiste. — De chirurgien, il répondait.Elle lui avait dit qu'il avait des mains émouvantes, cela l'avait touché, il avait demandé la sienne, elle avait accepté, ils s'étaient mariés peu après.Il n'avait pas seulement de belles ...
Mars 1984 Paris s'ébroue après un hiver sibérien. Un brouillard glacé rôde chaque nuit et les gelées du matin blanchissent les trottoirs et les toits. Le petit restaurant bleu est surchauffé. On distingue mal la rue à travers les vitres embuées. L'après-midi a commencé, chassant les habit...
Elle s'est découpée dans la lucarne du hublot. Une île, un ilot plutôt. Terramer. Sous l'aile de l'avion, le soleil rasant dévoile les contours d'un pays que je quitte. Dans cette heure entre chien et loup, au-dessous de la carlingue, quelques rares points lumineux éclosent çà et là. Ils tracent en ...
Une image sur ma rétine. Le précieux jardin de mon arrière-grand-mère. Image de vacances lumineuses. Le jardin de Jeanne glissait en pente douce vers le boccage. Au premier plan le pré, légèrement vallonné. Des vaches au pelage blanchâtre ombré de taches crème. En fond, la ligne du Morvan. Un c...
Voici la vidéo d'une interview réalisée par Fabrice Roy en juillet 2021 à propos de " Sève d'automne ", de mon rapport à l'écriture, de mes sources d'inspiration et de mon éditeur Les Editions de Paris, Max Chaleil. Il suffit, si vous souhaitez la visionner, de...
Tourane, le 16 décembre 1939 Un port, des bateaux immenses, à la coque gigantesque, menaçants. Je quittais la terre boueuse de nos rizières pour amorcer une trajectoire qui déjà me perforait le ventre et me faisait perdre pied. Moi qui n'avais jamais vu la mer, comme vous tous, j'ai aussitôt eu la c...
Assise au bord du lit, j'hésite à déplier mon corps. Je sais qu'une nouvelle fois il sera douloureux. Tout vacille autour de moi. Le verre renversé et la bouteille presque vide me donnent la nausée. - Lève-toi, ma vieille, bouge-toi car le temps presse ! Dans quelques heures elle sera là.Elle...
Un œil rond interroge la brume bleutée. Un pâle rayon de soleil topaze tente de s'imposer. Un dernier sursaut, il regagnerait l'eau, les algues brunes du petit canal qui borde St Lio. Mais la main de la vieille femme rattrape le poisson et le repose au milieu de ses congénères. Il est là dans la nas...
Valleraugue, juillet 2021, stage d'écriture sur le style. Atelier d'écriture sur le mouvement. Le crack fut bref, retentissant. Jack se raidit, étouffa un juron. Il tourna la tête, cria « Danger » à l'arrière, dans les hurlements du vent. Trop tard. Sous son pied fugitif, la glace céda, le précipita...
Atelier : scène cinématographique... Indigo, presque violet, un papillon nain volète, virevolte, furète dans les campanules, s'attarde sur un pistil dressé dans sa corolle, dédaigne le trèfle, aspire le coeur d'une marguerite. Poursuivant sa course dansante, il a perç...
Des clameurs me réveillent en sursaut. Le feu ! Le feu ! Je dégringole le tronc à encoches qui mène à ma hutte. Un flot acre et blanchâtre a déjà envahi l'espace. Pedro arrive haletant : - Trop tard pour éteindre, il faut partir, courez aux pirogues ! Les hommes ont déjà rempli des hottes de fibres ...
Comme chaque soir d'été, Jean s'était arrêté là, au bord du grand champ de blé, recueilli face aux milliers de paillettes d'or semées jusqu'à l'horizon. Son horizon depuis l'enfance. La beauté de cette mer dorée l'appelait toujours à la contemplation. Immobile face à l'étale, il se soumettait à l'en...
J'ai été réveillé par des coups comme des coups de pioche. Étonné j'ai soulevé le couvercle et vu un archéologue creuser la terre autour de moi. Barbe blanche, cheveux blancs, il ressemblait à Charlemagne. Il pouvait avoir entre cinq et dix mille ans.Il était accompagné d'un assistant plus jeune que...
Quelques notes de musique et je suis morte. Qui pourrait le croire ? Quelques notes de musique seulement ? Impossible ! Si, si croyez-moi ! Je marchais au hasard des rues, sans défense. La douceur matinale promettait déjà la chaleur de la journée à venir. Depuis des jours, des semaines, des moi...
Dans cette grange d'alpage, à l'écart du village, délaissée sur les hauteurs, il se réconcilie avec lui-même. Là-bas, dans la mégalopole, Il a mené une vie aussi furieuse que médiocre. Il ne s'écoutait plus, il ne se parlait plus, occupé qu'il était à bosser, à séduire les autres avec des leurres de...
Joséphine Lorsqu'elle arrive le matin, la nuit est encore noire et froide. Elle déteste l'hiver ! Ce froid qui lui traverse les os, ce ciel bas et gris qui lui cache le soleil, cette nuit qui tombe au milieu de l'après-midi, elle n'a jamais pu s'y faire, à croire qu'elle a le soleil dans les gènes !...
Je lui avais répondu, à lui, comme aux trois autres messieurs qui semblaient me correspondre. Une photo très réussie contre quelques mots :" septuagénaire recherche pour très bons moments de vie une jolie relation avec monsieur correspondant, libre dans l'immédiat. Écrire…" Deux semaines et de nombr...
Emma Il fait chaud dans l'atelier. Tu aurais espéré que la scène n'exista pas, mais tu savais que c'était inexorable. Tu connaissais Edmond, il succomberait au charme de Rose, une fois de plus. Elle est arrivée tôt ce jour-là, comme si elle voulait avoir tout le temps pour le séduire. Elle avait fai...
Mathilde Ouf, j'en pouvais plus d'entendre Irène tout régenter comme une maitresse d'école. Je vais me poser là ,bien tranquille, sur le fauteuil du jardin et la laisser jouer les fées du logis à l'intérieur comme d'habitude. Elle adore ça. Elle a eu le culot de me dire qu'elle découvrait la situati...
18h30. Plus qu'une demi-heure. Touche finale : petit trait de crayon autour des lèvres, puis rouge à lèvres corail pour un peu de gaieté, avec une pointe de gloss transparent pour ajouter un peu de fantaisie. Effet glossy, ma signature personnelle. Tadaaa ! Alors, qu'est-ce que ça donne ? Le reflet ...
Elle ouvrit brutalement les deux battants de la porte. Immédiatement ses yeux se tournèrent vers le lit. Non pas celui qui était là, paisible, moelleux, accueillant, rempli de petites fleurs bleues entourées de dentelles. Non, l'autre, celui d'il y a trois jours, bouleversé par une nuit d'amour, ave...
C'était un lundi. Dans la plaine, le jour se levait, l'espace offert aux yeux des hommes paraissait infini. Une brume légère couvrait les reliefs et la neige masquait les dénivellations. Toutefois, une trouée dans ce halo permit à un groupe de cavaliers équipés de longue vues de distinguer tout au f...
Cher Toi-même Enfant, je me suis vu grandir. Trois fois par jour, tu me regardais tourner ma brosse à dent. Je me suis intéressé à toi le jour où tu m'as montré ces horribles boutons d'acné. Je me suis rapproché de toi, je t'ai scruté, je voulais voir et aussi savoir ce que tu avais à me dire....
Lui, Don Giacomo, marquis de Gonfalon, renard de haut lignage.Mère renarde argentée de Sibérie, père célèbre héros d'un roman du Moyen-Âge.Portant beau, manteau lustré, escarpins vernis. Joueur invétéré.A des maîtresses dans chaque meute de loups et dans chaque basse-cour.Principale qualité, la mode...
Venue poser, comme tous les après-midi, la dame au voile va bientôt me quitter. J'aime son maintien doux et sérieux tandis qu'elle demeure silencieuse. Chaque fois qu'elle se retire, elle abandonne son voile que je place sur un mannequin pour en peindre le tombé. Quand il s'agira de parfaire son vis...
Cela faisait un mois, un bon mois qu'elle l'attendait. Elle est arrivée ce matin. Lentement lui vient le besoin de s'isoler au bout de la propriété pour rompre l'attente, loin des autres, sans parler, sans partager. Sa main, pleine du désir qui les unit depuis longtemps, la serre délicatement, son r...
Une journée d'été, quelques nuages blancs isolés se découpent sur le ciel très bleu. Une grande maison, en forme de L, précédée d'un jardin clos par des murs de hauteur moyenne qui permettent d'apercevoir le jardin. Un fouillis de verdure. Derrière un figuier au tronc tortueux, on devine les p...
La marmotte, ayant dormi tout l'hiver, sortit de son terrier encore ensommeillée Les cailloux, les éboulis s'étendaient sous ses yeux, l'horizon était bien dégagé Elle irait bientôt se régaler de toutes sortes d'insectes et de graminées Après une toilette bien méritée, elle ne vit pas venir le dange...
Ils me poussent, me bousculent, les coups, les insultes m'assaillent de tous côtés. Je sens leurs gueules puantes, leurs crachats qui m'aveuglent. Je butte. Ils me rattrapent sans ménagement. Dans mon dos, les menottes me griffent. Ils s'arrêtent en pleine rue. Le chef fait signe aux autres de s'éca...
Il y aura une maison au bout du chemin. J'y tisserai doucement l'âme du temps, chaque chose du monde deviendra cérémonie. Il y aura les promesses du cerisier et de longs rubans d'hirondelles dans le ciel, Il y aura quelques ronces dans les sentes et des mésanges bleues dans l'aubépine. Assise près&n...
Un appel sans fin à cette vie qui résiste et s'éternise, Ponctuée de désirs câlins, de course folle à travers les herbes gelées, froissées par l'impatience :la course en avant ne s'embarrasse pas de la couleur du jour. Quand le désir prend forme, étonne par son étrangeté et tape du poing sur la tabl...
Faire un vœu et convoquer une fée pour sa réalisation, exprimer le plus cher de ses désirs, celui-là même dont on sait la concrétisation hautement improbable. Je désirerais vous parler d'une affaire importante …. Désirez-vous autre chose ? Un désir d'ailleurs, de rencontres, de retrouvailles ? Quand...
Sa main l'a juste frôlée Une odeur s'est envolée Leurs pensées s'enfuient Fugaces jusqu'à l'infini Ils ne se sont pas regardés Ils ne se sont pas parlé Ils sont simplement assis Juste pour un instant, ici Dans le roulement monotone D'une matinée d'automne Soumis au rythme infernal Du familier ventre...
Désir, désir,. Parole pleine de promesses, Chante à mes oreilles Désir de vivre, vivre ses désirs. Désir d'océan pour s'engloutir dans les flots.Sentir les vagues effleurer son corps,Le lécher, le mouiller, l'imbiber jusqu'à l'ivresse, jusqu'à plus soif. Jouer à surfer sur les embruns, se laisser dé...
Le soleil s'est levé depuis une paire d'heures. Il fait déjà chaud... L'ombre des arbres s'écrase sur la route, les bâtiments sont troués de grandes baies, vides, personne aux fenêtres, personne aux balcons. Des boites empilées les unes sur les autres, vides. On se terre à l'intérieur. Sur la d...
Une guerre civile est imminente.... Le pays est fracturé. Des rebelles communistes ont envahi la capitale. De nombreux affrontements entre les deux partis opposés déchirent la ville. Beaucoup d'habitants ont fui ; d'autres se cachent , impliqués dans la cause politique... Il est jeune .... Presque u...
Photo 1 … crime de guerre, règlement de compte ? Une fraction de seconde. Une éternité. Le gars va tirer, non, d'ailleurs il tire, la détonation résonne dans cette rue vide, se répercute dans chaque balcon, chaque vitre, elle claque, déchire le calme, dérange l'air. L'homme au bras tendu, placide, d...
La nuit s'installait doucement, Le soleil, au pied du chêne, disparaissait et la forêt se retirait pour se noyer dans l'ombre. Une couverture indigo recouvrait le sol, le jour sans force, s'abandonnait à la fraicheur du ruisseau. Le vert des châtaigniers devenait cendre, leur grosse masse aveugle se...
(Lubianka, Moscou, est le siège de la terrible Tcheka, police politique de Lénine) ---------------------------- Grand Hôtel Lubianka, troisième sous-sol, ou cinquième, un couloir, puis un autre, puis une porte, anonyme, chez moi, ou plutôt chez nous, l'obscurité et moi. Tous les deux on ...
Les gouttes de pluie tombent avec un zèle têtu sur la tôle ondulée du toit où Luan a trouvé refuge. Il se tasse en boule dans un coin sombre, enveloppant ses jambes dans ce qui reste des pans de sa chemise. Elle est un peu grande, c'était la chemise de son père. Tout le jour il a cherché son chemin ...
Il fait chaud comme toujours ici, la sueur est mon unique compagne, ruisselant désagréablement le long de mon dos, n'évoquant aucune caresse, aucune tendresse, non, une insupportable sensation de liquéfaction. Je m'imagine flaque qui, évaporée, ne garderait trace ni de ma présence ni de mon existenc...
Le jour du face à face est arrivé, on l'a attendu, on l'a redouté, il est là sous nos pieds tremblants. Nous franchissons le pas de la porte, la salle de l'Association ressemble à une salle de classe. Delphine la psychologue a le sourire d'un maitresse d'école qui accueille ses élèves pour la ...
I La grande lessiveuse avait tout nettoyé. Propres, éclatants, sans aucune trace, les livres offraient leurs pages immaculées aux lecteurs. C'est en les effleurant qu'une voix suave, harmonieuse, enveloppante en révélait le contenu, une voix qui polissait les mots comme des perles, leur conférait pa...
Cette semaine-là fût éreintante, entre les dernières préparations de Tut'Tut' et Nénette, les faire toutes belles pour la Nationale. LA sortie de l'année ! Un an qu'on s'y prépare, qu'on les bichonne, qu'on les rénove, tant d'heures passées chaque week-end avec Zézette, Dédé et Lulu, sans oubl...
Le papet était assis dans son fauteuil de velour vert, un léger sourire aux lèvres. Il avait ce regard si particulier des personnes malvoyantes, fixant quelque-chose d'informe devant lui et tendant l'oreille à la musique de la vie environnante. On arrivait à lire dans ses yeux gris clairs toutes ses...
La cloche de l'église avait sonné midi depuis déjà un bout de temps, pourtant rien ne bougeait. Depuis plusieurs heures une foule de plus en plus dense s'était rassemblée le long de l'unique route qui traversait le village et passait par son centre, là où se trouvait la mairie. Quelques groupes s'ét...
La dernière chose dont se souvenait Théo, c'est qu'il était au volant de son bijou rouge de voiture sportive. Pourtant, sans savoir comment ni pourquoi, il se trouvait à présent face à une double porte gigantesque, en bois massif bien vernie et parsemée de formes géométriques en fer forgé. Il sonda ...
Tes baisers aux effluves de rhum, de gingembre et de grenadine exaltait l'odeur pénétrante, enivrante, voluptueuse des voyages, de cette île et de la liberté. Ton corps égrenait l'acre de la poussière du désert qui t'habitais encore et que tu me contais après l'amour. S'insinuait alors en moi les tr...
La maison s'éveille avec les effluves pénétrantes et entêtantes des grains de café que l'on grille. Leur crépitement propulse une aura torréfiée dans les chambres et déjà les fenêtres s'ouvrent pour savourer les premières de l'aube mêlées au crissement du moulin projetant l'essence vigoureuse d...
Les Bacchus de Caravage m'obsédaient, leur chair délicate, légèrement rosée, que l'on devinait subtilement parfumée, cette chair secrètement désirée que je voulais frôler, caresser, dévorer même. Chefs d'œuvre ! Mais lorsque je l'avais abordé, c'est d'abord son odeur qui me retint, intense, aux effl...
Abandonnée à elle-même, nue, le corps tourné vers lui, la main en corbeille autour de son ventre légèrement gonflé, le drap froissé sur les pieds, elle dormait. Il était tard, la fenêtre entr'ouverte, un rayon de soleil passait à travers les rideaux, gagnant peu à peu le lit. La chambre ouvrait sur ...
O mon roi, mon homme de chair et d'âmeDans la lumière tremblante de la lampeDans l'haleine chaude du bœuf et de l'âneDans ton panier de jonc et de pailleTa mère au visage vierge et aux seins de laitTon père aux mains de sciure et de copeauxJe te prends dans mes bras, je me fais toi O mon roi, mon ho...
La porte était ouverte et la nuit allait et venait, librement, avec une odeur de pluie et le grillonnement de la forêt, quand soudain elle était là devant moi, vivante statue, en boubou multicolore, les cheveux savamment constellés de tresses et l'ivoire des yeux soulignant l'ambre noire du visage. ...
L'amour est un Voyage.Le corps de l'être aimé regorge de lieux de villégiatures. Le soleil brille, le ciel est bleu d'azur comme sur une carte postale. La première destination peut sembler trop simple. Dans l'air flottent des parfums de tomate mûre, de thym, d'huile d'olive intense, de féta crémeuse...
Du lit défait monte une symphonie d'odeurs qui les enveloppe comme un brouillard. Alanguis, les membres emmêlés, les amants sont baignés dans les parfums de l'autre. Il aime la petite note poudrée dans le creux de son cou où il l'embrasse quand il veut la faire frissonner. Elle aime le petit trait d...
Il y a de cela quelques dizaines d' années, alors que je traversais une période de vie assez difficile, je suis tombée par hasard sur un petit entrefilet en bas d'un journal qui proposait une journée de découverte de l'escalade. Gratuit, matériel fourni, encadrement par des professionnels...Pourquoi...
L'hiver s'est installé. Au loin, les premières lueurs du jour éclairent tendrement le sommet des montagnes enneigées. Tout doucement la ville se réveille. Les cheminées des vieilles bâtisses se mettent en marche, laissant s'échapper des masses de fumée blanche sous le regard des oisillons encore end...
C'est une petite odeur discrète et sans chichi Pas plus grosse qu'une coccinelle ou qu'une larme de souris Mais câline et rêveuse Pieds nus dans le brouillonnement des landes et des collines Dans un souffle de lumière, une volute de ciel Un froissement de feuilles sous les pas d'un renard. Bui...
Quand on a tout oublié, que la vie d'autrefois est partie ailleurs, que les présences les plus chères se sont envolées, il reste l'odeur, sentinelle immobile sur les remparts du château, silhouette furtive mais tenace qui s'insinue au travers des fissures de l'âme. Parce qu'elle est essentielle, par...
Après avoir posé son sac sur le coin du bureau, Monique se laissa tomber sur sa chaise sans même enlever son manteau. Huit heures trente de travail aujourd'hui, il allait falloir rester là une demi- heure de plus pour rattraper le retard d'hier. Elle jeta un regard désespéré sur les autres bureaux e...
La crête se découpait dans le soir. Nous avions laissé la voiture en bordure du chemin et celui-ci se dessinait dans la lande. On pressentait que la nuit serait froide, avec un goût de bruyère. Nous marchions à découvert et les herbes se couchaient sur le sol formant une vague sombre. Un rideau d'ar...
Nous nous sommes rencontrés il y a peu de temps au détour d'une expérience peu conventionnelle. Au premier contact, mes poils se sont hérissés. Mon cœur s'est mis à danser au rythme effréné de ma synapse neurologique. Il s'est présenté à moi telle une créature divine issue de la Grèce antique. Inacc...
I Dans le ciel vitré de la fenêtre Une ombre s'interpose entre elle et la forêt Une ombre Forme aux contours diffus transparents Arrête son regard Elle porte le paysage et les arbres en elle Noirs La pénombre la traverse La forêt la contemple L'enfant regarde l'image tremblée Miroir inattendu ...
Petite elle est, petite est la lucarne. Elle glisse, cache son visage dans le foin. La luzerne fraiche, le trèfle, le sainfoin l'enivrent de leur douce odeur sucrée de vanille et d'amande. Elle grimpe sur cette montagne d'herbe, l' Everestest à elle. Elle appuie sa tête contre la fenêtre. Les ...
1 Les fenêtres bougent, tout file et défile, le monde va trop vite, fatigue des yeux, les fermer, mais le bruit du train devient menaçant. Je m'accroche au lointain , respire, le front sur la vitre regarde en bas,tout près. La vitesse m'emporte dans un vertige, je ne suis plus. Oublié le dépar...
J'ai 12 ans… Je suis debout devant la fenêtre de la salle à manger. Je regarde la cour, le tout petit jardin, les maisons alentour. On appelle cela un lotissement. Il n'y a rien de particulier à voir, les maisons sont toutes pareilles avec des murs de briques et des toits d'ardoise. Ce sont ju...
Premiers pas La main qui tient le rebord de la table est toute potelée, une petite merveille de fraîcheur et de santé. Le papillon qui s'est invité par la fenêtre ouverte, ailes frémissantes dans le soleil de juin, excite sa convoitise et fait résonner son rire. Chatouillis dans la gorge, gonflement...
Son nom résonne encore aujourd'hui, tel une mélodie entêtante qui vous suit tout au long de la journée, du réveil au coucher. Notre rencontre, je m'en souviens comme si c'était hier. Je suis tombée sous le charme dès le premier instant. Je ne me souvenais pas l'avoir déjà croisé auparavant, il sembl...
-Hal, Hal, donne-moi l'accès à la pièce de détente, s'il te plait. Hal, cela fait 32 jours, j'ai besoin d'exercice.-Je pourrais te libérer l'accès 2h par jour, Frank-Oui, ce sera un bon début… ET…. si je suis le seul pourquoi me cloitrer ainsi.-Je ne suis pas un tueur Frank, tu le sais.-Tu les as tu...
Il ne me reste que 2 heures avant de rendre la commande à Pommard, donc tu files doux, tu ne m'envoies pas des notifications à tout va. As tu bien compris ? Ah je vois que tu veux résister, en bas à droite de l'écran tu me signales un mail de l'agence et encore un deuxième, allez fais un effort tien...
1. Nous avons appris avec stupeur et consternation le décès de mademoiselle Victorine L qui est survenu dans la nuit du mardi 10 novembre aux alentours de 6 heures du matin. Mademoiselle L était une jeune personne bien connue et très appréciée de nos concitoyens. Elle exerçait en ...
Le psychanalyste et son patient versus l'ordinateur et son patient suivant la consigne. Appartement .La scène se passe devant une fenêtre. Le patient est installé dans un fauteuil, l'ordinateur sur le bureau. Au fur et à mesure de son monologue, le patient se lève, fait les cent pas, s'agite. Son di...
I - 9h. Je me suis réveillée tard ce matin. J'ai oublié de t'éteindre hier soir. Je ne voulais pas rater le début du film sur Arte : « L'étrange histoire de Benjamin Button » avec Brad Pitt et Cate Blanchett ? Que me dis-tu de ce film ? Réalisateur David Fincher, ça je sais.. Tiens, le scénario a ét...
Bonjour, oui Bonjour, de ma part cela t'étonnes, il est vrai que je n'ai pas pris ta personne en compte jusqu'à aujourd'hui. Tu es là dans mon bureau, immobile dans ton costume noir, tu attends. Avec toi je me dois d'être calme, pas trop pressée. Tu es susceptible et sujet aux caprices. J'ai eu du m...
Salut Œil de Lynx !Tu vois je suis là, c'est moi Léon, encore une fois! Je ne te demande pas si je peux m'asseoir, je passe ma vie assis devant toi, à te fixer. Allez, cesse de te promener sur ton fil, viens te poser prés de moi. Tu le sais, tu es irremplaçable, « taillable et corvéable à merci » co...
Le domaine, bien ancré dans ces terres, Protégé de la course du temps, Offre un paisible refuge. Coins et recoins s'habillent de silence. Les dalles de pierre dessinent le chemin, Parmi les rhododendrons bleus et joufflus. La discrétion est de mise pour pénétrer dans la bâtisse. Un salon en rotin mé...
Ton sourire. La vie à pleine dents. La gourmandise, l'innocence, l'attente et l'envie de tout. Cette énergie vitale qui t'effraie parfois, te donne un air sauvage qui tranche avec ton chemisier à petits volants et ta coiffure soignée. Tout ton visage irradie cet élan qui te porte mais tu ne le...
La lune est là. Légère encore. Protectrice. Le ciel est à elle. Elle accorde encore quelques heures au soleil avant de régner à son tour. Les nuages, comme des flocons de neige s'étirent et se diluent dans le bleu. Au loin, le soleil se met en scène, drapant le ciel d'un voile blanc, diffusant une b...
Tes yeux noirs qui pétillent. Une lumière dans tes yeux. Ce ne peut être une lumière noire. Je ne saurais la définir, la lumière de tes yeux. Ta barbichette noire qui se tend vers l'avant, insolente et pointue. Ton regard de diable cherche à séduire quelqu'un. Autour de toi, les dames. Ce sont elles...
Un grand hôpital blanc, voilà le lieu où je me trouve. Blancs les murs, blanches les blouses des infirmières. Le blanc égale l'absence. Le blanc égale le rien, le non- être. Un mariage blanc, c'est un mariage qui ne se concrétise pas. Une voix blanche, on ne l'entend pas. Dans un grand hôpital blanc...
Krabi, janvier 2019, La première fois que l'on rencontrait Agricol Perdiguier on ne pouvait guère, à mon avis, se faire une idée de la complexité du personnage. Ou alors il eut fallu un esprit plus affûté que le mien. Je n'avais que 17 ans... La première fois que je le vis donc, c'était lors d'une d...
Elle porte l'Afrique sur sa tête. L'Afrique entière. Avec les savanes et les forêts vierges. Elle porte une grande bassine d'eau. Toute l'eau de l'Oubangi et du Congo. Elle porte un grand sac sur le dos, plein du poids des bananes. Elle porte le dernier né sur la poitrine. Qui dort la bouche pleine ...
Sous la vigne de Septembre, les premiers éclats du raisin font écho aux bruyères de l'horizon. Dans les montagnes que le soir assombrit, le langage de la terre devient mélancolie; un frisson d'arbre sur la pierre encore chaude, s'asseoir, regarder la vallée. J'aime le point de vue du village, ici au...
Le bruit de l'économe qui racle les carottes fait résonnance...c'est l'heure de la traite, j'allais oublier... Où est ma drôlette? Je parie qu'elle est à l'écurie encore avec les chèvres, pourvu qu'elle n'ait pas laissé la porte ouverte comme l'autre fois où nous avons retrouvé les chèvres dans le p...
Sous la treille de Clinton, la porte bleue de l'écurie s'ouvre en deux battants. Sur le bas, les planches disjointes laissent des trous, souvent, j'y épiele bouc avec un mélange de terreur et d'attrait que je ne comprends pas. Aujourd'hui, il n'est pas là. Blanchette, au milieu, me regarde, elle dom...
La tête dans les nuages Ma tête là haut Ma tête, oui, dans les nuages. Pas de consistance les nuages Ils passent, ils flottent Les nuages. La tête dans les nuages Ma tête, oui, hors d'atteinte « Vous êtes jaloux ? » Ma tête devenue toute légère « Vous êtes énervés ? » Ma tête vous échappe. Et si ell...
La violence de la puissance. La frénésie de l'être. La jubilation de se vautrer dans l'artificiel mortifère. L'appel de l'ignoble hypocrisie. L'enfantement de l'invisible monstre. L'adoration du diable. La mort. L'addiction à la mort. Le mépris de l'Etre profond. L'avènement de l'abject. Le royaume ...
En l'an 1787, le lendemain du jour de Noël, les villageois d'une petite ville du sud assistèrent atterrés à la sortie d'un groupe de prisonnières. De « chétives créatures au teint blafard, ayant à peine la force de se trainer tellement leurs membres étaient ankylosés ». La plus âgée avait 83 ans, la...
Un de ces jours qui ne me dit rien. J'ai beau secouer ma mémoire, rien ne tombe. La terre a pourtant fait un tour et moi 48.000kms. mais rien. Aucun souvenir. Jour blanc. Comme si j'avais été un fantôme... ou victime d'un tour de passe-passe. Mais ce jour-là justement un crime a été commis dans...
Cousine Hélène habitait le premier étage d'un bel immeuble en pierre situé juste en face de l'église. Son appartement était vaste et majestueux avec de longues fenêtres en forme d'ogive et de hauts plafonds. Elle y vivait seule, elle était veuve et n'avait pas eu d'enfants. Mais il fallait bien tout...
Comment peut on ne pas connaitre Avignon, lui dit il. La luminosité de cette journée d'hiver s'invite, le soleil surplombe chaque contour des remparts. Le tour de la ville donne une illusion de grandeur majestueuse où les portes s'ouvrent dans les 4 directions, laissent passer les rayons de ces vill...
Comme chaque matin, au jour naissant, il reprend sa place contre le réverbère défoncé faisant face à la vitrine de la pâtisserie. Les épaisses fumées des premiers camions qui vont décharger les paysans avec leur victuaille, opacifient les lueurs de l'aube. Sali par la violence des nuits passées ...
Les bras chargés : de vestes, de chemisiers, de pantalons et de fouleurs colorés, elle prétexte de se tromper à chaque fois qu'elle tente de s'introduire dans une cabine d'essayage tout en s'excusant et en terminant invariablement par un grand éclat de rire. Une fois qu'elle a trouvé sa cabine, elle...
Le voilà encore juste à temps 7h57 le cours commence à 8h au milieu du campus, ira-t-il directement à l'amphi A, ils l'attendent tous et les retardataires se cherchent une place sur les marches de l'escalier central. De toute façon, il ne les voit pas. 15mn pour les 300m qui le sépare de la salle. A...
Ça gratte comme si j'avais du... Comment ils disent ?... du Lexama..., ou du Leksamin? Tsss ! va savoir... Ça chauffe sous la peau, ça brûle... Ouarzazate, le désert ; Sahara, tu m'as cuit le ciboulot... Légionnaire mon frère, prends garde à tes méninges... Ça m'brûle de partout...
Il a 10 ans. Il vit à la campagne. Ses parents sont gentils. Dans sa chambre, vit un chat en peluche. Il a une petite voiture Dinky Toys. Elle est rouge. Elle roule. Il y a le lit. Il y a la table de nuit. Il y a la chaise. Il est heureux. Il n'y a pas de livres. Il ne peut pas lire. Il ne lit jamai...
Dieu oh mon Dieu ! Très Saint Père, puis-je avoir l'honneur de m'adresser à vous ? Puis-je connaître ton prénom, mon cher ami ? Dieu oh mon Dieu, mon très Saint Père bien aimé, je m'appelle Antonin Dis-moi, Antonin, quelles sont tes occupations sur cette terre ? Dieu oh mon Dieu, père de toute l'Hum...
Vers où va la belette cramoisie du pain éventré par Dieu l'ami de l'éternelle boursoufflure puante et décérébrée par-delà vents et morues, putes et canibals, foutre de chinois et fleutrio vergeturé, prie-Dieu et masturbateur de cigale, le cheval bleu a mis ses bas roses dans des souliers vernis pour...
Cette nuit, une de plus, je ne dormirai pas. J'ai décidément besoin d'écrire. Pour l'instant un repère, cette chambre et une certitude, remettre de l'ordre dans le chaos de sa mémoire, puzzle éparpillé par un génie brouillon et pervers puis repartir à zéro. Il faut que je m'apaise, que je raisonne. ...
Rides creusées. Béance du regard. Ta silhouette arrondie trahit le modelage du temps. Ton dos ploie. Démarche chaotique, lancinante, lente qui laisse ta trace sur le tapis usé. Pour horizon définitif la porte de notre chambre devenue tienne et dont tu m'interdis le seuil. Drame intime aujourd'hui dé...
De la fumée. Il y a beaucoup de fumée. Beaucoup de gens fument, beaucoup de gens boivent. La plupart tiennent leur verre dans la main droite et leur cigarette entre l'index et le majeur de la main gauche. Étrangère à cette ambiance festive, Dorothée observe gestes et mouvements comme une éthologue. ...
La tête entre les mains, il se cache dans ce jardin public pour fuir l'effervescence de la maison. Peut-être va-t-on l'oublier comme souvent, d'ailleurs il aime se faire oublier. Plongé dans un livre, le casque sur les oreilles, il traverse la vie en passager silencieux. Un éclat de rire le fait se ...
Nous étions rois et le savions à peine. Miséreux mais fiers, ambitieux sans espoir. Melchior venait du Niger, Gaspard du Burkina Faso, moi, du Mali. Un village près de Bamako. C'était en 2019 selon le compte des Occidentaux. J'avais 17 ans et travaillais sur le port de Tanger. Des petits boulots, du...
Nouvelle écrite dans le cadre de l'atelier en 2018. Lorsqu'Evzen lui avait proposé de venir diriger "La Moldau", Zoltan n'avait pas hésité une seconde. Il aurait traversé la terre entière pour jouer la musique de son compositeur favori. Il était l'invité d'honneur de l'orchestre symphoniq...
Tu me demandes de te la décrire sans détail, tu parles d'une gageure! Pas aussi surprenante qu'une pluie sèche ou un sel caramélisé puisque tu es un habitué des requêtes rares comme l'air. Aussi, je te le dis avec la passion indifférente qui me caractérise obscurément, en face et...
Jules est solitaire. Au bureau il est entouré de toutes parts et pourtant il n'a jamais créé de liens et se contente d'observer, de loin. Parfois à partir d'une réflexion saisie malgré lui ou d'une émotion peut-être perçue, il brode et divague, ajoute des vies aux vies qui l'environnent. Oui, Jules ...
Il courait lentement sur le chemin de pierres molles qu'il avait maintes fois parcouru en rentrant de l'école. Ce paysage familier lui était étrange, il ne reconnaissait que ce qu'il n'avait jamais vu comme dans un rêve éveillé qui endormirait sa mémoire. Son pas fébrile et assuré le conduisit au ca...
Atelier du 11 décembre 2019 / Oxymores... Il était une fois une petite fille d'un blond sombre et qui était grande pour sa taille. Sa sagesse agitée lui faisait faire pas mal de gentilles bêtises et proférer à profusion d'honnêtes mensonges. Les enfants de la résidence nerecherchaient pas...
Hier soir, dès l'aube, un soleil noir illuminait la nuit. Les ombres blanches des arbres s'étiraient comme des ressorts contractés sur le sol plat trop pentu. Soudain, durant quelques minutes, un blanc corbeau traversa l'horizon, emplissant le silence d'un puissant cri muet. Deux marcheurs solitaire...
Alors… Aujourd'hui… Quel est le bilan ?... Quel est ton bilan ?... Ne te dérobes pas… Regardes-toi les yeux dans les yeux… S'il le faut, fais-toi mal… Que dis-tu de ta première vie ? Comment l'as-tu vécue ? Comment la ressens-tu en cet instant ?.... Triste, terne, illuminée par la détresse de ton cœ...
« Ma vie n'est pas une existence... – Eh bien, si tu crois que mon existence est une vie... » Vivre ? ou exister ? Laurent Fraga ne fera jamais les distinguos célèbres de Mme Raymonde et de Mr Edmond, loin de lui Hôtel du Nord, Le Quai des brumes, Laurent est du pays de la...
La C 2143, elle est longue et pas large, elle va do ch'min jusqu'au p'tit ri d'en bas, oué le p'tit gris qu'la tient ; L' ptit gris oué le père de Jean-qu'a d' l'oseille, Jean-l'macéré dans l'huile, Jean-l' Prie-Dieu, Jean- l'marlou, Jean-corne à bœufs, Jean-l'puceau, Jean-la tige de huit, Jean-l'ob...
Il fait frisquet ce 22 octobre. Une silhouette svelte, un immense sac couleur miel accroché à l'épaule, se dirige d'un pas rapide vers la place d'Iéna. Emmitouflée dans un snood aux couleurs automnales qui cache ses cheveux, Anne a délaissé les transports parisiens. Elle vient d'en finir avec un ren...
-Petit écolier, que fais- tu là, seul, par cette chaleur sur ce chemin désert ? - Je me suis perdu en courant après les sauterelles ; -Je ne vais pas te laisser rentrer seul. Viens, je te raccompagne : j'en profiterai pour boire un verre d'eau, si tu es d'accord ; - Oui, monsieur ! à nous ...
« Les yeux sont des oiseaux prisonniers » Malaparte J'habite au château. Mon père est roi, ma mère reine. Köning und köningin von Polen, aiment-ils dire sous les grands lustres éclatants de mille petits soleils. Das Vaterland von Chopin ajoute mon père qui joue du piano comme si Chopin habitait chez...
Débuts à Paris
J’ai tout juste 22 ans quand je débarque à Paris, en novembre 1979 . Dans ma valise, je n’ai glissé que quelques vêtements. Dans mes poches, je possède environ une centaine de francs.
Déjà, la nuit est tombée. Il me faut trouver un hôtel. Entre deux escaliers de la butte Montmartre , un établissement affiche « chambre à la journée, à la semaine, ou au mois » . Voilà mon affaire.
Un rapide passage à la réception, puis je découvre ma chambre. C'est une pièce plutôt triste, mais assez spacieuse. éclairée par une fenêtre ouverte sur l'extérieur. Au fond, un petit coin cuisine, équipé d'un réchaud à gaz, est aménagé.
J'habite seul, au quinzième étage, dans un immeuble de studios, à la ZUP. Les voisins ne vous adressent pas la parole, c'est comme une règle en vigueur qui ne serait pas écrite. Ils n'ont pas leur nom sur la porte. Ils se méfient. J'ai dit que j'habitais seul. C'est simplement une manière de parler....
Elle a ri, à l'abri bus de la place Jeanne d'Arc. Elle a dit Vous n'allez tout de même pas essayer de les vendre ? Elle a ri. Elle a dit... C'est à ça que je pense, étendu sur mon lit, dans ma chambre, c'est à ça que je pense. Je viens de me réveiller. J'ai vu par la fenêtre le ciel un peu rose sur ...
Il est au rond point, comme chaque jour, debout avec sa pancarte, barricade contre l'indifférence insouciante du monde, bâtie contre le courant, pour que le flot lent et anonyme du train-train quotidien vienne buter sur ses rivages. Et Dans les rayons du soleil de fin d'après midi, qui l'effleure su...
Je suis un aviateur, une aviatrice. Je suis Mermoz, Élise Deroche. Je vais cent fois plus vite que le vent. J'ai dépassé le mur du son... Et puis clac, c'est fini. Je meurs dans une flaque d'eau. Elle est grise, elle est froide. Glacé dans le silence, le cri du prof de gym me pénètre le ventre. Je m...
Confronté à l'urgence, il se mit courir en tous sens, sautiller, gémir, s'arracher les cheveux, faire tourner ses yeux, invoquer la clémence divine, implorer les miraculés, et enfin parvint à articuler quelques bruits quelques cris quelques mots « mais…comment…comment donc…çà jamais !!!C'est inutile...
Elle est assise, un peu raide, au bord de la vitre. Un peu raide mais si mignonne: les pommettes hautes, les yeux rieurs... juste le dos un peu trop droit malgré le relâchement que laisse supposer le petit verre de vin blanc qu'elle a presque fini. Je ne résiste pas au désir de faire sa connaissance...
Depuis la dernière longue marche, le groupe avait trouvé un abri confortable en flanc de colline , assez profond pour les contenir tous, des anfractuosités loin de l'entrée augmentaient l'espace. Les femmes gestantes qui avaient peiné au cours du dernier raidillon pourraient s'y installer. L'entrée ...
…J'arrêtais la voiture sur le bas côté de la départementale lustrée par la dernière averse. Une pancarte annonçait une brocante « Bric et Broc ».Sur un carton, une flèche dessinée nous fait gravir un raidillon non goudronné. Nous avons pensé au garage de notre amie Claire. L'arrivée dans un chantier...
Edelweiss Lait d'elle. Laide elle va. Laide, elle ? Va, hisse. Va l'étoile, d'aile en elle. Hisse le piolet sur le piton rocheux pour conquérir le monde et les beaux yeux de ta belle. L'étoile de ses yeux, la neige de ses sommets, l'argent de son reflet. La conquête des cimes, la quête de son cœur, ...
Je vous ai monté un bateau Dans quelle galère me suis-je embarquée ? C'est un voyage au long cours que cet exercice et je ne me vois pas sur le frêle esquif de mes connaissances pour le mener à bien. Comme sur une chaloupe ou plutôt un radeau, je me lance avec hésitation. Cette coquille de noix, le ...
WHITE SPIRIT (inspiré du tableau Kavemérui de René Guiffrey) Un carré blanc de 60 par 60. Mes yeux parcourent d'un air interrogatif de périmètre de 240 centimètres. Ils vont et viennent de gauche à droite puis rebroussent chemin tentant de déchiffrer ce qui pourrait être un manga hivernal. Puis de h...
C'est un petit format aux bords dentelés, un noir et blanc. C'est plus grand qu'un photomaton. Un papier brillant qui, sous la lumière, fait des reflets gênants pour le regard.Le personnage central est un homme. Un homme de la campagne avec un pantalon de toile claire et un pull over tricoté et bien...
Confronté à l'urgence,il se mit courir en tous sens, sautiller, gémir, s'arracher les cheveux, faire tourner ses yeux, invoquer la clémence divine, implorer les miraculés, et enfin parvint à articuler quelques bruits quelques cris quelques mots « mais…comment…comment donc…çà jamais !!!C'est inutile ...
Il était arrivé au Chili voilà 7 ans, et avait parcouru la Cordillère des Andes de haut en bas. Son séjour s'était prolongé, puis fixé dans une oasis du désert d'Atacama. Les éleveurs de chevaux lui avaient fait cet honneur de l'intégrer parmi les leurs, après une prouesse inouïe, la capture du plus...
Quand tu vis des plantes, et avec les plantes en Cévennes, tu vis vraiment avec les saisons. Les coucous dans les prés de Saint Germain de Calberte à racler au râteau, après tu te soûles de l'odeur d'abricot des taies d'oreillers pleines de primevères. Les aubépines, pas la noire, non, la blanche, e...
Elle se regardait et se voyait toute longiligne, maigre, et plus grande d'un tiers au moins que dans la réalité . Elle riait... Oui, c'était elle ! Et c'est ce miroir-ci qui lui renvoyait cette image-là.Puis, juste à côté, cette glace la transformait en naine - grosse, joufflue, le visage déformé co...
Le TGV redémarrait en douceur, la porte à glissière siffla et elle pénétra dans le compartiment, tirant une énorme valise rouge à roulettes, en plus de deux grands sacs à l'épaule. Elle se planta devant l'espace dédié aux bagages, qui débordait. Pourtant pas mal de monde était descendu à Valence.Un ...
KATIA Fidèle à mes habitudes, j'étais en retard. La chaleur suffocante de cet été caniculaire transformait l'appartement en sauna. Je cherchais partout ces maudites clés. Au loin, par la fenêtre une sirène se faisait entendre. Pompier, police, je n'ai jamais su faire le distinguo. Mais où ai-je four...
Souvent, lorsque deux personnes sont face à face, elles devinent chacune les pensées de l'autre mais à cet instant... un homme s'installe, juste à côté de leur table. Elles entament malgré tout, leur échange : - Bien, as-tu trouvé une maison ? - Non, pas encore, j'pense que chuis trop exigeante, auc...
Aujourd'hui, sa mère accepte de la laisser sortir dehors, l'air est doux. Elle enfile ses chaussures, une veste légère et hop ! La voilà déjà dévalant l'escalier, la voilà déjà près du cercle qui fait face au seuil de l'immeuble.Environ 6 mètres de diamètre, 30 centimètres d'épaisseur...
Thomas s'assit et contempla la mer. Il était seul, perdu dans ses pensées, pensées qui comme la houle, venaient, repartaient, venaient et repartaient à nouveau, pensées qui avaient l'aura de la couleur de l'eau, vert émeraude, un vert qui l'apaisait, le sécurisait, lui faisait fermer lesyeux pour mi...
PAULOT 1 Les déserts m'ont toujours attiré, qu'ils soient brûlants ou glacés. La beauté de leurs paysages, le sentiment mêlé de liberté et de dangerosité me fascinent, me rassurent tant ces territoires sont vierges de toute présence humaine.Mon dernier voyage a guidé mes pas vers la blanche Arctique...
Le soir fait sens. Les pirouettes des arbres s'épanchent au sommet de la colline et dorment en dentelle. On entend le vent chahuter dans les cerfeuils. Il fait soyeux. Une hulotte tance sa vie. Martial sème son regard sur la ligne et attend. Il a rendez-vous avec sa tortureuse . Musarde-t-elle ? Il ...
1 FRAGMENTATION AVEUGLE J'ai effleuré ce miroir poli comme un galet de rivière.J'ai caressé le reflet de ton image au travers de la mienne.J'ai respiré ton odeur chaude de pleine lumière au travers du tain.J'ai savouré la lumière de ton sourire à la clarté étincelante.J'ai contemplé, les yeux fermés...
UN LIEU, UNE VILLE La ville nouvelle paraissait agrandie ; le nouveau quartier du Médard s'étendait désormais jusqu'au fleuve. Des bruits de télévisions montaient vers le ciel étoilé tandis que des stores baissés laissaient à penser que des gens honnêtes dormaient d'un sommeil réparateur. L'ombre de...
Etoile grand-combienne 1 Le journal : « Une étoile s'éteint dans la nuit grand-combienne » Mardi matin aux aurores, la brigade de Répression des Fraudes a effectué une descente au restaurant bien connu « La Farigoule ». Suite à une dénonciation anonyme et courageuse, elle a interpellé le chef étoilé...
Il y eut une première fois... Hiroshima,la mort venue du ciel,éventration de la terre , larmes de terreuret l'horreur, dans les yeux des enfants . Il y eut Tchernobyl, paysage décharné et toute la tristesse du monde. Il y eut à nouveau Fukushima. Oublié, ...
LE CINÉASTE La porte est en bois massif, simple et de couleur foncée. La clenche est en métal noirci. Quand tu ouvres cette porte, tu pénètres dans une cuisine dont le sol est fait de tomettes rouges. Elles sont polies par le temps et leur alignement n'est pas très régulier. En face de la porte, une...
- Merdour Maline ! cette niche est en soleil ! Oh c'est très lourd d'aller friche prêtement avec toi ! Dans la fourbe poile bien à épaissir des crosses pas chutées et mènement levées. Moi, j'ai flutiaux une carbonate à sucs dans l'abreuvoir ! je l'ai pas forbilé cette m...
Galerie vieille du temple, la rue était sombre. Une silhouette féminine, rouge, s'éloignait dans le crachin du petit matin. Un homme à l'allure élancé s'approcha de la devanture et s'absorba dans la contemplation du tableau. La femme est assise sur le lit, ses vêtements gisent sur le...
Une intrusion L'église était pleine en cette veillée pascale, et l'assemblée était priante. L'église St Leu, à Paris, rue St Denis, n'est pas réellement une paroisse. Les gens qui s'y retrouvent pour prier ou pour célébrer sont pour partie du quartier, certes, mais les plus nombreux sont des hommes ...
Contraste vous dis-je ! Ici, maintenant tout n'est que contraste finalement, Table de marbre baignée de soleil et d'ombres, Immobilisme et mouvement de balancement rappelant l'écoulement du temps, Calme absolu, déchiré par de multiples sons, sonorités, bruissements, chants, claquements, notes de pia...
La Nuit m'accompagne depuis toujours. Elle se cache le jour dans une région obscure, au fond d'un puits, sous la terre, dans une galerie profonde en m'attendant. La nuit s'endort,elle rêve,elle est belle quand elle dort ! ma nuit me cherche, ou attend que je la rejoigne. Elle me questionn...