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La belle sur l'alpe

Dans cette grange d'alpage, à l'écart du village, délaissée sur les hauteurs, il se réconcilie avec lui-même. Là-bas, dans la mégalopole, Il a mené une vie aussi furieuse que médiocre. Il ne s'écoutait plus, il ne se parlait plus, occupé qu'il était à bosser, à séduire les autres avec des leurres de succès. Ici, l'année se joue en quatre actes immuables, rythmés par les saisons. Le brun, le vert, le rouge colorient les feuillages du décor dans cet ordre inaliénable. Ensuite vient l'hiver, son ciel gris congèle, puis estompe le panorama en se répandant de neige. La nature ne compte pas les années, elle les remet à zéro, elle efface les pages. Il voulait pourtant en écrire de nouvelles. Sa tête s'était vidée graduellement et, doucement son cœur reprenait l'avantage. Le vert habillait le paysage, pour quelques semaines encore. Un matin elle était là, devant le chalet. Allongée sur le paturage, méditant vers la vallée, elle lui tournait le dos. Elle semblait déguster un casse-croute, enchantée de sa balade pour gagner l'alpage encore bien vivant de l'été évanescent. Il restait immobile, le regard posé sur sa silhouette. Pudique, gênée dans sa plénitude troublée, elle se leva nerveusement. Ils se sont regardés. Elle lui offrait de grands yeux encombrés de bienveillance, surlignés par de long cils. Son teint café au lait teinté de miel réveillait en lui une douceur évanouie depuis si longtemps. Son cœur frappait à la porte de sa poitrine qui devenait grosse. Résolue à mettre un terme à ce tête-à-tête inopiné, elle s'est retournée et dignement, elle prit le chemin vers la plaine. Puis, Elle est réapparue le lendemain et les jours suivants aussi. Le quotidien sur l'alpage s'était habillé d'un nouveau rituel, il la guettait plusieurs heures durant. Dès qu'il l'apercevait au loin, sa journée fleurissait. Il avait envie de l'approcher, mais son embarras l'immobilisait à chaque fois. Sa tête ne voulait plus séduire, et son cœur ne pouvait pas encore. Et puis est venu le temps de la grande fête de fin d'été. C'est le moment où la vallée foisonne de tous ses habitants autour de son bétail. On s'associe une dernière fois avant les préparatifs pour l'hiver. Il descendit de son pâturage, il voulait profiter de cette aubaine pour briser le bail pris avec la solitude. Il l'avait pressenti, Il l'avait tant espéré, elle était bien là pour une dernière fois devant lui. Fière, la tête haute, ornée d'une houppe de fleurs, elle défilait en avant-garde de ses congénères dans un battage assourdissant d'applaudissements et de cloches.

Michel Joye

Extraits de la lettre de Madame Durbet Giono à pro...
 

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