Lucette met sa veste grise, ses bottes de caoutchouc et sort au jardin. Elle se baisse devant chaque plant de pommes de terre, chaque poireau, chaque céleri. Elle arrache des herbes, met un coup de bêche, se relève et fait de même jusqu'au bout de la rangée. Elle lève la tête et son regard fait des ...
Pas un geste, ni même une expression, rien, pourtant une lumière t'enveloppe, tu as le visage d'un enfant, la pureté d'un enfant.
Je surprends cette lumière qui dépose sur tes rides des fils d'or et sur ton corps suspendu dans une immobilité qui fige l'instant.
Ni torpeur, ni sommeil, sérénité.
Le silence de tes pensées résonne, frissonne, palpite.
Autour de toi, les mots remuent, soufflent et se posent. Rien, ta totale impassibilité me fascine alors que les regards se concentrent sur toi.
J'aimerais te dire ce que ton visage reflète, ce que cette grâce rayonne.
De tes paupières baissées, fermées peut être, tout disparait.
Pas un sourire, rien et la lumière continue à éclairer ton âme d'enfant.
Le vide fait naitre le temps sacré et l'approche de la mort te donne l'apparence de l'innocence.
Même tes rides se sont figées, tu n'as pas vieilli l'espace de ce moment, la mort s'est éloigné de toi.