6 heures à la pendule de la cuisine. Il boit son café en regardant par la fenêtre. Il pose son bol sur l'évier, met ses bottes, attrape un panier dans l'entrée et sort. Dehors, le chien l'attend, frétille, saute avec des petits jappements et le devance pendant qu'il traverse la cour. Il pousse...
No image available
No image available
Et ils s'en vont.
Sont-ils alignés en attendant leur tour,
ou forment-ils des grappes en partance ?
Un flux, un saut, un pas de plus,
de trop ?
Non, de l'inéluctable.
Ils ont terminé un voyage
héros d'un jour, du dernier jour,
ils sont immenses
dans la pensée qui se fait sensation
immense de leur présence,
immensité profuse
surpuissants, ces absents,
d'une puissance qui n'agit pas, qui vibre.
Simple projection de mes émotions ?
Je ne veux pas y croire.
Ils flottent, ils sont là,
ils échappent au temps.
Ils animent l'espace,
et c'est leur rôle d'âmes.
Leurs grands yeux étonnés,
ont enjambé la ligne entre morts et vivants,
leurs derniers mots confus, nous ont pris par la main
pour nous ouvrir la route.
Faire renaitre le mystère,
Ré enchanter le regard des blasés
Ressusciter le monde où ils ne sont plus,
son épaisseur, sa complétude autant que sa douleur,
ils savent si bien le faire,
- merci !
les disparus.