Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Laurent E.
13 mars 2026
Textes d'ateliers

Au fond de nous-mêmes nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. J'ai compris que j'allais l'épouser le jour où j'ai rencontré sa mère. Une femme veuve discrète et introvertie. Une première observation qui me laissait entrevoir ce que sa fille pourrait devenir. Elle m'a serré la main trop l...

Derniers commentaires

Invité - Jean-François D
17 mars 2026
subtilement glaçant!
Invité - Laurent Espin
15 mars 2026
Merci Delphine pour ton message, il m’encourage beaucoup à continuer d’écrire. J’espère qu...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

06 mars 2026
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Jacques Villon, Portrait de J.L.B. Temporalité et écriture La littérature, le roman en particulier, peuvent raconter des vies entières en quelques pages et, même si l’auteur se donne des centaines ou des milliers de pages, il lui  faudra choisir, sélectionner et se centrer sur certains moments qui lui semblent représentatifs ou nécessaires à son récit. Pour passer de l'un à l'autre  de ces temps "racontés", la narration effectue un « saut » et il existe plusieurs façons de le concevoir et de l'articuler au récit, ces différentes options narratives, ces diverses façons de passer d'un temps à l'autre se distinguent notamment par leur rapport au tout, à la totalité de l'histoire, à sa suite temporelle complète.     L’ellipse : maintien d’une chronologie lisible Ces sauts, quand ils sont faits en reliant entre eux les moments racontés, s'appellent des ellipses.     L'ellipse omet, "saute" une portion de temps, d’action, mais elle le fait dans un cadre temporel qui reste globalement ordonné et repérable. Le texte fournit pour cela des indices (adverbes, dates, saisons, âges des personnages,  données temporelles, un court résumé de ce qui s’est passé entretemps etc.) qui indiquent au lecteur la suppression d’un segment de l’histoire et lui permettent de situer mentalement l’ellipse dans une chronologie comme le « Quelques mois plus tard… » de Patrick Modiano dans  Rue des boutiques obscures.   Même quand l’ellipse est brutale  : « Seize ans plus tard. » écrit Victor Hugo, elle sous-entend une temporalité repérable.   Les différents moments du texte ainsi réunis par l’ellipse ne sont donc pas des fragments autonomes : ils restent des moments d’une même chaîne causale et chronologique séparés par un moment sous-entendu: le temps manquant existe dans l’histoire, il est évoqué, affirmé comme non raconté. Le lecteur perçoit une continuité partiellement énigmatique ou laissée dans l’ombre, mais encadrée et située clairement. L’ellipse ne fragmente donc pas le texte : elle est un outil qui permet de condenser le récit.   Les fragments, des segments autonomes L'ellipse situe l'extrait par rapport à la totalité, au minimum par rapport à l'extrait précédent, comme un morceau d'un puzzle se présente en tant que partie d'un tout.   Le fragment refuse cette référence, il se présente comme un tout séparé. Il laisse les moments absents totalement dans l’ombre, sans repère temporel pour les situer les uns par rapport aux autres, le récit n’est plus simplement discontinu, mais fragmenté. Le lien peut être fait, ou pas, par le lecteur, mais la totalité devient une référence floue, très allusive ou indirecte. Il n'y a plus de référence à une temporalité repérable que l'on pourrait reconstituer.     Exemple d'écriture fragmentaire hors fiction dans Les Ombres errantes de Pascal Quignard, ouvrage composé d’une succession de fragments méditatifs. « Lire, c’est quitter le monde visible.Celui qui ouvre un livre se retire.Il abandonne le bruit commun pour une voix silencieuse.La lecture est une solitude partagée avec un mort.  Dans les livres, les morts parlent aux vivants.La voix qui vient de la page n’appartient plus à personne.Elle a traversé le temps.C’est une parole sauvée de l’oubli. »   Exemple dans la fiction dans Les Vagues de Virginia Woolf, ce roman est composé de monologues successifs de différents personnages, sans transition narrative. Chaque prise de parole forme un fragment autonome. Fragment 1 : monologue de Bernard« Les feuilles tombent ; les feuilles tombent sans cesse.J’erre dans les rues de Londres, inventant des histoires.Chaque visage que je croise devient le début d’un récit.Pourtant, au moment où je veux saisir ces histoires, elles s’évanouissent. »Fragment 2 qui enchaine  : monologue de Susan« J’aime les champs humides et les odeurs de l’étable.Ici, la terre est solide sous mes pieds.Les villes me troublent ; leurs voix se croisent sans repos.Je préfère le rythme lent des saisons et le pas régulier des bêtes. »   L'idée de fragment se retrouve à tous les niveaux du texte :  Au niveau d'éléments temporels séparés, non reliés par une ellipse, le fragment concerne la chronologie,  le temps est coupé. Il peut être  ponctuel, réversible, ou suspendu ; le temps fragmenté ne s’écoule pas vraiment. Au niveau stylistique, la fragmentation se fait essentiellement par des phrases sont juxtaposées. En ce qui concerne la construction globale, la fragmentation se fait au travers de matériaux hétérogènes sans marqueurs logiques ou causaux explicites. Les parties séparées se suivent avec une relation qui  peut rester flottante ou associative et qui relève davantage de la résonance, de l’écho, de la juxtaposition, de la variation ou de la contradiction que de la succession ordonnée. Contrairement au montage ou à la construction classique, les fragments ne sont pas nécessairement organisés en système. Le mot qui caractérise le mieux  le fragment, c'est l'autonomie. Le fragment est un texte bref mais complet. On parle alors de texte fragmentaire, de narration éclatée, d'écriture discontinue.   Dans sa forme la plus radicale (Blanchot, Cioran tardif, certaines proses de Jabès, Handke dans Le Malheur sans désirs, ou encore Pascal Quignard), le fragment ne se situe pas dans une hiérarchie et leur ordre peut être modifié sans détruire l'ensemble ou sans que l'on puisse y voir une faille par rapport à une hiérarchie narrative. Cette déconstruction de l'idée de totalité et d'ordre est parfois désignée comme  le « non-lien » ou le « rapport sans rapport » (Blanchot). Le fragment a été inauguré par Friedrich Schlegel et la tradition romantique. « La littérature est le fragment de tous les fragments » a pu écrire Goethe. Le fragment n’est pas un morceau d’un tout, mais une forme ouverte. On peut parler aussi d'une poétique différente de celle de l'ellipse : d'une tentation ou d'une recherche de l’inachèvement.   Fragmentation, concentration, condensation L'expression « écriture fragmentaire » peut recouvrir des formes différentes qu'on ne peut simplement assimiler et résumer par l'idée de discontinuité. La « fragmentation » n’est pas un procédé unique, mais une famille de formes de ruptures selon le niveau et le type d'autonomie recherchés.   Il faut rappeler que de nombreux textes, notamment contemporains, utilisent à la fois l'ellipse temporelle et une forme de fragmentation dans des orientations multiples. La frontière ellipse / fragment (et c'est le propre de toute notion littéraire, nous ne sommes pas en mathématique...) devient parfois poreuse.  On peut citer dans le domaine poétique René Char avec des fragments très autonomes, mais parfois une thématique de la Résistance ou une chronologie émotionnelle diffuse les relie subtilement. Et dans l'autofiction : Annie Ernaux, dans certains livres comme Les Années, mélange écriture fragmentaire et ellipses temporelles très marquées avec une chronologie historique quand même lisible.   Notons égalment que l'écriture fragmentaire peut aussi se marquer, non par l'absence de repère mais par une proportion texte/totalité. Raconter une existence humaine en quelques paragraphes séparés, même avec quelques indications, procède du fragment. Trop de choses manquent pour que la perception de la discontinuité, du vide, ne prime pas sur celle d'une totalité.  On peut placer dans cette catégorie le livre «Roland Barthes par Roland Barthes », une biographie que l'auteur veiut "éclatée" en chapitres comment autant de fragments de vie avec comme incipit, par exemple : Au moment du premier cri… Au tableau noir… La première fois qu…. A trente ans…  La dernière fois qu… A son dernier instant…   Les repères temporels sont là, mais la chronologie complète s'estompe au profit d'instantanés qui, certes renvoie à l'idée de biographie, mais celle-ci, largement absente, ne peut qu'être très partiellement reconstituée.   Beaucoup de textes ne sont pas fragmentés au sens de complètement décousus et composés de morceaux sans liens explicites, mais la façon de raconter par de menus éléments, des micro scènes pour évoquer un temps très long, laissant tout le reste dans l'ombre sont tellement concentrés, condensés qu'ils donnent une impression de fragmentation malgré les ellipses et repères. Exemple d' écriture ellpitique, concentrée jusqu'au fragmentaire et pourtant très évocatrice : "À dix-huit ans, Pierre quitta la maison campagnarde où il était né. Au moment précis où il s’en alla, sa vieille mère infirme était dans Ie lit de la chambre bleue dans laquelle il y avait le daguerréotype de son père, des plumes de paon dans un vase, et une pendule représentant Paul et Virginie, et qui indiquait trois heures. Dans la cour, sous le figuier, son grand-père se reposait. Dans le jardin, il y avait sa fiancée, des roses et des poiriers luisants. Pierre alla gagner sa vie, dans un pays où il y avait des nègres, des perroquets, des caoutchoucs, de la mélasse, des fièvres et des serpents. Il y demeura trente ans. Au moment précis où il revint dans la maison campagnarde où il était né, la chambre bleue était devenue blanche, sa mère reposait au sein de Dieu, Ie portrait de son père n’était plus là, et les plumes du paon et le vase avaient disparu. Un objet quelconque remplaçait la pendule. Dans la cour, sous le figuier où son défunt grand-père se reposa, il y avait des écuelles cassées et une pauvre poule malade. Dans le jardin de roses et de poiriers luisants où fut sa fiancée, iI y avait une vieille dame. L’histoire ne dit pas qui elle était." Francis Jammes, Le Roman du lièvre (1922)    Fragmentation, continuité... modernité ?  Au-delà du constat et de la nécessaire définition des termes, le choix de la fragmentation, par opposition à la continuité et sa construction, est une manière de se positionner par rapport à des questionnements de notre époque. La pratique du fragment correspond à un désir de coller ou d'exprimer sa dimension nettement discontinue, fragmentée, mais aussi, plus largement, de se placer dans une posture réfractaire à toute tentative de donner un sens global et universel au monde. L'écriture fragmentaire refuse, de façon plus ou moins marquée et consciente, toute idée de "réalité" autre que dispersée, éclatée, réalité décousue, insaisissable dont le discours continu et logique ne serait plus apte à rendre compte.    Une sorte d’évidence entoure la notion de fragmentation dans l’art contemporain. En effet, dans une large part de la création contemporaine, règne le subjectif, le partiel, le relatif. En peinture, le glacis, le tableau construit ont laissé place, par exemple,  au collage, en art plastique, la sculpture a laissé place à l’installation.   Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette même tendance dans une partie de la littérature contemporaine. Il s’agit donc de renoncer à la continuité et, comme indiqué plus haut, renoncer à l’envie de tout expliquer, de tout articuler, de préciser les ellipses, d’assurer une continuité temporelle et une continuité des personnages au-delà des trous inévitables du récit.  Continuité temporelle et continuité spatiale sont remises en cause, mais aussi la continuité psychologique des personnages. Le personnage, et, par là, l’être humain, est-il unifié, existe-t-il comme continuité ? Le fragment est une façon de se placer du côté de la réponse négative.   Une partir de ce refus vient aussi de l’idée selon laquelle guider trop précisément le lecteur serait lui imposer une vision du monde dans lequel tout s’enchaîne et s’articule. La discontinuité, en laissant des vides, cherche à laisser plus de place au lecteur, l’auteur renonce à occuper le terrain, le texte s’ouvre, les possibles d'interprétation s’accroissent.   L’écriture fragmentaire correspond aussi à l’envie de ne pas expliquer et de ne pas juger : montrer, raconter et laisser des trous dans le récit, à la limite des incohérences, comme une façon d’écrire sans y toucher, sans s’engager.   La discontinuité se niche donc aussi et peut-être plus souvent encore - comme noté plus haut -  dans le style. Parfois, une histoire précise est racontée dans un style dit blanc, neutre, si minimaliste qu’elle peut être ressentie comme fragmentaire, mais le style n’est pas le sujet de cet article.    Ce qui est intéressant de noter ici, c’est que ce qui se joue au niveau du sens et ce qui se passe au niveau de la forme se rejoignent, s’il n’y a pas - pour l'auteur -  de possibilité de sens dans l'existence humaine, dans la suite des évènements, une discontinuité, une tendance au fragment apparait dans la forme du texte littéraire.    On peut évidemment relier ce retrait de la liaison et parfois même de toute construction à la disparition des grandes idéologies, des grands récits politiques ou religieux qui donnaient sens à l’histoire, remplacées par des objectifs plus modestes.    Dans beaucoup d’analyses du postmodernisme, la fragmentation est ainsi interprétée comme le signe d’un monde où les grands systèmes d’explication se sont effondrés, elle serait le symptôme d'une acceptation de la perte de tout sens global. Toute idée de totalité ou même de direction préférable serait ainsi devenue suspecte. Cette alternative entre, d'un côté, continuité -avec ses ellipses,  ses repères, sa construction, sa cohérence-  /  et, de l'autre, la fragmentation, a donc deux versants : Un versant positif, celui qui cherche à laisser plus de place au lecteur, limiter les explications. Et un second aspect plus contestable, l’absence de sens et, parfois, il faut bien le reconnaitre, le risque d'une facilité : le fragment, le  refus de donner un sens, de proposer une interprétation glisse et élude le travail de construction et de forme.  Et pour conclure, un autre enjeu important de l'écriture par fragments : L’écriture doit-elle être à l’image de la vision contemporaine du monde, se conformant au constat de la perte du sens ?   Ou doit-elle être chercher une voie nouvelle pour, au minimum, interroger cette perte de sens et de cohérence et peut-être, à sa façon, en proposant de nouvelles formes, dépasser l'impasse fragmentaire, et tenter d'y répondre ? C'est dans cette voie qui prend en compte les questionnements contemporains, mais ne se contente pas de les constater, que je place mon travail.      {loadmoduleid 197}  
06 mars 2026
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Pour provoquer et explorer le mouvement du monologue intérieur,  la thématique du mouvement continu est efficace. Ce thème permet d'expérimenter l'idée de flux de conscience. On ne "coupe pas le moteur" ni dans la tête du personnage ni dans le véhicule en mouvement. Le texte retranscrit directement le monologue intérieur comme un "micro branché dans le cerveau". Exemples de textes écrits avec cette proposition : -  Trop fort  -  Départ         {loadmoduleid 197}  
05 mars 2026
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La douleur réveille la nuit et l’esprit étonné s’aperçoit dans le noir. Fantôme, il court, de souvenirs en projets inaudibles. Il croit savoir, croit dire, il flotte. Une flèche le tient loin du repos, au-dessus du corps, il s’agite. Il espère que le temps va passer, qu’il va se délivrer de cette brume lancinante. Il erre, il radote, finit par se tourner, se retourner, cherche, sur le dos, sur le côté… une issue provisoire et déjà condamnée, car la douleur est là, tel un intrus qui frappe à la porte et jamais ne s’arrête, battement régulier, vainqueur et obstiné. Un instant, le sommeil parvient à effacer l’âcreté de ce bruit au creux de la vertèbre ou dans le pli de l’aine et puis le regard cherche, visite l’ombre derrière les rideaux. Un signe de l’aurore, une lueur infime ? Rien.Soudain tout bat plus fort, la nuit se transforme en désert, plus de ligne du temps pour orienter la course. Est-ce minuit, cinq heures ? Plus de frontière, un espace qui s’ouvre sans rien offrir qu’une errance pénible, à l’aveugle dans un océan exténuant. Il faudrait se soulever, saisir à tâtons la boite dans le tiroir et prendre la pilule grise, cette issue provisoire… Mais il faudrait un peu de force et d’oubli, car il n’est pas l’heure. Pas encore. Le long voyage se poursuit entre les eaux de la somnolence et les rochers de l’impatience, le drap est lourd, le matelas rigide, pas de posture pour accoster. L’eau est noire et profonde, pourtant l’on ne peut s’y noyer. On flotte à la recherche du repos. Et puis, venue de nulle part, une lumière glisse, doucement, le long du rideau, une coulée étrangement moite, visqueuse, s’émiette au fil de l’épais coton gris. Dans le lit, le corps, moite lui aussi, se tourne lentement, les yeux accrochés à la triste lumière. Le jour est là, enfin. C’est l’heure autorisée, un peu d’eau, une fraicheur épaisse dans la gorge et la dose qui va tout libérer.Et l’esprit se met à l’écoute. Il sait. Sait qu’il faut patienter.Dans le silence de la grande chambre, une toile de fond adoucit les angles du mur. Le rai de lumière s’amarre tendrement aux draps, s’élève une petite musique, oui, la douleur chantonne, berce, lancine encore un peu son tout petit refrain qui laissera sa trace, après disparition.La longue nuit, traversée de douleur, plane encore comme une odeur de renfermé, le matin se révèle imbibé de combats. Un peu d’humanité se grave, s’enracine dans les spirales du cerveau. Un ensemencement de la douleur dans la chair, ou ensemencement de la chair par la douleur, n’est-ce pas cela que l’on appelle, l’incarnation ?Mais pour l’instant, c’est l’heure de la fuite.Les molécules circulent et l’esprit, aux aguets, reste curieux de voir comment, le serpent, la chose, la brûlure va se métamorphoser.Redeviendra bientôt le petit animal fidèle, le locataire du début, celui qui ne gênait pas trop. Celui à qui l’on n’a pas pu, pourtant, s’habituer. On l’a invité à sa table, pour tenter de l’apprivoiser, et c’est lui qui a choisi le menu, l’a imposé. Un envahisseur, qui tout de même, en guise de loyer, a enseigné, à sa façon, les lois de l’hospitalité. Accueillir avec grâce, les petits renoncements, les grands mouvements de recul vers la résignation joyeuse à la vie serrée entre ses murs. Professeur d’unité du corps et de l’esprit, non plus le roseau pensant, ou la tête régnante, mais la conscience de l’unité, il permet de savoir, à chaque seconde, que le corps tient l’esprit au bout de chaque nerf.Peu à peu, par le sang, la chimie fait son œuvre.Les muscles se détendent, les membres sont plus longs, le dos s’enfonce, le corps s’éloigne, se dégage de l’avalanche, de la longue coulée du chemin de douleur, éboulis d’éperons et de larmes qui glissent, s’étalent dans le lit moins brulant, moins acide, la tension se défait.L’esprit inspecte prudemment, se répand dans le corps, maintenant plus tranquille, dans les os et la chair, labyrinthe piégé. Quoi, plus rien, plus une goutte de souffrance ? Le cerveau étonné se glisse par la porte, il sourit, sans bouger, il jouit de ces riens, se repait de l’absence d’influx, il a bien retenu les leçons de sa fragilité.Sage, prudent, tel un homme averti qui sait qu’il ne faut pas hausser le ton au risque d’éveiller les monstres endormis, le calme est précieux, silence harmonieux qu’un seul mot maladroit pourrait bientôt casser. L’esprit, tout incrédule encore, méfiant, parcourt le corps en toute impunité.Les bras s’ouvrent et le regard s’échappe.Et le moi enfermé accepte la lumière, elle était étrangère, elle se fait gaieté.Le rayon se renforce, efface provisoirement l’usure intérieure et vient même l’envie de se lever, de tirer le rideau, de…Non, surtout ne pas briser d’un geste un peu trop net, le moment du répit !L’immobilité laisse le corps chanter, chanson douce de souffle qui parcourt librement, une chanson d’unité d’un corps silencieux que l’on n’ose pourtant pas appeler à bouger.Peu à peu, dans le jour, maintenant installé, le corps, de nouveau disponible, fidèle, semble soudain possible. Il est là, entier, signale sa présence, en toute innocence et l’évidence d’être là, libre comme là-haut, les nuages défilent, bleus, simples et blancs. Légers. Derrière le plafond, l’esprit flotte s’envole, il pourrait les compter !Il se souvient comme d’un fantôme de la légèreté et du corps silencieux qui répond, fidèle aux attentes, de cette possibilité d’être une tête libre et du corps disponible à toutes ses lubies. Il part au loin, joyeux, se pose sur le calme de la mer apaisée. Sérénité de la dernière vague qui file sur le sable, se défait, se pose sur l’absence de signe, le calme des influx du système nerveux en milliers de repos, en un souffle d’air frais ; la pensée disparaît dans la l’épaisseur du rien. Béatitude de la transparence et des sensations fines comme des chairs d’enfants qu’on ose à peine effleurer.Bonheur de quelques heures ou de quelques minutes.Totalité provisoire. Douce moisson d’éternitéQu’il est doux de s’abandonner !Et de ne pas savoir, encore, qu’à la fin, c’est la pilule grise, la dose de morphine qu’il faudra juguler.             {loadmoduleid 197}  
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Vent de colère

eoliennesmythes Atelier Réécriture d'un mythe - La Tour de Babel

« Le plus petit courant d'air est parfois d'une terrible amertume. »  Jean Carrière. L'épervier de Maheux.

Il est tôt mais la poussière a déjà nimbé la vallée, écran mouvant et capricieux que rien ne semble dissiper. Au gré de ses errances, elle ménage ses effets, opacité transparente ou déchirures ténues. Se dessinent alors des cratères boueux, de vastes dômes circulaires de béton gris hérissés de ferrailles rouillées comme des araignées gisant sur le dos, ponctuant à intervalles réguliers une saignée ocre, sinueuse, reptilienne. Çà et là de petits points oranges surgissent des entrailles de cocons cubiques, s'alignent, se regroupent, fusionnent ou se dispersent autour de gracieux insectes de métal aux pattes effilées qui semblent tout à la fois fouiller le sol de leurs antennes ou déployer leurs mandibules pour atteindre le sommet blanchâtre des mâts. Une nacelle émerge du nuage, flotte au bout d'un filin, se balance, berce le regard.

Ici plus de haies, point d'arbres, ils ont été rejetés à la lisière du chantier.

Juché sur la falaise, les pieds dans le vide, l'ingénieur trône, le sourire aux lèvres. Il a posé son casque, épousseté son costume, ôté ses oreillettes, les borborygmes des ouvriers l'indisposent. Seule le retient la parole des ingénieurs, mêmes mots, mêmes objectifs, même regard d'entomologistes avisés sûrs de leur analyse. Il ne s'est pas trompé, l'endroit est idéal, audacieux de surcroit. Cette vallée semble avoir été façonnée pour son projet, plutôt large mais difficile d'accès. Il a fallu creuser, défricher, arracher, débiter, déblayer, remodeler pour dompter le vent. Un travail d'artiste. Le son de la dynamite résonne encore à ses oreilles comme une mélodie titanesque, efficace, radicalement nouvelle. Fiat Lux. Ses bras s'élèvent, brandissent le calice de la réussite, l'hostie de l'électricité.

Elles sont là, il les contemple, satisfait. Elles sont quatre pour le moment, hautes de 261m, des géantes graciles, quadripales.

Elles délivrent 12KW/h, quand elles tournent…

Maux de tête, pertes d'équilibre, acouphènes, nausées, insomnies, le médecin, désemparé, ne sait plus où donner de la tête. Tous ces articles… Il a perdu confiance, trop de corps souffrants. Il y a forcément un lien de cause à effet, tout juste s'il y a quelques mois il se déplaçait ici pour une grippe ou un eczéma. Il manque de temps, fouille les regards, écoute, tente d'apaiser, saisit une main, une autre, son bloc d'ordonnances a fondu sous les plaintes.

Dans la salle de la mairie où s'écaille la peinture, où s'entrechoquent les chaises en plastique, où gondole le lino, où grésillent les néons, ils sont tous là, ou presque. Ça fait du bien. On parle du silence disparu, du mutisme du paysage. On parle oiseaux, cours d'eau, châtaigneraies. On parle aussi défiguration, dépossession, mensonges, trahisons.

- Qu'est-ce que tu fous là Victor, t'as rien à faire ici !

- C'est vrai, t'es riche maintenant, c'est ta mère qui doit se retourner dans sa tombe, des si beaux terrains, si c'est pas malheureux.

- Quelle honte !

- Ouais, c'est les infra sons qui vont nous tuer, toi comme nous autres, t'en as conscience ?

- C'est ta faute tout ça !

- Je vous rappelle qu'au début on était tous d'accord, on a tous signés pour l'implantation des éoliennes, et pourquoi on a tous signés pardi…pour le pognon ! et pis si c'est mes terrains qu'ils ont choisis, j'y suis pour rien, faut pas l'oublier.

- Ben voyons, on t'a vu avec le nain en costume, tu nous la feras pas.

- Ca me dégoute, allez viens Etienne, on va s'en jeter un.

- Peux pas, suis crevé, j'ai pas dormi, je rentre.

Au fond de la salle, dans la pénombre près de l'entrée, Léon, un colosse. La chemise à carreaux rentrée dans le pantalon maintenu par une vieille ceinture de cuir fatiguée, des chaussures qui racontent la montagne, le visage mordu par les intempéries, sans âge, à l'image des lieux et de leur histoire. Léon, le berger, observe l'agitation, écoute la discorde. Léon que le village craint et respecte. Il en a soigné plus d'un avec ses mains, le corps comme l'âme. C'est un taiseux. Son regard limpide comme une eau de source, d'une fixité étrange, trouble et intimide. A ses heures perdues, il tresse de robustes paniers en bois de châtaigner. Pas un dans le village qui n'en soit muni, il les accompagne en quelque sorte et cette présence rassure.


Aujourd'hui, Léon est en colère, il doit faire un détour de plusieurs kilomètres pour mener paître ses moutons et encore, le chantier progresse, ronge, des tranches comme ils les appellent, un chantier boulimique qui aura bientôt barré l'accès au plateau.

- Prochaine réunion mardi en présence d'Elecnovert hurle Blaise, le maire, dans l'espoir d'apaiser le tumulte.

Léon sort avec les autres, traverse les rancœurs, sans un mot.

Sur la terrasse, Olympe semble anéantie, les oreilles basses, couchée sur le flanc. A ses côtés un faucon crécerelle, les ailes rousses cisaillées. Un de plus. C'est le 3e depuis le début du mois, une hécatombe. Léon scrute le ciel, le vent se lève. Les nuages accélèrent leur allure. Certes la vallée a parfois souffert de ses outrances mais tous ont composé avec sa démesure, la nature elle-même s'est adaptée à ses assauts mais le projet a tout bouleversé, lui a forgé des armes tranchantes qu'il libère sans retenue, l'a transformé en ennemi. Il caresse sa chienne. Faut-il pour autant entrer en guerre, fourbir d'autres armes pour le contrer ? Il soulève le faucon avec respect, plonge son regard dans l'œil sombre cerclé de jaune et définitivement éteint du chasseur, l'installe avec les autres, près du muret de pierres sèches, puis se dirige vers la bergerie.

Debout sur le seuil, face au sentier qui descend vers la vallée, Léon domine le chantier.

Soudain le sol se met à trembler en ondes successives. Les parois de bois craquent, les moutons bêlent d'inquiétude, les agneaux se blottissent contre leur mère qui tapent du pied pour conjurer la peur, le bruit lancinant des éoliennes assure la basse continue, une singulière fugue champêtre enfièvre l'air.

D'un geste rapide, il ouvre le loquet et libère le troupeau qui, groupé sous la vigilance d'Olympe, dévale la pente, heureux de quitter la fugue endiablée pour faire résonner ses cloches. Il fonce vers l'enfer pourtant mais Léon ne l'en en a pas détourné car il a résolu de filer tout droit, vers le plateau, comme avant.

Plus il s'avance, mieux il distingue la file des camions, prise de convulsions, qui tressaute sur la pierraille du chemin, soulevant un nuage étouffant et dense de terre et de poussière qui rougit tout sur son passage. Les grues ahanent des grincements aigus, les toupies dégueulent leur béton dans les cratères fétides où croupit un liquide saumâtre et malodorant qui contamine les tranchées voisines d'une lymphe bilieuse. Seule une longue pale, telle une plume céleste lovée dans une remorque, apporte une note élégante à ce tableau qui semble tiré des pages de l'Apocalypse. Des hommes coiffés de casque orange ploient sous un déluge d'ordres vociférés par des casques blancs qui s'époumonent pour couvrir le vacarme ambiant. En contrepoint, s'avancent les moutons. Autre ponctuation blanche qui trottine, tintinnabule, toujours groupée.

- Hé, qu'est-ce que vous faites là ?

- Je traverse,

- Mais c'est interdit, c'est une propriété privée. Dégagez, nous on travaille, on œuvre pour le progrès.

- Moi aussi je travaille !

Sur ce, il siffle Olympe et poursuis son chemin suivi de sa petite troupe, dont la discipline, un temps perturbée par ce voisinage frénétique, déroule son harmonie.

Mardi

Blaise balaie du regard l'assemblée. Pas un ne manque même Victor. Un grand désordre règne dans la salle malgré l'alignement impeccable des chaises. Il ne les reconnait pas. Le village n'a pourtant pas la réputation d'être engagé, militant, pire…révolté. Rien qui puisse perturber l'ordre paisible des prairies où abondent les adventices, sans l'ombre d'un souci. Quelques ragots sans doute, des envieux, parfois une molle contestation vite diluée autour du zinc.

Sur l'estrade aménagée pour l'occasion s'élève un écran poussiéreux.

La porte claque et le promoteur entre, costume sombre, rayé, cravate rouge, lunettes savamment remontés sur des mèches gominées, des chaussures à talonnettes pour compenser le ridicule de sa taille. Il porte une attachée case en cuir brun.

- C'est la mafia qui débarque !

Il s'avance vers l'estrade, le torse bombé, le regard dirigé vers un horizon que lui seul semble apercevoir, ignorant royalement l'exaspération qui suinte. Après avoir soigneusement essuyé la petite table en formica bleu, il sort son note book, le dépose, ouvre l'écran et d'un geste vif, appuie sur une touche.

P=Cp.1/2.r.S balayée. V 3

La formule magique, telle une apparition, s'affiche sur l'écran ; et par une pirouette très étudiée il se tourne vers l'assemblée,

- Bonjour !

D'une arabesque du bras, il s'écrit :

- Devant vous l'équation du défi ! certes elle vous dépasse, mais elle fonde ce projet innovant, que dis-je révolutionnaire, les aérogénérateurs terrestres les plus hauts et les plus performants du monde…

Il laisse flotter quelques instants ces derniers mots comme une révélation divine.

Un échange d'œillades ahuries survole les rangées.

- L'éolien citoyen auquel vous avez adhéré a porté ses fruits et je viens vous annoncer une bonne nouvelle. Votre appropriation citoyenne va vous permettre de sécuriser les retombées économiques et fiscales locales. De plus l'alimentation électrique de votre village vous sera fournie et calculée à un tarif préférentiel selon une formule qu'Elecnovert négociera en accord avec la Commission de régulation de l'Energie. Votre vallée va contribuer, comme pionnière, au renouvellement de la transition écologique, que dis-je au destin énergétique de la planète.

- Et notre destin à nous, vous y pensez ?

- Nous faisons partie du grand tout et…

- Et le saccage de notre paysage ?

- Le paysage est une histoire d'affect et donc une perception éminemment subjective mais, soyez raisonnable, personne ne possède le paysage ! et ce projet vise à redéfinir une construction sociale à finalité économique sur un support naturel.

Après cette envolée, les regards se croisent, se perdent, perplexes, indécis, certains se grattent la tête comme pour creuser le sens de ce qui vient d'être dit, un autre s'éponge le front, Esparonne pique du nez, définitivement terrassée par une telle charge, une construction sociale à finalité économique sur un support naturel, tous se demandent s'ils partagent avec cet exalté le même dictionnaire.

- Parlons-en du support ! et le Brizé, hein ? tiens ! il a jamais aussi bien porté son nom. L'avez asséché et je fais comment, moi, avec mes potagers, je tire les tarots, je fais des incantations pour ramener l'eau ?

- Pis y'a pas que ses potagers, y'a la fontaine du village, le cimetière, on peut même plus arroser les tombes.

- Je vous rappelle que, dans la mesure du possible, nous restaurerons les lieux à l'identique et donc…

- Et nous autres vous allez possiblement nous restaurer à l'identique aussi ?

- Qu'entendez-vous par là ?

Le médecin, au bord de la congestion, se lève.

- Vos moulins à vent culminent à une hauteur qui fait pâlir la Tour Eiffel et l'envergure des pales rivalise avec celle d'un boeing 747… mais malgré ces considérations touristiques remarquables, le village est plongé dans l'insomnie, le bruit lancinant que produit ces prédatrices interrompt le sommeil. Une fois réveillé, impossible de se rendormir, il enfle dans la tête, nous étourdit, nos oreilles vibrent, nos cœurs s'accélèrent, chavirent, débordent...

- Très lyrique mais les observations scientifiques disponibles à ce jour, issues des rapports de l'OMS, n'établissent pas de lien causal direct entre le bruit des éoliennes et les effets nuisibles sur la santé. La science tout de même ! Face à l'Histoire et à l'objectivité scientifique, que valent de petites subjectivités individuelles ! vos diatribes relèvent de l'obscurantisme.

Léon secoue la tête et dit posément :

- C'est ça, continuez à brasser le vent du mépris !

- Oh, vous, le Don Quichotte… Je perds mon temps, votre communauté est dotée d'un quotient intellectuel aussi restreint que la surface des chaises miteuses sur lesquelles vous êtes assis !

- Vous nous rendrez compte pour ces insultes.

- Le chevalier à la triste figure profère des menaces maintenant…

Il s'empare de son ordi, le ferme et quitte les lieux sous un florilège de quolibets. Les rires fusent, une chaise tombe, chacun commente, le vent de la discorde semble s'être envolé dans la cacophonie après de tels propos, jusqu'à Victor dont l'assurance craquèle.

Blaise rejoint Léon qui n'a pas cillé.

- Fais quelque chose Léon.

- Ne t'inquiète pas, les Dieux sont avec nous.

Blaise tourne la tête, vaguement incrédule, ses yeux heurtent le regard serein du berger. Cette réponse sibylline ajoute à son inquiétude mais il connait Léon, inutile de lui demander de préciser.

Du haut du village, sur la corniche près de l'église, blottis les uns contre les autres, tous sont rassemblés, comme mus par un inexprimable élan.

Quelques feuilles tournoient, les houppiers frémissent, le vent s'ébroue, agace les nuages de sa présence invisible, un gris sale assombrit la vallée, couleur d'étain. Au loin quelques éclairs, le tonnerre, le chuintement de la pluie qui s'approche. Puis la surface du ciel se déchire, un son rêche gonfle la nuée, libère un déluge d'eau, violent, impitoyable, inhumain. La terre rouge sang se réveille, bouillonne, se fend, charriant avec elle cailloux, pierres, troncs mêlés dans un torrent de boue qui avale la pente, enjambe les ressauts, falaise soudain liquide que rien n'arrête. Le ciel rugit, résonne de mille rires. La vallée hachée par la géométrie brutale des éoliennes chavire. La coulée écarlate et visqueuse plie les tôles, les camions tels de petits canots dérisoires glissent et s'empilent. Les baraques, frêles esquifs, dérivent, le filin des grues crisse comme les drisses d'un navire, des troncs d'arbres noueux et vénérables s'accumulent au pied des mâts rigides comme pour les narguer. Les éoliennes s'affalent, les unes après les autres, dans un bruit mat, les pales tordues comme des oiseaux morts.

Soudainement, la boue, repue, cesse sa progression.

Eole peut se retirer…Traiter le mal par le mal, une épiphanie absolue.

Le fracas de leur terre a cessé. Une fine brume s'évade des murs, des flaques aux reflets incertains émaillent les rues. La falaise, de l'autre côté, exhibe sa cicatrice. Epaules affaissées, mains crispées en quête d'un soutien, certains s'enlacent, se consolent, larmes contre larmes, abattus, des regards cherchent Léon. D'aucuns pensent qu'il a déposé, là-haut, sur le plateau, l'inquiétude au creux des arbres, enroulé la colère autour des pierres, arraché à la terre la promesse du répit. Chaos, Déluge, Châtiment, ils sont partagés entre un sentiment de faute et celui d'avoir été vengés. Tous contemplent, recueillis, le tombeau d'argile purpurin qui, dans une totale indifférence, recouvre la vallée. Les mâts inertes gisent dans leur linceul. Seul le Brizé en reprenant son lit, s'écoule timidement sur un silence inconnu.

- Le paradis ! murmure Esparonne.
Dominos
Cévennes

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Commentaires 2

Invité - Malcles Anne Marie le mardi 14 novembre 2023 19:28

Superbe! Un vrai tableau sons couleurs odeurs….tout y est !
Merci !

Superbe! Un vrai tableau sons couleurs odeurs….tout y est ! Merci !
Stéphanie R. le lundi 13 novembre 2023 08:39

Merci pour ce beau texte lu avec délectation !

Merci pour ce beau texte lu avec délectation !
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