Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Véronique D.
04 septembre 2026
Textes d'ateliers

« Au fond de nous-mêmes, nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. » Voilà c'est fait, il l'a dit ! Verre de rosé d'une main, cigarette de l'autre. Pas de suspension, une coupure nette, sans appel…. Regard rapide, satisfait sur les autres convives plus préoccupés à faire circuler les pots ...

Derniers commentaires

Invité - Sadoul
10 mai 2026
Quel voyage, tout en sensibilité ! L'impression d'y être, de ressentir les sensations ,les...
Invité - Jean-François D
17 mars 2026
subtilement glaçant!

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

09 September 2026
RSS Image
"Ombre noire d’une aile sur l’été qui s’éteint de brume et d’eau figées en pétales de temps effeuillées, marguerite de bruine les gouttes immobiles d’automne s’évaporent en un temps suspendu la montagne floutée, temps frelaté, se fige frôle les frondaisons exaspérées de verts perdus de jaune il pleut et le ciel prie et pleure et la lumière aiguise  la crête étêtée de bouillies de nuages et de brume qui braie sa cantilène moite en gouttes sirupeuses agglutinées sur feuilles monts, branches et cerveaux et tous ces bouts de ciel effilochés de bruines tristesses échevelées si pâles que tout pue l’effrayante moiteur d’un jour égorgé d’eau."    Extrait de mon prochain livre "Des Nues et...",  roman poétique qui paraîtra en novembre 2026.
05 September 2026
RSS Image
Le Process est une chronique satirique publiée en mai 2026 aux Éditions la Mouette de Minerve. Vous pouvez le commander dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne :  à la  FNAC ou sur Amazon En savoir plus !
29 August 2026
RSS Image
Sous l’auspice des crêtes figure détaillée de la masse du monde comme si la montagne figurait l’univers colosse indifférent toutes nos turpitudes et nos petites joiessemblent être absorbées dans la masse endormiela lune illumine d’étain sa douce part de nuitde ciel une éclaircieune ile dans la mer assombrie du silence Non, rien ne me soucie que la douce clarté de tout ce qui ne dort et ne veut s’assoupir Lune les extases à deux peuvent-elles entrouvrir  la porte des montagnes ? Le flambeau du désir n’est-il qu’une brûlure ?Une ile, lui aussi qui éclaire le cœur en attendant son aube qui le noiera bientôt dans son trop de lumière étouffant les étreintes sous la trique du jour ce tueur de mystère.Lune toi qui brille si haut est-ce cela, mourir ?             {loadmoduleid 197}         
Taille du texte: +

L'intruse

chambre-japon Atelier Odeurs

Elle était là. Le perfide petit arôme de bonbon acidulé. Dissimulé, caché sous les effluves ordinaires et ennuyants de l'appartement. Tapi dans les plis et replis du voile odorant des parfums de rien qui faisaient le quotidien de Ichiro.

Elle était là. Derrière la senteur moite qui émanait de la cuiseuse de riz qui refroidissait. Trainante dans le sillage des produits ménagers qui avaient imprégné le sol depuis le passage de la femme de ménage la veille. Sous l'odeur du parquet fraichement lavé et ses relents de bois industriel qui semblait crier à qui voulait l'entendre : « je ne suis pas un vrai arbre ! ».

Presque inodore. Mais pas pour Ichiro dont la main était restée prostrée sur la poignée de la porte. Le cœur battant plus vite qu'à l'accoutumée. Il avait les oreilles en feu. Le nez plissé comme s'il le démangeait furieusement. Il se refusait à humer une nouvelle fois l'air de son appartement.

Rien n'avait bougé en apparence : son futon et celui de sa petite amie enroulés dans un coin de la salle, les petits chaussons d'intérieur à quelques centimètres du bac à parapluies, le magazine de Akiko sur la table basse dont elle avait soigneusement plié le coin de certaines pages.

Mais il n'avait pas besoin de ses yeux pour repérer l'intrus. Il savait qu'il n'avait qu'à inspirer une nouvelle fois pour détecter l'horrible petite odeur sucrée. Inspirer à gorge déployée et engloutir le fumet comme on pourrait gober un gros marshmallow trop mou et trop collant.

Ichiro ferme la porte derrière lui. En un coup d'œil, il sait que l'appartement est vide. Que celle qui avait apporté cet irritant effluve jusqu'ici était déjà partie. Cette odeur n'avait rien à faire là, mais, il en était certain, elle était là. Perfide et triomphante avec ses rondeurs féminines qui ne pouvaient jamais tout à fait se dissimuler. Elle n'avait jamais été assez discrète pour ça. C'était une fragrance qui voulait tout entière briller.

Il s'avance. Ferme les yeux et traque le panache de berlingots fuyants. Il s'arrête devant le meuble du salon : elle était là. Elle s'était tenue ici, à cette même place. Peut-être dans sa robe en soie rose. Les rubans qui coiffaient habituellement sa chevelure brune en deux longues tresses lâches courant sur son dos dévoilé. Elle avait peut-être gardé ses ballerines perlées pour traverser impunément le tatami et diffuser la menace sourde de son parfum.

Berlingot, confiseries pour enfants. Son effluve portait son visage. Ses lèvres épaisses pour une Japonaise qui se fermait sur une haleine de fête foraine et de marbré au chocolat. La barbe à papa. Des yeux en amande parfaits qu'il n'avait jamais vus s'endormir à ses côtés. Il s'assoupissait toujours le premier. Une peau de pêche comme brodée dans du satin. Il avait touché, caressé encore et encore l'écrin doux de son corps.

Il voudrait la tuer.

Annihiler son rire enfantin qui courrait dans sa mémoire à travers son parfum irritant qu'elle avait sournoisement diffusée ici. Chez lui. Dans sa maison. En bravant l'interdit. Dans cet appartement où il avait refait sa vie et fait l'amour à Akiko en tentant de l'oublier.

Elle était venue ici. En sachant pertinemment que même dans la puanteur du purgatoire il reconnaîtrait son parfum sur un milliard.

Ichiro sent qu'il perd pied. Il aimerait réfléchir. Revenir à la raison. Appeler la police, car cette odeur comme elle n'avait rien à faire ici. Elle n'avait pas à venir ici. Courir dans le couloir de son immeuble un couteau à la main pour ravager son visage si elle était encore dans les lieux. Ce visage qu'il avait tant aimé. Elle est partout avec son ignoble puanteur. Elle gomme le reste. Elle sature l'appartement. Il n'y a qu'elle. Que cette pestilence immonde qui prend le pas sur tout le reste.

Ichiro se saisit du cuiseur et renverse le riz et l'eau collante sur le sol. Il attrape la bouteille de javel et en asperge le tatami en de grands gestes désorganisés. Le sol. Le plafond qu'il arrive difficilement à atteindre. Les futons soigneusement alignés. La télévision et les photos encadrées dont les portraits ne s'affolent pas de se voir repeindre en blanc.

L'odeur se replie. Recule doucement se terrer dans l'ombre d'un placard. Elle semble ricaner du coin de la pièce prête à reprendre toute sa place.

Akiko arrive précipitamment dans le salon. Un flacon de parfum à la main. Elle était dans la salle de bain. Ichiro relève la tête abasourdie. Elle a cette odeur. Cette odeur qui ne lui appartient pas. Cette indicible petite odeur de mort. Son parfum dans la main qu'elle vient de ventiler sur son cou sans deviner qu'elle avait revêtu de la sorte le manteau du mal. Ichiro médusé tombe à genou. Dans son esprit les deux femmes se confondent. La première et sa robe de soie, la seconde qu'il a épousée.

Ne reste que cette odeur infâme.

À genou dans la javel et l'eau trouble. Il se met à pleurer et ses larmes ont le goût des sucreries qu'il ne mangera plus jamais.

Douche froide
Et il s'en vont.

Sur le même sujet:

 

Commentaires 1

Sylvie Reymond Bagur le vendredi 3 mars 2023 07:45

Un texte étonnant, passion amoureuse à la japonaise, tension et violence autour d'une odeur, d'une présence. La puissance d'une odeur intruse, odeur souvenir, odeur repoussoir, odeur désir, un riche déploiement du thème écrit en une heure. Bravo !

Un texte étonnant, passion amoureuse à la japonaise, tension et violence autour d'une odeur, d'une présence. La puissance d'une odeur intruse, odeur souvenir, odeur repoussoir, odeur désir, un riche déploiement du thème écrit en une heure. Bravo !
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
lundi 14 septembre 2026
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

16 juin 2019
Quand tu vis des plantes, et avec les plantes en Cévennes, tu vis vraiment avec les saisons. Les coucous dans les prés de Saint Germain de Calberte à ...
2486 lectures
4 novembre 2019
La C 2143, elle est longue et pas large, elle va do ch'min jusqu'au p'tit ri d'en bas, oué le p'tit gris qu'la tient ; L' ptit gris oué le père de Jea...
2720 lectures
16 mai 2025
Maintenant que c'était fini, il était revenu. A peine arrivé sur le chemin forestier, il découvrit avec effarement un autre monde.L'impression était s...
863 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avocats Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Conte Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Incipit Indicible Instant Intelligence artificielle Ironie Jalousie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment d'abandon Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Pronoms Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Retour Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Tain Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Train Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom