"Un auteur qui n’apprend rien aux écrivains n’apprend rien à personne non plus. " Walter Benjamin

Citation du moment : " Un poète, c’est quelqu’un qui essaie de mettre dans un monde devenu affreusement laid, horriblement égoïste, dur, méchant un peu de tendresse, un peu de beauté, et surtout dans un monde qui est totalement voué au mensonge, un peu de vérité." Armel Guerne

 Bienvenue sur mon blog littéraire !

-        Vous pourrez lire ci-dessous des textes écrits par des particpants à mes ateliers et à mes stages d'écriture. J'y ajoute aussi certains de mes textes.

-       C'est aussi un blog "à visée d'écriture". 

Eléments de réflexion sur l'écriture :  questionnements, manifestations littéraires, concours...

Critiques de livres orientées vers l'écriture, c'est à dire comment les livres sont écrits et ce que notre écriture peut gagner à leur lecture. 

Un classement par mots-clés permet de parcourir les thèmes explorés au fil des publications.

Même si vous ne participez pas à mes ateliers, vous pouvez commenter les textes et vous inscrire et ainsi être tenu informé des publications en cliquant sur "Abonnez-vous".

Dernière publication

Sylvie Reymond Bagur
25 septembre 2022
Questions d'écriture

A propos du livre d'Emmanuel Berl, j'ai évoqué les romans qui révèlent d'emblée la fin de l'histoire qu'ils racontent. A priori, cette façon de griller dés le début sa meilleure cartouche peut sembler délicate, elle est en fait riche de possibilités et les effets produits pe...

Inscrit actuellement ou par le passé à l'un de mes ateliers ou stages, pour publier un texte, il vous suffit de me l'envoyer ainsi que le pseudo de votre choix. 

Taille du texte: +

Signes... ?

Unknown-37

Un frôlement le fit sursauter, l'arracha à ses pensées. En un chuintement soyeux, un oiseau de nuit, une chouette effraie probablement, venait de se poser sur la branche basse du grand chêne, là, à 10 mètres de la table branlante qui lui servait de bureau. Le masque blanc de l'oiseau se détachait sur le violet sombre de l'horizon, lui rappelant soudain le faucon qui s'était posé à quelques mètres de lui, sur un arbre décharné au tronc crevassé, d'où n'émergeaient que quelques désespérantes feuilles ternes. C'était un jour aussi stérile que les autres. Un jour de planque, où il se coulait tant bien que mal dans la steppe Sahélienne, aussi immobile que le lui permettaient la chaleur, les insectes et son impatience à voir évoluer les choses. L'oiseau l'avait observé, scruté, semblant se demander ce qu'était cette forme inhabituelle, plus figée que les herbes rases qui l'entouraient, qui dégageait une énergie intense, bien supérieure à celle des karités ou des nérés. Il avait croisé ce regard acéré, comme un défi, percevant du même coup les interrogations vitales qu'il portait : que fais-tu là ? Es-tu vivant ou mort ? Es-tu comestible ? Peux-tu être un danger ?

Alors, il avait craqué. Il avait renoncé. Sacrifié soudain, en une fraction de seconde le temps passé et l'ardeur investie, les semaines de patience, de vigilance, les milliers de notes, d'observations collectées. Il s'était levé, et, regardant l'oiseau affolé s'envoler vers des lieux plus calmes, avait laissé glisser entre ses lèvres desséchées un "merci" à peine audible mais déterminé.

La nuit était maintenant complètement tombée. Dans ce parc éloigné du centre-ville, où seules les lumières de la maison altéraient le bleu-noir profond de la nuit, il pouvait voir les premières étoiles. Pas les mêmes que dans le ciel Malien. Moins brillantes aussi. Là-bas, elles ne rencontraient pas de lumière parasite, rivale. Elles naissaient dès que le soleil se couchait, raccourcissant le crépuscule qui flamboyait pourtant, l'espace de quelques minutes, de couleurs inconnues en Europe.

A contrecœur il se leva, rassembla les documents épars, rangea les dossiers dans le grand classeur et se dirigea lentement vers la maison. La chouette était repartie sans qu'il s'en rende compte, probablement vers les champs clos où les mulots nichaient sous les haies.

Il se retourna pour profiter encore un peu de la majesté nocturne du parc, des ombres sombres des arbres sur l'ombre moins sombre de la nuit. Une étoile filante surligna d'un fugitif trait de lumière cette pâle noirceur. Il sourit. Il avait eu le temps de faire un vœu. Sa décision était prise. Les événements de la semaine précédente le comblaient d'optimisme. Je vais me débarrasser des impératifs, oublier le Mali, fuir la médiocrité de mon passé et recommencer à vivre. Autrement.
Une douceur animale (Triptyque 1)
Haïkus...

Sur le même sujet:

 

Commentaires

Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter

Textes à redécouvrir

11 février 2022
Vous avez pu apprécier l'écriture de Jean-François au travers de plusieurs textes de ce blog, je vous invite à découvrir l'un de ses romans : "Un...
109 lectures
6 septembre 2022
Pour le premier soir Armelle, arrivée la première, a prévu un poulet. Elle le fait très souvent, et dit à chaque fois : « Je n'avais pas d'idée, alors...
75 lectures
23 mars 2020
Il y a trois vaches dans le pré. Elles sont blanches. L'une a la tête relevée, un regard doux et inquiet qui donnerait envie de l'apprivoiser, les deu...
660 lectures

Phrases inspirantes...

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"En art, il n’y a pas de règles, il n’y a que des exemples." Julien Gracq, Lettrines

X

Pas de copie.

Pas de copie. Merci