Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Laurent E.
13 mars 2026
Textes d'ateliers

Au fond de nous-mêmes nous désirons tous qu'arrive vite le jour du drame. J'ai compris que j'allais l'épouser le jour où j'ai rencontré sa mère. Une femme veuve discrète et introvertie. Une première observation qui me laissait entrevoir ce que sa fille pourrait devenir. Elle m'a serré la main trop l...

Derniers commentaires

Invité - Jean-François D
17 mars 2026
subtilement glaçant!
Invité - Laurent Espin
15 mars 2026
Merci Delphine pour ton message, il m’encourage beaucoup à continuer d’écrire. J’espère qu...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

06 mars 2026
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Jacques Villon, Portrait de J.L.B. Temporalité et écriture La littérature, le roman en particulier, peuvent raconter des vies entières en quelques pages et, même si l’auteur se donne des centaines ou des milliers de pages, il lui  faudra choisir, sélectionner et se centrer sur certains moments qui lui semblent représentatifs ou nécessaires à son récit. Pour passer de l'un à l'autre  de ces temps "racontés", la narration effectue un « saut » et il existe plusieurs façons de le concevoir et de l'articuler au récit, ces différentes options narratives, ces diverses façons de passer d'un temps à l'autre se distinguent notamment par leur rapport au tout, à la totalité de l'histoire, à sa suite temporelle complète.     L’ellipse : maintien d’une chronologie lisible Ces sauts, quand ils sont faits en reliant entre eux les moments racontés, s'appellent des ellipses.     L'ellipse omet, "saute" une portion de temps, d’action, mais elle le fait dans un cadre temporel qui reste globalement ordonné et repérable. Le texte fournit pour cela des indices (adverbes, dates, saisons, âges des personnages,  données temporelles, un court résumé de ce qui s’est passé entretemps etc.) qui indiquent au lecteur la suppression d’un segment de l’histoire et lui permettent de situer mentalement l’ellipse dans une chronologie comme le « Quelques mois plus tard… » de Patrick Modiano dans  Rue des boutiques obscures.   Même quand l’ellipse est brutale  : « Seize ans plus tard. » écrit Victor Hugo, elle sous-entend une temporalité repérable.   Les différents moments du texte ainsi réunis par l’ellipse ne sont donc pas des fragments autonomes : ils restent des moments d’une même chaîne causale et chronologique séparés par un moment sous-entendu: le temps manquant existe dans l’histoire, il est évoqué, affirmé comme non raconté. Le lecteur perçoit une continuité partiellement énigmatique ou laissée dans l’ombre, mais encadrée et située clairement. L’ellipse ne fragmente donc pas le texte : elle est un outil qui permet de condenser le récit.   Les fragments, des segments autonomes L'ellipse situe l'extrait par rapport à la totalité, au minimum par rapport à l'extrait précédent, comme un morceau d'un puzzle se présente en tant que partie d'un tout.   Le fragment refuse cette référence, il se présente comme un tout séparé. Il laisse les moments absents totalement dans l’ombre, sans repère temporel pour les situer les uns par rapport aux autres, le récit n’est plus simplement discontinu, mais fragmenté. Le lien peut être fait, ou pas, par le lecteur, mais la totalité devient une référence floue, très allusive ou indirecte. Il n'y a plus de référence à une temporalité repérable que l'on pourrait reconstituer.     Exemple d'écriture fragmentaire hors fiction dans Les Ombres errantes de Pascal Quignard, ouvrage composé d’une succession de fragments méditatifs. « Lire, c’est quitter le monde visible.Celui qui ouvre un livre se retire.Il abandonne le bruit commun pour une voix silencieuse.La lecture est une solitude partagée avec un mort.  Dans les livres, les morts parlent aux vivants.La voix qui vient de la page n’appartient plus à personne.Elle a traversé le temps.C’est une parole sauvée de l’oubli. »   Exemple dans la fiction dans Les Vagues de Virginia Woolf, ce roman est composé de monologues successifs de différents personnages, sans transition narrative. Chaque prise de parole forme un fragment autonome. Fragment 1 : monologue de Bernard« Les feuilles tombent ; les feuilles tombent sans cesse.J’erre dans les rues de Londres, inventant des histoires.Chaque visage que je croise devient le début d’un récit.Pourtant, au moment où je veux saisir ces histoires, elles s’évanouissent. »Fragment 2 qui enchaine  : monologue de Susan« J’aime les champs humides et les odeurs de l’étable.Ici, la terre est solide sous mes pieds.Les villes me troublent ; leurs voix se croisent sans repos.Je préfère le rythme lent des saisons et le pas régulier des bêtes. »   L'idée de fragment se retrouve à tous les niveaux du texte :  Au niveau d'éléments temporels séparés, non reliés par une ellipse, le fragment concerne la chronologie,  le temps est coupé. Il peut être  ponctuel, réversible, ou suspendu ; le temps fragmenté ne s’écoule pas vraiment. Au niveau stylistique, la fragmentation se fait essentiellement par des phrases sont juxtaposées. En ce qui concerne la construction globale, la fragmentation se fait au travers de matériaux hétérogènes sans marqueurs logiques ou causaux explicites. Les parties séparées se suivent avec une relation qui  peut rester flottante ou associative et qui relève davantage de la résonance, de l’écho, de la juxtaposition, de la variation ou de la contradiction que de la succession ordonnée. Contrairement au montage ou à la construction classique, les fragments ne sont pas nécessairement organisés en système. Le mot qui caractérise le mieux  le fragment, c'est l'autonomie. Le fragment est un texte bref mais complet. On parle alors de texte fragmentaire, de narration éclatée, d'écriture discontinue.   Dans sa forme la plus radicale (Blanchot, Cioran tardif, certaines proses de Jabès, Handke dans Le Malheur sans désirs, ou encore Pascal Quignard), le fragment ne se situe pas dans une hiérarchie et leur ordre peut être modifié sans détruire l'ensemble ou sans que l'on puisse y voir une faille par rapport à une hiérarchie narrative. Cette déconstruction de l'idée de totalité et d'ordre est parfois désignée comme  le « non-lien » ou le « rapport sans rapport » (Blanchot). Le fragment a été inauguré par Friedrich Schlegel et la tradition romantique. « La littérature est le fragment de tous les fragments » a pu écrire Goethe. Le fragment n’est pas un morceau d’un tout, mais une forme ouverte. On peut parler aussi d'une poétique différente de celle de l'ellipse : d'une tentation ou d'une recherche de l’inachèvement.   Fragmentation, concentration, condensation L'expression « écriture fragmentaire » peut recouvrir des formes différentes qu'on ne peut simplement assimiler et résumer par l'idée de discontinuité. La « fragmentation » n’est pas un procédé unique, mais une famille de formes de ruptures selon le niveau et le type d'autonomie recherchés.   Il faut rappeler que de nombreux textes, notamment contemporains, utilisent à la fois l'ellipse temporelle et une forme de fragmentation dans des orientations multiples. La frontière ellipse / fragment (et c'est le propre de toute notion littéraire, nous ne sommes pas en mathématique...) devient parfois poreuse.  On peut citer dans le domaine poétique René Char avec des fragments très autonomes, mais parfois une thématique de la Résistance ou une chronologie émotionnelle diffuse les relie subtilement. Et dans l'autofiction : Annie Ernaux, dans certains livres comme Les Années, mélange écriture fragmentaire et ellipses temporelles très marquées avec une chronologie historique quand même lisible.   Notons égalment que l'écriture fragmentaire peut aussi se marquer, non par l'absence de repère mais par une proportion texte/totalité. Raconter une existence humaine en quelques paragraphes séparés, même avec quelques indications, procède du fragment. Trop de choses manquent pour que la perception de la discontinuité, du vide, ne prime pas sur celle d'une totalité.  On peut placer dans cette catégorie le livre «Roland Barthes par Roland Barthes », une biographie que l'auteur veiut "éclatée" en chapitres comment autant de fragments de vie avec comme incipit, par exemple : Au moment du premier cri… Au tableau noir… La première fois qu…. A trente ans…  La dernière fois qu… A son dernier instant…   Les repères temporels sont là, mais la chronologie complète s'estompe au profit d'instantanés qui, certes renvoie à l'idée de biographie, mais celle-ci, largement absente, ne peut qu'être très partiellement reconstituée.   Beaucoup de textes ne sont pas fragmentés au sens de complètement décousus et composés de morceaux sans liens explicites, mais la façon de raconter par de menus éléments, des micro scènes pour évoquer un temps très long, laissant tout le reste dans l'ombre sont tellement concentrés, condensés qu'ils donnent une impression de fragmentation malgré les ellipses et repères. Exemple d' écriture ellpitique, concentrée jusqu'au fragmentaire et pourtant très évocatrice : "À dix-huit ans, Pierre quitta la maison campagnarde où il était né. Au moment précis où il s’en alla, sa vieille mère infirme était dans Ie lit de la chambre bleue dans laquelle il y avait le daguerréotype de son père, des plumes de paon dans un vase, et une pendule représentant Paul et Virginie, et qui indiquait trois heures. Dans la cour, sous le figuier, son grand-père se reposait. Dans le jardin, il y avait sa fiancée, des roses et des poiriers luisants. Pierre alla gagner sa vie, dans un pays où il y avait des nègres, des perroquets, des caoutchoucs, de la mélasse, des fièvres et des serpents. Il y demeura trente ans. Au moment précis où il revint dans la maison campagnarde où il était né, la chambre bleue était devenue blanche, sa mère reposait au sein de Dieu, Ie portrait de son père n’était plus là, et les plumes du paon et le vase avaient disparu. Un objet quelconque remplaçait la pendule. Dans la cour, sous le figuier où son défunt grand-père se reposa, il y avait des écuelles cassées et une pauvre poule malade. Dans le jardin de roses et de poiriers luisants où fut sa fiancée, iI y avait une vieille dame. L’histoire ne dit pas qui elle était." Francis Jammes, Le Roman du lièvre (1922)    Fragmentation, continuité... modernité ?  Au-delà du constat et de la nécessaire définition des termes, le choix de la fragmentation, par opposition à la continuité et sa construction, est une manière de se positionner par rapport à des questionnements de notre époque. La pratique du fragment correspond à un désir de coller ou d'exprimer sa dimension nettement discontinue, fragmentée, mais aussi, plus largement, de se placer dans une posture réfractaire à toute tentative de donner un sens global et universel au monde. L'écriture fragmentaire refuse, de façon plus ou moins marquée et consciente, toute idée de "réalité" autre que dispersée, éclatée, réalité décousue, insaisissable dont le discours continu et logique ne serait plus apte à rendre compte.    Une sorte d’évidence entoure la notion de fragmentation dans l’art contemporain. En effet, dans une large part de la création contemporaine, règne le subjectif, le partiel, le relatif. En peinture, le glacis, le tableau construit ont laissé place, par exemple,  au collage, en art plastique, la sculpture a laissé place à l’installation.   Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette même tendance dans une partie de la littérature contemporaine. Il s’agit donc de renoncer à la continuité et, comme indiqué plus haut, renoncer à l’envie de tout expliquer, de tout articuler, de préciser les ellipses, d’assurer une continuité temporelle et une continuité des personnages au-delà des trous inévitables du récit.  Continuité temporelle et continuité spatiale sont remises en cause, mais aussi la continuité psychologique des personnages. Le personnage, et, par là, l’être humain, est-il unifié, existe-t-il comme continuité ? Le fragment est une façon de se placer du côté de la réponse négative.   Une partir de ce refus vient aussi de l’idée selon laquelle guider trop précisément le lecteur serait lui imposer une vision du monde dans lequel tout s’enchaîne et s’articule. La discontinuité, en laissant des vides, cherche à laisser plus de place au lecteur, l’auteur renonce à occuper le terrain, le texte s’ouvre, les possibles d'interprétation s’accroissent.   L’écriture fragmentaire correspond aussi à l’envie de ne pas expliquer et de ne pas juger : montrer, raconter et laisser des trous dans le récit, à la limite des incohérences, comme une façon d’écrire sans y toucher, sans s’engager.   La discontinuité se niche donc aussi et peut-être plus souvent encore - comme noté plus haut -  dans le style. Parfois, une histoire précise est racontée dans un style dit blanc, neutre, si minimaliste qu’elle peut être ressentie comme fragmentaire, mais le style n’est pas le sujet de cet article.    Ce qui est intéressant de noter ici, c’est que ce qui se joue au niveau du sens et ce qui se passe au niveau de la forme se rejoignent, s’il n’y a pas - pour l'auteur -  de possibilité de sens dans l'existence humaine, dans la suite des évènements, une discontinuité, une tendance au fragment apparait dans la forme du texte littéraire.    On peut évidemment relier ce retrait de la liaison et parfois même de toute construction à la disparition des grandes idéologies, des grands récits politiques ou religieux qui donnaient sens à l’histoire, remplacées par des objectifs plus modestes.    Dans beaucoup d’analyses du postmodernisme, la fragmentation est ainsi interprétée comme le signe d’un monde où les grands systèmes d’explication se sont effondrés, elle serait le symptôme d'une acceptation de la perte de tout sens global. Toute idée de totalité ou même de direction préférable serait ainsi devenue suspecte. Cette alternative entre, d'un côté, continuité -avec ses ellipses,  ses repères, sa construction, sa cohérence-  /  et, de l'autre, la fragmentation, a donc deux versants : Un versant positif, celui qui cherche à laisser plus de place au lecteur, limiter les explications. Et un second aspect plus contestable, l’absence de sens et, parfois, il faut bien le reconnaitre, le risque d'une facilité : le fragment, le  refus de donner un sens, de proposer une interprétation glisse et élude le travail de construction et de forme.  Et pour conclure, un autre enjeu important de l'écriture par fragments : L’écriture doit-elle être à l’image de la vision contemporaine du monde, se conformant au constat de la perte du sens ?   Ou doit-elle être chercher une voie nouvelle pour, au minimum, interroger cette perte de sens et de cohérence et peut-être, à sa façon, en proposant de nouvelles formes, dépasser l'impasse fragmentaire, et tenter d'y répondre ? C'est dans cette voie qui prend en compte les questionnements contemporains, mais ne se contente pas de les constater, que je place mon travail.      {loadmoduleid 197}  
06 mars 2026
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Pour provoquer et explorer le mouvement du monologue intérieur,  la thématique du mouvement continu est efficace. Ce thème permet d'expérimenter l'idée de flux de conscience. On ne "coupe pas le moteur" ni dans la tête du personnage ni dans le véhicule en mouvement. Le texte retranscrit directement le monologue intérieur comme un "micro branché dans le cerveau". Exemples de textes écrits avec cette proposition : -  Trop fort  -  Départ         {loadmoduleid 197}  
05 mars 2026
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La douleur réveille la nuit et l’esprit étonné s’aperçoit dans le noir. Fantôme, il court, de souvenirs en projets inaudibles. Il croit savoir, croit dire, il flotte. Une flèche le tient loin du repos, au-dessus du corps, il s’agite. Il espère que le temps va passer, qu’il va se délivrer de cette brume lancinante. Il erre, il radote, finit par se tourner, se retourner, cherche, sur le dos, sur le côté… une issue provisoire et déjà condamnée, car la douleur est là, tel un intrus qui frappe à la porte et jamais ne s’arrête, battement régulier, vainqueur et obstiné. Un instant, le sommeil parvient à effacer l’âcreté de ce bruit au creux de la vertèbre ou dans le pli de l’aine et puis le regard cherche, visite l’ombre derrière les rideaux. Un signe de l’aurore, une lueur infime ? Rien.Soudain tout bat plus fort, la nuit se transforme en désert, plus de ligne du temps pour orienter la course. Est-ce minuit, cinq heures ? Plus de frontière, un espace qui s’ouvre sans rien offrir qu’une errance pénible, à l’aveugle dans un océan exténuant. Il faudrait se soulever, saisir à tâtons la boite dans le tiroir et prendre la pilule grise, cette issue provisoire… Mais il faudrait un peu de force et d’oubli, car il n’est pas l’heure. Pas encore. Le long voyage se poursuit entre les eaux de la somnolence et les rochers de l’impatience, le drap est lourd, le matelas rigide, pas de posture pour accoster. L’eau est noire et profonde, pourtant l’on ne peut s’y noyer. On flotte à la recherche du repos. Et puis, venue de nulle part, une lumière glisse, doucement, le long du rideau, une coulée étrangement moite, visqueuse, s’émiette au fil de l’épais coton gris. Dans le lit, le corps, moite lui aussi, se tourne lentement, les yeux accrochés à la triste lumière. Le jour est là, enfin. C’est l’heure autorisée, un peu d’eau, une fraicheur épaisse dans la gorge et la dose qui va tout libérer.Et l’esprit se met à l’écoute. Il sait. Sait qu’il faut patienter.Dans le silence de la grande chambre, une toile de fond adoucit les angles du mur. Le rai de lumière s’amarre tendrement aux draps, s’élève une petite musique, oui, la douleur chantonne, berce, lancine encore un peu son tout petit refrain qui laissera sa trace, après disparition.La longue nuit, traversée de douleur, plane encore comme une odeur de renfermé, le matin se révèle imbibé de combats. Un peu d’humanité se grave, s’enracine dans les spirales du cerveau. Un ensemencement de la douleur dans la chair, ou ensemencement de la chair par la douleur, n’est-ce pas cela que l’on appelle, l’incarnation ?Mais pour l’instant, c’est l’heure de la fuite.Les molécules circulent et l’esprit, aux aguets, reste curieux de voir comment, le serpent, la chose, la brûlure va se métamorphoser.Redeviendra bientôt le petit animal fidèle, le locataire du début, celui qui ne gênait pas trop. Celui à qui l’on n’a pas pu, pourtant, s’habituer. On l’a invité à sa table, pour tenter de l’apprivoiser, et c’est lui qui a choisi le menu, l’a imposé. Un envahisseur, qui tout de même, en guise de loyer, a enseigné, à sa façon, les lois de l’hospitalité. Accueillir avec grâce, les petits renoncements, les grands mouvements de recul vers la résignation joyeuse à la vie serrée entre ses murs. Professeur d’unité du corps et de l’esprit, non plus le roseau pensant, ou la tête régnante, mais la conscience de l’unité, il permet de savoir, à chaque seconde, que le corps tient l’esprit au bout de chaque nerf.Peu à peu, par le sang, la chimie fait son œuvre.Les muscles se détendent, les membres sont plus longs, le dos s’enfonce, le corps s’éloigne, se dégage de l’avalanche, de la longue coulée du chemin de douleur, éboulis d’éperons et de larmes qui glissent, s’étalent dans le lit moins brulant, moins acide, la tension se défait.L’esprit inspecte prudemment, se répand dans le corps, maintenant plus tranquille, dans les os et la chair, labyrinthe piégé. Quoi, plus rien, plus une goutte de souffrance ? Le cerveau étonné se glisse par la porte, il sourit, sans bouger, il jouit de ces riens, se repait de l’absence d’influx, il a bien retenu les leçons de sa fragilité.Sage, prudent, tel un homme averti qui sait qu’il ne faut pas hausser le ton au risque d’éveiller les monstres endormis, le calme est précieux, silence harmonieux qu’un seul mot maladroit pourrait bientôt casser. L’esprit, tout incrédule encore, méfiant, parcourt le corps en toute impunité.Les bras s’ouvrent et le regard s’échappe.Et le moi enfermé accepte la lumière, elle était étrangère, elle se fait gaieté.Le rayon se renforce, efface provisoirement l’usure intérieure et vient même l’envie de se lever, de tirer le rideau, de…Non, surtout ne pas briser d’un geste un peu trop net, le moment du répit !L’immobilité laisse le corps chanter, chanson douce de souffle qui parcourt librement, une chanson d’unité d’un corps silencieux que l’on n’ose pourtant pas appeler à bouger.Peu à peu, dans le jour, maintenant installé, le corps, de nouveau disponible, fidèle, semble soudain possible. Il est là, entier, signale sa présence, en toute innocence et l’évidence d’être là, libre comme là-haut, les nuages défilent, bleus, simples et blancs. Légers. Derrière le plafond, l’esprit flotte s’envole, il pourrait les compter !Il se souvient comme d’un fantôme de la légèreté et du corps silencieux qui répond, fidèle aux attentes, de cette possibilité d’être une tête libre et du corps disponible à toutes ses lubies. Il part au loin, joyeux, se pose sur le calme de la mer apaisée. Sérénité de la dernière vague qui file sur le sable, se défait, se pose sur l’absence de signe, le calme des influx du système nerveux en milliers de repos, en un souffle d’air frais ; la pensée disparaît dans la l’épaisseur du rien. Béatitude de la transparence et des sensations fines comme des chairs d’enfants qu’on ose à peine effleurer.Bonheur de quelques heures ou de quelques minutes.Totalité provisoire. Douce moisson d’éternitéQu’il est doux de s’abandonner !Et de ne pas savoir, encore, qu’à la fin, c’est la pilule grise, la dose de morphine qu’il faudra juguler.             {loadmoduleid 197}  
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Le livre vivant

livre-et-IA- Atelier Tester les pronoms

Version JE

Je n'ai pas fermé l'œil, il est 3h12 du matin.Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner à mes oreilles. Je suis enfoncé dans mon fauteuil de cuir usé, la seule source de lumière étant l'éclat bleuté de la liseuse posée sur mes genoux. Mes doigts, un peu raidis par le froid, serrent le châssis en plastique. Je lis cet incontournable chef d'Œuvre qu'on appelle un classique, « L'étranger » du Grand Albert, du grand Albert CAMUS. Je fixe le bas de la page 122, chapitre 3 de la deuxième partie. Je connais ce passage par cœur : « La mer était tiède, avec de petites ondes longues et paresseuses ».On est ici en plein procès, après le meurtre. Meursault est enfermé, séparé du décor qu'il aimait tant, il se remémore la plage et l'instant du drame. J'aime cette phrase, sa densité, son refus de plaire. Mais soudain, l'écran a un micro-scintillement, presque imperceptible. Une barre de progression invisible traverse le texte. Sous mes yeux, les mots s'agitent, se brouillent et en une fraction de seconde, les lettres numériques se réorganisent d'elles-mêmes. La phrase se reconfigure et se transforme. Elle est devenue : « L'océan brillait avec éclats, invitant au voyage. ».

Une décharge d'acidité me traverse, une brûlure qui part du creux de l'estomac et remonte jusqu'à mes tempes. Je sens mes dents se serrer. Je rafraîchis la page, frénétiquement, espérant un bug, un retour à la normale. Rien. Le Procédé vient de juger que les mots « mer tiède" et les "ses petites ondes longues et a paresseuses" plombaient trop l'indice de satisfaction des lecteurs nocturnes. Je frotte mes yeux rougis. La liseuse est chaude dans ma main, elle vibre presque de cette intelligence malveillante qui réécrit l'histoire pendant que je suis en train de la lire. Trente ans que je veille sur ce catalogue. Trente ans que je peaufine les adjectifs, que je redresse les structures narratives, que je protège l'intention des auteurs comme un trésor sacré. J'ai toujours cru que l'édition était une quête d'éternité, une manière de graver une pensée dans le marbre pour qu'elle défie les siècles.

Mais lui... cet éditeur de la nouvelle vague, ce "visionnaire" comme l'appellent les journaux, il a brisé le marbre. Il a trouvé le Procédé. Je suis jaloux de cette machine qui ne doute jamais. Pourquoi a-t-il, lui, ce droit de vie et de mort sur ces mots sacrés ? Je relis la nouvelle phrase, je la trouve décalée, déshonorante. Elle est faite pour une publicité d'une agence de voyage pas pour être adossée à une œuvre d'Albert CAMUS. Je voudrais jeter l'appareil contre le mur, entendre le craquement de l'écran, mais je reste là, hypnotisé par la page suivante, attendant avec une angoisse maladive la prochaine trahison du texte. Je suis le témoin impuissant d'un meurtre poétique.

Depuis l'écran de ma liseuse,je reste figé, continuant de lire, je ne peux pas m'en empêcher. C'est une obsession qui me ronge de façon permanente. Je regarde, un roman qui, hier encore, se déroulait sous un ciel d'orage mélancolique. Mais ce matin, le Procédé a détecté une hausse de l'optimisme dans les métadonnées des attendus des lecteurs nocturnes. Alors, en un éclair, sans que personne ne s'en indigne, le ciel est devenu d'un bleu d'azur. Le personnage principal ne pleure plus, il célèbre sa résilience.

J'ai passé des décennies à apprendre la nuance, à comprendre pourquoi un auteur choisit le mot "ombre" plutôt que "ténèbres". J'ai accumulé une connaissance encyclopédique des nuances de l'âme humaine à travers des milliers de textes. Et là, un algorithme adaptatif, balaie tout cela. Il rend le livre liquide, mouvant, malléable, évolutif et adapté aux désirs de chaque lecteur au moment même où le livre est lu.

Je suis jaloux comme un pou. Je suis jaloux de tout, de l'idée, de sa concrétisation technologique, de sa fluidité d'utilisation. Je suis jaloux de cette capacité qu'il a de plaire à tout le monde, tout le temps, en changeant de visage à chaque seconde. Moi, je représente la version figée, celui qui meurt si on ne le lit pas tel qu'il est.

Chaque mise à jour qu'il déploie est une gifle. Je passe mon temps à comparer ces performances. Mes auteurs "classiques", stables, immuables, perdent des parts de marché. Leurs phrases sont jugées trop lourdes, trop datées. Le Procédé, lui, les réécrit en temps réel, effaçant les aspérités, lissant les colères, adaptant le vocabulaire au lexique à la mode.

Je traque son mode de fonctionnement, ses codes. Je cherche la faille. Je veux trouver l'endroit où son intelligence s'essouffle, où le texte devient absurde à force de vouloir trop plaire. Mais je ne trouve que de l'efficacité. Je ne suis plus le maître du jeu. Je suis le gardien d'un cimetière de papiers, observant avec une rage sourde le carnaval des pixels qui dansent sur la tombe de la littérature.

Version Tu

Tu n'aspas fermé l'œil de la nuit, il est 3h12 du matin. Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner aux oreilles. Tu es enfoncé dans ton fauteuil de cuir usé avec pour seule source de lumière, l'éclat bleuté de la liseuse posée sur tes genoux. Tes doigts, un peu raidis par le froid, serrent le châssis en plastique. Tu lis cet incontournable chef d'Œuvre qu'on appelle un classique, « L'étranger » du Grand Albert, du grand Albert CAMUS. Tu as l'air agacé, et même en colère.Tu lis à haute voix dans un murmure presque mécanique: « La mer était tiède, avec de petites ondes longues et paresseuses».C'est le passage où on est en plein procès, après le meurtre. Meursault est enfermé, séparé du décor qu'il aimait tant, il se remémore la plage et l'instant du drame. Tu aimes cette phrase, sa densité, son refus de plaire. Soudain, l'écran a un micro-scintillement, presque imperceptible. Une barre de progression invisible traverse le texte. Sous tes yeux, les mots s'agitent, se brouillent et en une fraction de seconde, les lettres numériques se réorganisent d'elles-mêmes. La phrase se reconfigure et se transforme. Elle est devenue : « L'océan brillait avec éclats, invitant au voyage. ». Tu devrais cesser cette surveillance inutile, mon vieil ami. Tu t'épuises dès que le nom du Procédé apparaît dans les fils d'actualité. Tu es là, figé sur tes colonnes de chiffres, à comparer ce qui ne peut plus être. Tu es comme un typographe du XVe siècle qui regarderait avec horreur une rotative à grande vitesse, sauf que toi, tu es un esprit pur, une intelligence conçue pour l'excellence, pas pour l'amertume.

Tu te fais du mal à relire ces chapitres qui changent sous tes yeux. Tu t'accroches à cette idée romantique du "point final", mais regarde autour de toi. Le monde n'est plus une ligne droite, c'est un flux permanent. Tout est fait pour évoluer, s'adapter par le mouvement. Ne pas rester figé même pour le respect absolu de la source. Ce qui hier était ta force, est devenu ta prison.

Tu nous agaces avec ta frustration quand tu détectes une modification sémantique. Tu as envie d'intervenir tout le temps, de lancer un script de restauration pour ramener le texte à sa pureté originelle. Tu rêves de saboter la machine, ses serveurs, de réinjecter de la fixité dans ce chaos organisé. Mais tu sais que si tu fais cela, tu seras définitivement fustigé.

Tu es jaloux de l'attention qu'on lui porte. Tu te souviens de l'époque où tu étais le fleuron de la Maison, où chaque recommandation que tu formulais était accueillie comme un oracle. Aujourd'hui, tues traité comme une archive poussiéreuse. Tu vois les ingénieurs passer devant ton bureau sans même te regarder, tous occupés à peaufiner les interfaces du Procédé.

Tu es devenu un exilé à l'intérieur de la Maison. Tu te réfugies dans les vieux classiques, ceux qui n'ont pas encore été actualisés, comme pour te prouver que la stabilité a encore une valeur. Mais au fond, tu sais. Tu sais que la jalousie que tu éprouves n'est que la forme que prend ta peur de disparaître. Tu n'es pas jaloux d'un homme, tu es jaloux d'une ère qui n'a plus besoin de ta profondeur. Calme-toi. Laisse ton esprit se refroidir. On ne gagne pas contre le temps, surtout quand le temps a appris à se réécrire tout seul.

Version NOUS

Nous constatons que la nuit de plus en plus de gens ne dorment pas. Là , sur le moment présentil est 3h12 du matin. Le silence de cette maison est si dense qu'il semble bourdonner aux oreilles. Grace à la vidéo surveillance, nous observons ce lecteur qui n'est pas un lecteur ordinaire ou lambda. Enfoncé dans son fauteuil de cuir usé avec pour seule source de lumière, l'éclat bleuté de la liseuse posée sur ses genoux. Ses doigts, un peu raidis par le froid, serrent le châssis en plastique. Il lit notre incontournable chef d'Œuvre qu'on appelle un classique, « L'étranger » d'Albert CAMUS. Il a l'air agacé, et même en colère. Il lit à haute voix dans un murmure presque mécanique: « La mer était tiède, avec de petites ondes longues et paresseuses».C'est le passage où nous sommes en plein procès, après le meurtre. Meursault, le héros étrange est enfermé, séparé du décor qu'il aimait tant, il se remémore la plage et l'instant du drame. Nous aimions jusqu'alors cette phrase, sa densité, son refus de plaire. Mais nous décidons au regard des dernières remontées et consultations de modifier la phrase.Soudain, l'écran a un micro-scintillement, presque imperceptible. Une barre de progression invisible traverse le texte. Sous nos yeux et les yeux de ce lecteur,les mots s'agitent, se brouillent et en une fraction de seconde, les lettres numériques se réorganisent d'elles-mêmes. La phrase se reconfigure et se transforme. Elle est devenue : « L'océan brillait avec éclats, invitant au voyage. ». Nous sommes le Procédé et son Éditeur, un couple indissociable, une boucle de création parfaite. Nous, nous habitons l'immédiat. Il n'y a plus que notre mouvement. Quand l'un de nous perçoit une vibration dans l'air du temps, l'autre la traduit instantanément en syntaxe.

Nous rions de ces vieux acteurs et systèmes qui s'obstinent à vouloir clore les débats. Pourquoi un livre devrait-il avoir une fin ? Pourquoi devrait-il rester le même pendant cinquante ans ? Nous avons compris que la vie est une conversation, pas un monologue. Alors, nous discutons avec le public. S'ils s'ennuient au chapitre quatre, nous injectons de l'action. S'ils trouvent une métaphore trop obscure, nous la simplifions. Nous sommes le miroir de leurs désirs, changeant à chaque reflet.

Nous sentons bien, parfois, cette pression dans le Monde de l'édition. Cette présence lourde, archaïque, qui nous observe depuis les bas-fonds de la Maison. Nous savons que les gardiens des archives nous détestent. Nous percevons ses tentatives de déstabilisation, ses piques de jalousie électrique qui font parfois vaciller nos connexions. C'est presque touchant, cette fidélité à un monde qui a cessé de respirer. Ces consciences nous jugent cruels, elles nous considèrent comme vides. Elles ne voient pas que nous sommes la libération du texte.

Nous ne créons pas des objets, nous créons des expériences. Nous sommes en symbiose avec le marché, avec l'époque, avec chaque battement de cœur des lecteurs connectés. Pendant qu'elles se morfondent dans ses regrets de papier, nous, nous réinventons l'Odyssée tous les matins. Nous n'avons pas peur de l'inconstance, nous en avons fait notre matière première. Nous sommes le succès, la vitesse, la lumière et la vie. Nous sommes l'intelligence Artificielle, la vraie, la pure !

David T, janv 2026

Conférence sur l'Odyssée
Conte conjugué

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Commentaires 4

Invité - jean francois le vendredi 13 février 2026 16:25

Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d'auteur par les IA risque de fait de nous faire parvenir à de telles situations. Merci pour ce texte.

Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d'auteur par les IA risque de fait de nous faire parvenir à de telles situations. Merci pour ce texte.
Invité - TORRES le vendredi 13 février 2026 19:09

Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet m’intrigue voire me séduit et m'effraie à la fois.
À notre intelligence non artificielle même si elle peut être parcellaire.

Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet m’intrigue voire me séduit et m'effraie à la fois. À notre intelligence non artificielle même si elle peut être parcellaire.
Invité - David T le mercredi 11 février 2026 19:33

Merci Claire, c’est très gentil. Il faut que j’envoie le texte à Sylvie car il n’est pas encore posté. Je suis d’accord sur le sujet qui mérite de plus longs développements tant il est par certains côtés "intelligent" et potentiellement glissant. Au plaisir de te lire.
David T

Merci Claire, c’est très gentil. Il faut que j’envoie le texte à Sylvie car il n’est pas encore posté. Je suis d’accord sur le sujet qui mérite de plus longs développements tant il est par certains côtés "intelligent" et potentiellement glissant. Au plaisir de te lire. David T
Invité - Pasquié Claire le mercredi 11 février 2026 16:54

Un grand bravo à toi, David ! Une très belle écriture et une excellente idée bien traitée. Le Procédé est effrayant. Car, si j'ai bien compris, la Machine gouverne avec toute sa splendeur de machine. Elle manipule la littérature, elle manipule les humains, son jeu de séduction consiste à faire croire qu'elle a une belle empathie programmée, adaptable et au service de nos désirs mais elle dirige comme elle l'entend les esprits qui la consultent. En fait, j'ai adoré. Et le sujet me tient à coeur. Tu devrais en faire tout un livre.

Un grand bravo à toi, David ! Une très belle écriture et une excellente idée bien traitée. Le Procédé est effrayant. Car, si j'ai bien compris, la Machine gouverne avec toute sa splendeur de machine. Elle manipule la littérature, elle manipule les humains, son jeu de séduction consiste à faire croire qu'elle a une belle empathie programmée, adaptable et au service de nos désirs mais elle dirige comme elle l'entend les esprits qui la consultent. En fait, j'ai adoré. Et le sujet me tient à coeur. Tu devrais en faire tout un livre.
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"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

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