Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Delphine C.
06 mars 2026
Textes d'ateliers

La musique « ça s'écoute fort » voilà il l'a dit !Par réflexe, je lui masse la nuque lorsqu'il prononce ces mots secs, je tente de ramollir le cuir de sa peau puis j'ajuste mes lunettes en les descendant de mes cheveux à mon nez.Derrière mes verres teintés, je fonds dans le siège.Dans le rétrov...

Derniers commentaires

Invité - TORRES
13 février 2026
Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet...
Invité - jean francois
13 février 2026
Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

06 mars 2026
RSS Image
Jacques Villon, Portrait de J.L.B. Temporalité et écriture La littérature, le roman en particulier, peuvent raconter des vies entières en quelques pages et, même si l’auteur se donne des centaines ou des milliers de pages, il lui  faudra choisir, sélectionner et se centrer sur certains moments qui lui semblent représentatifs ou nécessaires à son récit. Pour passer de l'un à l'autre  de ces temps "racontés", la narration effectue un « saut » et il existe plusieurs façons de le concevoir et de l'articuler au récit, ces différentes options narratives, ces diverses façons de passer d'un temps à l'autre se distinguent notamment par leur rapport au tout, à la totalité de l'histoire, à sa suite temporelle complète.     L’ellipse : maintien d’une chronologie lisible Ces sauts, quand ils sont faits en reliant entre eux les moments racontés, s'appellent des ellipses.     L'ellipse omet, "saute" une portion de temps, d’action, mais elle le fait dans un cadre temporel qui reste globalement ordonné et repérable. Le texte fournit pour cela des indices (adverbes, dates, saisons, âges des personnages,  données temporelles, un court résumé de ce qui s’est passé entretemps etc.) qui indiquent au lecteur la suppression d’un segment de l’histoire et lui permettent de situer mentalement l’ellipse dans une chronologie comme le « Quelques mois plus tard… » de Patrick Modiano dans  Rue des boutiques obscures.   Même quand l’ellipse est brutale  : « Seize ans plus tard. » écrit Victor Hugo, elle sous-entend une temporalité repérable.   Les différents moments du texte ainsi réunis par l’ellipse ne sont donc pas des fragments autonomes : ils restent des moments d’une même chaîne causale et chronologique séparés par un moment sous-entendu: le temps manquant existe dans l’histoire, il est évoqué, affirmé comme non raconté. Le lecteur perçoit une continuité partiellement énigmatique ou laissée dans l’ombre, mais encadrée et située clairement. L’ellipse ne fragmente donc pas le texte : elle est un outil qui permet de condenser le récit.   Les fragments, des segments autonomes L'ellipse situe l'extrait par rapport à la totalité, au minimum par rapport à l'extrait précédent, comme un morceau d'un puzzle se présente en tant que partie d'un tout.   Le fragment refuse cette référence, il se présente comme un tout séparé. Il laisse les moments absents totalement dans l’ombre, sans repère temporel pour les situer les uns par rapport aux autres, le récit n’est plus simplement discontinu, mais fragmenté. Le lien peut être fait, ou pas, par le lecteur, mais la totalité devient une référence floue, très allusive ou indirecte. Il n'y a plus de référence à une temporalité repérable que l'on pourrait reconstituer.     Exemple d'écriture fragmentaire hors fiction dans Les Ombres errantes de Pascal Quignard, ouvrage composé d’une succession de fragments méditatifs. « Lire, c’est quitter le monde visible.Celui qui ouvre un livre se retire.Il abandonne le bruit commun pour une voix silencieuse.La lecture est une solitude partagée avec un mort.  Dans les livres, les morts parlent aux vivants.La voix qui vient de la page n’appartient plus à personne.Elle a traversé le temps.C’est une parole sauvée de l’oubli. »   Exemple dans la fiction dans Les Vagues de Virginia Woolf, ce roman est composé de monologues successifs de différents personnages, sans transition narrative. Chaque prise de parole forme un fragment autonome. Fragment 1 : monologue de Bernard« Les feuilles tombent ; les feuilles tombent sans cesse.J’erre dans les rues de Londres, inventant des histoires.Chaque visage que je croise devient le début d’un récit.Pourtant, au moment où je veux saisir ces histoires, elles s’évanouissent. »Fragment 2 qui enchaine  : monologue de Susan« J’aime les champs humides et les odeurs de l’étable.Ici, la terre est solide sous mes pieds.Les villes me troublent ; leurs voix se croisent sans repos.Je préfère le rythme lent des saisons et le pas régulier des bêtes. »   L'idée de fragment se retrouve à tous les niveaux du texte :  Au niveau d'éléments temporels séparés, non reliés par une ellipse, le fragment concerne la chronologie,  le temps est coupé. Il peut être  ponctuel, réversible, ou suspendu ; le temps fragmenté ne s’écoule pas vraiment. Au niveau stylistique, la fragmentation se fait essentiellement par des phrases sont juxtaposées. En ce qui concerne la construction globale, la fragmentation se fait au travers de matériaux hétérogènes sans marqueurs logiques ou causaux explicites. Les parties séparées se suivent avec une relation qui  peut rester flottante ou associative et qui relève davantage de la résonance, de l’écho, de la juxtaposition, de la variation ou de la contradiction que de la succession ordonnée. Contrairement au montage ou à la construction classique, les fragments ne sont pas nécessairement organisés en système. Le mot qui caractérise le mieux  le fragment, c'est l'autonomie. Le fragment est un texte bref mais complet. On parle alors de texte fragmentaire, de narration éclatée, d'écriture discontinue.   Dans sa forme la plus radicale (Blanchot, Cioran tardif, certaines proses de Jabès, Handke dans Le Malheur sans désirs, ou encore Pascal Quignard), le fragment ne se situe pas dans une hiérarchie et leur ordre peut être modifié sans détruire l'ensemble ou sans que l'on puisse y voir une faille par rapport à une hiérarchie narrative. Cette déconstruction de l'idée de totalité et d'ordre est parfois désignée comme  le « non-lien » ou le « rapport sans rapport » (Blanchot). Le fragment a été inauguré par Friedrich Schlegel et la tradition romantique. « La littérature est le fragment de tous les fragments » a pu écrire Goethe. Le fragment n’est pas un morceau d’un tout, mais une forme ouverte. On peut parler aussi d'une poétique différente de celle de l'ellipse : d'une tentation ou d'une recherche de l’inachèvement.   Fragmentation, concentration, condensation L'expression « écriture fragmentaire » peut recouvrir des formes différentes qu'on ne peut simplement assimiler et résumer par l'idée de discontinuité. La « fragmentation » n’est pas un procédé unique, mais une famille de formes de ruptures selon le niveau et le type d'autonomie recherchés.   Il faut rappeler que de nombreux textes, notamment contemporains, utilisent à la fois l'ellipse temporelle et une forme de fragmentation dans des orientations multiples. La frontière ellipse / fragment (et c'est le propre de toute notion littéraire, nous ne sommes pas en mathématique...) devient parfois poreuse.  On peut citer dans le domaine poétique René Char avec des fragments très autonomes, mais parfois une thématique de la Résistance ou une chronologie émotionnelle diffuse les relie subtilement. Et dans l'autofiction : Annie Ernaux, dans certains livres comme Les Années, mélange écriture fragmentaire et ellipses temporelles très marquées avec une chronologie historique quand même lisible.   Notons égalment que l'écriture fragmentaire peut aussi se marquer, non par l'absence de repère mais par une proportion texte/totalité. Raconter une existence humaine en quelques paragraphes séparés, même avec quelques indications, procède du fragment. Trop de choses manquent pour que la perception de la discontinuité, du vide, ne prime pas sur celle d'une totalité.  On peut placer dans cette catégorie le livre «Roland Barthes par Roland Barthes », une biographie que l'auteur veiut "éclatée" en chapitres comment autant de fragments de vie avec comme incipit, par exemple : Au moment du premier cri… Au tableau noir… La première fois qu…. A trente ans…  La dernière fois qu… A son dernier instant…   Les repères temporels sont là, mais la chronologie complète s'estompe au profit d'instantanés qui, certes renvoie à l'idée de biographie, mais celle-ci, largement absente, ne peut qu'être très partiellement reconstituée.   Beaucoup de textes ne sont pas fragmentés au sens de complètement décousus et composés de morceaux sans liens explicites, mais la façon de raconter par de menus éléments, des micro scènes pour évoquer un temps très long, laissant tout le reste dans l'ombre sont tellement concentrés, condensés qu'ils donnent une impression de fragmentation malgré les ellipses et repères. Exemple d' écriture ellpitique, concentrée jusqu'au fragmentaire et pourtant très évocatrice : "À dix-huit ans, Pierre quitta la maison campagnarde où il était né. Au moment précis où il s’en alla, sa vieille mère infirme était dans Ie lit de la chambre bleue dans laquelle il y avait le daguerréotype de son père, des plumes de paon dans un vase, et une pendule représentant Paul et Virginie, et qui indiquait trois heures. Dans la cour, sous le figuier, son grand-père se reposait. Dans le jardin, il y avait sa fiancée, des roses et des poiriers luisants. Pierre alla gagner sa vie, dans un pays où il y avait des nègres, des perroquets, des caoutchoucs, de la mélasse, des fièvres et des serpents. Il y demeura trente ans. Au moment précis où il revint dans la maison campagnarde où il était né, la chambre bleue était devenue blanche, sa mère reposait au sein de Dieu, Ie portrait de son père n’était plus là, et les plumes du paon et le vase avaient disparu. Un objet quelconque remplaçait la pendule. Dans la cour, sous le figuier où son défunt grand-père se reposa, il y avait des écuelles cassées et une pauvre poule malade. Dans le jardin de roses et de poiriers luisants où fut sa fiancée, iI y avait une vieille dame. L’histoire ne dit pas qui elle était." Francis Jammes, Le Roman du lièvre (1922)    Fragmentation, continuité... modernité ?  Au-delà du constat et de la nécessaire définition des termes, le choix de la fragmentation, par opposition à la continuité et sa construction, est une manière de se positionner par rapport à des questionnements de notre époque. La pratique du fragment correspond à un désir de coller ou d'exprimer sa dimension nettement discontinue, fragmentée, mais aussi, plus largement, de se placer dans une posture réfractaire à toute tentative de donner un sens global et universel au monde. L'écriture fragmentaire refuse, de façon plus ou moins marquée et consciente, toute idée de "réalité" autre que dispersée, éclatée, réalité décousue, insaisissable dont le discours continu et logique ne serait plus apte à rendre compte.    Une sorte d’évidence entoure la notion de fragmentation dans l’art contemporain. En effet, dans une large part de la création contemporaine, règne le subjectif, le partiel, le relatif. En peinture, le glacis, le tableau construit ont laissé place, par exemple,  au collage, en art plastique, la sculpture a laissé place à l’installation.   Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette même tendance dans une partie de la littérature contemporaine. Il s’agit donc de renoncer à la continuité et, comme indiqué plus haut, renoncer à l’envie de tout expliquer, de tout articuler, de préciser les ellipses, d’assurer une continuité temporelle et une continuité des personnages au-delà des trous inévitables du récit.  Continuité temporelle et continuité spatiale sont remises en cause, mais aussi la continuité psychologique des personnages. Le personnage, et, par là, l’être humain, est-il unifié, existe-t-il comme continuité ? Le fragment est une façon de se placer du côté de la réponse négative.   Une partir de ce refus vient aussi de l’idée selon laquelle guider trop précisément le lecteur serait lui imposer une vision du monde dans lequel tout s’enchaîne et s’articule. La discontinuité, en laissant des vides, cherche à laisser plus de place au lecteur, l’auteur renonce à occuper le terrain, le texte s’ouvre, les possibles d'interprétation s’accroissent.   L’écriture fragmentaire correspond aussi à l’envie de ne pas expliquer et de ne pas juger : montrer, raconter et laisser des trous dans le récit, à la limite des incohérences, comme une façon d’écrire sans y toucher, sans s’engager.   La discontinuité se niche donc aussi et peut-être plus souvent encore - comme noté plus haut -  dans le style. Parfois, une histoire précise est racontée dans un style dit blanc, neutre, si minimaliste qu’elle peut être ressentie comme fragmentaire, mais le style n’est pas le sujet de cet article.    Ce qui est intéressant de noter ici, c’est que ce qui se joue au niveau du sens et ce qui se passe au niveau de la forme se rejoignent, s’il n’y a pas - pour l'auteur -  de possibilité de sens dans l'existence humaine, dans la suite des évènements, une discontinuité, une tendance au fragment apparait dans la forme du texte littéraire.    On peut évidemment relier ce retrait de la liaison et parfois même de toute construction à la disparition des grandes idéologies, des grands récits politiques ou religieux qui donnaient sens à l’histoire, remplacées par des objectifs plus modestes.    Dans beaucoup d’analyses du postmodernisme, la fragmentation est ainsi interprétée comme le signe d’un monde où les grands systèmes d’explication se sont effondrés, elle serait le symptôme d'une acceptation de la perte de tout sens global. Toute idée de totalité ou même de direction préférable serait ainsi devenue suspecte. Cette alternative entre, d'un côté, continuité -avec ses ellipses,  ses repères, sa construction, sa cohérence-  /  et, de l'autre, la fragmentation, a donc deux versants : Un versant positif, celui qui cherche à laisser plus de place au lecteur, limiter les explications. Et un second aspect plus contestable, l’absence de sens et, parfois, il faut bien le reconnaitre, le risque d'une facilité : le fragment, le  refus de donner un sens, de proposer une interprétation glisse et élude le travail de construction et de forme.  Et pour conclure, un autre enjeu important de l'écriture par fragments : L’écriture doit-elle être à l’image de la vision contemporaine du monde, se conformant au constat de la perte du sens ?   Ou doit-elle être chercher une voie nouvelle pour, au minimum, interroger cette perte de sens et de cohérence et peut-être, à sa façon, en proposant de nouvelles formes, dépasser l'impasse fragmentaire, et tenter d'y répondre ? C'est dans cette voie qui prend en compte les questionnements contemporains, mais ne se contente pas de les constater, que je place mon travail.      {loadmoduleid 197}  
06 mars 2026
RSS Image
Pour provoquer et explorer le mouvement du monologue intérieur,  la thématique du mouvement continu est efficace. Ce thème permet d'expérimenter l'idée de flux de conscience. On ne "coupe pas le moteur" ni dans la tête du personnage ni dans le véhicule en mouvement. Le texte retranscrit directement le monologue intérieur comme un "micro branché dans le cerveau". Exemples de textes écrits avec cette proposition : -  Trop fort  -  Départ         {loadmoduleid 197}  
05 mars 2026
RSS Image
La douleur réveille la nuit et l’esprit étonné s’aperçoit dans le noir. Fantôme, il court, de souvenirs en projets inaudibles. Il croit savoir, croit dire, il flotte. Une flèche le tient loin du repos, au-dessus du corps, il s’agite. Il espère que le temps va passer, qu’il va se délivrer de cette brume lancinante. Il erre, il radote, finit par se tourner, se retourner, cherche, sur le dos, sur le côté… une issue provisoire et déjà condamnée, car la douleur est là, tel un intrus qui frappe à la porte et jamais ne s’arrête, battement régulier, vainqueur et obstiné. Un instant, le sommeil parvient à effacer l’âcreté de ce bruit au creux de la vertèbre ou dans le pli de l’aine et puis le regard cherche, visite l’ombre derrière les rideaux. Un signe de l’aurore, une lueur infime ? Rien.Soudain tout bat plus fort, la nuit se transforme en désert, plus de ligne du temps pour orienter la course. Est-ce minuit, cinq heures ? Plus de frontière, un espace qui s’ouvre sans rien offrir qu’une errance pénible, à l’aveugle dans un océan exténuant. Il faudrait se soulever, saisir à tâtons la boite dans le tiroir et prendre la pilule grise, cette issue provisoire… Mais il faudrait un peu de force et d’oubli, car il n’est pas l’heure. Pas encore. Le long voyage se poursuit entre les eaux de la somnolence et les rochers de l’impatience, le drap est lourd, le matelas rigide, pas de posture pour accoster. L’eau est noire et profonde, pourtant l’on ne peut s’y noyer. On flotte à la recherche du repos. Et puis, venue de nulle part, une lumière glisse, doucement, le long du rideau, une coulée étrangement moite, visqueuse, s’émiette au fil de l’épais coton gris. Dans le lit, le corps, moite lui aussi, se tourne lentement, les yeux accrochés à la triste lumière. Le jour est là, enfin. C’est l’heure autorisée, un peu d’eau, une fraicheur épaisse dans la gorge et la dose qui va tout libérer.Et l’esprit se met à l’écoute. Il sait. Sait qu’il faut patienter.Dans le silence de la grande chambre, une toile de fond adoucit les angles du mur. Le rai de lumière s’amarre tendrement aux draps, s’élève une petite musique, oui, la douleur chantonne, berce, lancine encore un peu son tout petit refrain qui laissera sa trace, après disparition.La longue nuit, traversée de douleur, plane encore comme une odeur de renfermé, le matin se révèle imbibé de combats. Un peu d’humanité se grave, s’enracine dans les spirales du cerveau. Un ensemencement de la douleur dans la chair, ou ensemencement de la chair par la douleur, n’est-ce pas cela que l’on appelle, l’incarnation ?Mais pour l’instant, c’est l’heure de la fuite.Les molécules circulent et l’esprit, aux aguets, reste curieux de voir comment, le serpent, la chose, la brûlure va se métamorphoser.Redeviendra bientôt le petit animal fidèle, le locataire du début, celui qui ne gênait pas trop. Celui à qui l’on n’a pas pu, pourtant, s’habituer. On l’a invité à sa table, pour tenter de l’apprivoiser, et c’est lui qui a choisi le menu, l’a imposé. Un envahisseur, qui tout de même, en guise de loyer, a enseigné, à sa façon, les lois de l’hospitalité. Accueillir avec grâce, les petits renoncements, les grands mouvements de recul vers la résignation joyeuse à la vie serrée entre ses murs. Professeur d’unité du corps et de l’esprit, non plus le roseau pensant, ou la tête régnante, mais la conscience de l’unité, il permet de savoir, à chaque seconde, que le corps tient l’esprit au bout de chaque nerf.Peu à peu, par le sang, la chimie fait son œuvre.Les muscles se détendent, les membres sont plus longs, le dos s’enfonce, le corps s’éloigne, se dégage de l’avalanche, de la longue coulée du chemin de douleur, éboulis d’éperons et de larmes qui glissent, s’étalent dans le lit moins brulant, moins acide, la tension se défait.L’esprit inspecte prudemment, se répand dans le corps, maintenant plus tranquille, dans les os et la chair, labyrinthe piégé. Quoi, plus rien, plus une goutte de souffrance ? Le cerveau étonné se glisse par la porte, il sourit, sans bouger, il jouit de ces riens, se repait de l’absence d’influx, il a bien retenu les leçons de sa fragilité.Sage, prudent, tel un homme averti qui sait qu’il ne faut pas hausser le ton au risque d’éveiller les monstres endormis, le calme est précieux, silence harmonieux qu’un seul mot maladroit pourrait bientôt casser. L’esprit, tout incrédule encore, méfiant, parcourt le corps en toute impunité.Les bras s’ouvrent et le regard s’échappe.Et le moi enfermé accepte la lumière, elle était étrangère, elle se fait gaieté.Le rayon se renforce, efface provisoirement l’usure intérieure et vient même l’envie de se lever, de tirer le rideau, de…Non, surtout ne pas briser d’un geste un peu trop net, le moment du répit !L’immobilité laisse le corps chanter, chanson douce de souffle qui parcourt librement, une chanson d’unité d’un corps silencieux que l’on n’ose pourtant pas appeler à bouger.Peu à peu, dans le jour, maintenant installé, le corps, de nouveau disponible, fidèle, semble soudain possible. Il est là, entier, signale sa présence, en toute innocence et l’évidence d’être là, libre comme là-haut, les nuages défilent, bleus, simples et blancs. Légers. Derrière le plafond, l’esprit flotte s’envole, il pourrait les compter !Il se souvient comme d’un fantôme de la légèreté et du corps silencieux qui répond, fidèle aux attentes, de cette possibilité d’être une tête libre et du corps disponible à toutes ses lubies. Il part au loin, joyeux, se pose sur le calme de la mer apaisée. Sérénité de la dernière vague qui file sur le sable, se défait, se pose sur l’absence de signe, le calme des influx du système nerveux en milliers de repos, en un souffle d’air frais ; la pensée disparaît dans la l’épaisseur du rien. Béatitude de la transparence et des sensations fines comme des chairs d’enfants qu’on ose à peine effleurer.Bonheur de quelques heures ou de quelques minutes.Totalité provisoire. Douce moisson d’éternitéQu’il est doux de s’abandonner !Et de ne pas savoir, encore, qu’à la fin, c’est la pilule grise, la dose de morphine qu’il faudra juguler.             {loadmoduleid 197}  
Taille du texte: +

En ce temps là...

images-88

Et il fut un temps où plus personne ne pouvait sortir de chez soi. C'était devenu dangereux. Et interdit. Une sorte de silence ouaté envahit la ville et la campagne, en France, mais aussi en Italie,dans toute l'Europe et même dans le monde entier. C'était inédit, impensable, incroyable. Mais vrai!

Les rues des métropoles chinoises étaient vides, des hauts parleurs, des drones criaient des ordres pour obliger les récalcitrants à rentrer chez eux. A Paris, Rome, Madrid, Berlin, Singapour, New York... tout avait changé.On n'était pas dans un film catastrophe, ce n'était pas Mars qui attaquait. C'était nos vies qui étaient menacées, sur notre planète terre, par un tout petit virus qui portait couronne mais qui se propageait à une vitesse exponentielle. Tous ne mourraient pas. Seuls les ainés et les plus fragiles tombaient comme des mouches. Mais beaucoup étaient touchés et à force, même les résistants, les incrédules, les farauds de la première heure se mirent à avoir peur et à observer les règles. Chacun écoutait les informations en boucle, le président comme s'il pouvait être un père sauveur,chacun se laissait sidérer en écoutant chaque jour monter le nombre des malades et des morts. Pour se rassurer on communiquait volontiers et plus que jamais avec sa famille et ses amis par téléphone, par mail, par skype. Heureusement qu'internet avait été inventé !

Au quotidien chacun vivait la situation à sa manière.

Hubert tourne dans son appartement parisien comme un lion en cage. Il a 40 ans, un job qui lui plait dans la téléphonie, plein de copains, le goût des petits bars autour de Montparnasse. C'est un Corona man. La convivialité nait tout de suite le vendredi soir rue de la Gaité autour d'un bon bock de bière. Hubert aime cette fraternité là. Il en a besoin. Elle lui manque terriblement dans son 4e étage sans balcon,comme lui manque son amie qui est confinée quelque part loin de lui, en province. Il est seul et il cherche un sens à tout cela. Il n'en trouve pas, il déprime.

Simone a 95 ans. Il y a cinq ans elle a quitté l'Auvergne pour entrer en maison de retraite dans le midi près de chez ses enfants. C'est une petite mémé aux frisettes blanc bleu, pimpante, à la démarche encore énergique. Sans être une grande élégante elle est soignée, elle porte toujours un foulard de couleur vive autour de son cou. Assorti à sa tenue. Enfin, en général, car elle n'y voit plus guère. Depuis deux semaines Simone est mal coiffée. Parce que la coiffeuse ne vient plus à l'EPHAD. Pas plus que le kiné ou la pédicure. Et les visites sont interdites. Pourtant ce qui gène le plus Simone c'est qu'elle ne peut plus aller au village acheter la crème qu'elle aime rajouter dans sa soupe. La gourmande !Autrement son rythme de vie n'a pas trop changé, les animateurs sont dévoués et s'efforcent d'occuper les résidents au mieux. On leur a bien expliqué la situation mais manifestement cela n'a pas été totalement assimilé par l'entendement de Simone. Elle dit à sa fille qui lui téléphone tous les matins à heure fixe: « Nous sommes des pestiférés ». Sa fille lui répond : « Mais non maman, au contraire, on cherche à te protéger de la maladie ». Et elle lui raconte l'histoire de Laurence dont le mari Laurent est atteint par le coronavirus, ils sont confinés avec deux enfants dans un petit appartement. Simone fait mine de s'intéresser : « Ah bon et c'est contagieux ça ? »…

Laurence et Laurent ont un appartement coquet mais pas si grand que ça pour quatre personnes dont deux petits diables qui aiment bouger. A Paris dans les beaux quartiers lesm² ne se négocient pas facilement. Laurent est fiévreux, patraque, un jour mal, un jour mieux. Il ronchonne car il n'aime pas être malade, il n'a pas l'habitude, c'est un hyper actif plein d'idées, créatif. Laurence ne sait plus où donner de la tête et des deux mains entre son activité professionnelle à suivre, son mari et ses bambins qui calent parfois sur les devoirs à faire via internet. Au diable les fractions, la multiplication des nombres décimaux et la symétrie axiale ! Elle lève parfois les yeux au ciel se demandant ce qui est pire entre un mari malade et deux enfants pleins de vie à canaliser. Sa mère disait souvent qu'un homme malade c'était beaucoup plus grave qu'une femme atteinte de la même maladie. Elle se dit : « ma mère avait raison ! ».

Dans son logis prés de Joinville le Pont, Lucile est confinée avec son chat. Ses enfants sont chez leur papa, elles les aura avec elle la semaine prochaine. Alors elle en profite pour avancer dans son travail à distance qui n'a pas faibli. Elle aura tout son temps pour eux ensuite. Elle les sent inquiets, il faut qu'elle les fasse parler, qu'elle trouve les mots pour les rassurer. Chaminou, lui, est le plus heureux de tous les chats de la terre. Le confinement il connaît, il en a fait un art au quotidien. Et avoir sa maitresse en permanence pour lui tout seul, quelle aubaine ! Lucile se construit chaque matin un bon moral en organisant son temps entre travail, marche (un peu) sur les bords de Marne, rangements, courses alimentaires, gymnastique et même danse tahitienne car sa prof propose un cours en vidéo. C'est chouette. La crise stimule les imaginations et la créativité. L'autre jour elle a halluciné en voyant arriver sur son écran ce spam : « Confinement, c'est le moment de faire le plein de sextoys... nous pensons fort à vous et vous proposons un peu de folie...». Mais elle a entendu aussi que des hackers avaient décidé de cesser leurs attaques contre les Centres Hospitaliers et qu'ils avaient joué les Robin des bois en punissant un fabricant de respirateurs qui avait augmenté ses prix de façon astronomique… Quand il lui reste un peu de temps elle peaufine son album photo sur le Rajasthan. Elle se dit qu'elle a eu bien raison d'emmener ses enfants là bas parce qu'ils ont aimé ce pays de couleurs, ses paysages, ses gens si gentils, si naïvement curieux. Que ce voyage est une vraie leçon de vie pour des ados, qu'il leur a donné une idée de la fragilité des choses. Elle est triste car elle vient d'entendre que l'Inde aussi était entrée en confinement. Elle se demande comment les Indiens (1,3 milliards d'individus, le tiers de la planète) eux qui vivent dans la rue et en communauté vont pourvoir gérer ça. Elle pense que les conséquences psychologiques de cette crise seront lourdes et vont compliquer les effets des conséquences économiques. Que chacun va devoir changer en profondeur. Peut être devenir plus attentifs aux autres ?

Pierrot et Pierrette ne sont pas les plus malheureux dans leur petit pavillon de banlieue près de Sartrouville. D'abord ils sont à la retraite, donc ils n'ont pas à se préoccuper de devoir assurer leur travail ou d'en être privés. Ensuite ils ont un jardin et une jolie vue sur les collines de St Germain en Laye. Pierrot dit volontiers de lui qu'il ne marche plus qu'avec des accessoires : pour voir, pour entendre, pour respirer en dormant la nuit. Mais il ne renonce pas. Chaque matin il étire consciencieusement ses muscles récalcitrants. Et tout se remet en route. Pierrette n'est pas plus souple que lui mais beaucoup moins disciplinée. Elle, ce sont les mots qui l'obsèdent: ceux qu'elle lit, ceux qu'elle écrit, ceux qu'elle entend. C'est une éponge. Elle donnerait sa vie pour un bon mot. Enfin, pas seulement. Elle vit surtout pour son Pierrot, leur famille et leurs amis. Entre gazon et mironton, ils essaient tous deux de réfléchir à ce qui se passe, de mettre des mots sur tout ça. Ils avaient 18 ans en 1968, l'époque où il était interdit d'interdire, où l'imagination était sensée avoir pris le pouvoir. Ils ont connu l'amour sans contraception, l'amour sans le sida, la consommation « allons y joyeusement » et le quotidien sans préoccupation écologique. Comment donc sont venus la pollution extrême, la détérioration de la planète, la mondialisation à outrance et les risques de pandémies ?

Depuis une semaine Sylvie bataille chaque jour pour se rendre du nord de Paris où elle habite jusqu'au faubourg St Antoine pour prendre son service dans l'hôpital du même nom. Elle est infirmière en réanimation, elle sait combien son travail est vital en cette période. Alors elle ne ménage ni son temps ni sa peine. Elle court dans les couloirs pour parer au plus pressé, accueillir, préparer, organiser, trier, répertorier, prévenir, alerter, piquer, intuber, rassurer… Elle a toujours eu la vocation chevillée au corps, elle y croit. Bien sûr c'est très dur en ce moment. Les gardes s'enchainent qui durent 7 heures, et peuvent se prolonger jusqu'à 10 heures au final ! Ils manquent parfois de blouses, de masques, de gel, de lits. A quoi pensent ils la haut, nom d'une petite pipe ? Avec cette pénurie intermittente il faut mettre sous clé ces biens précieux… C'est lourd de devoir s'habiller en scaphandrière à chaque fois, de se protéger, de faire attention, de faire vite et bien malgré la fatigue. La peur rode. Ses enfants et ses parents ont peur pour elle. Elle, ce qui la vide c'est de devoir laisser les patients seuls dans leurs chambres, calfeutrés avec leurs angoisses, sans le soutien de leurs proches. Et on ne s'habitue pas à perdre des malades, parfois si brusquement, si absurdement. Cela pèse sur les ressources physiques et morales. L'autre jour elle s'est endormie sur son écran d'ordinateur. Bien sûr elle se sent soutenue par la cohésion de l'équipe, par une sorte de solidarité générale, par l'opinion publique. C'est comme s'ils étaient devenus, eux tous les soignants, les héros de la nation. Tous les soirs à 20h il y a des gens qui applaudissent aux fenêtres. Ils reçoivent des sandwichs, des salades faciles à manger, des repas tous prêts que des restaurateurs leur offrent généreusement. Il paraît que des taxis prennent gratuitement à leur bord les personnels médicaux. Tiens, faudrait qu'elle se renseigne...

A Compiègne Roberta est seule dans sa petite maison en bordure de forêt. Elle ne peut même pas aller s'y promener, c'est interdit. Ellesouffre de sa solitude mais elle se sent soulagée que son mari Bernard soit décédé il y a six mois, avant tout ce bazar. Elle s'apaise en se disant qu'elle a pu l'accompagner de sa sollicitude pendant toutes ces semaines, même les plus atroces, les dernières, celles des soins palliatifs. Ils ont pu se dire au revoir, détacher peu à peu les fils de leur long compagnonnage. Des fils dénouées mais pas cassés. C'est comme si elle vivait encore avec lui, elle lui parle, elle sent sa présence, son odeur est encore dans la maison. Ils n'ont pas eu d'enfants mais elle n'a pas de regrets. Son métier de professeur d'espagnol a comblé quelques unes de ses espérances. Elle l'a vécu avec passion. Elle a encore des contacts avec certaines de ses anciennes élèves. L'autre jour elle a parlé par skype avec Manon. Elle l'a laisséeexprimer ses angoisses à propos de sa mère Sylvie en première ligne à l'hôpital, son incompréhension de la situation actuelle qui trouble et menace ses jeunes certitudes. Elle l'a écoutée, rassurée, conseillée. Ça elle sait faire. Elle se dit que c'est sa façon d'être encore utile alors que l'essentiel de sa vie est derrière elle, qu'elle a mangé presque tout le gâteau qui lui avait été donné. Non elle n'a pas peur de la mort, elle est inéluctable, elle arrivera tôt ou tard. Alors cette petite Manon c'est la chaine de transmission.

A Brooklyn, Gilles suit avidement les nouvelles qu'égrenent les chaines d'info américaines et aussi les françaises. Il est l'un de ces Français qui travaillent à NYC. Il y est depuis 6 ans et il appartient aux deux pays. Sa femme Line passe aussi beaucoup de temps à s'informer, elle voit venir une situation sanitaire mondiale dramatique depuis longtemps. C'est par nature une inquiète et une prévoyante. Aussi les frigos, les placards et les congélateurs de la maison sont pleins. Il faut nourrir deux adultes et deux ados qui ont plutôt bon appétit. Les deux filles et leur mère sont à la maison en télétravail et en devoirs à distance. Pendant un temps Gilles parvenait à aller à son bureau à vélo. La plupart des autres collaborateurs étaient en télétravail, il était tranquille dans le vaste open space, tout seul avec sa petite plante verte ! Mais cette semaine le voilà confiné « at home »par obligation. Par chance l'appartement a une terrasse sur le toit. La vue sur Manhattan au loin y est superbe et c'est une manière de s'aérer. Gilles et Line s'inquiètent, ils savent que les USA n'ont pas de système social adapté pour soutenir les gens malades. Le Président a commencé par se moquer de la crise avant de virer de bord en martelant qu'en Amérique tout est fait pour juguler l'épidémie. « On s'en occupe ! »Et d'ailleurs Dieu n'est il pas automatiquement du coté des Américains ? Mais cela n'a manifestement pas rassuré les consciences. Dans plusieurs métropoles du Texas et de Californie les ventes d'armes ont considérablement augmenté. Pensent ils vaincre le coronavirus avec des fusils ?

La peur. Elle rode, elle fait sortir les rats des égouts.

Guillaume est médecin généraliste dans une petite ville du Gard. Le cabinet qui compte plusieurs médecins s'est organisé pour répartir les RV et accueillir les patients avec la distanciation et la sécurité nécessaires. Dans le même temps il renseigne par téléphone et gère les inquiétudes. En amont des réunions avaient eu lieu pour anticiper les besoins. Il a été question de remettre en service un local désaffecté de l'ancien hôpital pour pouvoir y accueillir si besoin des malades atteints par le coronavirus. Les réunions ne comptaient que des responsables de la Mairie et des médecins de la ville. Mais l'info a fuité dans la presse. Peu de temps après, une nuit, le local a été fracturé! Heureusement aucun matériel n'y avait été entreposé. Encore plus insensé : Guillaumea lui même, à son domicile été victime d'une tentative de cambriolage. Comme si un médecin allait stocker chez lui des masques, du gel ou des médicaments ! Et ce que des petits crétins sont capables de faire à titre personnel, des Etats sont aussi capables de s'en rendre coupables. Ainsi cette histoire inconcevable d'une cargaison de masques envoyée par avion par la Chine à l'Italie, faisant escale en République tchèque et y étant confisquée par les douanes au profit du peuple Tchèque !

Le monde entier a pris un virage à 180°, c'est normal que beaucoup peinent às'adapter. Entre le je m'en foutisme et la panique totale y aura t il un espace pour un calme à conquérir ? Les solutions aux drames économiques qui vont découler de ce gel brutal et complet de toutes activités, aux catastrophes personnelles qu'elles entraineront ne peuvent venir que d'un effort de réflexion collectif et d'un esprit de solidarité. Seront ils assez forts pour conjurer les individualismes forcenés, la voracité des rats et des requins ? On s'aperçoit aussi que cela menace de durer, plus qu'on imaginait. On n'a pas d'expérience physique du confinement à ce point là. Quand ce sera fini va t on reprendre sa vie là où on l'avait laissée ? Ou bien aura t on appris de cette crise sans précédent ? Les recettes restent encore à inventer.

Le mois de mars se termine, les arbres bourgeonnent déjà, le printemps nous appelle.

Le monde d'après commence maintenant !

Prisonnière
Elle

Sur le même sujet:

 

Commentaires 1

Sylvie Reymond Bagur le lundi 30 mars 2020 16:58

Premier texte de confinement! Ecrire, lire, partager sans se voir, sans se toucher autrement qu'émotionnellement... C'est permis n'est-ce pas?
Alors profitons-en!
Amitiés à tous, Sylvie

Premier texte de confinement! Ecrire, lire, partager sans se voir, sans se toucher autrement qu'émotionnellement... C'est permis n'est-ce pas? Alors profitons-en! Amitiés à tous, Sylvie
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
vendredi 13 mars 2026
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

11 septembre 2020
Elle rêvait… Par la fenêtre ouverte, elle sentait le vent, elle respirait l'odeur de la mer, elle s'en imprégnait, se laissait emporter – grisée. Elle...
2079 lectures
22 mars 2025
Ma fille n'est jamais revenue en Europe.À l'hôtel ils me disent : on se souvient vaguement d'elle, mais bon, pour nous, sans vous vexer, un blanc ress...
681 lectures
9 janvier 2023
Il est dix heures, je pousse la porte. Son grincement fouille mes nerfs comme une lame de couteau, l'augure d'une lutte future résonne à mes oreilles....
1345 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Conte Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Indicible Instant Intelligence artificielle Ironie Jalousie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Pronoms Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom