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« Au fond de nous-mêmes, nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. » Voilà c'est fait, il l'a dit ! Verre de rosé d'une main, cigarette de l'autre. Pas de suspension, une coupure nette, sans appel…. Regard rapide, satisfait sur les autres convives plus préoccupés à faire circuler les pots ...

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09 September 2026
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"Ombre noire d’une aile sur l’été qui s’éteint de brume et d’eau figées en pétales de temps effeuillées, marguerite de bruine les gouttes immobiles d’automne s’évaporent en un temps suspendu la montagne floutée, temps frelaté, se fige frôle les frondaisons exaspérées de verts perdus de jaune il pleut et le ciel prie et pleure et la lumière aiguise  la crête étêtée de bouillies de nuages et de brume qui braie sa cantilène moite en gouttes sirupeuses agglutinées sur feuilles monts, branches et cerveaux et tous ces bouts de ciel effilochés de bruines tristesses échevelées si pâles que tout pue l’effrayante moiteur d’un jour égorgé d’eau."    Extrait de mon prochain livre "Des Nues et...",  roman poétique qui paraîtra en novembre 2026.
05 September 2026
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Le Process est une chronique satirique publiée en mai 2026 aux Éditions la Mouette de Minerve. Vous pouvez le commander dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne :  à la  FNAC ou sur Amazon En savoir plus !
29 August 2026
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Sous l’auspice des crêtes figure détaillée de la masse du monde comme si la montagne figurait l’univers colosse indifférent toutes nos turpitudes et nos petites joiessemblent être absorbées dans la masse endormiela lune illumine d’étain sa douce part de nuitde ciel une éclaircieune ile dans la mer assombrie du silence Non, rien ne me soucie que la douce clarté de tout ce qui ne dort et ne veut s’assoupir Lune les extases à deux peuvent-elles entrouvrir  la porte des montagnes ? Le flambeau du désir n’est-il qu’une brûlure ?Une ile, lui aussi qui éclaire le cœur en attendant son aube qui le noiera bientôt dans son trop de lumière étouffant les étreintes sous la trique du jour ce tueur de mystère.Lune toi qui brille si haut est-ce cela, mourir ?             {loadmoduleid 197}         
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J'étais encore très jeune quand je l'ai rencontrée pour la première fois.

Grande et élancée, ses cheveux longs lui tombant dans les yeux, courbée, elle ramassait des petits cailloux blancs sur le bord de la route. Elle ne m'a pas remarquée ou bien elle a fait comme si, absorbée dans sa quête futile. J'imagine qu'à cette époque-là, je ne l'intéressais pas vraiment.

Je la croisais parfois en arrivant chez des gens : j'entrais tandis qu'elle sortait, énorme et gonflée, elle traînait un sac gris et poussiéreux, apparemment très lourd, ses longs cheveux voilant toujours son visage.

Il lui arrivait soudain d'apparaître dans les fêtes où j'étais invitée, au milieu des rires et des conversations, dans les vapeurs d'alcool, je la regardais. Assise par terre, les cheveux comme un rideau, elle traçait des cercles sur le sol de ses longs doigts aux ongles impeccablement vernis.

Dans ces moments-là, j'avoue que je l'aimais comme une connaissance qu'on croise au hasard des jours, elle me rendait spéciale, originale croyais-je.

Puis, pendant longtemps, elle ne m'a pratiquement plus rendu visite. Il me semblait l'apercevoir de loin, tournant le coin de la rue quand j'amenais les enfants à l'école.

Les années ont passé, je sentais de plus en plus souvent sa présence qui me donnait la chair de poule à présent.

Ce n'est que très récemment que j'ai enfin croisé son regard. Quand cela vous arrivera, vous comprendrez que rien ne sera plus jamais comme avant.

Elle n'est pas cette jeune femme un peu trop bavarde que vous fuyez, ni cet homme un peu trop stressant que vous délaissez, non, elle a le visage pâle, mangé par de grands yeux sombres qui vous renvoient votre propre reflet. Elle sait tout de vous et son silence est le plus terrible des reproches.

Cette petite cohabitation déplaisante a duré quelque temps, j'ai même tenté de l'écoeurer en me saoulant consciencieusement tous les soirs. Peine perdue, au matin, elle m'attendait au pied du lit, elle ne me quittait plus.

Le jour où tout a changé, je m'en souviens très bien, j'ai pris une longue douche brûlante, je me suis habillée pour la première fois depuis des semaines et je suis allée me promener sur la plage déserte. La sensation du sable sous mes pieds nus, le bruit du ressac, l'odeur salée de la mer me rendaient à moi-même. Bien sûr, elle était là tout à côté, je l'ai regardée en souriant et elle a hoché la tête d'un air entendu. J'ai compris que ce n'était pas si terrible de la connaître, alors je l'ai prise par la main et nous sommes rentrées lentement vers la maison.

Comme je n'avais plus honte, j'ai salué tous ceux que je croisais : je crois bien qu'ils étaient tous accompagnés comme moi, certains baissaient la tête, encore mal à l'aise, mais il y en a un qui s'est arrêté pour me parler. J'ai vu tout de suite qu'il l'avait apprivoisée aussi ; demain ou un autre jour, on ira boire un café et nous les ferons se rencontrer, nos solitudes. 

Romantiser le monde ?
Fiction et projection de soi

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Commentaires 1

Sylvie Reymond Bagur le mardi 5 avril 2022 09:23

De nouveau avec ce texte, nous découvrons la subtilité, la proximité et la vérité humaine que peuvent porter en elles les allégories bien menées.

De nouveau avec ce texte, nous découvrons la subtilité, la proximité et la vérité humaine que peuvent porter en elles les allégories bien menées.
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lundi 14 septembre 2026
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"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

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"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

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