Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

David T.
11 février 2026
Textes d'ateliers

Version JE Je n'ai pas fermé l'œil, il est 3h12 du matin.Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner à mes oreilles. Je suis enfoncé dans mon fauteuil de cuir usé, la seule source de lumière étant l'éclat bleuté de la liseuse posée sur mes genoux. Mes doigts, un peu raidis par le fr...

Derniers commentaires

Invité - TORRES
13 février 2026
Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet...
Invité - jean francois
13 février 2026
Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

13 février 2026
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"Ses yeux reflétaient je ne sais quelle beauté mélancolique et timide qui me captivait... Ses yeux parlaient d’elle." Sivana Ocampo Après avoir lu plusieurs recueils de nouvelles de Silvana Ocampo, une idée s'impose à moi, une évidence difficile à expliquer. Ce sont bien des nouvelles, il y a bien des personnages, des lieux, des choses se passent, des actes cruels, des morts même, parfois, pourtant, mais l'auteur ne "raconte " pas ou plutôt, là n'est pas l'essentiel. L'enchainement des faits, pourtant bien présent, ne structure pas totalement le récit. Il ne s'agit pas non plus, ou très rarement, de "nouvelles-instants", alors, finalement, qu'est-ce qui se passe dans les nouvelles de Sivana Ocampo ?    Les textes ont la matière, non pas de la fiction, mais celle de la vie telle qu'elle est perçue de l'intérieur dans toute sa texture de sensations, de pensée, d'imaginaire, de paroles, de projections mentales, de rêves, de souvenirs, de peurs ou de désirs, de faits aussi. Les faits ne sont qu’un élément parmi d'autres dans le tissage de la vie vécue. Vécu, voilà peut-être le mot. La vie vécue n'enchaine pas seulement faits, explications, dialogues ou sensations, elle n'est pas non plus seulement monologue intérieur, ou mélange de l'ensemble, elle est une aventure mentale et sensible qui se joue de la réalité, la subit, la sublime ou la fuit. C'est cette plongée dans la vie non pas racontée, mais vécue qui rend ces nouvelles fascinantes. Ce sont aussi de rêves, des hallucinations, des rêveries, des objets, des sons qui ne sont pas ajoutés comme un décor pour faire "réalité",  pas d'effet de réel, mais les facettes d'une sensibilité prodigieusement imaginative que  Silvana Ocampo distille comme les éléments d'un théâtre magique. Ils font avancer le récit. Ils sont le récit plus encore que les classiques péripéties.   Une écriture qui est à la fois très humaine, très sensorielle, et une approche de la psychologie qui se fait au travers de l'imaginaire, des gestes, des paroles, sans chercher à restituer de façon réaliste et construite les conflits, les relations amoureuses ou les amitiés. Tout cela est bien présent, au centre,  et pourtant toujours envisagé "d'ailleurs".  Ni expliqué -  échappant ainsi  à la psychologie que je qualifierais de "matérialiste"-  ni montré, d'ailleurs ce n’est pas quelque chose de "montrable" :  à  la fois une forte présence sensorielle et imaginative, non "pensée "ou analysée, toujours un peu rêvée, et pourtant bien réelle.    N'est-ce pas ainsi, finalement, que se passe la vie?  On la traverse, toujours un peu à côté de la réalité, imaginant, filtrant, déformant ce qui se passe?    Silvana Ocampo réussit à recréer cette traversée de la vie.   Les recueils Faits divers de la Terre et du ciel et La Musique de la pluie me semblent les plus significatifs de cette façon d'écrire étonnante et stimulante. On peut qualifier les nouvelles du recueil de Silvina Ocampo, Faits divers de la terre et du ciel de fantastiques, ce fantastique intérieur cher à Maupassant. Ici, le fantastique se promène entre intuition de l’avenir et trouble psychique. La construction de ces nouvelles nous introduit dans un temps qui n’est plus linéaire, ni même cyclique, une sorte de tourbillon que la qualité subtile de la composition narrative et de l’écriture de Silvina Ocampo rend familier.   L'exploration du rapport  au temps, à la mémoire, à la réalité - inséparable de la dimension sensitive et inventive de la forme qui lui donne vie- dégage une puissance envoutante. Trouble, qualité poétique des atmosphères, des lieux et des rencontres, ce recueil de nouvelles ouvre simultanément une atmosphère magique et la possibilité de ce que j’ai envie de nommer des « bouffées de réel » tant, au travers d’une phrase ou de deux, ou d'un court paragraphe, j’ai été transportée, j’ai respiré l’air si particulier des confins de l’Argentine où l’auteur nous emmène. Quel immense plaisir de lecture de pouvoir ainsi partager la sensation d’un espace, d’une présence pourtant inconnue et de voir soudain le temps se faire un élément concret, dimension assumée du paysage.   Les personnages ont une vie intérieure intense, parfois une forme de mysticisme dans laquelle l'on pénètre comme une évidence. Le texte se place à une distance particulière de ce qui est raconté : une grande proximité, un accès de plain-pied  à  la vie spirituelle,  à l’intuition mystique. Ce qui est secret, diffus est écrit de façon très directe et perçu comme naturel. Ainsi  les traits de caractère ou les habitudes ne sont pas expliqués comme des faits ou même des tendances, mais par leur manifestation toujours emprunte d'étrangeté ou tout au moins d'une dimension qui échappe à l'explication : les personnages portent en eux  une parfaite imbrication de l'incarnation et de l'enchantement. J'ai été très souvent touchée et troublée par les ambiguïtés des personnages, par exemple, par la perversité subtile et dérangeante de certains personnages d'enfant. Mon seul regret, parfois, le caractère fantastique détourne de la réalité humaine et de sa complexité pour ramener le mystère à des pouvoirs magiques ou au rêve.   Un bonheur  de lecture qui peut se  résumer en un seul mot, littérature.  
09 février 2026
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Revisiter une proposition classique : écrire à partir d’un incipit La proposition est classique, elle peut même paraitre un peu trop bateau dans sa forme basique : une phrase est donnée comme déclencheur d’écriture, une base, un tremplin pour une inspiration presque libre et spontanée.     Une proposition d'écriture ancienne et renouvelée Hérité de la rhétorique antique, notamment aristotélicienne, avec les progymnasmata qui avaient pour objectif l’enseignement de l’art oratoire et de la persuasion, ce type d’exercice s’est développé dans une forme écrite et plus littéraire à la Renaissance avant d’être transformé par le surréalisme en une possible voie d’accès à l’inconscient, l’incipit introduisant un élément de hasard que l’inconscient transformerait en texte. Contrainte oulipienne parmi les plus utilisées dans les ateliers d’écriture créatifs, on peut la pratiquer telle quelle, de façon ludique pour des ateliers débutants — même si je n’ai jamais conçu ainsi mes ateliers débutants — elle fonctionne alors sans autre nécessité et préparation que de choisir une phrase stimulante. La forme de base étant le fameux « Je me souviens » en anaphore. Rappelons que l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle)  est un groupe d'auteurs qui pratiquent - de façon très variée - l'écriture sous contrainte depuis 1960. Je souhaite insister sur le caractère multiple de l’Oulipo avec des auteurs comme Italo Calvino, Georges Perec ou Jacques Roubaud dont les pratiques sont irréductibles à une simple dimension ludique.   On retrouve cette dimension de « stimulation sans contenu » dans certains ateliers philo qui rebondissent sur un aphorisme donné comme point de départ. Il me semble que, si cela peut être convivial et stimulant et créer un sympathique moment de découverte, l'absence de références et de contenu autre que la pensée spontanée limite cette pratique à un "premier pas" qui reste au seuil de la philosophie.   Une proposition élaborée Cependant, il existe une technique plus élaborée de ce type de proposition et c’est celle qui m’intéresse : la phrase n’est plus un simple « bouton starter » mis à disposition, mais le lieu d’une exploration préalable qui dépasse le « Ça me fait penser à… » et c’est parti ! Il s’agit d’ouvrir la phrase, d’en découvrir les potentialités. La proposition se fait alors aventure langagière et littéraire autant que moyen de se mettre à écrire. Aventure langagière, car la proposition n’est pas un simple élan, elle s’inspire de la façon dont la phrase s’assemble, se construit, amène le sens, choisit ses mots, met en place un rythme, suggère une tonalité, une implication particulière et notamment instaure une temporalité. La phrase est une histoire en germe, un univers à découvrir avant de partir à la recherche de son propre imaginaire.   L’écriture est alors précédée d’une plongée dans la phrase, ses mécanismes et ses mystères, ses informations et ses potentialités : examen des mots, des constructions, des images, des temps, des sous-entendus, multiplicité des questionnements qu’elle rend possible… La phrase d’incipit est saisie comme une sorte de noyau de formes et de sens que l’on cherche à déployer.     Soubassement théorique de cet exercice d'écriture Cette exploration s’est construite sur un soubassement théorique que l’on trouve chez des penseurs comme Roland Barthes (Le Degré zéro de l’écriture) ou Umberto Eco (Lector in Fabula). Chez ces auteurs, le texte est appréhendé comme un système de signes interconnectés. Cette approche dite structuraliste du texte le considère comme un réseau. Ainsi, l’incipit n’est plus un point de départ plus ou moins arbitraire et nous retrouvons l’idée de germe vue précédemment, un « germe » qui contient potentiellement l’ensemble du texte : ses thèmes, ses structures et ses enjeux. L’on peut aussi relier cette vision du texte à certaines théories sur la psychologie et de la créativité comme le flow créatif ou la gestalt théorie * dans laquelle la perception d’un tout émerge d’éléments initiaux. L’on peut aussi la rattacher à la vision d’une écriture qui ne serait pas linéaire, mais rhizomique, idée inspirée de Deleuze et Guattari notamment dans leur livre Mille plateaux (1980).   Dans cette perspective, la phrase initiale se ramifie en multiples directions, favorisant une génération organique plutôt qu’une construction mécanique. Contrairement à des méthodes d’écriture qui mettent en avant l’idée d’un synopsis global ou d’un plan, le fait de partir d’un noyau, d’une phrase, pour construire le texte encourage une conception de l’écriture comme exploration — mot inévitablement répété déjà plusieurs fois plus haut tant il est au fondement de cette technique d’écriture.     Une technique pour se mettre à écrire Voilà donc que trois façons de provoquer l’écriture se précisent.Deux sont envisageables avec cette proposition sur l’incipit :— l’élan et la plongée directe seuls (que je ne pratique pas : pas de contenu hors de l'expérience d’écriture elle-même). — l’exploration (ici d’une phrase) ailleurs d’un thème, d’une question stylistique, formelle, sensorielle, expérimentale… Elle peut se faire comme ici avant l'écriture, ou en un deuxième temps d’écriture ou de réécriture. Une troisième, étrangère à la proposition à partir de l’incipit : — le plan, le scénario, le synopsis.L’atelier, tel que je le conçois, doit, chaque fois, trouver son équilibre entre le spontané, la liberté d’écrire et le contenu fourni dans le cadre de la proposition. En effet, je ne conçois pas de propositions sans « contenu » - ce terme prenant un sens très large - et sans "exploration" qui ne se réduit pas à la seule écriture libre du participant.     Analyser sans figer Il s’agit, avec l’incipit, d’ancrer l’élan d’écriture dans une forme particulière d’éléments concrets, ceux issus de la plongée dans une phrase. L’atelier bénéficie donc d’éléments pour stimuler l’imaginaire et surmonter les blocages, mais sans se limiter à ces objectifs. Il existe une dimension grammaticale structurelle de cette déconstruction de la phrase : elle ne doit pas avoir un aspect mécanique et scolaire, elle est spécifique à chaque phrase — qui joue parfois sur le temps, les mots, un rythme particulier ou encore le point de vue.   Une « grille » applicable à toutes les phrases est ici complètement inadaptée, il s’agit de s’étonner, de se laisser dérouter, emporter par la phrase puis de noter ce qui la caractérise : de décortiquer son potentiel narratif unique.C’est la phrase, outil introspectif, qui fournit sa propre grille selon ce qu’elle a de remarquable, de troublant et de stimulant. Une partie de cette « plongée », concerne la dimension implicite de la phrase, là aussi, pas de grille, mais une attention, une disponibilité, un peu analogue à celle qu’exige la lecture d’un poème. La lecture de la phrase initiale est double : — interrogative, analytique, précise, concrète.— mais aussi méditative, intuitive, immersive et subjective. Ainsi, la naissance de personnages à partir de la phrase ne peut se faire que par imprégnation, mise en vibration et dépassement de la phrase par l’imaginaire qui se nourrit de la phrase pour inventer et construire les éléments du récit. La phrase s’ouvre, les possibilités sont multiples, il faut ensuite veiller à garder une cohérence avec ce point de départ. Cette double approche est indispensable pour que la déconstruction de la phrase ne limite pas l’incipit à une dimension « théorique » et que la liberté d’écrire n’en soit pas entravée, mais stimulée.    Une fois la totalité du texte écrit, il reste à vérifier, lors de sa lecture complète, que l’ensemble incipit+ texte est parfaitement cohérent. L’incipit « promet » l’intrigue sans la révéler, le texte respecte les promesses de l’incipit, mais de façon non prévisible.     Conclusion  Ce type de proposition permet donc de manipuler la phrase, de la percevoir, de « sentir » de l’intérieur ses mécanismes et ses possibilités, perception qui peut affiner et enrichir la perception et la construction de ses propres phrases.   Elle fait pénétrer de manière à la fois technique et intuitive dans les questions de cohérence et de construction. L’incipit devient un pivot stratégique pour l’ensemble de la narration, un élément architectural, influençant non seulement le démarrage, mais aussi la structure, les thèmes, la temporalité, les personnages et les implications philosophiques ou stylistiques du texte.   Ainsi pensée, cette proposition intègre la double - et nécessaire -  dimension de contrainte commune et d’appropriation personnelle et différenciée qui sont au cœur de mon travail d'animatrice.   *Gestalt : théorie selon laquelle la perception d’un objet n’est pas objective. Elle dépend de l’environnement dans lequel est placé l’objet observé, mais aussi des attentes du sujet qui l’observe.      {loadmoduleid 197} 
05 février 2026
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Incipit, un mot suffisamment sonore et mystérieux pour endosser une nécessité, celle de… commencer. Un mot latin, technique, dont l’étymologie correspond au verbe commencer : la nécessité de commencer s’est matérialisée en un nom ; le verbe a « pris de la substance », une forme d’existence en dehors même de l’action de poser les premiers mots du texte. Ainsi, sous l’incipit, se glisse bien plus que l’action d’écrire un début, bien plus qu’une accroche, c’est une nécessité matérialisée, toute une tradition littéraire et rhétorique, un thème en soi, une aventure.   J’ai listé dans un article, les grandes alternatives fructueuses qui tentent de répondre à la question du « Comment commencer  un texte ? » : (voir https://sylviereymondbagur.atelierecriturestage.fr/component/content/article/incipit-comment-commencer?catid=50&Itemid=101), un article que je complète et module sans arrêt au fil de mes lectures tant l’inventivité littéraire en cette matière semble infinie.   Mes lectures confirment mon idée qu’un incipit réussi, quelle que soit sa forme, a le rôle d’un sas, d’une porte magique. Le moment de l’incipit a quelque chose de fascinant : tel le philtre qui permet à Alice de rétrécir pour passer par le trou de la serrure, un bon incipit nous transforme et nous fait pénétrer au pays des merveilles. Capable de faire basculer le lecteur de réalité à fiction, il lui permet d’entrer dans le domaine de l’imaginaire et du langage comme dans un univers tangible.   Premiers accents d’une voix que le lecteur perçoit, l'incipit introduit le chant de sirène du texte, celui qui le conduira à signer le pacte de lecture : à accepter de prendre l'imaginaire pour une autre réalité. Il y a quelque chose d’ontologique dans ce moment de l’incipit, il a le caractère essentiel de chacun des moments qui rompent le silence.       {loadmoduleid 197} 

Exil

Portrait fragmenté

Nikita ouvrit les yeux et vit les corps serrés sur les banquettes. Il y avait des enfants endormis, la tête basculée sur les épaules de leur mère, des femmes, beaucoup de femmes de tous âges, qui regardaient le mur d'en face d'un regard vide. Une dame aux cheveux grisonnants tenait un chien sur ses ...

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  1350 lectures

Violon d'Ingres

Elle pose nue, de dos, immortalisée à travers les yeux de son amant. Devant sa photographie, mise en lumière de façon magistrale, le spectateur ne voit d'abord qu'un violoncelle aux courbes gracieuses, la blancheur uniforme de l'instrument qui se détache sur le fond totalement sombre de l'arrière- p...

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  1470 lectures

L'enfant

 Depuis combien de temps est-il là, immobile, à contempler la mer ? Debout sur une butte, le dos tourné à son île, l'enfant regarde au loin. Derrière lui, l'ancien volcan semble endormi sous l'épaisse forêt tropicale, camaïeu de verts et de brumes vagabondes, de végétation et d'humid...

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  1289 lectures

​Il est seul.

Il est seul. C'est l'heure de la récréation. La cour s'égaie de mille voix, de jeux, de courses, de confidences. Lui se tient seul sous le préau. Adossé aux casiers scolaires métalliques, sa finesse d'échassier le distingue de tous les autres. Il n'entend pas crier « 1, 2, 3 soleil ». Pourtant, son ...

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  1290 lectures

Lola et le miroir

Après le petit-déjeuner, Lola trotta vers la salle-de-bains en chantonnant. Elle retira son pull, le laissa tomber au sol et glissa la pointe, puis le talon de ses pieds nus dans les plis de maille orange. Une chaleur douce enveloppait son corps. Le soleil était entré tout entier dans la pièce, tran...

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  1212 lectures

Elle...

Elle est sanguine dans sa robe de mort. Presque nue contre les gifles du vent. Au sommet du monde, sur cette montagne qui n'a ni lieu ni nom, elle s'offre toute entière à la Communauté. Elle est divine à aspirer la foule comme un rail d'adrénaline. Elle traverse la horde de fidèles béats. Son a...

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  1541 lectures

Miroitement

A travers les persiennes, filtre la lueur du jour. Il est encore tôt mais elle se lève. Elle a toujours été matinale et, même en ce jour, elle ne veut pas se mettre en retard. Un rayon de soleil réveille le miroir de sa chambre. Confident de ses humeurs, elle n'a pas de secrets pour lui. En ce matin...

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  1547 lectures

Miroir

Il se regarde écouter, avec moi chaque matin, le chuintement de l'eau, couler de son froid et léger sifflement au sommet de sa sourde chaleur. Elle mue, de sa cristalline originelle lumière vers la blancheur de son opacité. Les sens en éveil, avant même de la toucher, il sait que son idéal est attei...

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  1747 lectures

Du geste au personnage

Au milieu de la foule, il s'assoit, plie la jambe droite et pose son pied sur l'autre cuisse, sa main guide le pied pour l'accrocher à sa hanche et se fige. Lentement la jambe gauche se replie derrière lui, son corps se penche dans le déséquilibre du mouvement puis se redresse. Il donne un élan au b...

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  1262 lectures

Du geste au personnage

Dans une cuisine à l'heure du repas, un vieil homme est assis seul au bout d'une longue table. Il vient de terminer son repas et repousse son assiette. Lentement de sa main déformée, il rassemble les petites croutes éparses sur la table. Sa main aux doigts repliés balaie la nappe d'un geste len...

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  1303 lectures

L'outre-moi.

Un œil rond interroge la brume bleutée. Un pâle rayon de soleil topaze tente de s'imposer. Un dernier sursaut, il regagnerait l'eau, les algues brunes du petit canal qui borde St Lio. Mais la main de la vieille femme rattrape le poisson et le repose au milieu de ses congénères. Il est là dans la nas...

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  1742 lectures

Séducteur toutes saisons

Atelier Personnage avec Charles Julliet

Tes yeux noirs qui pétillent. Une lumière dans tes yeux. Ce ne peut être une lumière noire. Je ne saurais la définir, la lumière de tes yeux. Ta barbichette noire qui se tend vers l'avant, insolente et pointue. Ton regard de diable cherche à séduire quelqu'un. Autour de toi, les dames. Ce sont elles...

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  1914 lectures

Monsieur Neige

Stage nouvelle

Un grand hôpital blanc, voilà le lieu où je me trouve. Blancs les murs, blanches les blouses des infirmières. Le blanc égale l'absence. Le blanc égale le rien, le non- être. Un mariage blanc, c'est un mariage qui ne se concrétise pas. Une voix blanche, on ne l'entend pas. Dans un grand hôpital blanc...

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  1760 lectures

Les choux à la crème

Atelier zoom sur le corps

Comme chaque matin, au jour naissant, il reprend sa place contre le réverbère défoncé faisant face à la vitrine de la pâtisserie. Les épaisses fumées des premiers camions qui vont décharger les paysans avec leur victuaille, opacifient les lueurs de l'aube. Sali par la violence des nuits passées ...

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  2255 lectures

Folie criminelle

Atelier écrire la folie

Il a 10 ans. Il vit à la campagne. Ses parents sont gentils. Dans sa chambre, vit un chat en peluche. Il a une petite voiture Dinky Toys. Elle est rouge. Elle roule. Il y a le lit. Il y a la table de nuit. Il y a la chaise. Il est heureux. Il n'y a pas de livres. Il ne peut pas lire. Il ne lit jamai...

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  1906 lectures

éperdument indifférente

Atelier personnage

Rides creusées. Béance du regard. Ta silhouette arrondie trahit le modelage du temps. Ton dos ploie. Démarche chaotique, lancinante, lente qui laisse ta trace sur le tapis usé. Pour horizon définitif la porte de notre chambre devenue tienne et dont tu m'interdis le seuil. Drame intime aujourd'hui dé...

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  1879 lectures

Histoire d'une débutante

Atelier moment de vie

Débuts à Paris

J’ai tout juste 22 ans quand je débarque à Paris, en novembre 1979 . Dans ma valise, je n’ai glissé que quelques vêtements. Dans mes poches, je possède environ une centaine de francs.
Déjà, la nuit est tombée. Il me faut trouver un hôtel. Entre deux escaliers de la butte Montmartre , un établissement affiche « chambre à la journée, à la semaine, ou au mois » . Voilà mon affaire.
Un rapide passage à la réception, puis je découvre ma chambre. C'est une pièce plutôt triste, mais assez spacieuse. éclairée par une fenêtre ouverte sur l'extérieur. Au fond, un petit coin cuisine, équipé d'un réchaud à gaz, est aménagé.

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  2265 lectures

l'homme du rond-point

Atelier sur le regard

Il est au rond point, comme chaque jour, debout avec sa pancarte, barricade contre l'indifférence insouciante du monde, bâtie contre le courant, pour que le flot lent et anonyme du train-train quotidien vienne buter sur ses rivages. Et Dans les rayons du soleil de fin d'après midi, qui l'effleure su...

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  2213 lectures

Reflet dans le miroir... Dominique G. 01/2017

Atelier portrait dans le miroir

Elle se regardait et se voyait toute longiligne, maigre, et plus grande d'un tiers au moins que dans la réalité . Elle riait... Oui, c'était elle ! Et c'est ce miroir-ci qui lui renvoyait cette image-là.Puis, juste à côté, cette glace la transformait en naine - grosse, joufflue, le visage déformé co...

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  1921 lectures

Traversée d'un groupe... Christiane F. 11/2016

Atelier mouvement dans la foule

Le TGV redémarrait en douceur, la porte à glissière siffla et elle pénétra dans le compartiment, tirant une énorme valise rouge à roulettes, en plus de deux grands sacs à l'épaule. Elle se planta devant l'espace dédié aux bagages, qui débordait. Pourtant pas mal de monde était descendu à Valence.Un ...

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  1813 lectures

Description d'un lieu, scénario puis parcours d'un personnage"... Olivier B. 06/11/2015

Atelier ecriture et cinéma

LE CINÉASTE La porte est en bois massif, simple et de couleur foncée. La clenche est en métal noirci. Quand tu ouvres cette porte, tu pénètres dans une cuisine dont le sol est fait de tomettes rouges. Elles sont polies par le temps et leur alignement n'est pas très régulier. En face de la porte, une...

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  2100 lectures

" Un personnage traverse un groupe" Pierre Gaudon Novembre 2016

Une intrusion L'église était pleine en cette veillée pascale, et l'assemblée était priante. L'église St Leu, à Paris, rue St Denis, n'est pas réellement une paroisse. Les gens qui s'y retrouvent pour prier ou pour célébrer sont pour partie du quartier, certes, mais les plus nombreux sont des hommes ...

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  1250 lectures
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Textes à redécouvrir

25 octobre 2021
Je suis heureuse de vous présenter le recueil de textes et de nouvelles de l'atelier en ligne qui a eu lieu pendant le premier semestre 2021. Seize au...
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16 décembre 2019
Nouvelle écrite dans le cadre de l'atelier en  2018. Lorsqu'Evzen lui avait proposé de venir diriger "La Moldau", Zoltan n'avait pas hésité ...
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21 février 2023
Son refuge tape et grince à un rythme régulier. Le réveil a été brutal, un choc, une vibration qu'elle ressent jusque dans son ventre. Le long glissem...
1046 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

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Faire peur au lecteur !
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« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

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