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Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

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Delphine C.
06 mars 2026
Textes d'ateliers

La musique « ça s'écoute fort » voilà il l'a dit !Par réflexe, je lui masse la nuque lorsqu'il prononce ces mots secs, je tente de ramollir le cuir de sa peau puis j'ajuste mes lunettes en les descendant de mes cheveux à mon nez.Derrière mes verres teintés, je fonds dans le siège.Dans le rétrov...

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Invité - TORRES
13 février 2026
Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet...
Invité - jean francois
13 février 2026
Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d...

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06 mars 2026
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Jacques Villon, Portrait de J.L.B. Temporalité et écriture La littérature, le roman en particulier, peuvent raconter des vies entières en quelques pages et, même si l’auteur se donne des centaines ou des milliers de pages, il lui  faudra choisir, sélectionner et se centrer sur certains moments qui lui semblent représentatifs ou nécessaires à son récit. Pour passer de l'un à l'autre  de ces temps "racontés", la narration effectue un « saut » et il existe plusieurs façons de le concevoir et de l'articuler au récit, ces différentes options narratives, ces diverses façons de passer d'un temps à l'autre se distinguent notamment par leur rapport au tout, à la totalité de l'histoire, à sa suite temporelle complète.     L’ellipse : maintien d’une chronologie lisible Ces sauts, quand ils sont faits en reliant entre eux les moments racontés, s'appellent des ellipses.     L'ellipse omet, "saute" une portion de temps, d’action, mais elle le fait dans un cadre temporel qui reste globalement ordonné et repérable. Le texte fournit pour cela des indices (adverbes, dates, saisons, âges des personnages,  données temporelles, un court résumé de ce qui s’est passé entretemps etc.) qui indiquent au lecteur la suppression d’un segment de l’histoire et lui permettent de situer mentalement l’ellipse dans une chronologie comme le « Quelques mois plus tard… » de Patrick Modiano dans  Rue des boutiques obscures.   Même quand l’ellipse est brutale  : « Seize ans plus tard. » écrit Victor Hugo, elle sous-entend une temporalité repérable.   Les différents moments du texte ainsi réunis par l’ellipse ne sont donc pas des fragments autonomes : ils restent des moments d’une même chaîne causale et chronologique séparés par un moment sous-entendu: le temps manquant existe dans l’histoire, il est évoqué, affirmé comme non raconté. Le lecteur perçoit une continuité partiellement énigmatique ou laissée dans l’ombre, mais encadrée et située clairement. L’ellipse ne fragmente donc pas le texte : elle est un outil qui permet de condenser le récit.   Les fragments, des segments autonomes L'ellipse situe l'extrait par rapport à la totalité, au minimum par rapport à l'extrait précédent, comme un morceau d'un puzzle se présente en tant que partie d'un tout.   Le fragment refuse cette référence, il se présente comme un tout séparé. Il laisse les moments absents totalement dans l’ombre, sans repère temporel pour les situer les uns par rapport aux autres, le récit n’est plus simplement discontinu, mais fragmenté. Le lien peut être fait, ou pas, par le lecteur, mais la totalité devient une référence floue, très allusive ou indirecte. Il n'y a plus de référence à une temporalité repérable que l'on pourrait reconstituer.     Exemple d'écriture fragmentaire hors fiction dans Les Ombres errantes de Pascal Quignard, ouvrage composé d’une succession de fragments méditatifs. « Lire, c’est quitter le monde visible.Celui qui ouvre un livre se retire.Il abandonne le bruit commun pour une voix silencieuse.La lecture est une solitude partagée avec un mort.  Dans les livres, les morts parlent aux vivants.La voix qui vient de la page n’appartient plus à personne.Elle a traversé le temps.C’est une parole sauvée de l’oubli. »   Exemple dans la fiction dans Les Vagues de Virginia Woolf, ce roman est composé de monologues successifs de différents personnages, sans transition narrative. Chaque prise de parole forme un fragment autonome. Fragment 1 : monologue de Bernard« Les feuilles tombent ; les feuilles tombent sans cesse.J’erre dans les rues de Londres, inventant des histoires.Chaque visage que je croise devient le début d’un récit.Pourtant, au moment où je veux saisir ces histoires, elles s’évanouissent. »Fragment 2 qui enchaine  : monologue de Susan« J’aime les champs humides et les odeurs de l’étable.Ici, la terre est solide sous mes pieds.Les villes me troublent ; leurs voix se croisent sans repos.Je préfère le rythme lent des saisons et le pas régulier des bêtes. »   L'idée de fragment se retrouve à tous les niveaux du texte :  Au niveau d'éléments temporels séparés, non reliés par une ellipse, le fragment concerne la chronologie,  le temps est coupé. Il peut être  ponctuel, réversible, ou suspendu ; le temps fragmenté ne s’écoule pas vraiment. Au niveau stylistique, la fragmentation se fait essentiellement par des phrases sont juxtaposées. En ce qui concerne la construction globale, la fragmentation se fait au travers de matériaux hétérogènes sans marqueurs logiques ou causaux explicites. Les parties séparées se suivent avec une relation qui  peut rester flottante ou associative et qui relève davantage de la résonance, de l’écho, de la juxtaposition, de la variation ou de la contradiction que de la succession ordonnée. Contrairement au montage ou à la construction classique, les fragments ne sont pas nécessairement organisés en système. Le mot qui caractérise le mieux  le fragment, c'est l'autonomie. Le fragment est un texte bref mais complet. On parle alors de texte fragmentaire, de narration éclatée, d'écriture discontinue.   Dans sa forme la plus radicale (Blanchot, Cioran tardif, certaines proses de Jabès, Handke dans Le Malheur sans désirs, ou encore Pascal Quignard), le fragment ne se situe pas dans une hiérarchie et leur ordre peut être modifié sans détruire l'ensemble ou sans que l'on puisse y voir une faille par rapport à une hiérarchie narrative. Cette déconstruction de l'idée de totalité et d'ordre est parfois désignée comme  le « non-lien » ou le « rapport sans rapport » (Blanchot). Le fragment a été inauguré par Friedrich Schlegel et la tradition romantique. « La littérature est le fragment de tous les fragments » a pu écrire Goethe. Le fragment n’est pas un morceau d’un tout, mais une forme ouverte. On peut parler aussi d'une poétique différente de celle de l'ellipse : d'une tentation ou d'une recherche de l’inachèvement.   L'expression « écriture fragmentaire » peut recouvrir des formes différentes qu'on ne peut simplement assimiler et résumer par l'idée de discontinuité. La « fragmentation » n’est pas un procédé unique, mais une famille de formes de ruptures selon le niveau et le type d'autonomie recherchés.   Il faut rappeler que de nombreux textes, notamment contemporains, utilisent à la fois l'ellipse temporelle et une forme de fragmentation dans des orientations multiples. La frontière ellipse / fragment (et c'est le propre de toute notion littéraire, nous ne sommes pas en mathématique...) devient parfois poreuse.  On peut citer dans le domaine poétique René Char avec des fragments très autonomes, mais parfois une thématique de la Résistance ou une chronologie émotionnelle diffuse les relie subtilement. Et dans l'autofiction : Annie Ernaux, dans certains livres comme Les Années, mélange écriture fragmentaire et ellipses temporelles très marquées avec une chronologie historique quand même lisible.   Notons égalment que l'écriture fragmentaire peut aussi se marquer, non par l'absence de repère mais par une proportion texte/totalité. Raconter une existence humaine en quelques paragraphes séparés, même avec quelques indications, procède du fragment. Trop de choses manquent pour que la perception de la discontinuité, du vide, ne prime pas sur celle d'une totalité.  On peut placer dans cette catégorie le livre «Roland Barthes par Roland Barthes », une biographie en quelques chapitres intitulés, par exemple : Au moment du premier cri… Au tableau noir… La première fois qu…. A trente ans…  La dernière fois qu… A son dernier instant…   Les repères temporels sont là, mais la chronologie complète s'estompe au profit d'instantanés qui, certes renvoie à l'idée de biographie, mais celle-ci, largement absente, ne peut qu'être très partiellement reconstituée.     Fragmentation et continuité    Au-delà du constat et de la nécessaire définition des termes, le choix de la fragmentation, par opposition à la continuité et sa construction, est une manière de se positionner par rapport à des questionnements de notre époque. La pratique du fragment correspond à un désir de coller ou d'exprimer sa dimension nettement discontinue, fragmentée, mais aussi, plus largement, de se placer dans une posture réfractaire à toute tentative de donner un sens global et universel au monde. L'écriture fragmentaire refuse, de façon plus ou moins marquée et consciente, toute idée de "réalité" autre que dispersée, éclatée, réalité décousue, insaisissable dont le discours continu et logique ne serait plus apte à rendre compte.    Une sorte d’évidence entoure la notion de fragmentation dans l’art contemporain. En effet, dans une large part de la création contemporaine, règne le subjectif, le partiel, le relatif. En peinture, le glacis, le tableau construit ont laissé place, par exemple,  au collage, en art plastique, la sculpture a laissé place à l’installation.   Il n’est donc pas étonnant de retrouver cette même tendance dans une partie de la littérature contemporaine. Il s’agit donc de renoncer à la continuité et, comme indiqué plus haut, renoncer à l’envie de tout expliquer, de tout articuler, de préciser les ellipses, d’assurer une continuité temporelle et une continuité des personnages au-delà des trous inévitables du récit.  Continuité temporelle et continuité spatiale sont remises en cause, mais aussi la continuité psychologique des personnages. Le personnage, et, par là, l’être humain, est-il unifié, existe-t-il comme continuité ? Le fragment est une façon de se placer du côté de la réponse négative.   Une partir de ce refus vient aussi de l’idée selon laquelle guider trop précisément le lecteur serait lui imposer une vision du monde dans lequel tout s’enchaîne et s’articule. La discontinuité, en laissant des vides, cherche à laisser plus de place au lecteur, l’auteur renonce à occuper le terrain, le texte s’ouvre, les possibles d'interprétation s’accroissent.   L’écriture fragmentaire correspond aussi à l’envie de ne pas expliquer et de ne pas juger : montrer, raconter et laisser des trous dans le récit, à la limite des incohérences, comme une façon d’écrire sans y toucher, sans s’engager.   La discontinuité se niche donc aussi et peut-être plus souvent encore - comme noté plus haut -  dans le style. Parfois, une histoire précise est racontée dans un style dit blanc, neutre, si minimaliste qu’elle peut être ressentie comme fragmentaire, mais le style n’est pas le sujet de cet article.    Ce qui est intéressant de noter ici, c’est que ce qui se joue au niveau du sens et ce qui se passe au niveau de la forme se rejoignent, s’il n’y a pas - pour l'auteur -  de possibilité de sens dans l'existence humaine, dans la suite des évènements, une discontinuité, une tendance au fragment apparait dans la forme du texte littéraire.    On peut évidemment relier ce retrait de la liaison et parfois même de toute construction à la disparition des grandes idéologies, des grands récits politiques ou religieux qui donnaient sens à l’histoire, remplacées par des objectifs plus modestes.    Dans beaucoup d’analyses du postmodernisme, la fragmentation est ainsi interprétée comme le signe d’un monde où les grands systèmes d’explication se sont effondrés, elle serait le symptôme d'une acceptation de la perte de tout sens global. Toute idée de totalité ou même de direction préférable serait ainsi devenue suspecte. Cette alternative entre, d'un côté, continuité -avec ses ellipses,  ses repères, sa construction, sa cohérence-  /  et, de l'autre, la fragmentation, a donc deux versants : Un versant positif, celui qui cherche à laisser plus de place au lecteur, limiter les explications. Et un second aspect plus contestable, l’absence de sens et, parfois, il faut bien le reconnaitre, le risque d'une facilité : le fragment, le  refus de donner un sens, de proposer une interprétation glisse et élude le travail de construction et de forme.  Et pour conclure, un autre enjeu important de l'écriture par fragments : L’écriture doit-elle être à l’image de la vision contemporaine du monde, se conformant au constat de la perte du sens ?   Ou doit-elle être chercher une voie nouvelle pour, au minimum, interroger cette perte de sens et de cohérence et peut-être, à sa façon, en proposant de nouvelles formes, dépasser l'impasse fragmentaire, et tenter d'y répondre ? C'est dans cette voie qui prend en compte les questionnements contemporains, mais ne se contente pas de les constater, que je place mon travail.      {loadmoduleid 197}  
06 mars 2026
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Pour provoquer et explorer le mouvement du monologue intérieur,  la thématique du mouvement continu est efficace. Ce thème permet d'expérimenter l'idée de flux de conscience. On ne "coupe pas le moteur" ni dans la tête du personnage ni dans le véhicule en mouvement. Le texte retranscrit directement le monologue intérieur comme un "micro branché dans le cerveau". Exemples de textes écrits avec cette proposition : -  Trop fort  -  Départ         {loadmoduleid 197}  
05 mars 2026
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La douleur réveille la nuit et l’esprit étonné s’aperçoit dans le noir. Fantôme, il court, de souvenirs en projets inaudibles. Il croit savoir, croit dire, il flotte. Une flèche le tient loin du repos, au-dessus du corps, il s’agite. Il espère que le temps va passer, qu’il va se délivrer de cette brume lancinante. Il erre, il radote, finit par se tourner, se retourner, cherche, sur le dos, sur le côté… une issue provisoire et déjà condamnée, car la douleur est là, tel un intrus qui frappe à la porte et jamais ne s’arrête, battement régulier, vainqueur et obstiné. Un instant, le sommeil parvient à effacer l’âcreté de ce bruit au creux de la vertèbre ou dans le pli de l’aine et puis le regard cherche, visite l’ombre derrière les rideaux. Un signe de l’aurore, une lueur infime ? Rien.Soudain tout bat plus fort, la nuit se transforme en désert, plus de ligne du temps pour orienter la course. Est-ce minuit, cinq heures ? Plus de frontière, un espace qui s’ouvre sans rien offrir qu’une errance pénible, à l’aveugle dans un océan exténuant. Il faudrait se soulever, saisir à tâtons la boite dans le tiroir et prendre la pilule grise, cette issue provisoire… Mais il faudrait un peu de force et d’oubli, car il n’est pas l’heure. Pas encore. Le long voyage se poursuit entre les eaux de la somnolence et les rochers de l’impatience, le drap est lourd, le matelas rigide, pas de posture pour accoster. L’eau est noire et profonde, pourtant l’on ne peut s’y noyer. On flotte à la recherche du repos. Et puis, venue de nulle part, une lumière glisse, doucement, le long du rideau, une coulée étrangement moite, visqueuse, s’émiette au fil de l’épais coton gris. Dans le lit, le corps, moite lui aussi, se tourne lentement, les yeux accrochés à la triste lumière. Le jour est là, enfin. C’est l’heure autorisée, un peu d’eau, une fraicheur épaisse dans la gorge et la dose qui va tout libérer.Et l’esprit se met à l’écoute. Il sait. Sait qu’il faut patienter.Dans le silence de la grande chambre, une toile de fond adoucit les angles du mur. Le rai de lumière s’amarre tendrement aux draps, s’élève une petite musique, oui, la douleur chantonne, berce, lancine encore un peu son tout petit refrain qui laissera sa trace, après disparition.La longue nuit, traversée de douleur, plane encore comme une odeur de renfermé, le matin se révèle imbibé de combats. Un peu d’humanité se grave, s’enracine dans les spirales du cerveau. Un ensemencement de la douleur dans la chair, ou ensemencement de la chair par la douleur, n’est-ce pas cela que l’on appelle, l’incarnation ?Mais pour l’instant, c’est l’heure de la fuite.Les molécules circulent et l’esprit, aux aguets, reste curieux de voir comment, le serpent, la chose, la brûlure va se métamorphoser.Redeviendra bientôt le petit animal fidèle, le locataire du début, celui qui ne gênait pas trop. Celui à qui l’on n’a pas pu, pourtant, s’habituer. On l’a invité à sa table, pour tenter de l’apprivoiser, et c’est lui qui a choisi le menu, l’a imposé. Un envahisseur, qui tout de même, en guise de loyer, a enseigné, à sa façon, les lois de l’hospitalité. Accueillir avec grâce, les petits renoncements, les grands mouvements de recul vers la résignation joyeuse à la vie serrée entre ses murs. Professeur d’unité du corps et de l’esprit, non plus le roseau pensant, ou la tête régnante, mais la conscience de l’unité, il permet de savoir, à chaque seconde, que le corps tient l’esprit au bout de chaque nerf.Peu à peu, par le sang, la chimie fait son œuvre.Les muscles se détendent, les membres sont plus longs, le dos s’enfonce, le corps s’éloigne, se dégage de l’avalanche, de la longue coulée du chemin de douleur, éboulis d’éperons et de larmes qui glissent, s’étalent dans le lit moins brulant, moins acide, la tension se défait.L’esprit inspecte prudemment, se répand dans le corps, maintenant plus tranquille, dans les os et la chair, labyrinthe piégé. Quoi, plus rien, plus une goutte de souffrance ? Le cerveau étonné se glisse par la porte, il sourit, sans bouger, il jouit de ces riens, se repait de l’absence d’influx, il a bien retenu les leçons de sa fragilité.Sage, prudent, tel un homme averti qui sait qu’il ne faut pas hausser le ton au risque d’éveiller les monstres endormis, le calme est précieux, silence harmonieux qu’un seul mot maladroit pourrait bientôt casser. L’esprit, tout incrédule encore, méfiant, parcourt le corps en toute impunité.Les bras s’ouvrent et le regard s’échappe.Et le moi enfermé accepte la lumière, elle était étrangère, elle se fait gaieté.Le rayon se renforce, efface provisoirement l’usure intérieure et vient même l’envie de se lever, de tirer le rideau, de…Non, surtout ne pas briser d’un geste un peu trop net, le moment du répit !L’immobilité laisse le corps chanter, chanson douce de souffle qui parcourt librement, une chanson d’unité d’un corps silencieux que l’on n’ose pourtant pas appeler à bouger.Peu à peu, dans le jour, maintenant installé, le corps, de nouveau disponible, fidèle, semble soudain possible. Il est là, entier, signale sa présence, en toute innocence et l’évidence d’être là, libre comme là-haut, les nuages défilent, bleus, simples et blancs. Légers. Derrière le plafond, l’esprit flotte s’envole, il pourrait les compter !Il se souvient comme d’un fantôme de la légèreté et du corps silencieux qui répond, fidèle aux attentes, de cette possibilité d’être une tête libre et du corps disponible à toutes ses lubies. Il part au loin, joyeux, se pose sur le calme de la mer apaisée. Sérénité de la dernière vague qui file sur le sable, se défait, se pose sur l’absence de signe, le calme des influx du système nerveux en milliers de repos, en un souffle d’air frais ; la pensée disparaît dans la l’épaisseur du rien. Béatitude de la transparence et des sensations fines comme des chairs d’enfants qu’on ose à peine effleurer.Bonheur de quelques heures ou de quelques minutes.Totalité provisoire. Douce moisson d’éternitéQu’il est doux de s’abandonner !Et de ne pas savoir, encore, qu’à la fin, c’est la pilule grise, la dose de morphine qu’il faudra juguler.             {loadmoduleid 197}  
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Lettres en prison

Blog des ateliers de Sylvie Reymond Bagur Stage Nouvelle

Ça commence avec les livres, c'est une histoire de mots, de lettres ; mais ça passe par la prison avec les couloirs, les portes, les barreaux.

Au fond de la troisième division, la salle de classe bleue, la fenêtre grillagée et les regards d'hommes interdits de désir.

Ça flotte entre un titre de Détective « Le cambrioleur de 23 ans séduit sa professeure de 40 », et un texte de Marguerite Duras : « C'est alors, au bout d'un moment que la jeune fille a dit qu'elle préférait qu'il en soit ainsi entre elle et lui, elle a dit que ce soit tout à fait impossible, que ce soit tout à fait désespéré. »

Une longue correspondance, les mots et les aveux, le chantage parfois, mais un commun besoin d'histoire : d'histoire d'amour, et - ou - une partie d'échecs, avec les pièces qui se placent, la toile qui se resserre.

Les premiers coups sont lancés très vite ; la stratégie, inconsciente, devinée et acceptée renvoie à l'écho d'une faute imaginaire, aux fantasmes de l'enfermement, au besoin de lire, de rêver, d'entendre ces signes qui en recouvrent d'autres ; on joue sur la révolte, la tendresse qui barre la voix du désir. Insinué dans une lettre, retenu par les barreaux, sa violence même est un délice empoisonné ; que dans son errance il ait trouvé un objet sur lequel se fixer, qu'elle soit cet objet, qu'il la dépasse, elle le sait ; mais elle aime la douceur tendue qu'elle ressent à en être la proie consentante, absente et rêvée

La lettre interdite qu'on glisse parfois entre deux passages de portes ;qu'on oublie sur un bureau de collège avec ses graffitiinscrits dans le bois,

là, au cœur de l'absence et de l'interdit, c'est la voix du corps qu'elle attend, qu'elle provoque.

Elle ne veut pas penser qu'un calcul soit possible, qui seul la mette en scène .

Avant le premier contact avec la prison, un univers se pose :

panique et attirance.

Saint Genet, les menottes qui deviennent roses,

l'adolescent trop beau pour être condamné,

son cou offert à la caresse de la lame

Lieu de virilité provocante, de viols, de fange et de misère,

d'otages et de poignards.

Derêve. De cauchemar.

« Pour affronter la réalité », elle accepte d'enseigner là-bas.

On lui avait dit Fresnes ; la cour à traverser, les grilles : la première, la seconde, la troisième… On ne sait jamais quand elles arrêtent de se fermer. On lui avait dit le long couloir qu'un détenu, un numéro, cire régulièrement au risque d'y glisser.

Elle savait, c'était prévu.

Mais elle ne savait pas l'Horloge arrêtée au-dessus du fronton du portail, ni le poids et le claquement des grilles et des clefs, ni les fils de fer barbelés en spirales sur les murs extérieurs ; ni, surtout à l'intérieur, les filets tendus au premier étage, d'une balustrade à l'autre : le suicide interdit, mais concret, palpable entre les mailles.

Une tension entre silence et hurlements.

Un corps qui tombe.

C'est peut-être ça la première rencontre avec la prison.

Là — bas, dans la salle d'écoliers du fond, qu'on pourrait croire séparée des autres sans les trois étages de fenêtres grillagées qui lui font face, l'arrivée des étudiants.

Ils n'ont pas l'air de truands ; c'est quoi, un truand, à quoi ça ressemble ? Des cheveux rasés ? Des regards par en dessous ? Des poings de brutes ? Des corps marqués au couteau ? Ça a un air spécial ? Un regard, peut-être ? Rien en tout cas des airs bruts, butés, des portraits-robots.

Sourires et serrements de mains

Des hommes.

Qu'ils puissent être dangereux, elle l'oubliera vite ; d'autres, peut-être. Elle s'en rendra compte à son corps défendant : une nuit, à 3 heures du matin elle est réveillée par de bruits violents, et se retrouve hurlant devant la porte de son appartement, qui oscille, à moitié défoncée. Constat des flics : « Ils avaient un pied de biche » ; redoublement de peur rétrospective… mais quand elle dira aux étudiants qu'elle a failli être cambriolée, elle éclate de rire avec eux.

La voici coincée entre deux sortes de portes, qui ne peuvent être que défoncées ou hermétiquement closes ; elle n'arrive pas à faire le joint, à penser que ceux-là mêmes avec qui elle rit auraient pu être derrière sa porte. Ici, elle ne voit que des hommes qu'elle doit préparer à l'examen : enjeu : 3 mois de remise de peine.

Au programme ; « LES FLEURS DU MAL » parmi les premiers textes étudiés : Spleen ; l'explication a été mise au point ailleurs, presque familière, rassurante ; elle coule, d'abord, scolaire :

… « Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D'une vaste prison, imite les barreaux… »…

D'un coup, le voile des mots disparaît , les barreaux se dressent sur ces visages

Sans noms, ces visages.

Le texte s'efface, rendu à l'objet, au palpable, auxcorps entravés.

Plus tard, un autre poème :

« Mon cœur est un palais flétri par la cohue » :… flétri, marqué au fer rouge ; regard d'un détenu qui reprend « Marqué au fer rouge » : la marque n'apparaît pas : pas d'épaules cicatrisées, pas d'uniformes, pas de têtes tondues ; mais les menottes encore inscrites autour des mains, et les autres marques, invisibles : le poids des choses, le poids des portes ; des cris, des clefs.

Elle ne connaît pas, elle imagine. Elle se tait.

Eux ne se taisent pas.

Il est là possible de parler de ce qu'on croirait tabou. Comme à quelqu'un qui vient de perdre un être cher, on peut parler de la mort, à un prisonnier on peut parler de la prison,et même ne parler que de ça. Jusqu'où ? À quel moment la parole devient-elle blessure ?Quelle blessure ? Comment les mots s'agencent-ils en fuite, en nouveau rempart, en mur qui protège des autres, en corps étranger ; armure ?

Mots de chair, qui s'arrachent du corps et de l'âme pour en dire les frustrations, les blessures, s'enfouissant au plus profond, dans les silences ou le secret ; inoubliable oubli.

C'est de ces mots qu'il va s'armer pour l'interpeler, la conquérir, toute bardée de défenses qu'elle soit. L'angoisse et la solitude doivent se percevoir dans ses regards, ses paroles, ses silences, alors qu'elle se croit familiarisée avec la prison.

« Epilepsie », premier échange et première passe d'armes :prenant prétexte de Flaubert et de Dostoïevski, il se présente.

Le cours se poursuit, le mot fait écho, il ne sera plus oublié avec la brume sauvage qu' il porte en lui ; C'est plus tard qu'elle retrouvera le dernier vers du « Condamné à mort »de Genet : « Il paraît qu'à côté vit un épileptique ».

Désormais, il ne restera plus qu'à placer les pièces, avec quelques coups de force, quelques moments de retrait, quelques absences.

Il assiste d'abord régulièrement au cours, assis tantôt au premier rang, sous ses yeux, tantôt le plus loin possible ; longs regards transperçants, et, parfois, quelques paroles qui semblent plonger au sein de l'œuvre, l'éclairent autrement,'qu'elle attend pour nourrir son cours, comme un aveu.

Un jour, alors qu'ils sont tous sortis, et qu'elle est restée seule dans la salle de cours, il revient, lui serre la main et repart, sans un mot. Quelque temps plus tard, il s'absente ; elle le croise dans le couloir, avec d'autres détenus ; ils avancent en rangs, contre le mur. Un regard s'échange, au bord du sourire, intrigué et tendu d'un mur à l'autre.

Puis il revient sans donner d'autre explication à sa « désertion » , sinon un mot mystérieux l'accusant de maladresse. Elle ne comprend pas.

Il écrit.

D'un cahier d'écolier tout neuf, après plusieurs hésitations il lui tend une feuille: « Mes fenêtres », inspiré par Baudelaire : « J'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais ».

Un frisson.

Le silence s'est posé par delà cette nuit de la vitre, au-delà des murs et du temps présent, je surprends ce silence qui s'étire sur la grève des jours perdus. Les rues s'endorment, les murs se déchirent dans la voix mutilée du verbe ; alors les choses du monde se reposent, mais de l'astragale que tu cueillais, lentement s'exsude le songe centenaire et, malgré les chaînes de ma prison, le rêve cavale vers toi…

Je saurai te dire la légende, celle où je t'ai aimée de cette passion qui fait les fous ou les génies, et les damnés du vent .
Écoute, Nesrine, lorsque le vent se fait tempête et dévaste le monde ; quand certains rêvent de savoir rêver et qu'alors mon rêve ne me laisse pas de répit. Écoute Kaïra, comme ton cœur battait sans mesure le chant de l'immortalité fragile, et , comme, aux détours de ton geste, me découvrait les voiles, ceux de la dernière pudeur : cette chaude nudité où le regard se faisait brisure…

Nadja , dis-moi, le silence s'est-il posé ? Où est cachée la profondeur des mots ; ces mots magiques où tu m'avouais la blessure, là où le sang , rouge, coule et dessine une cavale que je buvais… Là où tu renaissais, où tu mourais tant de fois de ne pas savoir être orpheline de moi. Cette nuit, je te regarde , fixement, dans cette lucidité fiévreuse du lendemain des longues veilles, et, si le monde des choses est incertain, elles se dessinentdans le regard sombre de l'amour perdu.

Tu le sais, toi, l'écume du temps et un geste, un regard, un mot migratoire, migratoire…
Et ce n'est qu'un frisson, …. " je vous aime" AB

Le texte la bouleverse.

Du « je vous aime » final, elle sent la caresse, mais ne veut pas se l'approprier ; elle l'offre aux autres femmes, aux femmes d'ailleurs .

Pour elle, « mûre, ridée déjà », la déchirure d'une voix, des chuchotements incompréhensibles.

Plus tard, il écrira, « Nesrine, c'était vous »

Pour le moment, elle joue l'innocence, convaincue qu'avec les vacances tout s'estompera,mais la prison l'obsède ; tremblante de ne pas être à la hauteur de sa fonction, intriguée par certains pesants silences des prisonniers qu'elle attribue à ses failles.

Une nuit, elle rêve qu'ils sont l'un en face de l'autre, séparés par les barreaux d'un cadre en bois ; elle est la prisonnière.

Seul rêve de la prison, pour le moment, les images restent à la lisière, tyranniques, omniprésentes ; elles seront les agents silencieux de ses dérives.

Le dernier jour du trimestre, elle n'arrive pas à quitter ses étudiants, deux mois de vacances, la fin des cours pour eux, enfermés ; avec pour unique distraction les rares visites en parloir, sous l'œil des gardiens. Elle les embrasse ; il la saisit par les épaules, la regarde, un temps suspendu qu'elle emporte, absente à elle-même.

Une convocation immédiate chez le directeur la ramène à la réalité : on n'embrasse pas les prisonniers.

Ça devrait s'arrêter là ; mais déjà, prétextant une réflexion sur la poésie qu'il a glissée sur son bureau, il lui écrit ; elle répond en donnant son adresse personnelle.
C'est le commencement d'une correspondance plus intime, lettre après lettre, de plus en plus proche .

Elle envoie des livres : Rilke, Kafka, Lowry, Faulkner ; d'autres bruits, d'autres fureurs, qui, elles aussi, conduisent en prison : le procès, le suicide, lent ou brutal, l'alcool ; la solitude, toujours, et les barreaux, séparation sans recours.

Elle apprend la prison et ses habitants, les histoires des autres, ses histoires à lui : l'enfance perdue dans un foyer à Lille ; la passion pour une de ses sœurs ; la drogue, les cambriolages, la violence, l'ami d'enfance condamné pour deux meurtres.

Il raconte aussi ses amours blessées, un prof de sa première adolescence qui le recevait chez elle, l'emmenait en vacances et à qui il offrait des fleurs avec de l'argent volé. Invente-t-il ?

De sa femme, d'abord, il ne parle pas ; puis de moments heureux ; puis de souvenirs douloureux : l'annonce , au cours d'une de ses visites, qu'ellelui annonce qu'elle le quitte pour un autre du même prénom.

« Une histoire d'amour qui s'est brisée sur les vitres du parloir »

Elle réalise plus tard que c'est à peu près de ce moment-là que date leur correspondance.

Elle ne met jamais en doute ce qu'il écrit comme s'ils tissaient l'histoire ensemble.

Un roman à deux voix s'ébauche. Serait-ce une partie d'échecs ?

Peu à peu, la cellule devient familière, avec ses échappées vers le ciel, les bruits de la journée en écho, incessants ; cris, interpellations, clefs claquant les unes contre les autres, ouvertures, fermetures, ordres. Le silence, enfin, à minuit, jamais total, lorsque les lumières s'éteignent.

Il décore les murs des images qu'elle lui envoie et qui disent toutes une beauté désespérée ; d'abord rien de féminin puis des visages de femmes, cachées derrière le voile de Knopff ; puis des corps qui rêvent, solitaires, abandonnés, offerts.

Et, il y a les échecs… les échecs « phéériques », une poésie. Un tournoi entre détenus est un véritable événement, les paris se font à l'étage, mais quelque chose dépasse le jeu : « je gagnerai avec toutes mes incertitudes, je gagnerai ». Il gagne.

A-t-il joué ?

Le reste sera comme embué, flottant. Les feuilles couvertes de la petite écriture apparemment nette et sage, la boîte à lettres vide ou pleine sont littéralement obsédante, seule réalité malgré la folie des corps séparés ; le désir vit et s'accroit de cette séparation même.

Errance, arrachement, rêve, douceur douce d'un dialogue qui croit se construire ; illusion de limpidité qui les perd dans une opacité croissante. Pas un geste qu'elle n'accomplisse dont il ne soit le témoin absent. Un jour, il lui écrit une « dérive ; des pas dans les pas ». C'est ça. Toute parole lui est dédiée, et celles qui n'osent pas se dire,crient dans les silences et les blancs du texte.

Les lettres comblent le temps des vacances scolaires. Tout effort pour se retirer est impossible, d'autant plus que la maladie revient… La solitude d'une crise d'épilepsie, dans une cellule, de l'imaginer simplement, elle ne supporte pas. D'autant plus qu'en période de crise, il écrit peu, les mots semblent échapper, informels, parfois incohérents ; l'écriture même est comme un cri silencieux entre les lignes et les lettres espacées.

Convalescent, il raconte sa première crise, telle que sa mère la lui aurait racontée, en ajoutant : « Meshoud, habité, hanté… ». Il est tout enfant ; son père, déjà installé en France vient accueillir la famille à l'aéroport. Quand il veut embrasser son fils, celui-ci le repousse. C'est la première gifle et la première crise, oubliée ; une autre, dont il se souvient, lui ressemble étrangement : adolescent, il a battu son père qui l'a giflé et maudit « pour sa vie, pour sa mort et pour l'au-delà ». C'est aussi le début des fugues et d'autres pertes de conscience.

« Habité, hanté »… par un père qui revenait, ivre et tenait les enfants éveillés pour leur raconter son histoire magnifiée, réciter des contes arabes ou des versets du Coran ; un père qui a transmis ses blessures d'avoir été arraché très tôt à ses parents, puis à sa terre trahie ; l'Algérie désertée par un engagement dans l'armée française.

Un père fou, un traitre.

Elle pense alors à l'Algérie, faute de toute une génération ; à sa propre enfance d'après guerre, protégée, privilégiée ?... Mais les portes qui claquent, les scènes, les cris… ; sa tante folle qui tournait en ressassant pour elle seule tout le mal qu'elle souhaitait à ses voisins

Elle pense.

À la gifle qu'elle a donnée à sa mère dont elle garde le rouge au front ; à ses fugues qui ne duraient jamais plus d'une heure,
À son père, sa main d'enfant blottie dans la sienne, rassurée, à son odeur, leur complicité.

Et la mort, fulgurante. Une béance dont elle ne s'est jamais remise. À jamais sansrempart.

Deuils sans fin ; d'être écrites les plaies s'ouvrent à nouveau, nourries des siennes à lui. Et là-bas, sur les routes de campagne qui l'éloignent des barreaux, elle rêve de mots dont la caresse abolirait la souffrance, la mémoire du corps blessé pour le rendre à lui-même intègre, nouveau-né.

Elle écrit, chaque jour :les choses qui l'entourent ; le grenier qu'un déménagement a laissé à moitié vide, avec encore quelques livres, une table, un lit et les photos sur les murs. Les balades et l'arrière-pays brumeux ; l'étoile qu'il voit peut-être, entre les barreaux… s'il suffisait de tendre la main !

L'histoire se précise et se fait de plus en plus floue. Elle recrée un parcours, malgré les silences. Les écritures qui changent paraissent modelées l'une sur l'autre dans un réseau de mots et d'expressions communes.

Le « vous » est de rigueur. Deux seuls « tu » jailliront avec la violence d'une caresse interdite.

À la rentrée, il est libéré.

Je vais le chercher.

Il s'éloigne, grand et élancé, élégant, de la prison.

Libre.

Le temps des lettres est passé. 

Concours de nouvelles
La maison d'en face
 

Commentaires 1

Invité - Annie-Flore le samedi 19 octobre 2024 09:15

Une superbe écriture, poétique et forte, qui emmène et soulève le lecteur. Un rythme et un développement qui ajoute à l'adhésion vers un univers inconnu et des émotions en revanche plus partagées et qui participe à un grand plaisir. Bravo !

Une superbe écriture, poétique et forte, qui emmène et soulève le lecteur. Un rythme et un développement qui ajoute à l'adhésion vers un univers inconnu et des émotions en revanche plus partagées et qui participe à un grand plaisir. Bravo !
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