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09 février 2026
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Revisiter une proposition classique : écrire à partir d’un incipit La proposition est classique, elle peut même paraitre un peu trop bateau dans sa forme basique : une phrase est donnée comme déclencheur d’écriture, une base, un tremplin pour une inspiration presque libre et spontanée.     Une proposition d'écriture ancienne et renouvelée Hérité de la rhétorique antique, notamment aristotélicienne, avec les progymnasmata qui avaient pour objectif l’enseignement de l’art oratoire et de la persuasion, ce type d’exercice s’est développé dans une forme écrite et plus littéraire à la Renaissance avant d’être transformé par le surréalisme en une possible voie d’accès à l’inconscient, l’incipit introduisant un élément de hasard que l’inconscient transformerait en texte. Contrainte oulipienne parmi les plus utilisées dans les ateliers d’écriture créatifs, on peut la pratiquer telle quelle, de façon ludique pour des ateliers débutants — même si je n’ai jamais conçu ainsi mes ateliers débutants — elle fonctionne alors sans autre nécessité et préparation que de choisir une phrase stimulante. La forme de base étant le fameux « Je me souviens » en anaphore. Rappelons que l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle)  est un groupe d'auteurs qui pratiquent - de façon très variée - l'écriture sous contrainte depuis 1960. Je souhaite insister sur le caractère multiple de l’Oulipo avec des auteurs comme Italo Calvino, Georges Perec ou Jacques Roubaud dont les pratiques sont irréductibles à une simple dimension ludique.   On retrouve cette dimension de « stimulation sans contenu » dans certains ateliers philo qui rebondissent sur un aphorisme donné comme point de départ. Il me semble que, si cela peut être convivial et stimulant et créer un sympathique moment de découverte, l'absence de références et de contenu autre que la pensée spontanée limite cette pratique à un "premier pas" qui reste au seuil de la philosophie.   Une proposition élaborée Cependant, il existe une technique plus élaborée de ce type de proposition et c’est celle qui m’intéresse : la phrase n’est plus un simple « bouton starter » mis à disposition, mais le lieu d’une exploration préalable qui dépasse le « Ça me fait penser à… » et c’est parti ! Il s’agit d’ouvrir la phrase, d’en découvrir les potentialités. La proposition se fait alors aventure langagière et littéraire autant que moyen de se mettre à écrire. Aventure langagière, car la proposition n’est pas un simple élan, elle s’inspire de la façon dont la phrase s’assemble, se construit, amène le sens, choisit ses mots, met en place un rythme, suggère une tonalité, une implication particulière et notamment instaure une temporalité. La phrase est une histoire en germe, un univers à découvrir avant de partir à la recherche de son propre imaginaire.   L’écriture est alors précédée d’une plongée dans la phrase, ses mécanismes et ses mystères, ses informations et ses potentialités : examen des mots, des constructions, des images, des temps, des sous-entendus, multiplicité des questionnements qu’elle rend possible… La phrase d’incipit est saisie comme une sorte de noyau de formes et de sens que l’on cherche à déployer.     Soubassement théorique de cet exercice d'écriture Cette exploration s’est construite sur un soubassement théorique que l’on trouve chez des penseurs comme Roland Barthes (Le Degré zéro de l’écriture) ou Umberto Eco (Lector in Fabula). Chez ces auteurs, le texte est appréhendé comme un système de signes interconnectés. Cette approche dite structuraliste du texte le considère comme un réseau. Ainsi, l’incipit n’est plus un point de départ plus ou moins arbitraire et nous retrouvons l’idée de germe vue précédemment, un « germe » qui contient potentiellement l’ensemble du texte : ses thèmes, ses structures et ses enjeux. L’on peut aussi relier cette vision du texte à certaines théories sur la psychologie et de la créativité comme le flow créatif ou la gestalt théorie * dans laquelle la perception d’un tout émerge d’éléments initiaux. L’on peut aussi la rattacher à la vision d’une écriture qui ne serait pas linéaire, mais rhizomique, idée inspirée de Deleuze et Guattari notamment dans leur livre Mille plateaux (1980).   Dans cette perspective, la phrase initiale se ramifie en multiples directions, favorisant une génération organique plutôt qu’une construction mécanique. Contrairement à des méthodes d’écriture qui mettent en avant l’idée d’un synopsis global ou d’un plan, le fait de partir d’un noyau, d’une phrase, pour construire le texte encourage une conception de l’écriture comme exploration — mot inévitablement répété déjà plusieurs fois plus haut tant il est au fondement de cette technique d’écriture.     Une technique pour se mettre à écrire Voilà donc que trois façons de provoquer l’écriture se précisent.Deux sont envisageables avec cette proposition sur l’incipit :— l’élan et la plongée directe seuls (que je ne pratique pas : pas de contenu hors de l'expérience d’écriture elle-même). — l’exploration (ici d’une phrase) ailleurs d’un thème, d’une question stylistique, formelle, sensorielle, expérimentale… Elle peut se faire comme ici avant l'écriture, ou en un deuxième temps d’écriture ou de réécriture. Une troisième, étrangère à la proposition à partir de l’incipit : — le plan, le scénario, le synopsis.L’atelier, tel que je le conçois, doit, chaque fois, trouver son équilibre entre le spontané, la liberté d’écrire et le contenu fourni dans le cadre de la proposition. En effet, je ne conçois pas de propositions sans « contenu » - ce terme prenant un sens très large - et sans "exploration" qui ne se réduit pas à la seule écriture libre du participant.     Analyser sans figer Il s’agit, avec l’incipit, d’ancrer l’élan d’écriture dans une forme particulière d’éléments concrets, ceux issus de la plongée dans une phrase. L’atelier bénéficie donc d’éléments pour stimuler l’imaginaire et surmonter les blocages, mais sans se limiter à ces objectifs. Il existe une dimension grammaticale structurelle de cette déconstruction de la phrase : elle ne doit pas avoir un aspect mécanique et scolaire, elle est spécifique à chaque phrase — qui joue parfois sur le temps, les mots, un rythme particulier ou encore le point de vue.   Une « grille » applicable à toutes les phrases est ici complètement inadaptée, il s’agit de s’étonner, de se laisser dérouter, emporter par la phrase puis de noter ce qui la caractérise : de décortiquer son potentiel narratif unique.C’est la phrase, outil introspectif, qui fournit sa propre grille selon ce qu’elle a de remarquable, de troublant et de stimulant. Une partie de cette « plongée », concerne la dimension implicite de la phrase, là aussi, pas de grille, mais une attention, une disponibilité, un peu analogue à celle qu’exige la lecture d’un poème. La lecture de la phrase initiale est double : — interrogative, analytique, précise, concrète.— mais aussi méditative, intuitive, immersive et subjective. Ainsi, la naissance de personnages à partir de la phrase ne peut se faire que par imprégnation, mise en vibration et dépassement de la phrase par l’imaginaire qui se nourrit de la phrase pour inventer et construire les éléments du récit. La phrase s’ouvre, les possibilités sont multiples, il faut ensuite veiller à garder une cohérence avec ce point de départ. Cette double approche est indispensable pour que la déconstruction de la phrase ne limite pas l’incipit à une dimension « théorique » et que la liberté d’écrire n’en soit pas entravée, mais stimulée.    Une fois la totalité du texte écrit, il reste à vérifier, lors de sa lecture complète, que l’ensemble incipit+ texte est parfaitement cohérent. L’incipit « promet » l’intrigue sans la révéler, le texte respecte les promesses de l’incipit, mais de façon non prévisible.     Conclusion  Ce type de proposition permet donc de manipuler la phrase, de la percevoir, de « sentir » de l’intérieur ses mécanismes et ses possibilités, perception qui peut affiner et enrichir la perception et la construction de ses propres phrases.   Elle fait pénétrer de manière à la fois technique et intuitive dans les questions de cohérence et de construction. L’incipit devient un pivot stratégique pour l’ensemble de la narration, un élément architectural, influençant non seulement le démarrage, mais aussi la structure, les thèmes, la temporalité, les personnages et les implications philosophiques ou stylistiques du texte.   Ainsi pensée, cette proposition intègre la double - et nécessaire -  dimension de contrainte commune et d’appropriation personnelle et différenciée qui sont au cœur de mon travail d'animatrice.   *Gestalt : théorie selon laquelle la perception d’un objet n’est pas objective. Elle dépend de l’environnement dans lequel est placé l’objet observé, mais aussi des attentes du sujet qui l’observe.      {loadmoduleid 197} 
05 février 2026
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Incipit, un mot suffisamment sonore et mystérieux pour endosser une nécessité, celle de… commencer. Un mot latin, technique, dont l’étymologie correspond au verbe commencer : la nécessité de commencer s’est matérialisée en un nom ; le verbe a « pris de la substance », une forme d’existence en dehors même de l’action de poser les premiers mots du texte. Ainsi, sous l’incipit, se glisse bien plus que l’action d’écrire un début, bien plus qu’une accroche, c’est une nécessité matérialisée, toute une tradition littéraire et rhétorique, un thème en soi, une aventure.   J’ai listé dans un article, les grandes alternatives fructueuses qui tentent de répondre à la question du « Comment commencer  un texte ? » : (voir https://sylviereymondbagur.atelierecriturestage.fr/component/content/article/incipit-comment-commencer?catid=50&Itemid=101), un article que je complète et module sans arrêt au fil de mes lectures tant l’inventivité littéraire en cette matière semble infinie.   Mes lectures confirment mon idée qu’un incipit réussi, quelle que soit sa forme, a le rôle d’un sas, d’une porte magique. Le moment de l’incipit a quelque chose de fascinant : tel le philtre qui permet à Alice de rétrécir pour passer par le trou de la serrure, un bon incipit nous transforme et nous fait pénétrer au pays des merveilles. Capable de faire basculer le lecteur de réalité à fiction, il lui permet d’entrer dans le domaine de l’imaginaire et du langage comme dans un univers tangible.   Premiers accents d’une voix que le lecteur perçoit, l'incipit introduit le chant de sirène du texte, celui qui le conduira à signer le pacte de lecture : à accepter de prendre l'imaginaire pour une autre réalité. Il y a quelque chose d’ontologique dans ce moment de l’incipit, il a le caractère essentiel de chacun des moments qui rompent le silence.       {loadmoduleid 197} 
02 février 2026
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La routine et la vie, deux ennemis, deux sœurs inconciliables ? Deux pans d’un même manteau. La routine ? Pas celle du peu, celle qui organise l’avancée artistique, culturelle, spirituelle, voilà ma belle tentation ! Écrire chaque matin, lire, diminuer méthodiquement l’immense pile de découvertes à venir, d’émotions ou de pensées stimulantes qui sont stockées sur mon bureau, mettre en ordre, enfin, l’infinie quantité de mes notes laissées à elles-mêmes sur l’un de mes carnets… Relire ce texte presque prêt à être publié, creuser cette idée de nouvelle sur… Et puis la vie est là, choses à faire, travail qui n’attend pas, flânerie ou envie de voir ailleurs, de respirer un autre air que celui du bureau et puis cette visite inattendue, merveilleuse ou un peu ennuyeuse… Les deux sœurs restent inséparables, l’une sans l’autre s’étiolerait. Alors je renonce à mes grands projets de perfection livresque comme à mes bonnes résolutions de marche et de disponibilité, je prends tout ce qui passe avec le sourire maternel devant l’imperfection de sa progéniture. La vie promet, ne peut pas tout tenir — et d'ailleurs moi non plus !— et me découvre tant d’autres charmes qui n’avaient pas encore leur place dans mes plans trop figés. Les bonheurs de l’imprévu côtoient et illuminent les moments consacrés à la littérature, à la pensée. Quelques pans de routine pour tenir une vie, ne pas la perdre, ne pas se perdre, ne pas passer complètement à côté. Espérer qu’à la fin, le partage soit — à peu près — le bon, équitable et sincère pour ne rien, vraiment regretter.    
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Les sentiers de la gloire Epilogue

Les-Sentiers-de-la-Gloire Atelier Adaptation littéraire d'une scène de Kubrick
Le soir tombait. Les rues du camp étaient désertes.
Encore tremblant de la colère qu'il n'avait pu contenir devant le cynisme de Boulard, le colonel Dax éprouvait le besoin de se retrouver seul.
Alors qu'il allait ouvrir la porte de son appartement, un vacarme de sifflements, de cris, d'interpellations émanant de la cantine des soldats l'arrêta.
Il s'approcha lentement de la fenêtre, ses épaules lui semblaient si lourdes. Pourtant, malgré la fatigue, il se pencha pour voir à l'intérieur.
Silencieux, les yeux étonnés, il resta là, immobile, à l'écoute.

Cet endroit était le fief de ses hommes, leur refuge après les combats, lui n'y venait pas souvent. C'est là qu'entassés dans la pièce enfumée, serrés les uns contre les autres autour des tables en bois, les soldats, leur chope à la main, essayaient d'oublier les tranchées, le froid, la boue, là, ils s'efforçaient de ne plus voir les ombres de ceux qui n'étaient plus là et de ne plus penser à ce qui les attendait demain. L'alcool y faisait son œuvre et éloignait pour un temps, la mort, le sang et la peur.

Dax resta là un moment à observer ses hommes à travers la vitre,
Ils étaient là, tous, vautrés sur leur chaise, tournés vers le fond de la salle, dans une agitation et un boucan extrême,
Les sifflements stridents de ceux qui, les doigts dans la bouche, se donnaient comme des fous, y allant de tout leur corps, comme si la puissance du son et de leur souffle pouvait faire démarrer plus vite le spectacle ; le battement rythmé des bottes sur les cadres en bois de ce qui ressemblait à des châlits, où s'étaient perchés quelques-uns ; les Ouh, les Oh…. de désapprobation devant le vide de la scène, tout cela se superposait, se mélangeait en une véritable cacophonie
Ça vociférait, ça riait grassement, ça gueulait, ça exigeait. Certains se dressaient appuyant leur revendication de grands gestes impatients, impérieux.
Ce n'était que bruits.
L'alcool leur donnait tous les pouvoirs.

Dax resta en retrait. Une odeur épaisse de vinasse, de sueur et de tabac filtrait à travers la porte. Dans le coin sombre de la pièce, une estrade en planches grossières et un piano avaient transformé la pièce en salle de spectacle. Chaque semaine le tenancier de ce cabaret improvisé se démenait pour leur trouver ce qu'il appelait « une petite distraction » qui devait les emporter loin de la guerre et de son absurdité, l'espace d'un instant.
Mais ce qu'attendaient ces hommes, bien au-delà de la distraction, ce qu'ils espéraient, c'était avant tout un exutoire, n'importe quoi qui leur permettrait de ne pas devenir fous.

Et voilà qu'on y était.

A peine virent-ils le petit homme au ventre rebondi arriver sur la scène tirant derrière lui une jeune femme tremblante, paniquée comme un animal chassé face à cette assemblée de visages avinés, de regards hantés, de gestes lourds, que ce fût un déferlement de ouh ! ouh ! goguenards, de oh ! aux accents sardoniques, de ricanements salaces à la vue des gestes orduriers du bonhomme, face aux formes de la jeune femme.
L'un après l'autre, ils se levaient, s'esclaffaient, frappaient leur chope sur la table, exigeant qu'elle chante. Du plus jeune au plus vieux, c'était à celui qui serait le plus rustre, le plus grossier : « Alors tu y vas, oui ? » « Plus fort ! » « Allez vas-y, chante, comme à l'Opéra ! » « Tu pourrais au moins parler une langue civilisée ! »
La jeune femme chercha en vain du réconfort dans les yeux de l'aubergiste qui préféra plastronner à l'idée d'exhiber sur la scène celle qu'il appelait une « conquête sur l'ennemi » lui qui n'avait qu'une idée en tête, la faire chanter dans sa langue natale.

Dax regarda ses hommes. Il les avait vus lui, dans les combats, dans les tranchées, il les avait vus comme peut-être personne d'autre, secoués de peur, honteux devant leurs pantalons souillés malgré eux, implorant père et mère pensant leur dernière heure arrivée, mains collées aux oreilles pour ne plus entendre le vacarme des obus et des canons. Mais aussi capables d'un courage qu'on ne leur avait pas enseigné.
Et là, il ne savait plus qui il avait en face de lui. Qui étaient-ils ceux qui renchérissaient aux gestes obscènes du présentateur ? Quel instinct bestial tapi en eux se réveillait soudain à la vue de cette femme ? Qui étaient-ils ceux qui ne voyaient en elle que l'ennemi ?
Depuis combien de temps n'avaient-ils pas approché une femme ?

Poussée par le bonhomme, la jeune femme commença à chanter, d'une voix douce, peu assurée, presque inaudible au début tant les sarcasmes des hommes recouvraient sa voix, un murmure qui malgré le vacarme, s'éleva, prit de l'ampleur et insensiblement la voix s'affirma, éveillant peu à peu l'écoute des hommes.
Etaient-ce les paroles de ce chant populaire ou bien le courage de cette jeune femme qui les fit revenir à eux ? Progressivement quelque chose s'apaisa, les cris, les quolibets cessèrent et on n'entendit plus que la voix de la jeune femme qui s'offrait et qui les touchait plus qu'ils ne l'auraient imaginé.
Dax vit l'émotion parcourir ses soldats, comme une vague. Peu à peu les rires disparurent, la gravité s'installa sur la plupart des visages, cigarettes et verres furent oubliés sur les tables.
Tous étaient tendus vers le chant.
Quelque chose se passait. Un jeune homme le front un peu dégarni, regardait la jeune femme bouleversée, d'un air halluciné, comme si ces quelques couplets l'avaient touché en plein cœur, un homme aux cheveux blancs, le regard dur, la mâchoire crispée, ravalait sa tristesse avec difficulté, près de lui, les cheveux collés par la sueur, un autre baissa la tête et ferma les yeux un instant, comme pour ne pas être vu dans ce moment de vulnérabilité et peu à peu, quelques-uns puis tous, se mirent à l'unisson avec elle, fredonnant la mélodie en un chant partagé, dans un instant suspendu.
Plus que les paroles, Dax sentit que c'était surtout la vulnérabilité de la jeune femme, sa sincérité, sa force qui avaient eu raison de leur trivialité.
Son chant avait réveillé des douleurs enfouies qui les laissaient sans défense. Certains d'entre eux tentaient de dissimuler leur émotion mais le trouble se voyait dans leurs yeux humides, dans le tremblement de leur visage, d'autres ne luttaient pas et s'y abandonnaient, les larmes coulaient sans retenue.

La voix sincère de cette jeune femme avait permis à ces hommes d'exister au milieu de ce chaos, leur rappelant le monde d'avant où il n'y avait pas la guerre.
Pour la première fois depuis longtemps, Dax vit ses hommes non plus comme des soldats, abrutis de fatigue et de violence, mais comme des individus qui l'espace d'un instant avaient retrouvé leur part d'humanité.


Camille L.

12/04/2025 


Pour regarder la scène dont le texte est une adaptation : https://www.youtube.com/watch?v=0jvmvJ0TkKo

Une chanson douce
Un petit dérivatif

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Commentaires 2

Sylvie Reymond Bagur le mercredi 23 avril 2025 12:52

Pour voir la scène dont le texte est une adaptation : https://www.youtube.com/watch?v=0jvmvJ0TkKo
Merci Claire pour ce commentaire, tu as parfaitement compris le sujet !

Pour voir la scène dont le texte est une adaptation : https://www.youtube.com/watch?v=0jvmvJ0TkKo Merci Claire pour ce commentaire, tu as parfaitement compris le sujet !
Invité - Claire Pasquié le mercredi 23 avril 2025 11:28

N'ayant pas été présente à cet atelier, je crois avoir compris qu'à partir d'une scène visionnée, les participants devaient l'écrire à leur façon. Je n'ai pas vu non plus ce film. Même sans cela, la lecture du texte de Camille ne laisse pas insensible. Une forte tension y règne. J'ai beaucoup aimé l'humanité qui s'en dégage : nos ambivalences, avec nos côtés sombres et lumineux, la souffrance et la fréquentation de la violence qui peuvent engendrer la cruauté. La note positive qui transparaît, c'est la conversion de ces hommes face à la douceur, à la beauté, au don de soi qui se retrouve dans le chant de plus en plus affirmé de la jeune femme. C'est en quelque sorte un hymne à l'amour, à quelque chose de diamétralement opposé à la cruauté de la guerre. Et ça fait du bien !

N'ayant pas été présente à cet atelier, je crois avoir compris qu'à partir d'une scène visionnée, les participants devaient l'écrire à leur façon. Je n'ai pas vu non plus ce film. Même sans cela, la lecture du texte de Camille ne laisse pas insensible. Une forte tension y règne. J'ai beaucoup aimé l'humanité qui s'en dégage : nos ambivalences, avec nos côtés sombres et lumineux, la souffrance et la fréquentation de la violence qui peuvent engendrer la cruauté. La note positive qui transparaît, c'est la conversion de ces hommes face à la douceur, à la beauté, au don de soi qui se retrouve dans le chant de plus en plus affirmé de la jeune femme. C'est en quelque sorte un hymne à l'amour, à quelque chose de diamétralement opposé à la cruauté de la guerre. Et ça fait du bien !
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"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

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