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Polyphonie avec William Faulkner

Emma

Il fait chaud dans l'atelier. Tu aurais espéré que la scène n'exista pas, mais tu savais que c'était inexorable. Tu connaissais Edmond, il succomberait au charme de Rose, une fois de plus. Elle est arrivée tôt ce jour-là, comme si elle voulait avoir tout le temps pour le séduire. Elle avait fait claqué ses talons sur le parquet en bois pour annoncer sa présence et bien marquer son territoire. Maintenant, elle est assise, alanguie, sur le fauteuil devant la baie vitrée qui inonde de lumière la pièce. Les rideaux bleus, le même que ses yeux, soulignent l'intensité de son regard que l'on aperçoit sous le bord de sa capeline crème. Elle est vêtue d'une robe rouge échancrée qui laisse deviner une poitrine abondante, elle a dû la choisir pour son décolleté, il laisse entrevoir l'alvéole de son téton. Tu en veux à sa bouche charnue, à ses seins ronds où le sillon qui plonge dans la robe est une invitation à explorer l'ample vallonnement de ses cuisses. Une légère ombre dans le froissement du tissu dessine le pubis, ses jambes sont relevées en appui sur la table basse. C'est une femme effrontée qui attend de tout son corps l'instant où tout basculera. Elle ne sait pas que tu es là ou peut-être le sait-elle, mais elle n'en montre rien. Tu sais qu'elle ne quitte pas des yeux Edmond. Lui, derrière son chevalet, caché par une toile presqu'aussi grande que lui, la regarde intensément. Il te semble que tout son corps est tendu de désir. L'odeur de térébenthine mêlée au parfum de Rose t'enivre; tu ne sais plus ce que tu dois faire, ni ce que tu dois penser. Tu hésites entre haine et renoncement, mépris et détachement. 

Rose

Quelle douceur, ce fauteuil... On s'y endormirait presque. Le velours me caresse, sa chaleur m'enveloppe: un bain de tissu soyeux. Je peux me reposer et oublier le froid qui ruine ma vie. Je voudrais tant que ce jour soit un jour éternel. Je l'observe sous le bord de mon chapeau, j'en ai les yeux qui me brûlent. Qu'a-t-il aujourd'hui? On dirait qu'il m'ignore... Peut-être est-elle là, derrière une porte, une fenêtre, elle nous épie. Je ne l'ai pourtant pas vue! Oh et puis je m'en fiche.

C'est long...ne pas bouger.

J'ai des fourmis dans les jambes. Ici le temps n'a plus la même résonnance et il faut apprendre la patience.

J'ai mis ma robe rouge, celle qu'il aime, ce sont ses couleurs préférées. Et puis j'ai changé mon bustier, ma culotte. Il devrait l'apercevoir, le noir n'est pas discret. Chaque fois que son regard me déshabille, c'est comme une impression de chaleur, j'en frissonne de désir. Il s'agite, me donne des injonctions, son pinceau court sur la toile, les couleurs se mêlent, c'est comme s'il me caressait. Ses yeux et puis le pinceau: c'est bon. Il me tarde qu'il ait fini, ça y est ...il lave son matériel: et vas y que je te mette du savon et que jerince ... c'est long ! Bon j'espère quenous allons aller dans la petite chambre.

Edmond

-Bon dieu , à chaque nouveau tableau, je suis comme un débutant, c'est à se taper la tête contre les murs.

-Je vais reprendre le cadrage...mettre la fenêtre sur les trois quart de la toile, sa tête hors du cadre et son corps à l'intérieur, la lumière l'inondera et attirera le regard sur ses formes.

-Il faudra que je pense aux reflets dans le miroir du guéridon.

-Faire l'esquisse au fusain.

-Elle a mis des dessous noirs, des ombres dessinent sa silhouette.

-Sa peau laiteuse absorbe la lumière, il me faudra du jaune de Naples. Ca vibre, je vais y ajouter une pointe d'alizarine. Sous les seins, je vais mettre de l'indigo et sous le renflement de la hanche, là où l'ombre se fait miel, une pointe de carmin. Son ventre... le modelé doit être lisse.

-Suggérer plutôt que donner à voir.

-"Renverse toi un peu en arrière. "

-La ligne de son corps, il me faut la simplifier, la purifier.

-Ne pas oublier de mettre une complémentaire dans le velours du fauteuil, du vert olive dans le paysage.

-Il faut qu'on la sente vivre, et qu'il y ait comme une odeur de désir qui sorte du tableau.

-Bon j'arrête, laver les pinceaux au white spirit tout de suite sinon les poils vont se coller. Prendre du savon noir et les frotter dans la paume de la main.

-Mais qu'est-ce qu'elle fait encore là.

-" Tu peux partir.... demain même heure" 

Jeanne Le Guen " LE MODÈLE À L'ATELIER "
"Sève d'automne" dans la vitrine de la librairie T...
Séance de dédicaces
 

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