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Véronique D.
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« Au fond de nous-mêmes, nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. » Voilà c'est fait, il l'a dit ! Verre de rosé d'une main, cigarette de l'autre. Pas de suspension, une coupure nette, sans appel…. Regard rapide, satisfait sur les autres convives plus préoccupés à faire circuler les pots ...

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09 September 2026
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"Ombre noire d’une aile sur l’été qui s’éteintde brume et d’eau figées en pétales de tempseffeuillées, marguerite de bruineles gouttes immobiles d’automne s’évaporenten un temps suspendula montagne floutée, temps frelaté, se figefrôle les frondaisons exaspérées de vertsperdus de jauneil pleutet le ciel prieje pleure et la lumière aiguise la crête étêtée de bouillies de nuageset de brume qui braie sa cantilène moiteen gouttes sirupeuses agglutinées sur feuilles monts, branches et cerveauxet tous ces bouts de ciel effilochés de bruinestristesses écheveléessi pâles que tout pue l’effrayante moiteurd’un jour égorgé d’eau."   Extrait de mon prochain livre "Des Nues et...",  roman poétique qui paraîtra en novembre 2026.
08 September 2026

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Le titre est une sorte d'oxymore: l'oxymore implique une ciontradiction marquée : ne serait-ce pas en contradiction avec l'idée de subtilité ? Oxymore non plus de la franche contradiction de deux opposés de la même réalité,   L’oxymore nécessite un contexte  Isolé, l’oxymore court le risque d’apparaître comme un jeu de mots gratuit ou une facilité masquant une présentation biaisée de la réalité.  Au contraire, si l’opposition entre deux termes a lieu dans un contexte bien précis, cela permet au lecteur de découvrir qu’il n’y a pas forcément d’incompatibilité. Le contexte permet de dépasser le caractère radical d’une formulation qui remet en question l’existence de ce qui est, ou plutôt semble être. Le fait que les frontières soient minces avec le paradoxe, notamment, c’est-à-dire que souvent, l’oxymore semble contrarier le sens commun, fait que la part d’interprétation du lecteur n’est pas négligeable et c’est alors le contexte donne les éléments nécessaires à cette interprétation. L’originalité dans le choix des contraires contribue à renforcer l’impression de paradoxe de l’oxymore, mais celle-ci paraîtra plus ou moins brutale selon le contexte. Donner un ton L’oxymore place le texte dans un rapport particulier à son sujet : Lucidité / ironie / humour / poésie / fantaisie / fantastique/satirique /dramatique /distancié…. Ce peut être aussi une façon pour l’auteur de se désengager, de ne pas prendre parti ou tout au contraire de serrer dans une formule une forte émotion ou une radicalité politique ou  philosophique. Tenter de combler un vide dans la langue : L’oxymore témoigne d’une carence de la langue et nous parle d’une absence en même temps que d’une présence, celle d’un mystère [...]. C’est la figure de l’indicible, de l’impossible, de l’extrême du langage […]. L’oxymore est une structure linguistique fondée sur la conjonction des contradictoires. Mathis  L’esprit de contradiction présent dans la nature même de l’oxymore se retrouve dans ce que certains auteurs appellent habilement un « grand petit écart » qui rend visibles les contradictions qui existent dans le langage comme dans l’homme. Nous éprouvons la nécessité de dire, de nommer quelque chose qui semble impossible à formuler, quitte à faire appel à des outils au sein desquels les paradoxes et les contradictions dominent. Cela contribue à faire de l’oxymore une figure de l’impossible, de l’ineffable. Là où la langue ne peut être qu’approximative se trouve l’oxymore qui tend à exprimer l’indicible. L’insertion d’oxymores permet de dire ce qui ne se dit pas en laissant la place pour des zones de flou. L’oxymore est une des figures qui permet de passer outre les frontières apposées par un langage qui peine à considérer la multiplicité des facettes présentes dans un objet, une émotion ou une idée. Il ne s’agirait donc pas d’additionner les éléments qui font cet objet, mais de le voir dans sa pluralité.  Personnage et oxymore L’oxymore est la figure par excellence des personnages qui sont victimes de situations dans lesquelles il leur est impossible de s’exprimer, personnages porteurs de masques forcés dont ils sont incapables de se débarrasser.  Entre déchirements intérieurs et ambiguïtés sociales, l’oxymore permet de dire ce qui ne se dit pas dans des « romans muets faits de silences assourdissants », il pointe la complexité de la subjectivité d’un point de vue psychologique ou existentiel.  L’oxymore permet d’exprimer le rapprochement physique des contraires dans l’esprit des personnages confrontés à des tiraillements, des prises de décision impossibles, des choix douloureux et qui font face à l’impossibilité de parler, l’impossibilité de révéler l’intégralité des sentiments qui les animent dans des formules comme, par exemple :   Une « agitation silencieuse » qui dit le chaos intérieur chez Maupassant, Une vie Le déploiement en deux éléments et leur rapprochement permet une sorte de « jumellisation » des contraires, une juxtaposition d’éléments a priori impossibles à juxtaposer. •         « Non seulement elle avait souhaité cette rencontre, mais elle l’avait même un peu cherchée, rien qu’un peu, avec cette activité indolente qui ne s’arrêtait longtemps à rien. Maupassant •         «  Elle est ma joie! Elle est ma torture! Tout autant! Elle me maintient en vie! Elle me punit aussi!…  Elle fait de chaque jour une mort et une vie… »  Nathaniel Hawthorne , La Lettre pourpre Nuance et Oxymore  Cette forme de vérité contradictoire est parfois diluée par des éléments qui en atténuent la portée.  Si  / cependant / ou bien / peut-être / une sorte de / et pourtant… Il s’agit d’un des aspects de l’épanorthose, cette « figure par laquelle le locuteur ou le scripteur corrige, amende, précise, nuance et modifie sans cesse ce qu’il dit ou vient de dire ou d’affirmer précédemment ». Un silence presque assourdissant. Un silence, pourtant assourdissant… C’est une piste pour développer et dépasser la contradiction qui se niche dans l’oxymore. -- non plus le choc frontal, ais la contamination -- changement de registre sentiment+ geste  Un agent et son action  --  Une forme plus nuancée de l’oxymore : différence de registre ou non-concordance des imaginaires : la fleur comme une « excroissance délicieuse   « Dangereusement morose », mais aussi « tendrement cruel », « paisiblement enragé ». L'adverbe importe une énergie étrangère au champ sémantique de l'adjectif.b) Le verbe et son complément d'objet incongru Pas un nom + épithète, mais une action appliquée à une matière qui devrait lui résister : « il rangeait son chaos », « elle épargnait sa colère » — l'action ordonnatrice ou économe appliquée à ce qui, par nature, échappe à l'ordre ou à l'épargne.c) Le rythme qui contredit le sens Ceci est propre à l'écriture, moins à la seule lexicologie : une phrase brève, sèche, presque administrative, pour dire quelque chose de bouleversant — ou l'inverse, une longue phrase ample et enveloppante pour dire une chose banale. Ce n'est plus un oxymore de mots mais un oxymore de forme, où la prosodie contredit le contenu. On sort du lexique pur pour entrer dans la syntaxe et le souffle — terrain que votre blog explore déjà ailleurs (rythme, construction).Ce que ces oxymores subtils apportent, spécifiquement — la vraie questionVoici ce qui me semble le cœur de ce que vous pouvez apporter à vos lecteurs, au-delà du simple recensement :1. Ils évitent la posture. L'oxymore canonique, à force d'avoir été théorisé, cité, admiré, risque aujourd'hui de sonner comme une citation de manuel — on sent la Figure de Style arriver, majuscule comprise. L'oxymore discret ne se signale pas ; il n'exige pas d'être reconnu pour agir. C'est un avantage net pour un écrivain contemporain qui veut de l'intensité sans effet de manche.2. Ils sont réutilisables sans paraître écrits. Personne ne peut employer "soleil noir" aujourd'hui sans citer implicitement Nerval — la formule est trop marquée, trop possédée par son auteur. « Dangereusement morose » n'appartient à personne ; c'est un mécanisme transférable, une méthode plutôt qu'une formule figée. Pour un atelier, c'est décisif : on peut enseigner le geste sans enseigner la citation.3. Ils correspondent mieux à l'ambivalence ordinaire, non tragique. L'oxymore romantique porte presque toujours une charge tragique ou sublime — la mort, la mélancolie, l'amour destructeur. Mais l'ambivalence de la vie quotidienne est souvent plus tiède, plus grise, moins spectaculaire : une lassitude teintée d'un peu d'espoir, une gentillesse un peu féroce. L'oxymore discret est l'outil de cette zone intermédiaire — ni le drame ni l'apaisement, ce entre-deux terne que la littérature contemporaine explore davantage que le grand geste romantique.4. Ils obligent à un travail plus fin de l'oreille. Puisqu'ils ne se voient pas d'emblée, il faut les entendre — les lire à voix haute, sentir où la friction se loge. C'est un exercice d'atelier en soi : demander à quelqu'un de justifier pourquoi telle association d'un adverbe et d'un adjectif "sonne faux" et donc juste.Proposition de formulation pour la chute de cette sectionUne phrase de transition possible vers la partie 6 (l'atelier pratique) :L'oxymore n'a pas besoin d'éclat pour agir. Il suffit parfois d'un adverbe mal assorti, d'une action posée sur une matière qui lui résiste, pour que le texte se mette, sans le crier, à porter deux vérités contraires à la fois.Voulez-vous que je vous propose maintenant une dizaine d'exemples originaux d'oxymores discrets (dans l'esprit de "dangereusement morose") classés selon la typologie ci-dessus, pour illustrer concrètement la partie 5-6 de l'article ? 6. Petit atelier : fabriquer ses propres oxymores Une section très concrète, dans l'esprit du blog : partir d'un état intérieur ambivalent qu'on a soi-même ressenti chercher d'abord la version canonique (nom + épithète contradictoire) puis la dériver en version discrète (adverbe/adjectif, verbe/complément inattendu) consigne d'écriture : trois oxymores sur un même état, du plus frontal au plus feutré 7. Chute Revenir à l'idée que l'oxymore, qu'il soit spectaculaire ou presque invisible, reste le même geste : faire tenir dans la langue ce que l'expérience ne résout pas. Ouverture sur la question du silence — l'oxymore comme dernière ressource avant que le langage ne renonce. Gilles de Drie : cette violence d’abandon p 288 Bounine « un joyeux effroi » « gauche de bonheur » désir poétique de marier les contraires très forts chez les poètes romantiques #Aragon  Ces habitués, ce sont pour moi des fantômes si naturels que je n’y prête guère attention. » Le paysan de Paris bonheur accablant la steppe tchekhov « un lieu dangereusement morose » guilloux, la confrontation :  une nuance riche en sous entendu psy et évcatuer chez Cioran, l’absolu est un présence dissolvante dans le sang mmm Il n’y a  pas contradiction entre présnce et diissolvante, pas de rai oxymore mais deux formes , j’allais écrire de présence : la présence et la dissolution , deux entités en soi dans son propre sang, on revient à l’idée d’autodestruction. C’étaient les stigmates d’une souveraine tristesse qui ne devait guère connaitre de relâche. Je louis bouquet,  Alouqua (nouvelle) que je trouve furieusement mélancolique. La puissance de la concentration, ou plutôt de la rencontre, du frottement direct dr deux effets, de deux zones de l’iaginaire et de la carte des émotions, normalement territoires éloignées : celui du souverain qui domine maitrise et celui de la tristesse qui ‘il parait si trénge de vouloir imposer  le souverain qui règne sur sa tristesse, ou à l’inverse une tristesse qui règne souveraine, un état quasiment désirable?  Lowry,  « Soudain, Yvonne ,d’un geste d’impatience sereine, souleva son chapeau et secouant sa chevelure décolorée au soleil, se le va du parapet Lowry « C’était là l’endroit qu’il aimait -le sanctuaire, le paradis de mon désespoir. » Cez Bernanos à relever : un fureur glacé  exprime la complexité du moment, intérieur p 219 la joie une sorte de pitié farouche…
05 September 2026
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Le Process est une chronique satirique publiée en mai 2026 aux Éditions la Mouette de Minerve. Vous pouvez le commander dans toutes les librairies et sur les sites de vente en ligne :  à la  FNAC ou sur Amazon En savoir plus !
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Cupidité

Texte d'après Léon Bloy Atelier Démesure avec Léon Bloy

Le curaillon, graisseux comme un lardon de foire, suintant de bondieuserie, mitraillait l'auditoire avec alacrité, en dégoulinant imperturbablement une homélie en cascade, ses petits jambons de bras s'ébrouaient dans l'air comme les pattes d'un poulet qu'on est en train de plumer. Son monologue infini, kyrielle de mots, ribambelles de phrases, appâtait ses ouailles à coup de vie éternelle, délectation, ravissement il promettait l'extase de côtoyer à perpétuité le tout puissant, jouissance infinie du nirvana divin !

Il clôture son laïus en bénissant le sarcophage qui repose au pied de l'estrade, cénotaphe dans lequel la chair du défunt commence à s'avarier, les fleurs asphyxiées piquent du nez.

Aux premiers rangs de ces joyeusetés, deux familles se regardent en chien de faïence, comme deux molosses écumant de bave guettant avec fureur l'hallali, les pleurnicheries redoublent d'intensité, jérémiades sonores du déchirement qu'éprouve la fille du trépassé, lamentation, geignement de la marâtre face à la perte titanesque d'un mari, qui la laisse désespérée de tristesse, éplorée de désespoir.

Il y a la fille unique, visage oblong hippophagique, résidu d'une consanguinité parentale, la mère et le père auraient été cousins.

Grande, sèche comme le sable du désert, planqués derrière les paupières mi-closes, ses yeux d'alligator fixent le cercueil, les babines retroussées en forme de cul de babouin, lui donnent un air de vieux canasson.

Sa rancœur a sucé, épongé, pompé toute l'entité de son être laissant une peau racornie, flétrie de vieux parchemin, peau d'ânesse mitée qui emboucane la haine et l'amertume qu'elle essaye de camoufler derrière une crinière déplumée de vieille tête-de-loup graisseuse et grisâtre.

Charpente de traviole sur guiboles bancroches elle penche comme la tour de Pise, ressasse, rumine son abomination, son cerveau démoniaque fourrage la baïonnette, équarrissant la bidoche de cette cupide ordure, qui à force de roucoulades captieuses avait réussi à appâter son père pour se faire épouser.

Sycophante, les finasseries les plus sataniques ont germé dans son nidoreux ciboulot pour éviter cet accouplement.

Peccamineuses lettres masquées adressées au géniteur détaillant avec moult détails fictives soirées sado-maso, beuveries orgiaques auxquelles se serait repu la promise, le village bavassait sur des prodromes qu'elle ne cessait sardoniquement d'attiser, et les vieilles badernes encore vivantes se ralliaient à sa cause, cette fille est une pérégrin, personne ne connaît ses origines, tous sont unanimes, ce mariage sent le vent du boulet, le père a perdu les pédales,même le vieux Léon, ami d'enfance du paternel, dont le visage couperosé par l'alcool luit comme un phare en pleine mer trouve cette alliance dégoutante et répugnante.

Hélas, tous ces tortueuses prophéties firent chou blanc !

Le père, ce vieux fricoteur, vénérait la fille de toute son âme, et les épousailles furent programmées.

La virago regarde le corbillard d'un œil torve, dissimulant la jouissance de son nouveau statut de veuve dans un emballage d'accablement mais surtout pressée d'en finir avec ces salamalecs de funérailles.

Elle passe sa langue râpeuse sur sa lippe en cul de poule, renifle bruyamment, hoquette, essuie une larmichette du coin de ses yeux entaillés en estafilade, mais pupille vive, qui évite soigneusement de bigler sur la droite pour de ne pas croiser le regard de cette gueule chevaline abominable.

Façade factice, Belphégor de cire aux traits figés par le bistouri, elle se gargarise d'être enfin débarrassée du vieillard, cochon préhistorique dont elle vomissait les approches nauséabondes, son corps de tétanisait sous les pattes gluantes et visqueuses du goret vicieux.

Droite comme un « I » dans son tailleur CHANEL, elle se tapote les coudes de ses griffes de circé, camouflée derrière une attitude piaculaire de sainte béatifiée.

Ah c'est pas trop tôt ! enfin dans le trou le vieux corbillard, bouffé par les asticots !

A moi la galette !

Elle s'avance vers la caisse en bois et tombe magistralement à genoux, les deux mains crochues caressent la plaque gravée, puis saisissent la photo du viocard qu'elle couvre de baisers humides, susurrant, gazouillant quelques banalités, avant que les croque-morts, qui piétinent, trépignent en regardant leurs montres.

L'heure du déjeuner approche, il ne faudrait pas trop fainéanter !

Autocar
Entre deux lettres

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Commentaires 2

Invité - Stéphanie R. le dimanche 29 décembre 2024 09:40

Un enterrement réjouissant qu'il ne fallait pas manquer !

Un enterrement réjouissant qu'il ne fallait pas manquer !
Invité - Margot le mercredi 25 décembre 2024 15:00

Un texte plein de verve, d'humour et d'énergie ! Sa lecture est à la fois grinçante et réjouissante, merci.

Un texte plein de verve, d'humour et d'énergie ! Sa lecture est à la fois grinçante et réjouissante, merci.
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"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

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