Au fond de nous-mêmes Nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame Nous désirons tous que demain soit la veille d'un nouveau jour Que demain voit la fin de cette nuit noire Que vienne le jour d'après Nous voulons tous connaître ce qui doit arriver Depuis quand avons-nous commencé à attendre ? ...
Avec les propositions sur le flux de conscience et le monologe intérieur, nous avons tenté de réduire la distance entre le texte et ce qui est raconté. Un préalable n'est-il pas de réduire la distance entre l'auteur du texte et ce qu'il évoque ? Cela ne peut se faire qu'en cherchant à se projeter dans la scène. Cet effort de déplacement, d'empathie, d'identification n'a rien de nouveau, voici ce que Yi Yuanji, peintre qui a vécu aux alentours de l'an mille en Chine à l'époque de la dynastie Song (960-1280) a écrit : " Pour peindre un poisson, il faut que l'artiste connaisse la " nature " du poisson ; mais pour y parvenir, le peintre doit, en utilisant son intuition, accompagner dans sa nage le poisson par l'esprit, partager ses réactions aux courants, aux tempêtes, au soleil, aux appâts. Seul un artiste qui comprend les joies et les émotions d'un saumon franchissant un rapide a le droit de peindre un saumon, sinon qu'il le laisse tranquille. Car si précis que soit son dessin des écailles, des nageoires et des paupières, l'ensemble en paraîtra mort. " Une citation à méditer par tous ceux qui abordent l'écriture de fiction.