ÉCRIRE

L’écriture comme pratique artistique

Exigence · Recherche · Expérimentation

Hors recettes · Hors modèles

Chaque écriture est singulière

Littératures classiques, contemporaines

Une liberté outillée

Accompagnement individuel

Dynamique de groupe

Ateliers en ligne · Stages

Écrire, réécrire, publier - ou pas

Stages d'écriture été 2023 dans les Cévennes 

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Ateliers d’écriture et stages intensifs
Explorer l’écriture comme une pratique artistique

Je propose des ateliers et des stages d’écriture à celles et ceux
qui souhaitent approfondir leur pratique,
en envisageant l’écriture comme un travail artistique exigeant,
ouvert à l’expérimentation
et au dialogue avec la littérature.
Porté par mon expérience artistique et universitaire,
mon travail s’inscrit dans une recherche continue
sur les formes, la langue et les processus de création,
avec une attention constante portée à la singularité de chaque écriture.

Sylvie Reymond Bagur
Ecrivain, éditrice, animatrice d'ateliers d'écriture
"L’atelier en ligne de Sylvie est un atelier différent des autres. C’est un atelier centré sur le travail de réecriture grâce à ses conseils pertinents, adaptés et aidants. Les propositions d’écriture sont claires et étayées de commentaires et textes riches. Le groupe incite, lui aussi, au travail d’écriture. Une très bonne expérience." H. Chatriot, 6 avril 2023

D'autres témoignages

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Une démarche de recherche et d’expérimentation

Les propositions d’écriture sont conçues comme des espaces d’exploration.
Elles interrogent des formes, des voix, des dispositifs,
à partir d’exemples littéraires anciens et contemporains
et de questions qui traversent l’histoire de la littérature et de l’art.
La technique n’y est jamais un modèle à suivre,
mais un outil de déplacement,
au service d’une écriture personnelle et vivante.

"Chaque proposition d'écriture faite par Sylvie est un peu une terre d'aventures : aller là où nos envies, nos intérêts, nos pratiques, nos prudences et nos pudeurs ne nous mèneraient pas forcément, la découvrir, se l'approprier puis tenter d'y répondre, le tout avec délectation et parfois une pointe d'inquiétude. Le renvoi par Sylvie empreint d'une délicate bienveillance, aussi riche que précis, amène le plus souvent à approfondir le sillon labouré, à découvrir toujours et encore d'autres idées, d'autres formes, d'autres plaisirs. Le rendez-vous mensuel, important par les explications données pour la proposition suivante, mais aussi pour l'échange fructueux entre les participants, entendre ce que chacun a fait à partir d'une même proposition est passionnant . Merci Sylvie, un très grand merci pour tant de découvertes, de partage et de joies! Véronique qui poursuit à la prochaine rentrée...." V. Sadoul Sadoul, samedi, 8 juillet 2024

D'autres témoignages

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Exigence et relation individuelle

Je lis chaque texte en restant attentive à son intention particulière, son histoire, sa logique interne.
Mon accompagnement ne vise ni à corriger ni à normaliser, mais à permettre à chacun d’aller au bout de ce que son texte contient, sans le trahir.
Ce travail repose sur une relation de confiance et de continuité.
C’est pourquoi je travaille avec des groupes volontairement limités, et propose un suivi individualisé, deux conditions indispensables à un travail exigeant et approfondi.

" Cela fait 6 ans maintenant que je participe aux ateliers proposés par Sylvie... quand je relis ces textes je suis toujours étonnée d'être arrivée à écrire ça. Et ça, je le dois à Sylvie qui depuis tout ce temps, toujours avec bienveillance, m'apprend (nous apprend) à redevenir lectrice de mon texte. Ses propositions d'écriture sont comme des voyages en terre inconnue et je souhaite les poursuivre. Merci Sylvie." Cécile, 1 juillet 2025

D'autres témoignages

Derniers articles de mon blog littéraire

06 mars 2026
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Jacques Villon, Portrait de J.L.B. Temporalité et écriture La littérature, le roman en particulier, peuvent raconter des vies entières en quelques pages et, même si l’auteur se donne des centaines ou des milliers de pages, il lui  faudra choisir, sélectionner et se centrer sur certains moments qui lui semblent représentatifs ou nécessaires à son récit. Pour passer de l'un à l'autre  de ces temps "racontés", la narration effectue un « saut » et il existe plusieurs façons de le concevoir et de l'articuler au récit, ces différentes options narratives, ces diverses façons de passer d'un temps à l'autre se distinguent notamment par leur rapport au tout, à la totalité de l'histoire, à sa suite temporelle complète.     L’ellipse : maintien d’une chronologie lisible Ces sauts, quand ils sont faits en reliant entre eux les moments racontés, s'appellent des ellipses.     L'ellipse omet, "saute" une portion de temps, d’action, mais elle le fait dans un cadre temporel qui reste globalement ordonné et repérable. Le texte fournit pour cela des indices (adverbes, dates, saisons, âges des personnages,  données temporelles, un court résumé de ce qui s’est passé entretemps etc.) qui indiquent au lecteur la suppression d’un segment de l’histoire et lui permettent de situer mentalement l’ellipse dans une chronologie :   « Quelques mois plus tard… », Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures.   Même quand l’ellipse est brutale  : « Seize ans plus tard. » écrit Victor Hugo, elle sous-entend une temporalité repérable.   Les différents moments du texte ainsi réunis par l’ellipse ne sont donc pas des fragments autonomes : ils restent des moments d’une même chaîne causale et chronologique séparés par un moment sous-entendu: le temps manquant existe dans l’histoire, il est évoqué, affirmé comme non raconté. Le lecteur perçoit une continuité partiellement énigmatique ou laissée dans l’ombre, mais encadrée et située clairement. L’ellipse ne fragmente donc pas le texte : elle condense le récit.   Le fragment, des segments autonomes L'ellipse situe l'extrait par rapport à la totalité, au minimum par rapport à l'extrait précédent comme un morceau d'un puzzle se présente en tant que partie d'un tout.   Le fragment refuse cette référence, il se présente comme un tout séparé. Il laisse les moments absents totalement dans l’ombre, sans repère temporel pour les situer les uns par rapport aux autres, le récit n’est plus simplement discontinu, mais fragmenté. Le lien peut être fait, ou pas, par le lecteur, mais la totalité devient une référence floue, très allusive ou indirecte. Il n'y a plus de référence à une temporalité repérable que l'on pourrait reconstituer.     Exemple d'écriture fragmentaire hors fiction dans Les Ombres errantes de Pascal Quignard, ouvrage composé d’une succession de fragments méditatifs. « Lire, c’est quitter le monde visible.Celui qui ouvre un livre se retire.Il abandonne le bruit commun pour une voix silencieuse.La lecture est une solitude partagée avec un mort.  Dans les livres, les morts parlent aux vivants.La voix qui vient de la page n’appartient plus à personne.Elle a traversé le temps.C’est une parole sauvée de l’oubli. »   Exemple dans la fiction dans Les Vagues de Virginia Woolf,  roman est composé de monologues successifs de différents personnages, sans transition narrative. Chaque prise de parole forme un fragment autonome. Fragment 1 : monologue de Bernard« Les feuilles tombent ; les feuilles tombent sans cesse.J’erre dans les rues de Londres, inventant des histoires.Chaque visage que je croise devient le début d’un récit.Pourtant, au moment où je veux saisir ces histoires, elles s’évanouissent. »Fragment 2 qui enchaine suivant : monologue de Susan« J’aime les champs humides et les odeurs de l’étable.Ici, la terre est solide sous mes pieds.Les villes me troublent ; leurs voix se croisent sans repos.Je préfère le rythme lent des saisons et le pas régulier des bêtes. »   L'idée de fragment se retrouve à tous les niveaux du texte :  Au niveau d'éléments temporels séparés, non reliés par une ellipse, le fragment concerne la chronologie,  le temps est coupé. Il peut être  ponctuel, réversible, ou suspendu ; le temps fragmenté ne s’écoule pas vraiment. Au niveau stylistique, la fragmentation se fait essentiellement par lds phrases sont juxtaposées. En ce qui concerne la construction globale, la fragmentation se fait au travers de matériaux hétérogènes sans marqueurs logiques ou causaux explicites. Les parties séparées se suivent avec une relation qui  peut rester flottante ou associative et qui relève davantage de la résonance, de l’écho, de la juxtaposition, de la variation ou de la contradiction que de la succession ordonnée. Contrairement au montage ou à la construction classique, les fragments ne sont pas nécessairement organisés en système. Le mot qui caractérise le fragment, c'est l'autonomie. Le fragment est un texte bref mais complet. On parle alors de texte fragmentaire, de narration éclatée, d' écriture discontinue. Dans sa forme la plus radicale (Blanchot, Cioran tardif, certaines proses de Jabès, Handke dans Le Malheur sans désirs, ou encore Pascal Quignard), le fragment ne se situe pas dans une hiérarchie et leur ordre peut être modifié sans détruire l'ensemble ou sans que l'on puisse y voir une faille par rapport à une hiérarchie narrative. Cette déconstruction de l'idée de totalité et d'ordre est parfois désignée comme  le « non-lien » ou le « rapport sans rapport » (Blanchot) Le fragment correspond à une poétique différente de l'ellipse inaugurée par Friedrich Schlegel et la tradition romantique. « La littérature est le fragment de tous les fragments » a écrit Goethe. Le fragment n’est pas un morceau d’un tout, mais une forme ouverte. On peut parler aussi d'une poétique, d'une tentation ou d'une recherche de l’inachèvement.   L'expression « écriture fragmentaire » peut recouvrir des formes différentes qu'on ne peut simplement assimiler et résumer par l'idée de discontinuité. La « fragmentation » n’est pas un procédé unique, mais une famille de formes de ruptures selon le niveau et le type d'autonomie recherchés.   Il faut rappeler que de nombreux textes, notamment contemporains, utilisent à la fois l'ellipse temporelle et une forme de fragmentation dans des orientations multiples. La frontière ellipse / fragment devient poreuse.  On peut citer dans le domaine poétique René Char avec des fragments très autonomes, mais parfois une thématique de la résistance ou une chronologie émotionnelle diffuse les relie subtilement. Et dans l'autofiction : Annie Ernaux, dans certains livres comme Les Années, mélange écriture fragmentaire et ellipses temporelles très marquées avec une chronologie historique quand même lisible.   Fragmentation et continuité    Au-delà du constat et de la nécessaire définition des termes, le choix de la fragmentation, par opposition à la continuité et sa construction, est une manière de se positionner par rapport à des questionnements de notre époque. La pratique du fragment correspond à un désir de coller ou d'exprimer la dimension nettement discontinue, mais aussi de réfractaire à toute tentative de lui donner un sens global et universel du monde contemporain qui refuse toute idée de "réalité" autre que dispersée, éclatée, réalité décousue, insaisissable dont le discours continu et logique n'est plus apte à rendre compte.    Une sorte d’évidence entoure la notion de fragmentation dans l’art contemporain. En effet, dans une large part de la création contemporaine, règne le subjectif, le partiel, le relatif. En peinture, le glacis, le tableau construit ont laissé place, par exemple,au collage puis à l’installation.   Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette même tendance dans une partie de la littérature contemporaine. Il s’agit donc de renoncer à la continuité et, comme indiqué plus haut, renoncer à l’envie de tout expliquer, de tout articuler, de préciser les ellipses, d’assurer une continuité temporelle et une continuité des personnages au-delà des trous inévitables du récit.  Continuité temporelle et continuité spatiale sont remises en cause, mais aussi la continuité psychologique des personnages. Le personnage, et, par là, l’être humain, est-il unifié, existe-t-il comme continuité ?   Une partir de ce refus vient de l’idée selon laquelle guider trop précisément le lecteur serait lui imposer une vision du monde dans lequel tout s’enchaîne et s’articule. La discontinuité, en laissant des vides, cherche à laisser plus de place au lecteur, l’auteur renonce à occuper le terrain, le texte s’ouvre, les possibles s’accroissent.   L’écriture fragmentaire correspond aussi à l’envie de ne pas expliquer et de ne pas juger : montrer, raconter et laisser des trous dans le récit, à la limite des incohérences, comme une façon d’écrire sans y toucher, sans s’engager.   La discontinuité se niche donc aussi et peut-être plus souvent encore - comme noté plus haut -  dans le style. Parfois, une histoire précise est racontée dans un style dit blanc, neutre, si minimaliste qu’elle peut être ressentie comme fragmentaire, mais le style n’est pas le sujet de cet article.    Ce qui est intéressant de noter ici, c’est que ce qui se joue au niveau du sens et ce qui se passe au niveau de la forme se rejoignent, s’il n’y a pas de possibilité de sens dans la vie humaine, il n’y a pas de continuité dans la forme du texte littéraire.    On peut évidemment relier ce retrait de la liaison et parfois même de toute construction à la disparition des grandes idéologies, des grands récits politiques ou religieux qui donnaient sens à l’histoire, remplacées par des objectifs plus modestes.    Dans beaucoup d’analyses du postmodernisme, la fragmentation est interprétée comme le signe d’un monde où les grands systèmes d’explication se sont effondrés, elle serait le symptôme d'une acceptation de  la perte de tout sens global. Toute idée de totalité serait ainsi devenue suspecte. Cette alternative entre d'un côté continuité avec ses ellipses,  ses repères, sa construction, sa cohérence  /  et de l'autre la fragmentation, a donc deux versants : Un versant positif, celui qui cherche à laisser plus de place au lecteur, limiter les explications. Et un second aspect plus contestable, l’absence de sens et, parfois, il faut bien le reconnaitre, le risque d'une facilité : le fragment, le  refus de donner un sens, de proposer une interprétation glisse et élude le travail de construction et de forme.  Et pour conclure, un autre enjeu important de l'écriture par fragments : L’écriture doit-elle être à l’image de la vision contemporaine du monde, se conformant au constat de la perte du sens ?   Ou doit-elle être chercher une voie nouvelle pour, au minimum, interroger cette perte de sens et de cohérence et peut-être à sa façon, d'y remédier ?      {loadmoduleid 197}  
06 mars 2026
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Pour provoquer et explorer le mouvement du monologue intérieur,  la thématique du mouvement continu est efficace. Ce thème permet d'expérimenter l'idée de flux de conscience. On ne "coupe pas le moteur" ni dans la tête du personnage ni dans le véhicule en mouvement. Le texte retranscrit directement le monologue intérieur comme un "micro branché dans le cerveau". Exemples de textes écrits avec cette proposition : -  Trop fort  -  Départ         {loadmoduleid 197}  
05 mars 2026
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La douleur réveille la nuit et l’esprit étonné s’aperçoit dans le noir. Fantôme, il court, de souvenirs en projets inaudibles. Il croit savoir, croit dire, il flotte. Une flèche le tient loin du repos, au-dessus du corps, il s’agite. Il espère que le temps va passer, qu’il va se délivrer de cette brume lancinante. Il erre, il radote, finit par se tourner, se retourner, cherche, sur le dos, sur le côté… une issue provisoire et déjà condamnée, car la douleur est là, tel un intrus qui frappe à la porte et jamais ne s’arrête, battement régulier, vainqueur et obstiné. Un instant, le sommeil parvient à effacer l’âcreté de ce bruit au creux de la vertèbre ou dans le pli de l’aine et puis le regard cherche, visite l’ombre derrière les rideaux. Un signe de l’aurore, une lueur infime ? Rien.Soudain tout bat plus fort, la nuit se transforme en désert, plus de ligne du temps pour orienter la course. Est-ce minuit, cinq heures ? Plus de frontière, un espace qui s’ouvre sans rien offrir qu’une errance pénible, à l’aveugle dans un océan exténuant. Il faudrait se soulever, saisir à tâtons la boite dans le tiroir et prendre la pilule grise, cette issue provisoire… Mais il faudrait un peu de force et d’oubli, car il n’est pas l’heure. Pas encore. Le long voyage se poursuit entre les eaux de la somnolence et les rochers de l’impatience, le drap est lourd, le matelas rigide, pas de posture pour accoster. L’eau est noire et profonde, pourtant l’on ne peut s’y noyer. On flotte à la recherche du repos. Et puis, venue de nulle part, une lumière glisse, doucement, le long du rideau, une coulée étrangement moite, visqueuse, s’émiette au fil de l’épais coton gris. Dans le lit, le corps, moite lui aussi, se tourne lentement, les yeux accrochés à la triste lumière. Le jour est là, enfin. C’est l’heure autorisée, un peu d’eau, une fraicheur épaisse dans la gorge et la dose qui va tout libérer.Et l’esprit se met à l’écoute. Il sait. Sait qu’il faut patienter.Dans le silence de la grande chambre, une toile de fond adoucit les angles du mur. Le rai de lumière s’amarre tendrement aux draps, s’élève une petite musique, oui, la douleur chantonne, berce, lancine encore un peu son tout petit refrain qui laissera sa trace, après disparition.La longue nuit, traversée de douleur, plane encore comme une odeur de renfermé, le matin se révèle imbibé de combats. Un peu d’humanité se grave, s’enracine dans les spirales du cerveau. Un ensemencement de la douleur dans la chair, ou ensemencement de la chair par la douleur, n’est-ce pas cela que l’on appelle, l’incarnation ?Mais pour l’instant, c’est l’heure de la fuite.Les molécules circulent et l’esprit, aux aguets, reste curieux de voir comment, le serpent, la chose, la brûlure va se métamorphoser.Redeviendra bientôt le petit animal fidèle, le locataire du début, celui qui ne gênait pas trop. Celui à qui l’on n’a pas pu, pourtant, s’habituer. On l’a invité à sa table, pour tenter de l’apprivoiser, et c’est lui qui a choisi le menu, l’a imposé. Un envahisseur, qui tout de même, en guise de loyer, a enseigné, à sa façon, les lois de l’hospitalité. Accueillir avec grâce, les petits renoncements, les grands mouvements de recul vers la résignation joyeuse à la vie serrée entre ses murs. Professeur d’unité du corps et de l’esprit, non plus le roseau pensant, ou la tête régnante, mais la conscience de l’unité, il permet de savoir, à chaque seconde, que le corps tient l’esprit au bout de chaque nerf.Peu à peu, par le sang, la chimie fait son œuvre.Les muscles se détendent, les membres sont plus longs, le dos s’enfonce, le corps s’éloigne, se dégage de l’avalanche, de la longue coulée du chemin de douleur, éboulis d’éperons et de larmes qui glissent, s’étalent dans le lit moins brulant, moins acide, la tension se défait.L’esprit inspecte prudemment, se répand dans le corps, maintenant plus tranquille, dans les os et la chair, labyrinthe piégé. Quoi, plus rien, plus une goutte de souffrance ? Le cerveau étonné se glisse par la porte, il sourit, sans bouger, il jouit de ces riens, se repait de l’absence d’influx, il a bien retenu les leçons de sa fragilité.Sage, prudent, tel un homme averti qui sait qu’il ne faut pas hausser le ton au risque d’éveiller les monstres endormis, le calme est précieux, silence harmonieux qu’un seul mot maladroit pourrait bientôt casser. L’esprit, tout incrédule encore, méfiant, parcourt le corps en toute impunité.Les bras s’ouvrent et le regard s’échappe.Et le moi enfermé accepte la lumière, elle était étrangère, elle se fait gaieté.Le rayon se renforce, efface provisoirement l’usure intérieure et vient même l’envie de se lever, de tirer le rideau, de…Non, surtout ne pas briser d’un geste un peu trop net, le moment du répit !L’immobilité laisse le corps chanter, chanson douce de souffle qui parcourt librement, une chanson d’unité d’un corps silencieux que l’on n’ose pourtant pas appeler à bouger.Peu à peu, dans le jour, maintenant installé, le corps, de nouveau disponible, fidèle, semble soudain possible. Il est là, entier, signale sa présence, en toute innocence et l’évidence d’être là, libre comme là-haut, les nuages défilent, bleus, simples et blancs. Légers. Derrière le plafond, l’esprit flotte s’envole, il pourrait les compter !Il se souvient comme d’un fantôme de la légèreté et du corps silencieux qui répond, fidèle aux attentes, de cette possibilité d’être une tête libre et du corps disponible à toutes ses lubies. Il part au loin, joyeux, se pose sur le calme de la mer apaisée. Sérénité de la dernière vague qui file sur le sable, se défait, se pose sur l’absence de signe, le calme des influx du système nerveux en milliers de repos, en un souffle d’air frais ; la pensée disparaît dans la l’épaisseur du rien. Béatitude de la transparence et des sensations fines comme des chairs d’enfants qu’on ose à peine effleurer.Bonheur de quelques heures ou de quelques minutes.Totalité provisoire. Douce moisson d’éternitéQu’il est doux de s’abandonner !Et de ne pas savoir, encore, qu’à la fin, c’est la pilule grise, la dose de morphine qu’il faudra juguler.             {loadmoduleid 197}  
04 mars 2026
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Une émotion gracile affutée et joyeuse plante, parfois, un coinprestement se faufiledans le cliquetis gris de la masse des jours qui se suivent, s’enferrent, sans même se retourner.Le frisson du voyage, car c'est lui, soulève, sans forcerla masse épaisse du temps ordinairecelui qui suit l’ordre officiel des habitudesle docile roulis des heures embrigadées dans la gestion des choses et des amours bien installées.Voyage, nous dit-il !Et nous voilà partis.Tout nu,léger,comme un infime pan d’éternité.               {loadmoduleid 197}  
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Les formes d’accompagnement proposées, stages et ateliers

Stages intensifs en présentiel

Je propose des stages d'été de 5 jours et des week-ends d'écriture en groupes limités, avec un travail approfondi, des propositions exigeantes, et des retours détaillés sur chaque texte.

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Ateliers d’écriture en ligne par mail et visio

J’anime des ateliers mensuels avec accompagnement par mail.
Le partage des textes avec le groupe en visio permet d'échanger et de s 'inscrire dans une dynamique de groupe.
Les ateliers sont thématiques et s'inscrivent dans une progression technique sur l'année.

Prochain stage

21–22 mars 2026
Week-end écriture poétique (places disponibles).
Pour découvrir mon travail poétique

Derniers textes publiés sur le blog par des participants à mes ateliers et stages d'écriture

Delphine C.
06 mars 2026
Textes d'ateliers
La musique « ça s'écoute fort » voilà il l'a dit !Par réflexe, je lui masse la nuque lorsqu'il prononce ces mots secs, je tente de ramollir le cuir de sa peau puis j'ajuste mes lunettes en les descendant de mes cheveux à mon nez.Derrière mes ver...
Camille L.
24 février 2026
Textes d'ateliers
 6 heures à la pendule de la cuisine. Il boit son café en regardant par la fenêtre. Il pose son bol sur l'évier, met ses bottes, attrape un panier dans l'entrée et sort. Dehors, le chien l'attend, frétille, saute avec des petits jappements et le...
Sylvie Reymond Bagur
18 février 2026
Manifestations, concours
J'ai le plaisir de vous informer que Jean-Pierre Mailhan, ancien participant à mes ateliers d'écriture d'Aigaliers, auteur de romans, de pièces de théâtre et de nouvelles éditées aux éditions de l'HAR propose une conférence i...
David T.
11 février 2026
Textes d'ateliers
Version JE Je n'ai pas fermé l'œil, il est 3h12 du matin.Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner à mes oreilles. Je suis enfoncé dans mon fauteuil de cuir usé, la seule source de lumière étant l'éclat bleuté de la liseuse posée s...
Claire P.
02 février 2026
Textes d'ateliers
JE Je pensais échapper au sort funeste d'être méprisée de tous. La nature avait fait de moi une jolie femme et je n'avais pas à m'en plaindre. J'aimais le regard que le roi posait sur moi, il me faisait exister et je connaissais la joie pour la premi...
" Stage Style et Pastiche : après avoir prospecté, creusé, fouillé, analysé les strates de l'écriture de Marguerite Duras puis de Nicolas Bouvier, Sylvie nous a généreusement fait part de ses trouvailles, nous proposant de découvrir et de pénétrer dans ces matières de langue afin de nous les approprier... Un vrai délice, ces voix, ces collisions, ces questionnements, ces écoutes précieuses L'ossature très construite de cet atelier d'une semaine a été accompagnée de textures riches aux résonances multiples et personnelles. Merci Sylvie " Claire ESCUILLIE, 1 septembre 2025

Lire d'autres témoignages

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Un prolongement éditorial

Je fais partie d'une maison d'édition, Les éditions de l'HAR, maison d’édition indépendante, née dans le prolongement de mes activités d'autrice et de ce travail d’atelier.
Elle publie, entre autre ouvrages, des textes et des auteurs issus des ateliers et des stages, dans une attention particulière portée aux écritures singulières et aux formes non standardisées.
La publication n’est ni un objectif ni une promesse, mais l’une des formes possibles de ce travail au long cours.
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Ecrire, être publiée, animer des ateliers

Mon travail d'animatrice est porté par ma pratique personnelle. J'écris des romans, des nouvelles et de la poésie.
Ces dimensions sont inséparables, écrire, construire des textes, expérimenter l'écriture poétique et imaginer des propositions qui font écho à ces recherches et cette expérience quotidienne de l'écriture.

Mon dernier roman, écrit sous forme de poèmes, sera disponible en mars 2026.
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L’écriture demande du temps, de l’attention, et une disponibilité à l’inconnu.
Je conçois ces ateliers comme des lieux de travail et de confiance où l’exigence permet à chaque écriture de trouver sa forme propre.

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Deux interviews par Tourisme Culture Magazine pour découvrir mon approche de l'écriture, des ateliers d'écriture en ligne et des stages d'écriture.

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