Au fond de nous-mêmes Nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame Nous désirons tous que demain soit la veille d'un nouveau jour Que demain voit la fin de cette nuit noire Que vienne le jour d'après Nous voulons tous connaître ce qui doit arriver Depuis quand avons-nous commencé à attendre ? ...
Thomas s'assit et contempla la mer.
Il était seul, perdu dans ses pensées, pensées qui comme la houle, venaient, repartaient, venaient et repartaient à nouveau, pensées qui avaient l'aura de la couleur de l'eau, vert émeraude, un vert qui l'apaisait, le sécurisait, lui faisait fermer lesyeux pour mieux pénétrer le clapotis des vagues, pour mieux se perdre dans cette immensité tranquille qui le berçait de loin en loin, loin comme cet oiseau planant dans le ciel, se laissant porter par l'alizé doux, chaud et tendre de cette journée d'été, été qui semblait à Thomas, interminable, comme cet élément qui s'étalait calmement devant lui, mer d'huile étincelante, mer d'huile relaxante, qui faisait relâcher tous les muscles de Thomas, qui faisait de son corps une espèce de marionnette qui devenait de plus en plus molle, tellement la sérénité l'enveloppait, tellement sa sérénité était douce et le faisait alors, s'allonger sur le sable brûlant mais sans que Thomas ne ressente aucune douleur...