Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Camille L.
24 février 2026
Textes d'ateliers

 6 heures à la pendule de la cuisine. Il boit son café en regardant par la fenêtre. Il pose son bol sur l'évier, met ses bottes, attrape un panier dans l'entrée et sort. Dehors, le chien l'attend, frétille, saute avec des petits jappements et le devance pendant qu'il traverse la cour. Il pousse...

Derniers commentaires

Invité - TORRES
13 février 2026
Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet...
Invité - jean francois
13 février 2026
Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

05 mars 2026

No image available

La douleur réveille la nuit et l’esprit étonné s’aperçoit dans le noir. Fantôme, il court, de souvenirs en projets inaudibles. Il croit savoir, croit dire, il flotte. Une flèche le tient loin du repos, au-dessus du corps, il s’agite. Il espère que le temps va passer, qu’il va se délivrer de cette brume lancinante. Il erre, il radote, finit par se tourner, se retourner, cherche, sur le dos, sur le côté… une issue provisoire et déjà condamnée, car la douleur est là, tel un intrus qui frappe à la porte et jamais ne s’arrête, battement régulier, vainqueur et obstiné. Un instant, le sommeil parvient à effacer l’âcreté de ce bruit au creux de la vertèbre ou dans le pli de l’aine et puis le regard cherche, visite l’ombre derrière les rideaux. Un signe de l’aurore, une lueur infime ? Rien.Soudain tout bat plus fort, la nuit se transforme en désert, plus de ligne du temps pour orienter la course. Est-ce minuit, cinq heures ? Plus de frontière, un espace qui s’ouvre sans rien offrir qu’une errance pénible, à l’aveugle dans un océan exténuant. Il faudrait se soulever, saisir à tâtons la boite dans le tiroir et prendre la pilule grise, cette issue provisoire… Mais il faudrait un peu de force et d’oubli, car il n’est pas l’heure. Pas encore. Le long voyage se poursuit entre les eaux de la somnolence et les rochers de l’impatience, le drap est lourd, le matelas rigide, pas de posture pour accoster. L’eau est noire et profonde, pourtant l’on ne peut s’y noyer. On flotte à la recherche du repos. Et puis, venue de nulle part, une lumière glisse, doucement, le long du rideau, une coulée étrangement moite, visqueuse, s’émiette au fil de l’épais coton gris. Dans le lit, le corps, moite lui aussi, se tourne lentement, les yeux accrochés à la triste lumière. Le jour est là, enfin. C’est l’heure autorisée, un peu d’eau, une fraicheur épaisse dans la gorge et la dose qui va tout libérer.Et l’esprit se met à l’écoute. Il sait. Sait qu’il faut patienter.Dans le silence de la grande chambre, une toile de fond adoucit les angles du mur. Le rai de lumière s’amarre tendrement aux draps, s’élève une petite musique, oui, la douleur chantonne, berce, lancine encore un peu son tout petit refrain qui laissera sa trace, après disparition.La longue nuit, traversée de douleur, plane encore comme une odeur de renfermé, le matin se révèle imbibé de combats. Un peu d’humanité se grave, s’enracine dans les spirales du cerveau. Un ensemencement de la douleur dans la chair, ou ensemencement de la chair par la douleur, n’est-ce pas cela que l’on appelle, l’incarnation ?Mais pour l’instant, c’est l’heure de la fuite.Les molécules circulent et l’esprit, aux aguets, reste curieux de voir comment, le serpent, la chose, la brûlure va se métamorphoser.Redeviendra bientôt le petit animal fidèle, le locataire du début, celui qui ne gênait pas trop. Celui à qui l’on n’a pas pu, pourtant, s’habituer. On l’a invité à sa table, pour tenter de l’apprivoiser, et c’est lui qui a choisi le menu, l’a imposé. Un envahisseur, qui tout de même, en guise de loyer, a enseigné, à sa façon, les lois de l’hospitalité. Accueillir avec grâce, les petits renoncements, les grands mouvements de recul vers la résignation joyeuse à la vie serrée entre ses murs. Professeur d’unité du corps et de l’esprit, non plus le roseau pensant, ou la tête régnante, mais la conscience de l’unité, il permet de savoir, à chaque seconde, que le corps tient l’esprit au bout de chaque nerf.Peu à peu, par le sang, la chimie fait son œuvre.Les muscles se détendent, les membres sont plus longs, le dos s’enfonce, le corps s’éloigne, se dégage de l’avalanche, de la longue coulée du chemin de douleur, éboulis d’éperons et de larmes qui glissent, s’étalent dans le lit moins brulant, moins acide, la tension se défait.L’esprit inspecte prudemment, se répand dans le corps, maintenant plus tranquille, dans les os et la chair, labyrinthe piégé. Quoi, plus rien, plus une goutte de souffrance ? Le cerveau étonné se glisse par la porte, il sourit, sans bouger, il jouit de ces riens, se repait de l’absence d’influx, il a bien retenu les leçons de sa fragilité.Sage, prudent, tel un homme averti qui sait qu’il ne faut pas hausser le ton au risque d’éveiller les monstres endormis, le calme est précieux, silence harmonieux qu’un seul mot maladroit pourrait bientôt casser. L’esprit, tout incrédule encore, méfiant, parcourt le corps en toute impunité.Les bras s’ouvrent et le regard s’échappe.Et le moi enfermé accepte la lumière, elle était étrangère, elle se fait gaieté.Le rayon se renforce, efface provisoirement l’usure intérieure et vient même l’envie de se lever, de tirer le rideau, de…Non, surtout ne pas briser d’un geste un peu trop net, le moment du répit !L’immobilité laisse le corps chanter, chanson douce de souffle qui parcourt librement, une chanson d’unité d’un corps silencieux que l’on n’ose pourtant pas appeler à bouger.Peu à peu, dans le jour, maintenant installé, le corps, de nouveau disponible, fidèle, semble soudain possible. Il est là, entier, signale sa présence, en toute innocence et l’évidence d’être là, libre comme là-haut, les nuages défilent, bleus, simples et blancs. Légers. Derrière le plafond, l’esprit flotte s’envole, il pourrait les compter !Il se souvient comme d’un fantôme de la légèreté et du corps silencieux qui répond, fidèle aux attentes, de cette possibilité d’être une tête libre et du corps disponible à toutes ses lubies. Il part au loin, joyeux, se pose sur le calme de la mer apaisée. Sérénité de la dernière vague qui file sur le sable, se défait, se pose sur l’absence de signe, le calme des influx du système nerveux en milliers de repos, en un souffle d’air frais ; la pensée disparaît dans la l’épaisseur du rien. Béatitude de la transparence et des sensations fines comme des chairs d’enfants qu’on ose à peine effleurer.Bonheur de quelques heures ou de quelques minutes.Totalité provisoire. Douce moisson d’éternitéQu’il est doux de s’abandonner !Et de ne pas savoir, encore, qu’à la fin, c’est la pilule grise, la dose de morphine qu’il faudra juguler.
04 mars 2026

No image available

Une émotion gracile affutée et joyeuse plante, parfois, un coinprestement se faufiledans le cliquetis gris de la masse des jours qui se suivent, s’enferrent, sans même se retourner.Le frisson du voyage, car c'est lui, soulève, sans forcerla masse épaisse du temps ordinairecelui qui suit l’ordre officiel des habitudesle docile roulis des heures embrigadées dans la gestion des choses et des amours bien installées.Voyage, nous dit-il !Et nous voilà partis.Tout nu,léger,comme un infime pan d’éternité.
01 mars 2026
RSS Image
  La liberté formelle : forme et poésie contemporaine  Plus j’écris de la poésie et plus les enjeux et les questionnements se précisent : que faire de la  liberté de la forme qui s'offre au poète depuis le XIXe siècle?   L’on définit souvent l’écriture poétique  par le primat donné à la forme sur le message. Il y a là quelque chose de vrai et pourtant de très largement insuffisant. La poésie instaure  un rapport à la forme et au fond qu'il s'agit de spécifier pas seuelement une prééminence de l'uune sur l'autre. La définition précédente semble orienter la poésie vers une sorte « d’art pour l’art », un peu de fond, très au fond, un peu vague et puis la prééminence de la forme. Mais une forme dont le travail est bien souvent, dans la poésie contemporaine,  la recherche “d’informe” : quelques images, mots seuls ou en duo, fragments en chapelets sans fil…     Et, évidemment, de la possibilité usée jusqu’à saturation, de la disparition de la syntaxe. C’est devenu, bien souvent un dogme : pour faire de la poésie, il faut — et même il suffirait — de désarticuler, de faire disparaitre les articulations de la phrase. J’ai assisté à des “ateliers de poésie “ et le travail, c’était cela : délier les éléments de façon systématique, sans savoir vraiment pourquoi, ce serait cela écrire de la poésie. Cela m’a fait penser à ce que l’on a fait de la liberté sexuelle. Ce qui était au départ, une conquête, une possibilité nouvelle et précieuse est devenue à force d’en user et d’en abuser sans savoir ce que cela apportait - sauf qu’il fallait casser les vieilles relations et multiplier les “expériences” séparées et sans lendemain - une banalisation de l’acte sexuel, un affadissement, une perte qualitative au profit du quantitatif.     Mallarmé et la naissance de la poésie moderne Revenons, pour tenter de comprendre, à l’une de ses sources.Mallarmé qui le premier a affirmé cette séparation de la poésie et de la chose à dire, la disparition du sens clair, plus encore que de la syntaxe, était animé d’un grand projet poétique : la poésie était le moyen d’accès à l’Absolu derrière la banalité du quotidien. Puis il a douté de la capacité de la poésie à révéler directement l’Absolu. Tout en gardant une ambition de forme surpuissante : créer un univers de langage, il a abandonné la possibilité de dire quelque chose du réel ou seulement par suggestion lointaine, souvent hermétique le poète crée un absolu, mais de langage. De cette quête, n’est resté que l’idée de suggestion et de renoncement au réel : un moins-disant renonçant au travail de création d’un monde de forme et de langage. La poésie est devenue l’art du peu, de la présence vague, du blanc, du vide quand le monde s’agite. Comment s’en contenter quand s’impose la nécessité de la reprise du contact sensoriel et la nécessité d’un renouveau de la vie intérieure ?    Que faire de notre belle liberté poétique contemporaine?La poésie semble ne plus oser le beau, l’intense, le tragique, le délicat dans son sens amoureux.   Vers une poésie de l’intensité et de la présence ? Voici, un poème extrait de mon recueil "Des nues et…" qui est une sorte de projet poétique en acte, non pas le lyrisme du moi surpuissant, de l’idéal, mais celui de la position inconfortable du moderne qui ne renonce pas à l’intensité, ne renonce ni à la liberté ni à la quête de la forme.     "Venue d’un temps qui longtemps a rêvéd’une richesse qui germerait de l’intérieurses mots en disent trop, restent là-bas, trop hautperdus dans les nuées qui guident son regardenvolfuite dans le refus de toutes les absencesrefus de regarder, de perdre son regardpudeur trop douloureuse à voir l’art dénudél’art du peu, l’art du rien, avance, à l’aveugletorduse convulsionneles mains posées à plat sur le grand mur barréfermant la route qui menait jadis vers la Forme.Et son chemin s’enliseses pieds et les mains prises dans le bourbiers despourquoi pasdans les pales ornières  du Faire sans critères."           {loadmoduleid 197}  

La piéta aux bras croisés

Atelier Narrateurs conjugués

La Vierge Marie Dans une chapelle au fond d'une forêt Une sculpture de bois sans âge Elle n'est pas debout Elle n'ouvre pas les bras en un geste d'accueil universel Elle ne porte ni sa tiare de reine, ni son manteau de ciel Elle ne sourit pas Elle est assise Un homme étendu en travers des genoux Ell...

Lire la suite
Mots-clés :
  1178 lectures

Un fait divers, trois narrateurs Olivier Bueb 14/11/2015

Atelier points de vue et fait divers

Etoile grand-combienne 1 Le journal : « Une étoile s'éteint dans la nuit grand-combienne » Mardi matin aux aurores, la brigade de Répression des Fraudes a effectué une descente au restaurant bien connu « La Farigoule ». Suite à une dénonciation anonyme et courageuse, elle a interpellé le chef étoilé...

Lire la suite
  1924 lectures
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

5 décembre 2021
« Aux marches du palais… » cette chanson lui trottait dans la tête. Mais où diable se trouvait ce palais ? « Y a une tant belle fille lonlère… » Cet a...
1396 lectures
28 septembre 2023
21h30. Ressentir un vide immense. Chercher le moyen de le combler. Vite. Se précipiter dans la cuisine. Croiser son reflet dans la fenêtre. S'arrêter....
1020 lectures
20 mars 2024
La vielle dame s'est installée près de la fenêtre. Le rituel est immuable. Fauteuil, couverture, napperon, tasse, soucoupe, madeleine. La rue est calm...
1080 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Conte Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Indicible Instant Intelligence artificielle Ironie Jalousie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Pronoms Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom