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Camille L.
25 juin 2026
Textes d'ateliers

Au fond de nous-mêmes Nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame Nous désirons tous que demain soit la veille d'un nouveau jour Que demain voit la fin de cette nuit noire Que vienne le jour d'après Nous voulons tous connaître ce qui doit arriver Depuis quand avons-nous commencé à attendre ? ...

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29 August 2026
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Sous l’auspice des crêtes figure détaillée de la masse du monde comme si la montagne figurait l’univers colosse indifférent toutes nos turpitudes et nos petites joiessemblent être absorbées dans la masse endormiela lune illumine d’étain sa douce part de nuitde ciel une éclaircieune ile dans la mer assombrie du silenceNon, rien ne me soucie que la douce clarté de tout ce qui ne dort et ne veut s’assoupirLuneles extases à deux peuvent-elles entrouvrir la porte des montagnes ? Le flambeau du désir n’est-il qu’une brûlure ?Une ile, lui aussiqui éclaire le cœur en attendant son aubequi le noiera bientôt dans son trop de lumièreétouffant les étreintes sous la trique du jource tueur de mystère.Lunetoi qui brille si hautest-ce cela, mourir ?             {loadmoduleid 197}         
17 August 2026
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Nouvelles sur le thème du faux, de l'imposture — Le Double de Fiodor Dostoïevski (1846) dédoublement psychique — William Wilson,  d’Edgar Allan Poe (1839) thème du double — Le Voleur de cadavres de Robert Louis Stevenson (1884) et Dr Jekyll et Mr Hyde (1886) — Nombreuses nouvelles de Borgès, L’Aleph et surtout  Histoire de l’infamie. — Nouvelles de Silvana Ocampo, L’Imposteur notamment. — Nelson d’Echenoz dans le recueil Caprice de la reine. — Les Vies imaginaires de Marcel Schwob : biographies où l’auteur affirme ne pas se préoccuper du vrai — Plusieurs nouvelles de Akutagawa Ryūnosuke dans « Rashōmon et autres contes » — Les Belles Endormies, roman court de Yasunari Kawabata sur la manipulation. — Georges Perec : Le Voyage d’hiver sur la falsification littéraire. Et bientôt le recueil "L'HAR du faux" sur ce thème qui sera publié à la rentrée par les éditions del'HAR.   Romans sur le thème du faux -   Les Onze de Pierre Michon : tableau inventé avec des personnages historiques -   Les Bienveillantes – Jonathan Littell (2006) faux mémoire d’un officier SS. Le narrateur est un imposteur narratif. Usage de faux historique massif. -   L’Imposture de Georges Bernanos (1927) un prêtre qui a perdu la fois et continue son sacerdoce, faux spirituel ; exploration de la mauvaise foi religieuse, imposture morale/existentielle qui lie faux et péché. -   L’Imposteur de Javier Cercas : imposture historique réelle, auto-illusion, question du mensonge et de la popularité.  -   L’Adversaire, Emmanuel Carrère, non-fiction, crime et fausse identité d’après un fait divers. -   Opération Shylock, une confession de Philip Roth -   Les Pléiades d’Arthur de Gobineau, Les Nouvelles asiatiques : imposture et usurpation dans des contextes exotiques/historiques. Angle : faux nobles, fausses identités pour ascension sociale. -   L’Œuvre posthume de Thomas Pilaster d' Éric Chevillard (2019) joue sur la fausse découverte d’un manuscrit posthume. Métalittérature sur l’imposture éditoriale. -   Le Musée de l’innocence de Orhan Pamuk (2008) le narrateur collectionne des objets pour prouver une histoire d’amour ; le musée existe vraiment à Istanbul. -    Un Cabinet d’amateur, roman de Georges Perec (1979):  fascination de l’art et du le faux, la question de la copie et de la mise en abîme en peinture. -   HHhH de Laurent Binet (2010) roman historique sur l’assassinat de Heydrich. Binet joue sur la frontière entre fait et fiction, se met en scène comme « imposteur » de l’histoire. -   Le Faussaire – W. Koeppen (1983) Un Allemand se fait passer pour un survivant des camps pour obtenir des réparations. Réflexion sur la culpabilité collective et le mensonge post-Shoah.   Philosophie  -  Le Mythe de Sisyphe ou L’Homme révolté d’Albert Camus (essais avec exemples littéraires) – pour la réflexion philosophique sur le mensonge à soi.         {loadmoduleid 197} 
25 June 2026
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Un scintillement d’oiseaux ouvre l’espace du matin profondeur sidérante du piaillement têtu des étoiles sonores cheminement sans fin riante aventure dans la masse  des cris tourbillonnants promené par les pointes élancées des aigus  s'enfoncer et se perdre en galaxies fuyantes repérage d’un son aussitôt emmêlé dans la prolixité  d’une énergie joyeuse s’enfoncer jusqu'au cou dans un pétillement bouche bée, souriante se noyer, emporté dans la course vivante des chants de la forêt.         {loadmoduleid 197} 
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Une pie

Pie Atelier Crescendo fantastique

Cet après-midi là, elle était confortablement installée dans son canapé. La semaine avait été épuisante. Elle s'octroyait quelques instants de repos, un peu coupable toutefois d'abandonner un moment la tâche qui l'attendait, quand une pie vint se poser sur la terrasse, si près de la fenêtre qu'elle en heurta la vitre. Elle sursauta.

Il faisait bon en cette fin d'après-midi, la douceur entrait par la fenêtre entrouverte et les rayons du soleil déclinant découpaient la pièce en petits rectangles éclatants de lumière. Paisiblement allongée sur le canapé, elle était absorbée par sa lecture. Un coup brutal contre la vitre la fit sursauter. Elle en lâcha son livre. Une pie, d'une taille étonnante, sans doute une des plus grosses qu'elle eût jamais vu, parcourait la terrasse de son pas chaloupé, le bec tourné vers le salon. Son œil rond semblait sonder l'espace.

Brisant le silence, un bruit contre la vitre du salon la tira violemment de cette lecture qui la tenait depuis plusieurs jours. Le récit d'un condamné à mort qui exerçait sur son esprit de la fascination, tout en la plongeant dans une angoisse qu'elle peinait à définir. L'ombre démesurée d'une pie se dessinait lentement sur les murs, progressant par bonds successifs vers le canapé au fond duquel, apeurée, elle se tassa, repliant ses jambes au plus près de sa poitrine, le dos pressé contre l'accoudoir. Le livre lui glissa des mains et chuta sur le carrelage. La pie scrutait intensément le lieu, comme si elle prenait possession de son territoire, en évaluait la mesure, cherchant dans le visible ce qui serait caché. Son plumage de métal irradiait l'espace d'éclats violets, bleus, verts, une iridescence de fin du monde. Elle jacassait, imperturbable. Il semblait qu'elle interpellait ses congénères perchés sur le micocoulier au bout de la terrasse.

L'ombre de la pie qui avait heurté la fenêtre occupait tout l'espace, nimbant d'une opacité redoutable le canapé où elle s'était installée. Les rayons du soleil de cette fin d'après-midi, comme happés par cette noirceur, se brisèrent soudain avec fracas. Le livre au sol frémit comme s'il répondait aux cris rêches de l'oiseau. Tétanisée, elle sentit l'emprise de l'ombre la gagner. Les « tcha iak » assourdissants lui déchiraient les tympans. Ses mains moites agrippèrent des coussins pour se boucher les oreilles ; en vain. Ca résonnait au plus profond. Aux battements effrénés de son cœur s'ajoutaient un froissement d'ailes frénétiques amplifiant le chaos intérieur qui l'avait envahie. Des pies affluaient maintenant de tous côtés. Certaines, paraissant surgir des pages du livre, charriaient avec elles des mots qu'elle ne comprenait plus. Un langage cinglant dont l'écho se répercuta entre les murs, s'insinua dans chaque fissure, claquant jusque dans le jardin où la nuée noire, grouillante, grossissait. Qu'y avait-t-il derrière cette nuit implacable ?

Les ombres s'épaississaient, toujours plus intenses, plus définies, toujours plus précises dans leurs contours. Dominée par l'effroi, ses mains livides tâtonnaient pour saisir les coussins qui se dérobaient sous elle, la dessaisissant de tout appui tandis que les pies ricanaient de plus belle. Les queues comme des lames de couteau montaient puis descendaient sans cesse, leur cisaillement strident se mêlait aux coups de becs assénés contre ce qui restaient des vitres. Les ténèbres avaient aboli extérieur, intérieur, des éclats de verre jonchaient le seuil soudain dissous par cette myriade acérée, le canapé lui-même avait rétréci au point qu'elle se sentait basculer dans le vide. Rien pour la retenir, du blanc, du noir, et l'acier éblouissant du plumage de ces créatures hideuses, alignées et dressées, occultant le salon, le jardin, d'une muraille aveugle et menaçante. Le livre expulsait des « kiak » glaçants. Les pies éructaient « tcha-iak » accusé ! « kiiak » coupable ! elle glissa, se débattit, « kiakiakiakkk » condamné ! s'effondra…

Elle s'approcha de la vitre, referma la fenêtre. Une pie, qui venait de la heurter, s'envola, indifférente, se percha sur le micocoulier dans un « kiak » retentissant. Elle ramassa son livre qui dans sa chute s'était corné puis s'installa au bureau, fatiguée, pour finir de rédiger son réquisitoire. Le jugement approchait. 

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Commentaires 1

Invité - Roussin Florence le lundi 27 janvier 2025 15:10

Je retrouve le texte de Sylvie avec beaucoup de plaisir. J'ai même le son de sa voix qui accompagne merveilleusement ma relecture avec ce style fluide néanmoins très travaillé et cette escalade quasi hitchcockienne dans la phobie que crée l'arrivée inopinée de cette pie nous plonge dans un vertige emplumé.

Je retrouve le texte de Sylvie avec beaucoup de plaisir. J'ai même le son de sa voix qui accompagne merveilleusement ma relecture avec ce style fluide néanmoins très travaillé et cette escalade quasi hitchcockienne dans la phobie que crée l'arrivée inopinée de cette pie nous plonge dans un vertige emplumé.
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jeudi 3 septembre 2026
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"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

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"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

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