Lucette met sa veste grise, ses bottes de caoutchouc et sort au jardin. Elle se baisse devant chaque plant de pommes de terre, chaque poireau, chaque céleri. Elle arrache des herbes, met un coup de bêche, se relève et fait de même jusqu'au bout de la rangée. Elle lève la tête et son regard fait des ...
Un appel sans fin à cette vie qui résiste et s'éternise,
Ponctuée de désirs câlins, de course folle à travers les herbes gelées, froissées par l'impatience :la course en avant ne s'embarrasse pas de la couleur du jour.
Quand le désir prend forme, étonne par son étrangeté et tape du poing sur la table, en oubliant les convenances, le réel alors nous chatouille , nous réveille et nous fait lever les yeux.
Douce incertitude au lever du soleil : naitra t- il encore ce désir d'aujourd'hui ? Fragile et vibrant comme un premier sourire ?
Douce inquiétude alors de l'oubli et du doute…
Quand aujourd'hui parfois peine à rebondir, que désirer d'autre que de porter à ses lèvres une coupe de champagne et d'épouser, malgré le chaos, la mélodie du monde ?
Desir si fort d'alléger toute pesanteur !
Désir si fort d'une éclaircie, d'un envol à peine voilé vers un été à cajoler...
avec au bord de la conscience cette éternelle question
c'est quoi, aujourd'hui, le plus important ?