Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Sylvie Roussel Méric
20 janvier 2026
Textes d'ateliers

Lucette met sa veste grise, ses bottes de caoutchouc et sort au jardin. Elle se baisse devant chaque plant de pommes de terre, chaque poireau, chaque céleri. Elle arrache des herbes, met un coup de bêche, se relève et fait de même jusqu'au bout de la rangée. Elle lève la tête et son regard fait des ...

Derniers commentaires

Invité - Bernard Le gris
22 janvier 2026
Bravo, j'adore votre élégant chapelet de gris. Je ne rajoutte que deux perles; le gris 2CV et legris...
Invité - Bernard Autocar
21 janvier 2026
Salut J François. super ton voyage en autocar dans la campagne de la vie. Très crument imagé à la fa...
Invité - Claire Pasquié Aimable
12 novembre 2025
J'ai beaucoup apprécié l'écriture et la composition. Les mots voisins sont amenés avec virtuosité si...

Derniers articles de mon blog : conseils d'écriture, exemples, bibliographies, mes textes...

27 janvier 2026
RSS Image
« Définir une chose, c’est écarter d’elle les innombrables significations qu’y pourrait attacher notre ignorance et c'est, à son propos, en finir avec l’infini. » Marcel Aymé.   Nous ne chercherons pas une définition, mais une direction avec la volonté de ne pas la limiter à « l’histoire à chute » (surprise finale) image que se fait trop souvent le lecteur français de nouvelles, une forme qui prend le risque d’être un peu rigide et étroite. Deux perspectives : technique ou historique, il s’agit d’observer les développements de la nouvelle pour en repérer les constantes.    La nouvelle, un genre littéraire Les principaux autres genres sont le roman, le théâtre et la poésie. Les genres tentent de donner des repères dans un paysage littéraire varié, ils classent, mais ne rendent pas compte des spécificités de chaque texte. Ils s’imposent aux auteurs comme aux éditeurs, car le public semble aimer s’y référer !  Notre point de vue sera celui de l’auteur : pas du critique, de l’éditeur, ni du spécialiste.   Les genres ont leurs formats, leurs attendus de forme et de contenu, mais ces normes sont relatives à une époque et n’ont qu’une valeur indicative. La notion de genre, sorte de base qui peut servir de cadre, de repère, est faite pour être renouvelée, contestée et dépassée. Pour certains auteurs, c’est même une forme de repoussoir. Ils récusent la distribution en genres et préfèrent parler « d’histoire courte », de récits (Botho Strauss, terme allemand) qui n’impliquent rien d’autre qu’une limite de longueur.    Un genre polymorphe Notre approche tentera de ne pas « essentialiser » la nouvelle comme s’il existe un type « en soi », un idéal fixe et éternel en la réduisant à un type précis de texte avec des règles strictes et définitives, mais plutôt d’ouvrir le maximum de possibilités aussi bien de longueurs (de la longue nouvelle à la Maupassant au texte très court de Fénéon), que de thèmes et de styles (prose et poésie, lyrisme ou écriture sèche). La nouvelle, genre polymorphe est par excellence le genre des métamorphoses, elle se réinvente à chaque époque. Ni fixe ni figée, elle dépend de l’esthétique des auteurs.   Dans le domaine de l’édition, la nouvelle, à la diffusion souvent confidentielle, échappe à la marchandisation de la littérature et la standardisation qui l’accompagne. Elle propose un espace de création et de liberté qu’il serait dommage de trop restreindre.   Un genre narratif « L’homme est un conteur d’histoire. » Jean-Paul Sartre  La nouvelle, comme le roman, la légende, l’épopée, la fable, fait partie des genres narratifs, elle raconte une histoire ou tout au moins, on y perçoit des personnages. Ainsi, certaines nouvelles ne racontent pas vraiment d’histoire, mais une émotion ou font le portrait d’un personnage.   Selon les époques, elle se rapproche ou s’éloigne d’autres formes de récits brefs dont elle a eu parfois du mal à se distinguer : on la confond alors avec les contes, les histoires, les anecdotes, le cas de…, fables, apologues, scènes, leçons… qui sont accolés à son titre. Les recueils de nouvelles, notamment au XIXe siècle, prennent facilement le titre de « contes » sans toutefois se confondre avec les contes pour enfants. Au XXe, le conte, plus spécifiquement associé à l’idée de merveilleux, se distingue nettement de la nouvelle. Il est nécessaire de faire un bref retour sur le mot et son histoire pour en comprendre les enjeux.   Étymologie du mot "nouvelle" Il vient du mot italien novellare (XVIe) : double sens de récit et d’immédiateté, à la fois raconter et changer, c’est le premier avis sur un évènement, en subsiste l’expression « écouter les nouvelles ». De ce lien avec l’idée de nouveauté, la nouvelle garde la recherche de l’imprévu, de la surprise de sa fin : découvrir un évènement nouveau et renouveler un contenu par des récits originaux « frais » (en fait souvent des reprises). S’ancre ici l’idée d’authenticité, la nouvelle se veut la réalité ou plutôt, assumant sa dimension de fiction, la vérité au sens de l’histoire vraisemblable par opposition au conte, et, finalement : la fiction qui renouvelle la perception d’une histoire.     Historique de la notion   -  Qui est l’inventeur de la nouvelle dans sons sens actuel ? Difficile de l’identifier : Mérimée ? Nodier ? -  Son origine remonte au Moyen-âge avec les fabliaux, puis le Décaméron de Boccace (XIVe) et, à la Renaissance, les nouvelles épiques, novella italiennes -  Au départ : idée d’aventure, ce qui advient, récit de faits cocasses (Boccace), mais aussi histoire exemplaire.  Plusieurs tendances opposées : type/personnage individualisé et aventure particulière -  S’y croisent les sentiments individuels, peinture des sentiments/parodie ou recherche du rire, récit psychologique/pochade du fabliau médiéval.   Que le récit soit plaisant ou psychologique, le point commun est : s’en tenir à l’unité d’action.  Il s’agit de développer les phases essentielles sans déborder avec une structure narrative claire et nette : récit avec exposition resserré et déroulement rapide, la nouvelle va tout de go au fait principal comme le montre l’expression que l’on retrouve souvent chez Boccace : « pour abréger ».   - Elle se développe à l’âge classique et l’on considère alors la Princesse de Clèves comme une nouvelle. La nouvelle hérite de la tradition orale, celle du conte par ses sujets et par son style. - On remarque une relative éclipse au XVIIIe siècle qui préfère le conte et les récits classiques centrés sur un temps fort de l’action romanesque (évènement, rapt, rencontre, enlèvement, naufrages, évasions chers au XVIIIe) : sans réel souci de réalisme.  -  Renouveau au XIXe avec Mérimée, Gautier, Maupassant, Poe et bien d’autres dans une grande diversité de formes parfois (rarement toutefois) centrées sur un instant et une dimension psychologique, mais toujours liée à une anecdote, une histoire. Les termes nouvelle et conte sont utilisés au XIXe sans distinction d’où une certaine confusion.   - Le XXe poursuit cette évolution avec l’émergence de la notion de « recueil » de nouvelles.  On peut citer, parmi beaucoup d’autres : Marcel Aymé, Paul Morand, Marcel Arland, Colette, Boulanger, mais aussi Kafka ou au Japon, Akutagawa. C’est aussi un genre considéré comme périmé par exemple par André Breton.   - Actuellement boudée par le public au profit du roman -mais c’est peut-être un peu en train de changer-  on remarque le succès des nouvellistes de la deuxième partie XXe :  - étrangers : (Buzzati, Borges, Cortazar, Mishima, Pirandello, Botho Strauss, États unis : Salinger, Carver, Wolf…)  - ou français (Tesson, Jauffret, Daeninckx…).   Des formes proches apparaissent dans de nombreuses traditions littéraires étrangères à diverses époques, Novella, Novelette, Erzählung (récit ), Short Story (qui écarte la confusion avec la nouvelle au sens d’information )… Elles n’ont pas tout à fait le sens de « nouvelle à la française ».     Nouvelle et récits ? Ce rapprochement permet de comprendre ce qui est spécifique à la nouvelle. Le récit se concentre sur le déroulement des faits, la succession temporelle des actions : écrire un bon récit = bien raconter.   La nouvelle est aussi un genre narratif = elle raconte une histoire, une anecdote, un incident, un évènement.  Oui, mais… pas toujours : raconter ne suffit pas à la définir ! Ce n’est pas seulement récit bref ! Exemples : la vie d’un homme célèbre, même bien racontée de façon brève, ne fait pas une nouvelle ni le récit détaillé d’un fait divers. Déjà, dans l’Heptaméron (72 histoires) de Marguerite de Navarre (1559) : l’anecdote n’est plus une fin en soi, ni même la distraction : elle porte une valeur morale, une dimension d’élévation.   Autre différence : la nouvelle implique  une structure qui mène à la fin  ou construit une forme originale.  Un récit non structuré, même avec chute, ne suffit pas : il manque la mise en place d’un jeu de pistes, de détails repris ou modifiés…   D’où la nécessité aussi d’une intention, en prenant ce mot dans au sens très large : surprise, trouble, enchantement… Même si la nouvelle se centre sur une ou des scènes inclues dans une histoire : le « bon récit » ne suffit pas.    Nouvelle et roman ?   On peut tenter de la définir par comparaison avec le roman : un roman concentré ? Péjorativement parfois, on trouve des définitions comme : roman avorté, roman miniature, « vide poche d’auteur » qui suggère une sorte de facilité par rapport à l’écriture d’un roman.    Certes, elle se différencie par sa longueur, mais même la nouvelle-récit n’est pas un petit roman ! Comme nous l’avons souligné précédemment, une vie d’homme extraordinaire, un récit de vie, une scène, une brève anecdote… ne font pas une nouvelle. Elle exige une cohérence de la forme et la faculté de surprendre, de ne pas se laisser deviner. On voit ici l’importance de l’art de la suggestion, du sous-entendu qui reste au centre de l’écriture de la nouvelle.    La lecture d’une nouvelle est différente de celle d’un roman, elle s’inscrit dans un temps différent, s’aborde avec un état d’esprit différent. Le roman présenté comme horizontal, s’étalant dans le temps à la verticalité de la nouvelle qui creuse et ramène directement à la surface des éléments cachés, secrets. Ce qui est possible, car il s’agit de la lecture d’un texte dont on a la totalité en mémoire.   Plus la nouvelle est longue, plus elle ressemble à un petit roman. Avec plusieurs scènes concentrées, elle perd son caractère synthétique, mais elle peut avoir le charme du « petit » roman : le développement permet la plongée du lecteur, son attachement aux personnages…    Nouvelle et microfiction  La microfiction, genre nouveau de récit très court, se distingue de la nouvelle très courte, par sa façon de se centrer non plus sur la composition, la forme, la structure, mais sur la dimension de fragment, d’ellipse, l’implicite, la suggestion, l’ambiguïté et le rôle accru du lecteur qui en découle.    Synthèse de la notion de nouvelle aujourd'hui En résumé, rappelons les caractéristiques de la nouvelle aujourd’hui. Même si le terme semble impossible à définir avec rigueur, car beaucoup de nouvelles jouent et même s’éloignent des attendus de ce genre littéraire -ce qui est plus que légitime, car, en matière de création, réussir, c’est souvent brouiller, bousculer, transgresser les modèles et les genres- l’on peut repérer des tendances fortes de la nouvelle :    -  La brièveté - par opposition au roman - est le caractère le plus unanimement accepté , mais laisse tout de même un éventail assez large : de moins d’une page -pensons au « Nouvelles en trois lignes » de Félix Fénéon- à quelques pages à ou quelques dizaines de pages. Le critère éditorial est souvent de comporter moins de 20 000 mots.    -  Esthétique de cette brièveté  La densité d’un récit fortement unifié : unité d’action, sujet unique, une seule histoire alors que l’art du roman consiste souvent à entremêler les histoires.  Pas (ou peu) d’images et de métaphores, ou très bien choisies : riches de résonances et de connotations.   - Simplicité de sa construction narrative : la nouvelle se concentre sur un épisode tandis que le roman est une suite d’épisodes. Son argument doit pouvoir être résumé en une courte phrase. Pas de développements, mais une concentration : elle propose un « raccourci vers » une idée, une émotion…   - Cette économie de moyens correspond à une forte intensité de l’effet produit. Un seul narrateur direct ou reprenant une histoire racontée, une lettre trouvée ou une construction enchâssée comme dans les Mille et une Nuits ou Jacques le fataliste qui permet d’organiser plusieurs nouvelles ensemble. Cadre spatio-temporel précis : forme concentrée de l’action et surtout du temps, la nouvelle raconte souvent un moment de crise avec ou sans les moments qui la précède (mais pas toujours)…   -  Réduction du contexte à l’indispensable, à l’immédiat. Et parfois moins… Nombre de personnages réduit.  Portraits et descriptions courtes. Souvent le récit prime sur la psychologie des personnages qui n’est décrite qu’en relation avec les évènements du récit.    -  Esthétique de la surprise souvent concentrée dans la fin : la nouvelle prépare une chute avec un effet de surprise, de résolution d’une crise ou parfois même de transgression.   Mais ce n’est pas la seule possibilité : la surprise qui éclaire un aspect inattendu (morale, sens de la vie, psychologie…) peut surgir par la forme et par le fond plus que par la fin.    Cette surprise passe par une révélation ou quelque chose de plus ténu : explicite, mais aussi implicite : trouble, non réponse qui vont donner de l’épaisseur au texte, un pouvoir de fascination.   Elle fait percevoir quelque chose sous un nouveau jour. L’idée de nouveauté la distingue du conte ou de la fable. Souvent, elle repose sur une ambition de vérité, de description fidèle du monde : ambition de provoquer une interrogation, une prise de conscience, d’avoir une portée philosophique, sociale, psychologique, « humaine » tout simplement !   - Certains caractérisent la nouvelle contemporaine par la notion d’instant, perspective considérée parfois comme plus moderne que l’anecdote.   On lit parfois que la nouvelle serait écrite pour le lecteur plus nettement encore que le roman avec l’envie de produire un effet comme lorsque l’on raconte une histoire : proximité, complicité, jeu avec lecteur…   On peut aussi penser,  au contraire, que la nouvelle offre un espace de liberté formelle et de richesse fictionnelle plus large que le roman qui, bien souvent, doit s'efforcer de plaire et de ne pas trop être trop original ou dérangeant (en dehors des "visions dérangeantes autorisées"... ) pour trouver un éditeur.     Pas de définition unique, de critère, hors la longueur et même celle-ci est variable !   Reste une direction, une exigence de forme et de fond : aller au-delà de l’anecdote et trouver la forme la plus propre à faire passer « l’effet » recherché et rester centré, concentré, explorer la contrainte du texte court et ses possibilités spécifiques. Elle pose de nombreuses questions d’écriture : les notions de récit, anecdote, temporalité, enchaînement d’actions, instant, rupture, continuité, construction…  La nouvelle stimule la création de formes narratives avec des problèmes formels spécifiques, ceux de l’exploration de la fiction brève, un univers concentré nécessitant une maitrise technique.   Souvent considérée comme une excellente école d’écriture, ce qu’elle est effectivement, elle ne doit pourtant pas être réduite à un exercice préparatoire ou à une amorce de roman, même si certaines nouvelles ont ensuite été développées en ouvrages longs.    Un art de la nouvelle?  S’il existe un « art de la nouvelle », quel est-il ? -  l’art de la forme et de la construction -  l’art de dégager, d’isoler, de ciseler -  de savoir choisir et de se limiter à un sujet restreint : s’en tenir à l’essentiel, de se focaliser sur un seul fait, un instant non ramifié tandis que le roman va déplier, développer - l’art de la sobriété des moyens, mais aussi l’art du non-dit, du silence, de l’omission.   La nouvelle donne un cadre, mais dans le sens d’une possibilité, d’une contrainte stimulante et d’un espace de liberté et va permettre d’aborder le texte long ainsi que de très nombreuses questions d’écriture. Elle impose de varier les formes sinon elle tombe vite dans la monotonie du procédé, notamment dans le cadre d’un recueil.  C'est à ce prix - invention, renouvellement de la forme - que la nouvelle peut échapper au sentiment d’un "genre limité", celui notamment de "l'histoire à chute" qui contribue à le décrédibiliser.     La nouvelle aujourd’hui, un art de la composition et une zone de résitance Plus je travaille sur la nouvelle, écriture de textes, animation de stages, et plus ce genre me passionne. Il permet de pratiquer la fiction non seulement comme un art de raconter, mais un art de la composition. La nouvelle, à la fois un art du détail et un art de l'ensemble : elle doit ressembler, à la fin,  à un betit bijou parfaitement poli. Elle dépasse le "texte court" par ses enjeux et fait entrer dans la totalité des enjeux de l'écriture de la fiction.   La nouvelle met en avant la possibilité de varier la structure de la fiction, offrant ainsi une liberté formelle plus large que le roman  : choisir un point de vue particulier, une temporalité complexe, une forme ambiguë de journal intime, une construction circulaire nette… Ce qui pourrait n’apparaitre que comme des jeux formels et littéraires permet au contraire de distiller des idées, une dimension dramatique, historique, humaine tout en échappant à la simplification du personnage ou du récit chargé de les symboliser. Le sens, porté par la forme, reste ouvert à la complexité, au doute, à l’ambiguïté. Il échappe à la clôture de l’explication et de l’exemplification, le lecteur perçoit les enjeux à un autre niveau que celui de l’évidence morale ou politique. Le sens est là, il parvient au lecteur, mais comme dans la vie, non comme une réalité ferme et définitive "montrée", "expliquée", "exemplifiée", mais comme une forme sous-jacente qui fait tenir l’enchainement des choses et des actes sans en dévoiler jamais totalement le secret. C’est en cela que la nouvelle peut constituer un pôle de résistance au rouleau compresseur du roman contemporain qui véhicule trop souvent une vision sans recul et sans complexité des enjeux de notre époque. La nouvelle offre une possibilité d’expression aux voix dissidentes éprises d’aventures littéraires authentiquement libres. En effet, le cadre de la nouvelle peut permettre de se libérer des injonctions que dissimule l’apparente multiplicité de la production romanesque contemporaine : l’injonction notamment de confirmer le lecteur dans ses convictions et de correspondre à ses attentes, la liberté de ne pas, forcément, lui ressembler.   Pour conclure, il me semble que l’essentiel, pour celui qui écrit des nouvelles, est de faire sienne cette phrase de Baudelaire qui s’applique à la nouvelle, à l’art - et peut-être à la vie ?   « Plus condensé que le roman, la nouvelle jouit des bénéfices éternels de la contrainte. » et de parvenir à faire coïncider cette conviction avec la nécessaire liberté de son travail d'écriture.      {loadmoduleid 197} 
23 janvier 2026
RSS Image
À la veille de la publication de mon premier recueil de textes poétiques, j’ai ressenti le besoin de mettre des mots sur le travail sous-jacent à cette part de mon écriture. Travail poétique ? Cela sonne  comme une question, une affirmation, une légère inquiétude, parfois comme un soupir. Le mot "travail" ne me gêne pas, il me convient. Travailler, retravailler comme remettre la chose à l’ouvrage, mais selon quels critères? Dans quelles directions?   Il faut partir de l’écriture. Chaque jour ou presque se laisser porter par l'élan de la sensibilité, la sensation, l'instant, une rencontre de mots, une image, une phrase puis se retrouver face au texte. Poème ? Texte poétique ? L’intitulé n’est pas définitivement fixé. "Texte poétique" élude un peu l’enjeu. "Poème" prend le risque de l’imposture. Je les emploie tous deux.   D’abord s'interroger : est-ce que ça tient debout ? Et pour cela, lire, relire, se mettre à l’écoute, percevoir ce qui "va", ce qui "coince" comme un peu de gravier dans la roue du poème. Une sorte de conscience s’est installée ; ce que je pourrais appeler un  "baromètre esthétique" s’est développé au fil des années d'écriture, d'ateliers, de recherche. Il est là, permanent, agissant comme une injonction à rester fidéle à ce que je vais tenter d’expliciter ici.   Pas de règles définitives, pas de méthode point par point, un "travail", le mot s’impose de nouveau. Il commence par la traque de ce qui sonne faux. Le faux "ambiant" d'abord, celui qui m'environne, nous environne. Le "faux" du peu, du plat, du quotidien comme seul horizon. Et pour cela, résister à la simplification, cette tentante révérence à la facilité, celle qui veut plaire. Résister aux impératifs de vitesse qui tuent la complexité, aux pressions de la  standardisation et de l'accessibilité. Résister à l’appauvrissement, à l'envahissement par les éléments de langage faussement poétiques aussi bien qu'à la langue utilitaire. Résister à la dilution du sens et de la forme. A la tyrannie du "positif", du "Care", de la consolation et de la transparence. Résister aussi à mes enthousiasmes et, pour cela, trouver la juste ligne. Ne pas se contenter de traquer les répétitions qui alourdissent. Faire la part de l'intensité et de ses débordements, la part de l'intention nécessaire et de ses excès qui risquent d’asphyxier le texte. Je taille, beaucoup, c’est ce qui coûte le plus : couper ce qui hurle trop longtemps, ce qui veut trop en dire. Couper, mais sans perdre mon cap. Contenir le surplus d’émotions, d’intensité sensorielle et conceptuelle qui me porte, mais ne pas renoncer à la densité, à la concentration parfois oppressante – comme une respiration courte qu’on refuse d’élargir artificiellement. Laisser respirer par d'autres formes de silence et d'ouverture du texte, par la mise en page aérée et travaillée, j’y reviendrai. Garder mon cap, malgré une fragilité. Transformer la fragilité en précision, en exigence formelle, en nuances, en vigilance. En liberté ! La liberté de la forme, de la recherche musicale et de l'invention langagière.   Et accepter de payer le prix de cette voie étroite. Assumer le risque de l’incompréhension, du sentiment que beaucoup ne liront pas jusqu’au bout – ou du moins pas comme je l’espère. 
C’est le prix de la liberté et de la fidélité au mouvement intérieur qui m’anime. Je l’accepte, je choisis toujours, en dernier ressort, de ne pas le trahir. Ne pas trahir l’émotion, le plaisir, l’impression de quête de justesse qui guide mon travail, cette horlogerie minuscule, mes heures passées à engrener les sons, les rythmes et les blancs sur la page. Cette aventure dans la langue, ligne par ligne, indissociable de tout le temps consacré à écrire ce recueil.Chaque mot est pesé pour son potentiel de sens, de son et d'imaginaire, chaque passage à la ligne interrogé comme une ponctuation sonore et rythmique. Chaque ligne - ses mots, ses allitérations, ses assonances, ses reprises…- sculptée comme une miniature.La langue est ma matière première, une matière sensible à travailler comme un peintre travaille la couleur ou comme un musicien ses rythmes et ses timbres. J'aime faire cela, travailler les textes poétiques comme de la musique.   Et puis mon bonheur des images ! Même si je crois pouvoir affirmer qu’il y a beaucoup de passages sans images : mots seuls, évocation simples... j'utilise beaucoup d’images et de métaphores.Exploration des sensations, de leur rencontres, de leur mélanges, de la kinesthésie, références à d’autres domaines d’expérience… tout cela renforcé par le travail sur les sons, le vocabulaire, les rythmes… les images sont pour moi les meilleurs déclencheurs d’imaginaire. Ce ne sont pas des tableaux fermés, encore moins des miroirs, des copies. Finalement, le mot "image" me semble réducteur, je n'en vois pourtant pas de meilleur.   Pour qu’elles puissent pleinement remplir ce rôle, pour que les images fonctionnent comme des propulseurs d’imaginaires, il faut leur en laisser le temps. La lecture rapide, le survol leur couperaient les ailes. Cela dépend du lecteur, évidemment, et de sa lecture, mais pour l’inciter à prendre ce temps de l’imaginaire, je mise sur la mise en page. Elle fait partie du geste poétique. Textes courts, passages à la ligne, enjambement, changement et saut de page aèrent le texte, obligent le lecteur à s’arrêter. J’invite ainsi à une lecture fragmentée, discontinue. Tourner la page, c’est laisser reposer l’œil et l’esprit sur le blanc qui suit.  Les sauts de lignes, de pages, les blancs sont mes silences.Ces silences imposés entre les pages et les lignes sont presque aussi importants que les mots : ils en permettent "le bon usage", laissent l’espace nécessaire pour que le lecteur respire. Laisse l’image travailler, descendre en lui. Le saut de page joue le rôle du cadre ou de l’espace mural autour d’un tableau, un blanc "sémantique", poétique, un espace ouvert que le lecteur peut ressentir, combler, prolonger. Chaque fragment - paragraphe, page, double page isolée de blanc-  est travaillé comme une unité visuelle, sonore et émotionnelle autonome, un espace  à habiter, un tableau qu’on peut regarder longtemps, ou quitter, reprendre plus tard. Pas une explication à suivre, pas une péripétie.   Reste les interrogations sur le sens de ce travail. Ce qui est certain, c'est que mon positionnement esthétique, malgré son champ d'application un peu dérisoire, se manifeste avec la force d'une nécessité : comme une sorte de stratégie d'adaptation à la réalité. L’élaboration poétique, cet infime, presque inaudible, travail sur le monde, marque ma volonté de ne pas le laisser totalement tel qu'il est. La condition d'un monde où je peux vivre.   Pour cela, j’explore les thèmes qui reviennent, ceux de mes liens à ce monde. Les saisons, l’eau, le vent, le schiste cévenol. Les arbres. La douleur, la solitude, la perte. La beauté, la lumière. L'amour également. L'écriture poétique ne les “raconte” pas, elle les "transforme en forme" par une alchimie de musique et de mots. C'est une autre façon de témoigner, indirecte, éprise de langage. Ainsi, mon travail poétique, reprend ce qui est venu, l'intuition, la pulsion langagière pour les structurer, les préciser, les ciseler en fragments concentrés. Les penser aussi. Car ma poésie se  pense et se critique elle-même avec un seul précepte : garder mon cap et mon regard qui porte le sensible et ne s'y réduit pas, imprime la pensée dans la forme. Un travail poétique, formel.  Existentiel aussi.Une quête de spiritualité qui s'échappe toujours, incapable de se satisfaire des formes qui lui sont proposées, mais toujours en recherche. Ne pouvant renoncer à l'évidence d'une verticalité dans un monde qui trop souvent l'écrase ou la disqualifie. Une verticalité ? Quelque chose qui traverse, pas une promesse, une quête qui ne se contente pas de l’horizontalité du monde tel qu’il va. Refuse la dilution dans l’utile, dans l’efficacité.Le poème devient alors, par le travail, par ce qu’il cherche, dans cette tension maintenue, peut-être, moins un texte qu’une manière de tenir.
     {loadmoduleid 197} 
09 janvier 2026
RSS Image
 Pas trop de dialogues dans un roman !  Voici l'un de ces lieux communs de l'écriture littéraire qui ont la vie dure. Si la littérature est un art et non un produit standardisé ou un rituel, elle doit pouvoir utiliser dialogue, description ou récit à sa guise. Mais il s'agit ici du roman me direz-vous, c'est un genre avec ses codes dont il faut tenir compte. Jacques Le Fataliste, roman "hybride" selon l'expression de Marie-Hélène Boblet, nous prouve que le genre « roman » n'a jamais été une forme pure. Aujourd'hui plus encore, le mot roman et donc le genre  qui porte ce nom, n'est qu'un moyen de se repérer et non une série de règles et de recettes à respecter.   Un bon dialogue offre des possibilités spécifiques qui ne pourront pas être atteintes sans lui : impression d'immédiateté, reconnaissance des différences entre les personnages par leur façon de s'exprimer, saisie directe de leur "voix" et, ce qui me semble essentiel, une façon subtile de cerner les relations entre les personnages sans passer par la machine à expliquer que devient si vite le narrateur. Le dialogue allège le rythme et laisse la place au lecteur : sous-entendus, allusions … sont pris au vol et non révélés par une instance indépendante. La forme des répliques, leur alternance prennent ici une valeur spécifique.  Paresse de l'auteur? L'écriture serait-elle une épreuve de bonne conduite, un test à l'effort ? Une démonstration de force littéraire et de bonne volonté ? Etrange positionnement ! Doit-on en conclure que le théâtre est le domaine des fainéants ? Un dialogue vivant et réaliste n'est pas facile à écrire. Une question d'équilibre ? La recherche systématique de l'équilibre court le risque d'exclure l'originalité, la fulgurance, la forme inédite… Explorer le roman dialogué, se situer à la limite du roman et du théâtre ? Pourquoi pas, si cela apporte de nouvelles pistes, correspond au thème et se déploie avec talent ? Le dialogue n'est-il pas aussi une manière de faire confiance à la force du verbe ?  De se rapprocher de la vie ?   Rester ouvert au travail d'un auteur sans à-priori me semble indispensable pour échapper à la sclérose. Curieusement, ce sont souvent ceux qui dénoncent la standardisation de la littérature contemporaine qui, d'un autre côté, jugent une œuvre d'après de tels critères, étrangers à sa logique interne.    Quelques pistes de lecture : - Le Roman dialogué après 1950. Poétique de l'hybridité, Marie-Hélène Boblet (Honoré Champion ) - Diderot - Jacques le fataliste Parmi tant d'autres  que l'on pourrait cite :r de nombreux livres d'Amélie Nothomb, mais aussi de Marguerite Duras, de Nathalie Sarraute qui sont des romans dialogués. - Le Bruit et la fureur de William Faulkner est essentiellement un roman dialogué. Un exemple extrême, Le diner en ville de Claude Mauriac n'est constitué que par les échanges polyphoniques de huit convives autour d'une table dans un diner mondain.     {loadmoduleid 197} 
Taille du texte: +

Nouveau départ

Alors que beaucoup pensent que tu es une femme infréquentable, à garder loin de soi, une étrangère à enfermer derrière des murs, pour s'en protéger, en fait, tu cours en liberté, tu es parmi nous. Sans qu'on ne s'en rende compte, tu es même parfois en nous.

Tu es une femme, que tout le monde a, à un moment ou l'autre de sa vie, rencontré. Dans la rue, au travail, de près ou de loin. Peut-être dans sa famille, voire dans son entourage proche. Tu as même pu fondre sur nous, telle une étrange occupante, en t'installant légèrement ou intensément. Brièvement ou pour un certain temps.

Tu es une femme sans âge puisque tu te développes pendant l'enfance, continues ou te tais à l'adolescence et t'effaces, te prolonges ou surgis à l'âge adulte.

Je t'ai accueillie, à tout âge.

J'ai tenté de t'approcher, de t'apprivoiser, de te contenir, de t'aider, de t'écouter, de te soigner, de t'apaiser.

Te cerner ? Parfois bien difficile.

Te mater ? Non, certainement pas.

Tu es une femme sensible, au cœur et à l'âme à vif.

Une femme fantasque, impulsive, plurielle.

Une femme tellement imprévisible que je ne savais jamais comment j'allais te retrouver. Un jour, tu avais les pieds sur terre, un autre, tu restais tapie, discrète ou encore tu surgissais brutalement, envahissant l'espace et t'imposant sans crier gare.

Tu arrivais, te montrant habitée par de telles fulgurances créatives que tu pouvais me fasciner, me séduire, me toucher, m'émouvoir mais aussi m'irriter, m'énerver, m'ennuyer. Bref, tu ne pouvais me laisser indifférente.

Tes inventions fantaisistes pouvaient se transformer en un foisonnement imaginaire auquel tu te mettais à croire. Que tu prenais pour réel.

Quand tu me disais avec conviction ta passion pour Jésus, que tu racontais qu'un médecin qui te soignait était amoureux de toi, que tu croyais dur comme fer que tu étais Jeanne d'Arc, voire même que tu parlais de ton voisin qui cherchait à t'empoisonner et que tu aimerais, pour ça, le tuer,

quand tu arrivais avec un panier, un chapeau à grelots ou un entonnoir planté sur la tête en guise de couvre-chef, sans crainte des regards intrigués des passants, disant combien après avoir essayé ces accessoires devant un miroir, tu avais trouvé cela fort seyant,

quand tu arrivais avec une valise pleine des fringues, achetées la veille, disant que tu n'avais pu résister, tes impulsions te menant par le bout du nez et que tu faisais un magnifique défilé, tournoyante, resplendissante, sous mes yeux ahuris ou amusés,

quand tu ….,

je t'accueille et tente de t'approcher, de t'apprivoiser, de t'aider, de t'écouter, de te soigner, de t'apaiser.

Oui, je sais bien, tout cela, ailleurs, dérange…

Mais qui donc est le plus sot ?

On ne le dit pas assez mais tu es un être extra-ordinaire, une femme hors du commun, qui existe depuis toujours.

Jean-Martin Charcot a ouvert un labo photos, rien que pour toi, à La Salpêtrière et t'a photographiée dans tous les sens. Il t'a décrite, nommée, classée. Reconnue et identifiée. Les bruits courent que cet homme était très timide avec les femmes, c'est peut-être pour ça qu'il s'est intéressé à toi comme l'aurait fait un entomologiste. Tes attitudes passionnelles telles que la mélancolie, l'extase ou l'érotisme : des photos de tout ça. Les différentes phases de l'hystérie, des photos aussi. Il a observé tous ces clichés photographiques pour découvrir le sens latent qui se cachait derrière tes apparences. L'œil inquisiteur de l'objectif a livré les replis intimes de ton corps.

Il a montré que celui-ci reflétait les symptômes de ton âme.

Après cet homme-là, tu en as rencontré un autre, devenu célèbre et que tu as fortement inspiré. Son prénom : Sigmund. Il t'a rencontrée, tu l'as rencontré. Bref, vous vous êtes rencontrés. Et là, il s'est passé quelque chose de fort. Il était marié donc vous avez sublimé cette rencontre faite d'une énergie partagée et commune et vous avez écrit pleins de livres ensemble. Comme une création conjointe de tant de bébés symboliques. Vous en avez publié beaucoup.

Vous pouvez lire leurs livres. Ils parlent d'eux-mêmes et racontent des histoires intéressantes.

Mais tout cela étant dit, l'essentiel ne l'est pas encore. En fait, ce qu'on a tendance à oublier, c'est que, outre le fait que tu sois une femme hors du commun, tu es aussi une femme célèbre. Et ce, depuis longtemps.

Célèbre au point que tu as approché les rois. Tu les faisais rire, tu les amusais. Authentique, franche, vraie et directe, tu pouvais leur dire leurs quatre vérités alors que les sages, à dire la même chose, se seraient bien vite retrouvés aux fers, au cachot voire morts.

Célèbre parce qu'en une époque, tu étais le centre du village. Tout le monde riait de toi. Tu avais un mandat central, autant que celui du curé, à remplir au sein de la communauté. Celui de savoir que c'était toi qui étais folle et pas eux.

Mais tu étais aussi la mascotte du régiment. Lorsque des inconnus se moquaient de toi, c'est comme s'ils se moquaient de tout leur village. L'étranger se faisait alors lyncher !

Célèbre aussi parce que muse inspirante pour les artistes. Jérôme Bosch t'a peinte dans son tableau « l'extraction de la pierre de folie » mais aussi Egon Schiele, qui te cherchait, allait t'observer quand tu étais hospitalisée pour faire un tableau intitulé « Autoportrait du coude droit », te symbolisant avec un corps désarticulé et tordu, avec un regard chargé d'un grave strabisme. Edward Munch et son tableau « Le cri », et j'en passe, la liste serait trop longue.

Muse inspirante aussi pour Hitchcock quand, flamboyante, tu apparais dans « Psychose », pour Milos Forman quand, terrifiante tu surgis dans « Vol au-dessus d'un nid de coucou », et puis aussi, troublante dans des livres, comme ceux d'Artaud, de Stefan Zweig, et bien d'autres encore….

Mais malheureusement tu es parfois bien terrorisante et tristement célèbre. Ce n'est alors plus ton voisin que tu imagines vouloir chercher à t'empoisonner mais tout un peuple, derrière tes frontières, qui devient un mauvais objet que tu dois mater pour le purifier ou le dénazifier. Tu te mets alors à vouloir diriger le monde, agrandir ton territoire, faire la guerre, justifiant ainsi de tuer des gens innocents, de les arrêter, de les priver de liberté. De les torturer, de les exterminer.

Et même si tu es une enfant qui a souffert, qui a été maltraitée, qui ne sait pas ce que c'est qu'aimer, là, tu y vas vraiment trop fort ! Dans ces circonstances, il vaudrait mieux te juger, te condamner, t'enfermer.

Heureusement, celle-là je ne l'ai pas encore rencontrée ou de loin. De très loin. Mais toi, que j'ai tenté d'approcher, d'apprivoiser, de contenir, d'aider, d'écouter, de soigner, d'apaiser, tu m'as chamboulée m'entrainant dans des rencontres improbables et aussi tant appris, en m'invitant à voyager dans les tours et détours de l'âme humaine.

Tu m'as emmenée dans de froides et sombres cryptes, dans de longs couloirs sans fin, dans des gouffres sans fond, dans de violentes tempêtes, dans d'interminables calmes plats, mais aussi, dans des clairières ensoleillées, dans des plaines lumineuses, dans des passages fleuris.

Tu m'as mise à l'épreuve parce que, dans cette aventure, tu m'as fait croiser la haine, l'envie, la souffrance, la douleur, la tristesse, la colère, le dégoût et aussi la joie, le désir, la tendresse, l'humour et tant d'autres émotions encore.

Je te connais un peu après toutes ces années, toutes ces heures passées avec toi ! Et je suis très contente d'avoir fait ta rencontre.

Depuis toujours, j'aime l'aventure, le voyage. Et c'est ce que tu m'as fait faire.

Aujourd'hui, j'ai envie de le continuer. Mais en le transformant.

Ni en un voyage au bout de la nuit ou autour de ma chambre, ni, bien sûr, en un voyage au bout de l'enfer, mais bien en un périple joyeux dans ma nouvelle maison de fou sur roues, toujours et encore en allant vers l'autre, la nouveauté, les découvertes, la différence, la beauté, l'imprévu, l'inattendu. Le non advenu.

De vagabonder comme l'air, de sortir du sillon, de courir après les feux follets et de me rouler dans les herbes folles.

De continuer à vivre, autrement ma vie que je veux remplie de folie douce !

Anouk.

Les grues cendrées
Le Patio au printemps

Sur le même sujet:

 

Commentaires 1

Sylvie Reymond Bagur le lundi 16 mai 2022 09:12

Une allégorie puissante, Anouk nous emmène de son univers professionnel à un projet de vie. Bravo !

Une allégorie puissante, Anouk nous emmène de son univers professionnel à un projet de vie. Bravo !
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
dimanche 1 février 2026
Si vous souhaitez être informé des publications de ce blog :

Textes à redécouvrir

3 mai 2024
J'ai le plaisir de vous annoncer la publication d'un recueil de nouvelles d'Hélène Delprat, fidèle participante aux ateliers. Il s'intitule "Parf...
1052 lectures
13 avril 2021
Mon ultime désir est de séjourner dans l'état de Clarté, plus qu'un moment, plus qu'un micro temps Je fais tout pour me rendre à sa frontière et de la...
1317 lectures
18 janvier 2025
Salut ! A demain…Ici…Bien sûr. Bien entendu demain au « CHU »….Comme chaque jour et si souvent les nuits me murmure mon cerveau fatigué. C.H.U ! Je m'...
517 lectures

Phrases d'auteurs...

"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

"Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. " Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux 

 

 

Mon blog personnel

Des articles sur l'écriture, des conseils, des exemples, des bibliographies et mes propres textes. Ci-dessous, les derniers articles publiés.

Visitez mon blog

Faire peur au lecteur !
Faire peur au lecteur !
« L’émotion la plus forte et la plus ancienne de l’humanité c’est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus forte est celle de l’inconnu. » affirme H. P. Lovecraft. Mais, sous l’évidence du mot et de l’émotion qui lui est associée, qu’est-ce finalement, la peur ?...

Lire la suite

Mots-clés

Absence Acronymes Adresse Afrique Allégorie Alpinisme Amour Anaphore Animal Antonin Artaud Argent Attente Auteur participant aux ateliers Autoportrait Avortement Baiser Bateau Blaise Cendrars Bleu Bourreau Buzzati Cadre Cafè Campagne Christian Bobin Chronologie Cinéma Concours Construction Corps Corse Couleur Couleurs Couple Course Covid Crescendo De dos Description Désert Désir Dialogue Diderot Douleur Ecrire Ecrire ailleurs Ecriture automatique Ecriture volcanique Ecrivain Emmanuel Berl Enfance Enterrement Enumérations Ephémère Épilogue Epiphanie Erotisme Exil Fable Faits divers Famille Fantastique Faulkner Felix Fénéon Femme Fenêtre Fête Fiction Filiation Flux de conscience Focalisation Folie Fragments Gabriel Garcia Marquez Gestes Giono Guerre Haïkus Henri Michaux Hôpital Humour Idiomatiques Ile Imaginaire Inceste Indicible Instant Ironie Japon Jardin Jean Tardieu Jeu Journal intime Julio Cortázar Justice La vie Langue Larmes Laurent Gaudé Légende Léon Bloy Lettres Lieu Littérature américaine Main Marche Maternité Mauvignier Médias Mémoire Métaphore Métro Michon Micro nouvelles Miroir Moment historique Monologue Intérieur Monuments Mort Mots Mouvement Musée Musicalité Musique Mythe Mythes Naissance Narrateur Noms de personnage Nourriture Nouvelles Novalis Nuit Numérique Objets Obsession Odeurs Oxymores Pacte de lecture Paternité Patio Paysage Peinture Personnage Personnage noir Peur Photo Phrase Phrases Pierre Michon Poésie Point de vue Polyphonie Portes Portrait Printemps des poètes Prison Projection de soi Quotidien Raymond Queneau Récit d'une vie Recueil de nouvelles Réécriture Rencontres Résilience Révolution Rituel Roman Romantisme Rythme Scène Science-fiction Sculpture SDF Secret Sensation Sève d'automne Silence Soir Solitude Son Souvenir Souvenirs Sport Stages Steinbeck Stupéfiants Style subjectivité Sujets d'actualité Superposition des temps Synesthésie Synonymes Téléphone Témoignage Temporalité Texte avec "tu" Textes écrits à plusieurs Tobias Wolff Venise Vie Vieillissement Ville Violence Visage Voix Volcanicités Voyages Voyeur Zola Zoom