Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Sylvie Reymond Bagur
19 octobre 2026
Livres

J'ai le plaisir de vous présenter Je suis un garçon perdu, le beau livre de Marie-France Purro.  C'est un texte fort et troublant à la construction intéressante. J'avais pu en apprécier les prémices lors d'un de mes stages sur la nouvelle, Marie-France a su en fair...

Derniers commentaires

Invité - Manon
6 octobre 2026
La dose de curiosité frustrée après la lecture confirme que c'est un bon incipit
Invité - Isabelle LE NéZET
21 septembre 2026
Quel joli voyage. Et si vrai sur la fin quand on aborde les agglomérations après avoir déa...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

19 October 2026
RSS Image
« Toute œuvre se situe au confluent d’une réalité perçue, d’un sentiment et d’une énergie à rendre sur la toile. » George Perec « Il me manque une concordance des mots avec la minute de mes états. » Antonin Artaud, Le Pèse-nerfs.   Enjeux contemporains du monolgue intérieur Les expressions de "flux" ou de "courant de conscience" ont laissé place  au « monologue intérieur » (MI), appellation la plus courante actuellement. En explorant la construction et les usages du flux de conscience, nous avions découvert sa dimension  paradoxale : c'est une écriture qui tente de revêtir l’innocence originelle d’une parole et même de l'état de la pensée et de la perception qui précèderait la parole, nous allons examiner quelques-unes des directions que cette technique a prises depuis une trentaine d’années au travers du MI. Du point de vue de la forme, le MI ne revêt plus - ou rarement -  la forme de logorrhée sans construction ni répères qui caractérisait les premières expérimentations sur le flux de conscience. Dépassant la transparence naïve d’une conscience parlée qui marquait le roman de Dujardin, le monologue contemporain s’impose comme une source d’expérimentations narratives souvent paradoxales : dédoublement du personnage, expression d'un aliénation sociale ou encore d'un sentiment collectif.  Le MI contemporain est aussi le support d’expériences stylistiques notamment celle de la recherche de l’oralité tendance importante dans la littérature contemporaine. Sa spontanéité décousue permettrait l’accès à la réalité brute de la “vie”. Il parait plus proche de la « voix », moins formel et plus intérieur, il est plus incarné que le flux de conscience. Même s’il inclut une dimension de présence extérieure d’objets ou d’autres personnages, le MI cherche surtout à restituer la vie intérieure d’un personnage. La technique du MI est l’une des formes qui vont le plus loin dans cette possibilité que seule la fiction nous offre : l’accès à l’univers mental d’un autre.  Dans les romans contemporains qui ne font pas appel au narrateur, c’est aux personnages que revient la tâche de rendre compte des choses qui « s’accomplissent dans leur âme ».  À travers le monologue intérieur, l'on peut affirmer que Joyce notamment, a ouvert le chemin à ce que l'on nomme la « transparence intérieure » et aux « poétiques de la voix. » Il est important de noter que cette quête de l’intériorité, cette envie d’introspection semble répondre au solipsisme croissant de l’individu contemporain écartelé entre l’omniprésence de supports de communication et la fragilité et la rareté d’une communication « authentique ». L’écriture au plus proche d’une « voix » ne correspond-elle pas à l’envie de revenir à une dimension humaine, celle de l’intime, du « for intérieur » comme un bastion à défendre face aux incursions médiatiques et sociales ? Les MI contemporains peuvent aussi être le lieu d’expression de tensions sociales ou plus exactement des tensions entre l’intime et le social. Ainsi chez François Bon le « il » est un « je » qui devient universel par son asservissement au travail mécanisé.  Il a "quelque chose à voir » avec l’intériorité de l’homme contemporain, instable, soumis à un flux d’informations et d’agitations. Autre terme à connaître : le style indirect libre. Il recouvre des usages littéraires complexes et variés que l’on peut résumer comme une manière de rapporter les paroles des personnages en les insérant directement dans le récit, c’est-à-dire sans indication, sans verbe introductif (il dit que…), sans tiret, ni  guillemets. Inséré dans un MI, le style indirect libre transpose librement, concentre, délite… les paroles intérieures supposées. Il laisse la place à de nombreuses  possibilités d'approches stylistiques. J'y reviendrai. Le MI est l'une des voies qui a permis de se libérer du narrateur omniscient, de traiter les  personnages, non plusen les observant en situation, dans leur rapports avec leur milieu et avec la société, mais dans leur conscience intime, de s'intéresser aux pensées qui leur passent par la tête, aux impressions qu'ils ressentent, sans que celles-ci soient  régies par un principe de chronologie ou de cohérence. C'est pour cela que le  MI a été  l’une des constantes du Nouveau Roman, on le retrouve abondamment chez Robbe-Grillet, Duras, Sarraute, Butor… Il  devient l'un des grands outils du roman de la deuxième partie du XXe  aussi bien chez des auteurs comme Albert Cohen dans Belle du Seigneur ou le monologue traique de l'Etranger de Camus. Le MI permet de développer une écriture de l’intériorité aussi bien qu’une écriture totalement dans le présent et non explicative. Il permet aussi d'échapper au pur instant, de développer une pensée, de revenir sur l'expérience vécue au travers de la pensée du personnage comme dans le Journal d'un curé de campagne, l'œuvre mystique et puissante de Georges Bernanos de 1936. Bernanos, au travers d'un journal intime, le lecteur a accès non seulement à une restitution d'expérience, mais découvre de façon directe les pensées du prêtre sur des thèmes comme la pauvreté, le suicide, la prière, la douleur, l'injustice ou la mort... Caractère hybride, fulgurance et instabilité manqueraient aux styles et aux formes de fiction plus « classiques » ainsi, pour Serge Doubrovsky, le premier à utilser l'expression d'autofiction : « … le mouvement et le geste même de la scription sont la seule inscription de soi possible. La vraie “trace”, indélébile et arbitraire, entièrement fabriquée et authentiquement fidèle. »  Chez Arno Schmidt, un style expérimental mène le processus à la limite (et même à la limite de l'incompréhensible ! ) "Frein-pédale : (qui couine quand je m’arrête ; je m’en vais te huiler demain). Par précaution je braquai le canon de ma carabine sur l’épave crasseuse : épaisse couche de poussière sur les vitres ; je dus taper dessus avec la crosse pour que la portière s’ouvre un peu.Ma vie ? ! ; n’est pas un continuum ! (pas seulement qu’elle se présente en segments blancs et noirs, fragmentés par l’alternance jour, nuit ! Car même de jour, chez moi, c’est pas le même qui va à la gare ; qui fait ses heures de bureau ; qui bouquine ; arpente la lande ; copule ; bavarde ; écrit ; polypenseur ; tiroirs qui dégringolent éparpillant leur contenu ; qui court ; fume ; défèque ; écoute la radio ; qui dit "monsieur le Sous-préfet" : that’s me !) : un plein plateau de snapshots brillant." Scènes de la vie d'un faune Autre auteur ayant exploré un type original de MI : l’Autrichien Thomas Bernhard. Voici quelques exemples d’auteurs et de livres qui ont, de façon diverses, expérimentés  les voix du monologue intérieur:  Proust, Aragon, Faulkner, Virginia Woolf - Miss Dalloway, Jack Kerouac - Sur la route, Thomas bernard - le Naufragé, au théâtre,Koltès - La nuit juste avant les forêtsAlain Robbe-Grillet- La jalousie,  François Bon - Sortie d’usine  Plus récemment, voici des exemples pris chez Laurent Mauvigner   : Je me souviens de ma main dans ses cheveux. Du brancard roulant jusqu’à l’escalier et des graviers qui s’écrasaient sous les roues, sous son poids à lui qui pilait plus encore les petits cailloux. Et moi, moi qui tournais autour d’eux, comme le chien à mes chevilles reniflait, moi, demandant s’il fallait de l’aide, s’il fallait que je porte un peu aussi. Mais non, il n’y avait pas la place et je les ai regardés faire, soulever le brancard pour que les roulettes ne soient pas retenues, qu’elles ne se cognent pas aux angles des marches et je me souviens, pendant tout ce temps, des roulettes qui tournaient dans le vide, au-dessus des marches de ciment, de la voix de celui qui voulait aller lentement, des visages tendus des deux hommes qui soulevaient le tout, des blouses ouvertes, des jeans au bas des blouses, des tennis aux pieds, des efforts de leurs bras. Qu’ils ont refusé les verres d’eau. De lui, couché sur son brancard au milieu du couloir dans l’entrée. Du visage qu’il a tourné vers la porte de la cuisine et d’eux, qui sont sortis de la cuisine, lentement, les gestes méfiants, eux, Philippe et Renaud, qui se sont approchés de lui. De son sourire qui a dessiné le visage d’une façon bizarre, avec les rides de fatigue et ses yeux, ses yeux qui ont brillé, que j’ai vus brillants et brouillés à ce moment de répondre quand ils se sont l’un après l’autre penchés vers lui pour l’embrasser. Quand l’un après l’autre ils ont murmuré bonjour. Et lui leur disant bonjour aussi, dans un souffle, comme entre les dents, avec l’effort qu’il fallait pour dépasser le murmure. Depuis la veille, la précipitation à tout faire : ouvrir en grand les fenêtres, envahir d’air l’espace de la maison, lessiver les draps, laver un pyjama, balayer dans les recoins, épousseter, traquer les poussières et puis aussi lui installer une chambre rien que pour lui, parce que j’avais pensé qu’il faudrait une chambre rien que pour lui et avec Philippe on avait décidé que ce serait la sienne, que lui rejoindrait celle de Renaud. On a changé les draps du lit. On a tout ouvert en grand et on a laissé ouvert…" "Les blouses pas fermées qui s’ouvraient sous leurs mouvements, l’ambulance qu’ils avaient garée devant la grille, le bruit de la porte arrière et du brancard, les bruits de fer des portes, des pièces métalliques du brancard sur le bitume devant la maison et enfin je suis sortie, moi qui regardais tout ça de la fenêtre, qui attendais de voir ça depuis la veille, depuis qu’on m’avait dit qu’il rentrerait cet après-midi, avec dans mon cœur tout ce sang qui ne savait plus son rythme, qui cognait dans les artères. Et dans les veines ça tapait, sous le crâne ça tapait, le sang. Et moi je suis sortie, le cœur, mon cœur qui, je suis sortie et j’ai descendu les marches, lentement, doucement, en voulant être calme, si calme et je n’ai pas regardé vers lui, j’ai retenu mon souffle, mon regard, rappelant mes yeux et puis le chien qui traînait dans mes pattes – le petit chien blanc aux poils presque jaunes par endroits, sur la tête – le chien qui frétillait et trépignait dans le gravier, qui a même oublié de profiter que la grille soit ouverte pour essayer, comme il passait son temps à faire, d’aller voir ailleurs (et c’était souvent l’école de Renaud, l’école…"  Laurent Mauvignier - Apprendre à finir Un autre exemple de cette intensité particulière que peut restituer le MI, ici plus proche des pensées et de la conscience du personnage. "Il se rappelait de ce qu’il ne reverra plus parce que les vigiles l’ont débarrassé de voir et d’entendre et d’espérer aussi, l’espoir qui l’aura tenu jusqu’à l’instant ultime, j’en suis sûr, ça ne peut pas être autrement, quand c’était au bord de la fin, touchant déjà la fin, y glissant je crois, quand la vie s’en allait alors qu’il pensait encore ils vont arrêter de frapper, je vais retrouver mon souffle, ça ne peut pas finir ici, pas maintenant et pourtant il ne pouvait plus respirer ni sentir son corps ni rien entendre, ni voir non plus et il espérait malgré tout, quelque chose en lui répétant, la vie va tenir, encore, elle tient, elle tient toujours, ça va aller, encore…" Laurent Mauvignier - Ce que j’appelle oubli  La liberté formelle du MI, même si elle est plus maitrisée que celle de son devancier le flux de conscience, se met au service de la restitution de la pensée d'un personnage.Le monologue intérieur est une technique littéraire qui permet donc de donner accès à ce qui se passe dans la tête du personnage ainsi qu'à des éléments de contexte qui seront fournis au lecteur non comme des expliactions ou des descriptions, mais uniquement au travers des perceptions et des impressions du personnage. Une forme qui peut être à la fois expressive et distanciée… Une bonne lecture pour en comprendre les spécificités et les enjeux : La Faim, un roman de Knut Hamsun.                                Sylvie R. B. Si vous souhaitez approfondir et metttre en pratique les thèmes de ce  blog :   {loadmoduleid 220}                                                                                                                                                                                                       {loadmoduleid 197} 
07 October 2026
RSS Image
« Les Hommes ivres de Dieu » est un essai de Jacques Lacarrière qui décrit la vie des anachorètes, ces ermites qui se sont retirés dans le désert égyptien et syrien pour mener une vie de solitude, de prière et de contemplation au début du christianisme, au quatrième siècle de notre ère et donc avant l’arrivée de I’Islam. Rien n’est plus loin de notre société perpétuellement en quête de confort et de facilité que cet ascétisme dont la recherche de détachement du monde et d’effort sur soi semble sans limites. Certains vivants dans des sortes de tombes, d’autres sur des plateformes jugées sur des arbres et sans abris, d’autres dans de minuscules grottes… Au moment où j’ai mis en ligne deux articles sur « nourriture et écriture », j’ai souhaité partager un extrait de cette lecture fascinante. On peut trouver cette quête incompréhensible et même folle, mais elle révèle une dimension de l’humanité qui a existé… La tentation de la maitrise absolue de soi, de la pureté, subsiste sous d’autres formes. Parmi les nombreux aspects développés dans le livre, je me bornerai à évoquer la question de la nourriture et de la règle. En effet, quand l’ascétisme devient trop extrême, il prend le risque de devenir une forme d’orgueil. Pour tenter de départager extrême humilité et extrême orgueil, les ascètes ont senti la nécessité de fixer des frontières, des règles, certes arbitraires, mais concrètes. Deux périls opposés guettent l’ascète qui vit seul dans le désert et la privation : se laisser aller à ses désirs ou se laisser aller à son orgueil en s’imposant des privations excessives. Les deux tentations risquent de faire de lui la proie des démons. Des règles ascétiques devinrent donc nécessaires pour concrétiser le mode de vie juste et pour rassurer l’ascète disposant d’éléments précis pour distinguer ce qui est bien de ce qui est mal.   C’est en ce qui concerne la nourriture et les jeûnes que ces règles s’établirent tout d’abord. Nous savons que la plupart s’imposaient, par exemple, de ne manger que sept olives par jour. Ce chiffre qui peut nous sembler impossible correspond toutefois à la réalité de leur ascèse. Il leur permettait de savoir où commence et où finit le péché. Si l’ascète mange six olives au lieu de sept, c’est un péché d’orgueil, et s’il en mange huit, un péché de gourmandise. L’on retrouve ici le rôle essentiel qu’a joué la nourriture dans la plupart des systèmes sociaux ou religieux.   Le moment, la manière et le contenu de l’acte de manger était - et reste sous des formes atténuées- le symbole des relations sociales, des états spirituels et même, comme c’est le cas pour les anachorètes, un élément essentiel des expériences mystiques les plus hautes. Son rôle est évident dans les religions primitives ou anciennes, mais le christianisme est loin de l’avoir ignoré (communion, Carême, Pâques…).   Comme le rappelle Jacques Lacarrière, un ethnologue anglais Richards a pu écrire que, dans les sociétés dites premières « La nourriture est la source des émotions les plus intenses, elle fournit la base de certaines des notions les plus abstraites et des métaphores de la pensée religieuse… Pour le primitif, la nourriture peut devenir le symbole des expériences spirituelles les plus hautes, l’expression de relations sociales essentielles… » Ce principe opère également pour les ascètes des déserts d’Égypte et de Syrie, ces « athlètes de l’exil » comme les surnomme l’auteur du livre. Ainsi, le pain, pour l’ascète, pouvait passer pour le « reflet de l’âme » et pour clore ce petit cycle d’articles sur nourriture et écriture, j’ai choisi de reprendre ici un épisode de la vie d’un anachorète nommé Jean d’Égypte qui me semble en être une bonne illustration.   « Cet anachorète était en effet si parfait que Dieu l’avait déchargé du soin qui regardait sa nourriture et y pourvoyait par sa Providence. Quand, pressé par la faim, il rentrait dans sa caverne, il trouvait toujours sur la table un pain d’un goût exquis et d’une blancheur sans pareille. Mais ces grands et heureux progrès lui donnant quelque sentiment de vanité et attribuant à sa bonne conduite des bienfaits qu’il ne tenait que de la pure libéralité de Dieu, il commença aussitôt d’entrer dans un certain relâchement d’esprit. Il prie moins souvent, se repose plus longtemps, ne récite plus les Psaumes avec la même attention. Au début, ce relâchement ne se remarqua pas, car, de même que le courant d’une rivière qui a été secondé par l’effort des rames continue d’emporter le bateau même si l’on cesse de ramer, ainsi cet homme était porté par son ancienne habitude à ses exercices ordinaires, ce qui le faisait paraître tel qu’auparavant. Mais son relâchement va s’accentuant, au point que, piqué des aiguillons de la chair, il se sent un jour emporté du désir de retourner dans le siècle. Et lorsqu’il fut entré dans sa caverne pour manger, il trouva bien un pain sur la table, mais moins blanc que de coutume. Et puis, un jour, ses désirs impudiques lui font voir réellement une femme devant lui et il est pris du désir de la posséder. Alors, en rentrant dans sa caverne, il trouva sur la table un pain très sale, sec et comme rongé de tous côtés par les fourmis et par les chiens. Oui, c’est bien ainsi que, soudain, lui apparaît son âme, et ses pensées, comme une multitude de barbares l’assiégeant de tous côtés et faisant pleuvoir sur lui comme une grêle de flèches, entreprirent de le mener tout lié et tout garrotté dans le siècle. »
07 October 2026
RSS Image
L’acte de manger, la façon d’incorporer la nourriture, revêtent à la fois une dimension personnelle et une dimension sociale. En effet, du social au psychanalytique, manger porte et révèle de nombreux aspects de la vie et de la psyché humaine. Entre choix individuels et pratique rituelle, importance du geste et des sensations, c’est un excellent terrain de réflexion ainsi que d’expérimentation pour l’imaginaire et l’écriture.En voici les principales pistes qui peuvent permettre de développer un personnage ou une scène à partir d'un rapport à la nourriture et de façons de manger. Reste ensuite à trouver les éléments de style et la construction qui leur donneront forme. Un exemple de construction réussie et ses alternatives est développée à partir d'un texte de Pascal Quignard. —   Rapport matériel, esthétique ou spirituel à la nourriture Utilitarisme / esthétismeSe goinfrer / jeûner Plaisir des sens / dimension sacrificielleRapport primaire / rapport esthétique à la nourriture   —   Le rapport à son propre corps au travers de la nourriture Contentement de la satiété / ascèse Plaisir/indifférence / rejetDésir  / dégoûtQuantité / qualitéPlace de l’instinct / du conformisme social / du choix individuelDévoile un tempérament  : fragile, exigeant, délicat. /. puissant, quantitatif, une force vitale   —    Odeurs / couleurs / textures  : tous les sens sont convoquésLa nourriture par les narines, les yeux, par les mains, par la bouche, les dents, la langue, la salive, l’œsophage, la digestion…Rapport à son corps spontané / peur de grossirDématérialisation avec pilules, poudres   —    Le geste de manger et ses diverses composantesDu fait de humer les odeurs, la préhension, l’importance de la mastication, avaler, digérerQualité et rythme du geste : du vorace au délicat Rapport de l’individu à son geste : contrôle, abandonPulsion / retenueIdentification / détachement   —     Le geste reflète un milieu, une éducationÉlégance/rusticitéEnthousiasme / retenue / indifférence    trivialité /méprisMaintien, apprentissage social / abandon aux instincts perçu comme un relâchement ou un retour à la simplicité, à la natureDistinction sociale et rapport à l’autre Comportement pour soi ou pour l’autre (séduction, spontanéité…) Une appartenance à une classe sociale se dessine ou affirme son refus   —      Dimension sociale et individuelleManger seul /  en groupeImportance pour la cohésion communautaire : partage, communionHabitudes alimentaires reconnaissance de ses pairs et individualisation : partage des interditsAu contraire : l es habitudes alimentaires comme façon d’exister individuellement.   —      Rapport affectifNourriture et souvenir : la madeleine de Proust… La gorgée de bière de Philippe DelermLa nourriture d’enfance, l’attachement culturel / le désir de nouveau, d'exotismeNourriture et voyage dans l’imaginaire : l’ailleurs, l’inconnu ou le connu Le fantasme, l’obsession / l’authenticité / la simplicité   —       Sincérité ou contrôleMise en place de rituelsCapacité à s’abstraire du reste de la vie ou pas : manger sans parler, sans écouter, sans voir, sans rien remarquer…   —      Dimension économique Frugalité / gaspillageDépense / avarice   —     Temporalité : l’avant, le moment de l’absorption et l’après…Importance du temps consacré à la nourriture / réduction au minimum   —      Nourriture, sensations, sensualité Sensualité des alimentsRapport entre intérieur du corps / extérieurContactPeur, méfiance poison, cause de futurs désordres corporels  Alimentation thérapeutiqueIrritation ou baume — Dimension érotique Lien avec l’appétit sexuel, rapport à la chair Corps échauffé par la nourriture, rougeur, excitationIdée de dévorer, de manger d’amour, la « mangeuse d’hommes » Formes évocatricesThème du sang  De l’incorporation en soi Sensualité et impudeur du corps vu en train de manger      On peut observer dans le texte de Pascal Quignard et dans le texte de Zola ci-dessous, la diversité des dimensions explorées. Exemple avec plusieurs personnages:"Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette ; c'est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s'être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée ; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d'ailleurs, s'emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C'était même touchant de regarder cette gourmande s'enlever un bout d'aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti ; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse ; la carcasse, c'est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie ; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s'arrêter, parce qu'elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d'oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu ! si elle ne le décrottait pas, elle n'était pas une femme. Est-ce que l'oie avait jamais fait du mal à quelqu'un ? Au contraire, l'oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui, en aurait bouffé toute la nuit, sans être incommodé ; et, pour crâner, il s'enfonçait un pilon entier dans la bouche. Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres, en se tordant de rire sur sa chaise, à cause de Boche qui lui disait tout bas des indécences. Ah ! nom de Dieu ! oui, on s'en flanqua une bosse ! Quand on y est, on y est, n'est-ce pas ? et si l'on ne se paie qu'un gueuleton par-ci par-là, on serait joliment godiche de ne pas s'en fourrer jusqu'aux oreilles. Vrai, on voyait les bedons se gonfler à mesure. Les dames étaient grosses. Ils pétaient dans leur peau, les sacrés goinfres ! La bouche ouverte, le menton barbouillé de graisse, ils avaient des faces pareilles à des derrières, et si rouges, qu'on aurait dit des derrières de gens riches, crevant de prospérité."Émile Zola, L'Assommoir.                                  Sylvie R. B. Si vous souhaitez approfondir et metttre en pratique les thèmes de ce  blog :    {loadmoduleid 220}                                                                                                                                                                                                       {loadmoduleid 197}   
Taille du texte: + –

Amour et Figatelli

Texte démesure avec Léon Bloy Atelier Démesure avec Léon Bloy

Ils étaient deux, toujours ensemble, aussi unis que dissemblables ; voici leurs portraits et leurs caractères extraordinaires…

Elle, Colomba, veuve PRUNELLI, tenait une gargote dans les environs de Bastia.

Une Gitane maïs au coin du bec, avachie au bout du comptoir comme un crocodile faussement assoupi, elle surveillait le bistrot d'un œil vorace. Au moindre verre vide, crac ! Elle se précipitait sur sa proie. La bouteille de tord-boyaux à bout de bras, elle se penchait généreusement pour servir le client et même si son balcon bien garni donnait quelques signes de faiblesse, pour l'instant, la balustrade résistait mieux que celle du stade Furiani.

C'est qu'elle avait l'œil, la PRUNELLI ! Elle savait y faire ! Avant qu'il n'ait eu le temps de poser la main sur son godet pour dire stop, le consommateur ramolli était déjà resservi. Quand son expérience de la capacité d'entonnage de chacun lui disait : celui-là, il est mûr ! elle extirpait de ses lèvres son mégot racorni, crachait un panache de fumée âcre, envoyait valdinguer une huître verdâtre dans la sciure agglomérée par ses déjections volcaniques et sifflait le quidam en enfilant deux doigts jaunis dans son gosier. Avec la majesté d'une reine d'Egypte, elle étendait lentement le bras, décrochait le bout de crayon calé sur son oreille droite, en suçotait le graphite et faisait mine de calculer le nombre de barres tracées dans son calepin. Soudain, elle aboyait d'une voix de rogomme le montant de l'addition, arrondi d'avance d'un pourboire amplement mérité par son service haut de gamme.

Du matin au soir, elle besognait entre les tables exhibant à chaque pas les deux orbes de son postérieur dont les tremblotements laissaient imaginer la consistance gélatineuse. Bien moulés sous le jersey rouge de cette Vénus Callipyge, le Monte Cinto et le Rotondo s'embrassaient patriotiquement.

Parfois, un malfaisant, espérant se rincer l'œil autant que le gosier, l'obligeait à grimper sur l'escabeau pour attraper une bouteille haut perchée. La Gorgone en furie, chevelure hérissée par d'innombrables indéfrisables, blasphémait comme un charretier mais s'exécutait : les affaires sont les affaires. Il fallait la voir cette équilibriste à la Botero, bras en l'air, dépêtrer ses mèches grisâtres des rouleaux de papier tue-mouche noircis de cadavres ! Les glaçons s'entrechoquaient dans le pastis. Les pommes d'Adam jouaient au yoyo, à la vue - et au parfum - de ses aisselles pubescentes. Pourtant, le clou du spectacle se situait plus bas.

De l'ourlet décousu par endroits, dépassaient deux mollets en ventre de lapin, deux saucissons emprisonnés dans le filet de ses bas-résille. Les lippes s'avachissaient, les glandes salivaires sécrétaient d'abondance, les yeux s'exorbitaient, dans l'espoir que l'une de ses jarretelles ripe sur la peau d'orange de ses cuisses blafardes.

Elle, du haut de sa pyramide, ce n'étaient pas 40 siècles d'histoire qu'elle contemplait. Non… Elle n'avait sous les yeux qu'une sale engeance de vicieux minables, convulsés jusqu'à l'apoplexie.

Tout ça à cause de feu son mari, l'adultérissime Giuseppe PRUNELLI !

Car le défunt l'encornait en douce. Ça, passe encore : sa discrétion l'honore. Mais ce fumier avait voulu trop en faire pour son âge. Résultat : mort d'épectase ! D'un coup ! Dans les bras d'une garce qui aurait pu être sa fille.

Ce jour-là, sa vie avait chaviré… Bel héritage qu'il lui avait légué ! Un infâme troquet bourdonnant de mouches à vermine avec, en prime, une bande de soiffards loqueteux ! Elle avait bien songé à se débarrasser du lot pour filer à Bora-Bora. Hélas, elle n'avait pas trouvé un seul jobard pour se laisser tenter.

Rêvant d'occire de ses propres mains le fantôme de l'odieux époux fornicateur, elle se vengeait en garrottant entre ses doigts épais la lavette grisâtre et visqueuse qu'elle passait, à la vesprée, sur le comptoir poisseux.

Lorsqu'enfin venait l'heure de tirer le rideau de fer sur sa misère, elle s'asseyait sur le seuil pour masser ses pieds, harassés de soutenir son exubérance charnelle.

En réalité, l'âpre femelle guettait dans la nuit le retour de son voisin, dont elle avait fait la connaissance par accident. Un jour, suite à une défaillance de la tuyauterie, une grande tribulation s'était emparée de tout le bar… Un exode biblique de poivrots, morts de peur devant la montée des eaux, proférant, en corse, des imprécations contre le diable qui leur pourrissait l'heure de l'apéro. Ce cataclysme diluvien avait alerté l'homme providentiel, celui par qui le miracle s'était accompli, à l'aide d'une simple clé à molette et d'un chalumeau.

Lui, le héros, c'était Hyacinthe CECCIULI, un demi-colosse à l'allure de tonneau monté sur deux jambes courtes, arquées comme des scampi et moulées dans des pantalons aussi collants que des boyaux de figatelli.

De sa chemise blanche, tendue à se déchirer, débordaient deux biceps tatoués approximativement d'une tête de maure, vestiges indélébiles d'un artiste de la Légion Etrangère. Des espaces béants entre les boutons s'échappaient des touffes de poils noirs, sauf dans l'interstice situé au-dessus de la ceinture, où se nichait le mystérieux vortex d'un nombril en tourbillon d'escargot.

Malgré d'inhumains efforts de contraction, ses abdominaux le trahissaient et son ventre en surplomb occultait ses génitoires, d'où, sans doute, ce geste compulsif consistant à vérifier, la main en coque, qu'elles étaient toujours là.

Affligé de deux gros orteils aussi proéminents que le Cap Corse, il était sobrement chaussé, été comme hiver, de confortables sandales en cuir tressé à la manière des anciens romains, si avachies qu'elles avaient dû appartenir à Jules César en personne. L'air y circulait librement, aussi ne risquait-il pas d'importuner autrui par ses odeurs d'escafignon.

Depuis l'histoire de la catastrophe hydraulique, Hyacinthe était toujours fourré chez Colomba car son élevage de porcs noirs lui laissait du temps libre. Une affaire de bon rapport, d'autant qu'il gérait toute la filière, de la naissance jusqu'aux figatelli. Il veillait lui-même à l'engraissement, rapportant de temps à autre, la nuit, encagoulé dans son 4x4, de longues housses étanches et bosselées dont les omnivores peu regardants dévoraient avec enthousiasme le contenu, jusqu'à la dernière phalange.

Tous les matins, il débarquait avec une saucisse noire et recourbée en guise d'offrande et venait prendre un café au bar, sous l'œil reconnaissant et enamouré de sa déesse potelée. Face au miroir constellé de chiures de mouches, son premier geste était d'arracher le poil coriace et récidivant qui poussait sur la monstrueuse boulette enchâssée à la base de son nez. Laquelle lui avait d'ailleurs valu le diminutif, en même temps que le surnom, de « Cecciu », autrement dit pois chiche en dialecte insulaire.

Afin de compenser cette disgrâce, Cecciu - Cècè pour les intimes - apportait un soin particulier à sa coiffure et à sa denture.

A l'aide d'élastiques récupérés sur des bottes de radis, il attachait sur la nuque une partie de la couronne de cheveux qu'il lui restait et collait le reste en travers de son crâne pour faire illusion.

Ce qu'il économisait chez le coiffeur, il l'investissait chez le dentiste.

Contre l'avis de Colomba qui trouvait cela de mauvais goût, il s'était fait aurifier, à la façon des tziganes, plusieurs vénérables chicots. Lorsque, dans la moiteur des siestes estivales, un rayon de soleil subreptice se glissait par la fente des volets mis en espagnolette, il arrivait que Colomba fût aveuglée par les dents anacamptiques de son amant. Elle posait alors, à l'instant suprême, le revers de la main sur ses paupières en capote de fiacre et lui bourdonnait à l'oreille : « Ta bouche, Cècè ! »*. Il avait ainsi pris l'habitude de terminer son œuvre en expirant bouche fermée, comme les chœurs dans « Madame Butterfly » à la fin de l'acte II.

Par quel mystère les flèches de l'Amour avaient-elles percé le cœur d'une matrone mafflue et d'un Cicéron calamistré, nul ne le sait. Les voies de Cupidon sont aussi impénétrables que celles du Seigneur…

Hélène J. mai 2024

Atelier - A la manière de Léon Bloy

* ta mouche Tsé-Tsé 

Sanctuaire
Vie

Sur le même sujet:

 

Commentaires 2

Invité - Martine le dimanche 14 juillet 2024 08:20

LÉON Bloy aurait-il fait aussi caustique ? Bravo madame.

LÉON Bloy aurait-il fait aussi caustique ? Bravo madame.
Invité - Jean le lundi 1 juillet 2024 15:44

Quelle fluidité ! Quel humour ! Une nouvelle Colomba dans la littérature française :

Quelle fluidité ! Quel humour ! Une nouvelle Colomba dans la littérature française :
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
mardi 20 octobre 2026
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

5 décembre 2021
« Aux marches du palais… » cette chanson lui trottait dans la tête. Mais où diable se trouvait ce palais ? « Y a une tant belle fille lonlère… » Cet a...
1819 lectures
27 décembre 2023
Au tableau, la craie s'applique au tracé des courbes du E en majuscule déliée :Elle est en Espagne, danseuse de FlamencoBras arrondis, sculptés, comba...
1255 lectures
11 octobre 2022
Assise sur une natte devant la case qui m'a été attribuée, j'accueille l'univers végétal dans lequel se fondent les sociétés que je suis venue ...
1722 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avocats Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Conte Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Incipit Indicible Instant Intelligence artificielle Ironie Jalousie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment d'abandon Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Pronoms Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Retour Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Tain Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Train Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom